La Formule 1 qu’on aime !

12 04 2014

Quel Grand Prix ! Enfin, à Bahreïn, la Formule 1 version 2014 nous a apporté le spectacle tant attendu ! Il ne reste plus à espérer maintenant que cette course ne soit pas une exception. Quelques éléments permettent cependant d’être optimiste pour la suite.

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

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Le circuit de Sakhir n’est peut être pas le plus spectaculaire de toute la saison, mais ce week-end, il nous a offert une des plus belles course de la décennie. La première course de nuit au Royaume de Bahreïn a fait briller la Formule 1 de mille feux.

Tous les ingrédients qui font la beauté du sport automobile étaient effectivement présents ce dimanche pour faire frissonner jusqu’au plus blasé des passionnés de Formule 1 : des bagarres roues contre roues, des duels fratricides entre équipiers, des sorties de piste effrayantes…

Chaque saison connaît une course folle lors de laquelle tout le monde s’extasie avant de vite retrouver le cours normal des choses. C’était le cas l’année dernière en Grande Bretagne avec les explosions de pneumatiques ou bien encore au Canada en 2011 avec la victoire surprise de Jenson Button au dernier tour, dans des conditions dantesques. Mais cette année, à Bahreïn, rien d’extérieur n’est venu brouiller les cartes et plusieurs raisons font qu’il y a de quoi être optimiste pour que pareille course se renouvelle tout au long de la saison.

L’élément principal à prendre en compte est bien entendu l’absence de consigne chez Mercedes. L’équipe a laissé ses deux pilotes se battre pour la victoire, ce qui nous a offert un duel fratricide digne des plus beaux moments de la Formule 1. Pour cela, il faut saluer l’état d’esprit de l’équipe allemande qui n’a pas souhaité favoriser un de ses pilotes en piste. L’avance des Flèches d’argent est tellement grande face à la concurrence, que de telles consignes n’auraient pas été comprises par la majorité des observateurs. Et elles auraient été incompréhensibles ! Mercedes vient de nous démontrer ce qu’est l’essence même du sport automobile. La compétition, le frisson, l’affrontement des talents, bien des caractéristiques qui avaient été galvaudées ces dernières années, muselées par des tristes consignes des Ferrari, Red Bull ou plus récemment Williams. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont prouvé que l’on pouvait être équipiers en se battant en piste comme des chiffonniers tout en gardant une relation empreinte de respect. Leurs accolades à la sortie de leurs monoplaces en sont les preuves ultimes.

Mercedes d’ailleurs n’a pas été la seule à réagir de cette manière puisque Force India et Red Bull ont, elles aussi, laissé leurs pilotes se bagarrer en piste pour la beauté du spectacle. La polémique soulevée par Williams à Sepang aurait-elle réveillé chez ses concurrents une loyauté envers le public si souvent oubliée ? Et que dire aussi de la révolte des équipiers lorsque l’on voit des Sergio Pérez ou des Daniel Ricciardo faire trembler leur collègue respectif que l’on pensait pourtant établis et dominants au sein de leur équipe ? On ne saurait que s’en satisfaire car la Formule 1 est avant tout un spectacle !

Pastor Maldonado semble également avoir compris qu’à défaut de faire rêver les aficionados avec ses performances, il pouvait lui aussi faire partie du spectacle en réalisant des gestes que seul lui arrive encore à justifier. La Formule 1 est de plus en plus sécurisée et c’est un bienfait. Mais à cause de cette absence de peur qui pouvait envahir les pilotes au volant il y a encore quelques dizaines d’années, certains se pensent invincibles et tentent des gestes qui auraient pu être dramatiques à une autre époque.

