Ferrari : Un début de saison cauchemardesque

8 05 2016

Quelques problèmes de fiabilité et une malchance tenace vont forcer Ferrari à redoubler d’effort pour essayer de raccrocher le wagon Mercedes au championnat. Malgré tout, Maurizio Arrivabene et ses hommes restent optimistes.

(Ferrari)

(Ferrari)

Si Nico Rosberg s’envole au championnat du monde des pilotes avec ses 100 points et ses 4 victoires en autant de courses, derrière lui, c’est l’hécatombe. Parmi ses plus proches poursuivants, les deux pilotes Ferrari, Sebastian Vettel et Kimi Raikkonen, jouent plutôt de malchance.

Dès le Grand Prix d’Australie, en ouverture de la saison, c’est le Finlandais qui va se retrouver victime de sa mécanique. Une première casse moteur, annonciatrice d’une début d’année douloureux, sera la première alerte concernant la fragilité de l’unité de puissance italienne.

Pire encore, au Grand Prix de Bahreïn, Vettel n’aura même pas la chance de pouvoir rejoindre la grille de départ, son moteur laissant échapper un nuage de fumée caractéristique de mauvaises nouvelles. L’Allemand, sur le podium à Melbourne, connaissait là son premiers revers de la saison. Pendant ce temps, Raikkonen jouait parfaitement son rôle de trouble fête et hissait sa monoplace à la deuxième place entre les deux Flèches d’argent.

En plus de la malchance, les circonstances de course se sont également mises à perturber les ambitions de Ferrari. En Chine, pour la troisième course de la saison, un Daniil Kvyat opportuniste sur sa Red Bull est venu parasiter avec une certaine réussite les volontés de reconquête de la Scuderia en forçant les deux pilotes de l’équipe italienne à s’accrocher lors du départ. A l’écart de la lutte pour la victoire, Vettel et Raikkonen ont tout de même réussi à sauver les meubles en remportant de précieux points et un podium supplémentaire.

Las, une nouvelle rencontre explosive entre Vettel et Kvyat dans les premiers virages du Grand Prix de Russie a annihilé tous les espoir de l’Allemand, coincé dans les TechPro du virage n° 3. Mais un problème électrique lors des essais libres avaient déjà celé le sort du quadruple champion du monde, contraint de changer sa boite de vitesse et d’observer une pénalité de 5 places sur la grille le dimanche. Avec un Raikkonen mal à l’aise avec l’équilibre de sa monoplace, Ferrari ne pouvait plus jouer la victoire.

Après 4 Grands Prix, la Sucderia n’a déjà plus droit à l’erreur. Pourtant, elle n’a jamais semblé être aussi proche des Mercedes depuis ces trois dernières saisons. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ne cessent d’ailleurs de répéter à longueurs d’interviews qu’ils sentent, avec de plus en plus d’insistance, le souffle chaud des bolides rouges dans leur cou. Mais pour ne pas que cet effet retombe comme un soufflé, il va cependant falloir que Ferrari gagne une course, très rapidement.

Cet objectif semble à la portée de Vettel, tant l’Allemand incarne le renouveau de Ferrari. Kimi Raikkonen, en retrait, est toujours à la recherche de son premier succès depuis son retour dans la maison rouge en 2014. Son avenir, à plus ou moins court terme, se jouera également de ce côté là, même si le duo de pilotes pour l’an prochain est sûrement le derniers des soucis de Maurizio Arrivabene aujourd’hui.

Axel Brémond

 





La Russie prête à s’installer durablement en F1

28 04 2016

La Russie prend une place de plus en plus importante en Formule 1 avec son Grand Prix national et la présence de quelques pilotes depuis plusieurs saisons. Pourtant, l’émergence dans le discipline de ce puissant pays ne se sera pas faite sans difficultés.

(c) Getty

(c) Getty

Avant de voir l’organisation de son premier Grand Prix en 2014 sur le site olympique de Sotchi, la Russie aura vainement tenté, à plusieurs reprises, d’attirer la discipline reine du sport automobile sur ses terres.

Il faut remonter jusqu’aux années 60 pour retrouver trace d’une première tentative d’organisation d’une course sur le sol russe. A cette époque, la Formule 1 ne s’externalisait que très peu en dehors de l’Europe occidentale. Avec une petite dizaine de courses par an inscrites au calendrier mondial, seul le continent américain – avec les États-Unis, le Mexique et le Canada, pouvait se targuer d’accueillir la discipline, tout comme l’Afrique du Sud qui, à partir de 1962, avait réussi à sécuriser une course dans un contexte politico-sociales difficiles.