Pour cette mésaventure, le Vénézuélien a écopé d’un stop-and-go de dix seconde durant la course, une pénalité de cinq places sur la grille de départ en Chine et trois points en moins sur son permis. En comparaison, Daniel Ricciardo, relâché hâtivement de son stand avec une roue desserrée en Malaisie par son équipe, à qui la faute en était entièrement imputable, avait reçu un stop-and-go à Sepang en plus d’une pénalité de dix places sur la grille du prochain Grand Prix. Le manque de cohérence des sanctions est encore flagrant mais il ne saurait néanmoins gâcher le plaisir d’avoir vu une course d’une telle intensité aussi tôt dans la saison. Les polémiques sur le bruit des moteurs et le manque de spectacle en piste ont subitement pris un sérieux coup de vieux !

Si l’état d’esprit des pilotes et des écuries reste le même durant toutes la saison, il n’y a pas de raisons de ne pas revoir un pareil spectacle se reproduire fréquemment. Chaque duo de pilotes semble très proche l’un de l’autre, et les difficultés constatées à piloter ces nouvelles monoplaces ont tendance à niveler les performances. Les vaincus d’une course voudront être les vainqueurs de la suivante et les rois déchus, tels Sebastian Vettel, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen ou Jenson Button ne sauront se satisfaire de l’affront qui leur a été fait en ce début de saison. Leurs réveils risquent de pimenter encore plus la compétition, et c’est ça, la Formule 1 qu’on aime !

Axel B.





Faux départ

20 03 2014

Ca y est, le moment tant attendu du premier Grand Prix de la saison est enfin passé. Que reste-t-il maintenant de nos interrogations de l’hiver ? Même si la première course n’est jamais représentative, elle apporte cependant son lot d’informations importantes pour la suite de l’année.

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

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Parfois, il faut savoir raison garder. La Formule 1, qui représente le pinacle du sport automobile, le sommet de la technologie, le chantre du développement et de l’adaptabilité vient de prouver une nouvelle fois que tous ces superlatifs ne sont pas usurpés.

Si certains pensaient que le Grand Prix d’Australie ne verrait qu’une poignée de monoplaces franchir la ligne d’arrivée, voire même, encore pire, aucune d’entre elles, ils doivent être bien déçu aujourd’hui. Finalement, tous les participants ont prouvé leur réactivité : seulement cinq abandons sur problèmes mécaniques, dont les deux Lotus de Romain Grosjean et Pastor Maldonado qui n’étaient visiblement pas prête à courir ce Grand Prix.

Parmi ces retraits, deux champions du monde. Sebastian Vettel et sa Red Bull, rapide mais peu fiable et surtout Lewis Hamilton, érigé comme le favori ultime cette année mais dont la W05 lui a joué un des pires tours possible en le faisant stopper après quelques pauvres kilomètres. Sa mésaventure du vendredi matin annonçait donc bien un week-end difficile pour le Britannique.

Mais attardons nous quelques instants de plus sur le cas Red Bull. Daniel Ricciardo a prouvé que la monoplace était redoutablement rapide. Ce qui laisse à penser que lorsque les hommes de Milton Keynes auront réglé leurs problèmes chroniques de fiabilité, le retour de Sebastian Vettel pourrait bien faire très mal. Déjà que l’homme est un ogre lorsqu’il gagne, sa volonté risque d’être décuplée avec un esprit de revanche évident après un hiver catastrophique et ce premier Grand Prix cauchemardesque. En plus, la mise en lumière de Ricciardo, certes déclassé, mais qui a marqué les esprits, ne va pas arranger les humeurs du quadruple champion du monde.

Devant, les Mercedes ont survolé les débats. Enfin, surtout Nico Rosberg épargné par les pannes. Mais soyons sur qu’Hamilton aurait été au même niveau que son équipier s’il avait pu courir la totalité de la course. Avec plus de vingt secondes d’avance sur son dauphin, Rosberg a écrasé la concurrence. Qu’en aurait-il était de cet écart si la voiture de sécurité n’était pas rentrée en piste ? Le choc psychologique pour la concurrence aurait été bien plus important…

Derrière, peu de surprises au final. Les Williams que l’on annonçait comme possibles vainqueurs ont saboté leur dimanche avec des qualifications très moyennes. Bottas, victime de sa fougue, a laissé échapper un possible podium et Massa, victime du fameux optimisme nippon, n’a pas fait un tour. Les Ferrari ont déjà prouvé leurs limites avec un Fernando Alonso en manque de vitesse et un Kimi Raïkkönen peu à son aise derrière le volant de sa F14-T. Les fantômes de l’anonymat de 2013 semblent toujours hanter la Scuderia.

Seule bonne surprise, les McLaren qui ont pris la place laissée vacante par les Lotus. Les gris ont retrouvé de la vigueur grâce à leurs blocs Mercedes et la fougue du déjà impressionnant Kevin Magnussen. Avec Daniil Kvyat également dans les points, ce vent de fraîcheur fait un bien fou à la Formule 1 et risque de bousculer la hiérarchie des anciens. Jenson Button doit commencer à sentir le vent de la retraite souffler dans son dos et il va falloir que le champion du monde 2009 ressorte ses plus belles armes pour prouver qu’il tient encore sa place dans la discipline.

La révolution tant attendue n’aura donc bousculé que très peu la discipline. Cette première manche aux antipodes aura eu un arrière gout de procession avec peu de dépassements ou de sorties de piste, pourtant annoncés à grand renfort d’optimisme durant l’hiver. Si Vijay Mallya, le patron de Force India, se demandait où était passé le son des Formule 1, on peut également se demander où est la révolution tant attendu par ces changements de réglementation… peut être en Malaisie dans quinze jours ?

Axel B.





Ross Brawn : un homme de défi

2 02 2014

Ross Brawn est actuellement un des hommes les plus demandés de la Formule 1. Depuis l’annonce de son retrait de chez Mercedes et de sa possible période sabbatique, l’ingénieur britannique est lié par des rumeurs à toutes les équipes en manque de dirigeant comme McLaren, Lotus ou même Honda. Il faut dire que l’homme à un curriculum vitae plutôt séduisant.

Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo

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Dans le monde de la Formule 1, Ross Brawn est associé à la victoire. Tout d’abord, il a fait partie de la glorieuse époque Ferrari où, aux côtés de Jean Todt et Michael Schumacher, il formait le trio le plus victorieux de la discipline. La symbiose qui a existé entre le septuple champion du monde et l’ingénieur britannique datait du passage des deux hommes chez Benetton, où l’ingénieux et opportuniste Flavio Briatore avait eu la bonne idée de les associer. C’est de cette époque d’ailleurs que datent les premières victoires de Ross Brawn, avec les deux titres pilotes acquis en 1994 et 1995 et le titre constructeur cette dernière année.

Il ne tardera pas cependant à suivre son ami Schumacher vers d’autres cieux et à relever le défi de redonner le gout de la victoire à Ferrari, à partir de 1997. Il lui faudra trois ans et quelques péripéties pour parvenir à ses fins, entouré par une des plus belles équipes de cette période comprenant donc Michael Schumacher, Jean Todt mais aussi Rory Byrne ou Rubens Barrichello, tous indispensables à la formidable épopée victorieuse des rouges, qui les verra collectionner la totalité des titres pilotes et constructeurs entre 2000 et 2004.

Mais Fernando Alonso et sa Renault viendront mettre fin à l’hégémonie de la Scuderia et, petit à petit, la « dream team » se séparera pour voler vers d’autres cieux. Michael Schumacher et Rory Byrne en retraite presque forcée, Jean Todt sur le chemin de la présidence de la FIA et enfin, Ross Brawn vers un rôle clé au sein de l’équipe Honda.
Le choix du Britannique de se tourner vers cette équipe va d’ailleurs s’avérer crucial pour la suite de sa carrière. En effet, le constructeur japonais, las de voir ses monoplaces végéter en fond de grille en Formule 1, décide à la surprise générale de laisser tomber son engagement à la fin de la saison 2008, mettant dans l’embarras toutes l’équipe technique et les pilotes, Jenson Button et Rubens Barrichello.