Un projet trop couteux et un manque de motivation du gouvernement de l’URSS avait fait avorter dans l’œuf un projet qui semblait démesuré pour l’importance financière de la Formule 1 à cette époque. Mais à l’orée des années 80, la prise de pouvoir de Bernie Ecclestone allait fortement changer les choses.

Le Britannique voyait grand pour la discipline, et sa volonté d’élargir les frontières de la Formule 1 passait obligatoirement par une présence sur le sol russe. A cette époque, il ne pensait sûrement pas qu’il lui faudrait attendre plus de 30 ans avant de voir son projet se réaliser.

Pourtant, au début des années 80, Ecclestone semblait tenir son Grand Prix de Russie entre les mains. Fort d’un accord avec Leonid Brejnev, personnage central du monde politique de l’URSS, une course fut alors inscrite au calendrier de la saison 1983. Mais la mort de Brejnev, en novembre 1982, précipita la fin de cette ambition. Ensuite, avec l’organisation du Grand Prix de Hongrie en 1986, devenant ainsi la première course à se dérouler de l’autre côté du Rideau de fer, Ecclestone s’éloigna peu à peu de la Russie.

D’autres projets, assez rapidement avortés pour des raisons politiques ou financières, se sont succédés durant les deux décennies suivantes jusqu’à ce que le site olympique de Sotchi et la volonté commune de Vladimir Poutine, alors premier ministre russe, et de Bernie Ecclestone, soient les ingrédients de la réussite pour l’organisation d’un Grand Prix de Russie.

Accompagné par les succès plus ou moins relatifs des deux premiers pilotes russes en Formule 1, Vitaly Petrov et Daniil Kvyat, la course a rencontré son public et semble devenir un des rendez-vous apprécié par les pilotes depuis trois ans. La piste, inévitablement dessinée par Herman Tilke, possède quelques enchainements capables de fournir quelques grands moments de sport automobile.

Axel Brémond





Lewis Hamilton à la recherche de la 44ème merveille

14 04 2016

Lewis Hamitlon subit de nombreux revers et contre-temps dans la quête de sa 44ème victoire. Symbole important pour le Britannique, ce succès se refuse à lui depuis plusieurs mois…

 

(c) Licence Creative Commons / Richard Paquet

(c) Licence Creative Commons / Richard Paquet

Le symbole est fort pour Lewis Hamilton : atteindre le chiffre de 44 pour son nombre de victoires en Formule 1, qui coïnciderait avec son chiffre fétiche, qu’il s’est même fait tatouer sur le cou.

Cela fait maintenant cinq Grands Prix, et plus de six mois, que le triple champion du monde court après ce fait personnellement historique. Cinq courses, que son frère ennemi, Nico Rosberg, l’empêche de célébrer cet instant symbolique qui pourrait paraître désuet à n’importe qui d’autre que lui.

Mais la force des symboles est importante en Formule 1. Michael Schumacher, derrière sa carapace de vainqueur intouchable, autant sportivement qu’émotionnellement, était lui aussi sensible à cet aspect  pourtant purement statistique. Lors de sa 41ème victoire, au Grand Prix d’Italie en 2000, le Baron Rouge avait fondu en larme lors de la conférence de presse au moment où un journaliste soulignait qu’il était devenu l’égal d’Ayrton Senna au nombre de victoires dans la discipline.

Le pilote allemand ne s’est que très peu livré sur la saison 1994 et sur la mort de son modèle mais néanmoins rival Ayrton Senna. En choisissant d’éluder la question, il mettait surtout de côté toutes les émotions ressenties au moment du décès du Brésilien. L’égaler au nombre de victoires, vêtu de la combinaison rouge, à Monza dans le temple de Ferrari, avait fait resurgir des sentiments longtemps enfouis. L’importance de cette 41ème victoire était donc grande pour Schumacher.

Tout comme la 44ème victoire est importante pour Lewis Hamilton. Ce chiffre est le fétiche du Britannique et les facéties de l’histoire ne font que repousser encore un peu le moment fatidique de cette obtention. Ce succès n’apportera pas grand chose au pilote, si ce n’est sûrement sa première victoire de la saison, qui le rassurera un peu. Mais pour l’homme, ce symbole fera sûrement vaciller le solide triple champion du monde.

On connait le caractère émotif d’Hamilton, il l’a déjà prouvé à maintes reprises notamment lors de sa relation tumultueuse avec Nicole Scherzinger. L’émotion risque donc d’être palpable lors qu’il arrivera à inscrire le 44ème succès à son palmarès. Dès le prochain Grand Prix en Chine ?

Axel Brémond





Essais hivernaux : Véritables faux indicateurs

2 03 2016

La semaine dernière, la saison 2016 a bel et bien commencé sur le circuit de Barcelone avec les premiers essais hivernaux. Mais quel crédit peut-ont réellement donner aux temps au tour affichés par les équipes et leurs pilotes ?