Mais pour ne pas cesser l’activité d’une équipe qu’il pense capable de gagner, Ross Brawn décide alors de racheter l’actif de l’écurie pour un euro symbolique et de la faire courir en 2009 sous son nom, vierge de tout sponsor. Profitant des nouvelles réglementations, notamment celles concernant les diffuseurs, la Brawn GP, motorisée à la va-vite par Mercedes et pilotée par Button, domine la majeure partie de la saison et remporte finalement les deux titres. Ross Brawn aura marqué d’une trace indélébile les annales de la discipline et aura écrit une des histoires les plus fascinantes et incroyables de ces dernières décennies.

La revente de son équipe à Mercedes l’année suivante, le retour de Michael Schumacher au sein de celle-ci, ne seront que des étapes vers une certaines lassitude ressentie par Brawn, qui, poussé insidieusement vers la sortie par les nouveaux décisionnaires de la firme à l’étoile, Toto Wolff et Niki Lauda, préférera se retirer de son propre gré à la fin d’une saison 2013 qui aura cependant marqué un retour vers le premier plan d’une équipe qui a pour racines Tyrrell, BAR, Honda et enfin Brawn.

Aujourd’hui, Ross Brawn se retrouve dans la même situation que lors de son retrait de chez Ferrari à la fin de l’année 2006. Une année sabbatique qui lui avait permis de rebondir vers d’autres objectifs. Il y a fort à parier que son intelligence de la course ne reste inemployée très longtemps. Les rumeurs qui le lient à un retour chez Honda, qui va s’associer avec McLaren en 2015, semblent probables, plus tout du moins qu’une possible association avec une équipe Lotus, qu’il connait pourtant depuis son passage chez Benetton, mais qui est en proie à d’incessantes difficultés financières. Et si finalement tout ça ne l’intéressait pas, et qu’il choisisse de relancer sa propre écurie en répondant à l’appel d’offre de la FIA pour l’engagement d’une nouvelle équipe à l’orée de la saison 2015 ?

 Axel B.





Liberté, égalité…neutralité ?

7 11 2013

Depuis l’arrivée d’un « pilote commissaire » durant les Grands Prix pour aider à l’analyse des situations litigieuses en piste, les controverses concernant les sanctions, infligées ou pas, aux pilotes, sont de plus en plus présentes. Il semblerait cependant que les objectifs d’égalité et de neutralité recherchés soient difficiles à atteindre.

 

Licence Creative Commons / Emperornie

Licence Creative Commons / Emperornie

Depuis plusieurs saisons, les sanctions infligées aux pilotes pour leur comportement en course sont systématiquement remises en causes. La FIA a pourtant, à force de modifications fréquentes, clarifié nettement le règlement sportif pour faire de la Formule 1 un spectacle à la fois intéressant et sûr.

A ce titre, les dépassements, qui restent l’apanage du sport automobile, ont été favorisés avec l’introduction du KERS et du DRS mais également réglementés afin que les pilotes puissent les réaliser en toute sécurité. Il est par exemple interdit de changer plus d’une fois de trajectoire pour défendre sa position, ce qui semble avoir été intégré par la majorité des acteurs du plateau.

Un autre point du règlement, très à la mode en ce moment, concerne l’espace que doit laisser un pilote à son concurrent qui est en train de le doubler. Le chassé doit laisser suffisamment de place au chasseur pour lui éviter de sortir de la piste. Une autre réglementation en découle directement, celle concernant les limites de la piste. Tout pilote qui effectue un dépassement doit le faire sur la piste, sans franchir les lignes blanches continues qui la délimite.

Il est cependant parfois difficile pour les pilotes d’appliquer à chaque fois cette obligation, pris dans le feu de l’action, sur des circuits modernes permettant de sortir très large d’un virage, dépourvu de bac à gravier. Il n’est donc pas rare de voir un pilote ayant gagné un avantage de la sorte laisser passer quelques virages plus loin la malheureuse victime de cette manœuvre. Ceci afin d’éviter la sanction immédiate d’un passage obligé par les stands faisant perdre un temps précieux.

De nombreux pilotes ont été ainsi sanctionnés et la règle semblait donc très claire. Jusqu’à ce fameux incident lors du récent Grand Prix d’Abu Dhabi entre Fernando Alonso et Jean-Eric Vergne. Il était pourtant flagrant sur les images que le pilote Ferrari avait utilisées bien plus que le largueur de la piste autorisée pour se permettre un dépassement sur la Toro Rosso à la sortie de la voie des stands. Les commissaires ont d’ailleurs lancé une investigation sur cet incident pour finalement repousser leur décision après la course. Une décision assez surprenante puisque l’Espagnol ne recevra aucune pénalité, la FIA estimant dans son communiqué : « La télémétrie confirme que la voiture 3 (Alonso) était significativement plus rapide que la voiture 18 (Vergne) en pneus tendres. » Voilà qui est étrange. Il suffit donc d’être plus rapide et d’avoir des pneumatiques différents pour avoir la clémence des commissaires sur un dépassement litigieux ? Vergne s’étonnait lui-même de la situation : « Depuis un moment, si un pilote met une roue à l’extérieur en dépassant, il prend une pénalité et il avait les quatre roues à l’extérieur. » Ce à quoi Alonso répond par sa propre interprétation du règlement : « Le règlement dit que lorsque vous avez la voiture à côté de l’autre alors vous pouvez utiliser tout l’espace. » Consternant…Mais à ce stade de la réflexion, il est utile de se poser la question de l’influence probable de Ferrari et de ses dirigeants sur une telle décision qui, soyons en sûr, ne fera pas jurisprudence.

Comment donc donner de la crédibilité à la FIA et aux commissaires qui ne sanctionnent pas un comportement dangereux et qui, d’un autre côté, infligent des pénalités financières à Sebastian Vettel en Inde coupable d’avoir assuré le spectacle…une fois encore, c’est surtout la crédibilité de la Formule 1 qui est en jeu.

 

Axel B.





No fun !

25 09 2013

« No fun, my baby, no fun » hurlaient Iggy Pop et ses Stooges en 1969…voilà une chanson qui colle à la peau de la Formule 1 actuellement. Et on ne parle pas là de l’ennui généré par l’archi-domination de Vettel mais plutôt des instances dirigeantes de la discipline qui sanctionnent à tout va des gestes et des situations qu’elles jugent indécentes ou dangereuses alors le public s’en amuse.

(c) DR

(c) DR

Aseptisée. Voilà le qualificatif qui convient le mieux à la Formule 1 aujourd’hui. Dernier exemple en date, et non des moindres, la sanction infligée à Mark Webber au soir du Grand Prix de Singapour. L’Australien malchanceux une fois de plus, a du abandonner sa Red Bull en flamme dans le dernier tour de course suite à un problème mécanique. Se retrouvant à pieds sur le bord de la piste, son ami Fernando Alonso a décidé de la raccompagner, au volant de sa Ferrari, jusqu’aux stands. Une image forte et séduisante, surtout en connaissant les liens qui unissent les deux pilotes et en sachant que le grand Mark ne serait plus là l’année prochaine.