 

(c) McLaren

(c) McLaren

Alors que la Formule 1 a entamé sa tournée hivernale sur le circuit de Barcelone en Espagne, les observateurs du monde entier ont eu les yeux rivés sur les feuilles de temps afin d’obtenir une première hiérarchie des forces en présence.

Mais bien entendu, comme chaque année, ces journées de tests ne sont que très peu révélatrices des véritables performances des protagonistes qui prendront part au premier Grand Prix de la saison en Australie le 20 mars prochain.

En analysant de plus près les temps au tour réalisés sur ces quatre premières journées, on se rend bien compte que ceux-ci ne révèlent pas grand-chose.

Certes, le meilleur temps de Sebastien Vettel sur sa Ferrari, combiné au troisième chrono de son équipier Kimi Raikkonen, démontrent que la SF16-H est bien née et semble redoutablement rapide. Avec un nombre de tour parcourus plus que correct et l’absence de problème majeur de fiabilité, Ferrari réunit tous les atouts pour réussir sa saison.

Mais bien sûr, les plus de 600 tours bouclés par les deux pilotes Mercedes ont grandement étonné la concurrence et les rouges en particulier. Lewis Hamilton et Nico Rosberg n’ont pas chassé le chronomètre, c’est une évidence au regard de leur temps au tour qui les repoussent hors du Top 5 final. Mais engloutir autant de kilomètres et donc d’expérience avant même le début de la saison a de quoi inquiéter leurs rivaux les plus sûrs. Que va-t-il en être lorsque les flèches d’argent vont enfin se concentrer sur la vitesse pure ?

Au milieu de tout cela, les Force India ont également fait forte impression avec le deuxième temps de Nico Hulkenberg, le cinquième de Pérez et l’étonnante septième place du jeune Celis, qui faisait là ses grands débuts. Mais une fois la saison réellement lancée, même si les monoplaces indiennes feront belle figure, il serait très étonnant de les retrouver à ce niveau de la grille. D’autant plus que des équipes comme Mercedes donc, ou Williams ont largement caché leur jeu. A en croire les deux pilotes de Grove, Valtteri Bottas et Felipe Massa, la FW38 s’est améliorée dans tous les secteurs et a comblé une partie de ses faiblesses de l’an passé. Elle qui pouvait jouer le podium à la régulière en certaines circonstances s’attend donc à viser la victoire cette année.

Plus loin dans la hiérarchie, la nouvelle équipe Haas effectue son apprentissage plutôt rapidement et à mis sur roue une monoplace réactive et rapide, s’inspirant parfaitement bien des meilleures idées de la concurrence. Sauber, avec des moyens limités n’a pas encore mis sur route son nouveau millésime tandis que Red Bull et Toro Rosso sont apparues besogneuses et plutôt fières des progrès accomplis durant l’hiver. Il faudra sûrement se méfier du taureau rouge qui n’a pas encore quitté l’arène !

Plus inquiétant, la situation de Renault qui s’attend à un exercice 2016 difficile pour son retour à la compétition en tant que constructeur. Avec deux pilotes inexpérimentés et une monoplace basée sur la déficiente Lotus de l’an passé, la firme au losange s’attend à passer quelques Grands Prix douloureux.

Et que dire enfin des McLaren, très loin de leur standing, qui ont une nouvelle fois défrayé la chronique plus pour leur pannes et leur réorganisation interne chez Honda que pour leur performance en piste ? Les hommes de Woking restent optimises, à l’image de leurs deux pilotes champion du monde, mais la situation ne semble avoir guère changée. Une seule équipe aura effectué moins de tour que McLaren, il s’agit de Manor, motorisée depuis peu par Mercedes et qui semble, enfin, avoir quelque chose à dire avec l’étonnant Pascal Wehrlein.

Les jours de tests suivants, toujours à Barcelone, nous en apprendront peut être un peu plus sur la hiérarchie qui se dessine pour la saison 2016. Mais le véritable juge de paix sera le premier Grand Prix de l’année, à Melbourne, à la fin du mois.

Axel B.





Des présentations de plus en plus sobres

24 02 2016

La première journée d’essais hivernaux à Barcelone a été le cadre de nombreuses révélations de nouvelles monoplaces des écuries. Bien loin des fastueuses présentations du siècle dernier.

(Rai)

(c) Rai

La saison 2016 est belle et bien lancée depuis le début de la semaine avec les premières journées d’essais hivernaux. A cette occasion, de nombreuses équipes ont choisi de présenter leur nouvelles monoplaces à la sortie des garages.

D’autres, un peu plus prévoyantes, avaient prévu, quelques jours auparavant, de faire les présentation en ligne. Soit de manière directe avec la publication de quelques photos sur leur site internet ou sur leur page Facebook, comme Williams, soit en direct vidéo, comme Ferrari, de manière un peu plus solennelle mais toujours très sobre.

Des présentations qui, en tout cas, étaient bien éloignées des standards du siècle dernier ou chaque équipe rivalisait d’ingéniosité et de fêtes somptueuses pour impressionner la concurrence.

On se souvient par exemples des lancements de monoplace de l’équipe Benetton qui, durant l’ère Flavio Briatore, n’hésitait pas à convoquer la presse et le petit monde de la Formule 1 en plein cœur de l’Italie, à Venise, au pied d’un amphithéâtre romain, pour dévoiler une monoplace incapable de jouer le podium durant la saison.

Du côté des équipes les plus « funs », Jordan avait une réputation élevée et pouvait se permettre de rejoindre les quatre coins du monde pour lever le voile sur ses monoplaces tandis que McLaren n’hésitait pas, en son temps, à faire venir des pop-stars comme les Spice Girls pour présenter son nouveau millésime.

Aujourd’hui, même Red Bull, qui a pourtant rejoint la F1 avec la réputation d’être l’équipe la plus « hype » du moment, s’est bien mise dans le rang après ses quatre titres mondiaux d’affilé. La mode n’est plus aux strass et au paillettes mais à la sobriété et à l’économie.

Doit-on pour autant le regretter ? Le lancement en grande pompe de la première Force India de l’histoire en aux portes de Bombay mettait une fois de plus en abîme l’insolent gaspillage que peut représenter la Formule 1 dans un pays où les disparités sont des plus flagrantes. Le débat peut être éternel et la discipline n’en sort jamais grandit, mais l’heure est à la sobriété et à la volonté de réduire les couts. Finalement, la véritable compétition se passe sur la piste, le reste est accessoire.

Axel B.





La F1 en manque d’essais

27 01 2016

Avec la réduction des essais pendant la pause hivernale et durant la saison, la Formule 1 est en manque de repère. Supprimé depuis des années pour motifs économiques, le manque de roulage devient des plus préjudiciable pour tous les acteurs de la discipline qui ont de plus en plus de mal à développer des technologies, souvent très poussées.

(c) V. Guignet/Motorsinside

Actée depuis le début des années 2010, la décision de supprimer les essais privés durant la saison n’a jamais été remise en question. Pire encore, le nombre de jours d’essais prévus durant la pause hivernale est en constante diminution.

Face à une marge de manœuvre de plus en plus ténue, les acteurs de la Formule 1 se débrouillent avec leurs moyens. Certains s’insurgent même de ce sort alors qu’ils étaient auparavant d’accord avec cette mesure de réduction. Ron Dennis, par exemple, serait en droit de se demander où en serait McLaren actuellement, avec une liberté totale de tourner comme bon leur semble sur toutes les pistes du monde, entre deux Grands Prix, pour enfin réussir à faire de son unité de puissance Honda un propulseur compétitif.

L’argument de la compétitivité n’étant pas suffisant, le manufacturier officiel de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, à mis en avant la nécessité de tests pour faire progresser ses gommes d’un point de vue sécuritaire. Pour cela, la FIA a accordé au l’entreprise italienne l’organisation de deux journées d’essais sur le circuit de leur choix, avec trois équipes de pointe utilisant des monoplaces vieilles d’un an afin de n’avoir aucun avantage concret sur la concurrence.

Ces quelques jours de tests, plutôt rares, ont donc permis à Pirelli de développer sa technologie pour le pneu de 2017, dans des conditions de piste humide créé spécialement et artificiellement pour l’occasion par le circuit Paul Ricard, passé maitre dans l’exploitation de sa piste comme un parfait terrain d’essais.

Mais ce manque d’essais privé se traduit également par une attitude conservatrice des équipes qui préfèrent garder d’une année sur l’autre leur duo de pilotes, comme cela est le cas pour les exercices 2015 et 2016. De plus, on constate également que les pilotes les plus expérimentés gardent la côte auprès des écuries de pointe, comme peuvent en témoigner Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Kimi Raikkonen.

Ces grosses écuries rechignent à délaisser l’expérience au profit de la jeunesse, quitte à mettre en danger la carrière de leur jeune poulains prometteurs comme Kevin Magnussen ou Stoffel Vandoorne chez McLaren par exemple.

Le manque d’essais en Formule 1 a donc ses bons et ses mauvais côtés, mais il semblerait que les instances dirigeantes aient déjà choisi leur camp et que la réintroduction de plus de tests durant la saison ne soit qu’une chimère qui en fasse rêver quelques uns.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.








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