Il y a d’ailleurs eu quelques précédents récents, d’un pilote raccompagnant un de ses adversaires sur le dos de sa monoplace. Et notamment ce même Webber qui avait raccompagné…Alonso à son stand à la fin du Grand Prix d’Allemagne 2011 alors que l’Espagnol était en panne d’essence après l’arrivée…On se souvient aussi de la première et seule victoire de Jean Alesi lors du Grand Prix du Canada en 1995. Alors pilote Ferrari, l’Avignonnais était tombé en panne d’essence juste après avoir franchi la ligné d’arrivée en vainqueur. C’est Michael Schumacher le croisant en bord de piste, qui ramènera l’infortuné  Alesi à califourchon sur la Benetton de l’Allemand, sans savoir que, quelques mois plus tard, ils échangeront leur baquet respectif. Deux ans plus tard, Schumacher fera de même avec Giancarlo Fisichella au Grand Prix d’Allemagne, alors qu’un pneumatique de la Jordan du pilote italien avait explosé lorsqu’il se trouvait en tête de la course.

En 2001, c’est Mika Hakkinen, dans sa dernière année de présence en Formule 1, qui jouera de malchance lors du Grand Prix d’Espagne. Alors en tête, son embrayage lui fait défaut à quelques mètres de l’arrivée le forçant à mettre pied à terre. Il sera raccompagné aux stands par son équipier chez McLaren, David Coulthard, laissant Michael Schumacher et sa Ferrari grimper sur la première marche du podium.

Ce dimanche, Mark Webber nous a donc offert un tour d’honneur original qui restera sûrement comme une des images les plus marquantes de cette saison. Mais malgré cela, les commissaires ont décidé de sanctionner l’Australien d’un blâme, le troisième cette saison pour le pilote Red Bull, ce qui est synonyme, selon le règlement, d’une sanction de dix places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, en Corée du Sud.

Aseptisée donc, pas de le droit au moindre écart, à un peu de folie, à du spectacle…la Formule 1 était déjà un grand cirque ordonné et quasi-impénétrable, elle en deviendrait presque risible et inintéressante car trop calculée et ne laissant plus de place à l’imprévu, qui est pourtant souvent porteur d’intérêt. Même les podiums sont devenus froids et rigides. Les drapeaux nationaux flottants au vent et représentants les nations des trois premiers de la course ont été remplacées par des panneaux électriques donnant d’air à des panneaux publicitaires. Plus d’anarchie non plus dans la montée des marches des pilotes qui sont présentés dans l’ordre décroissant des arrivées ; sans parler de la mini-conférence de presse qui s’ensuit avec une personnalité choisie…bref, on en viendrait presque à regretter les erreurs historiques des podiums d’antan comme lors de cette victoire surprise de Jacques Laffite au Grand Prix de Suède en 1977 lors de laquelle la Marseillaise ne retentira pas, les organisateurs n’ayant pas prévu l’éventualité d’une victoire française lors de la course…

Mark Webber paiera donc « sa folie » d’avoir enfin pu rouler en Formule 1 avec une Ferrari, lui que l’on disait proche d’un accord l’année dernière pour remplacer Felipe Massa, et devra nous gratifier d’une des remontées dont il a le secret en Corée, dans deux semaines, pour venger cet affront ridicule qu’on lui impose.

Axel B.





La petite reine d’Alonso

7 09 2013

Entre Fernando Alonso et le monde du cyclisme, il y a une histoire d’amour qui dure depuis longtemps. Elle se concrétise aujourd’hui avec le rachat de l’équipe basque Euskatel-Euskadi par le pilote des Asturies, qui sera donc à la tête d’une des équipes les plus performantes du peloton ces dernières années.

(c) Fernando Alonso / Twitter

(c) Fernando Alonso / Twitter

On connaît la passion de Fernando Alonso pour le cyclisme. Le pilote espagnol organise une grande partie de sa préparation physique annuelle autour de la petite reine, et il n’hésite pas à partager les photos de ses entrainements sur son compte Twitter.

On le sait également très proche du double vainqueur du Tour de France, Alberto Contador, avec qui il partage souvent la route pour ses sorties à deux roues.

Mais on n’imaginait pas que le double champion du monde espagnol allait s’investir à ce point dans ce sport qui le fascine. Lorsqu’il a appris que l’équipe basque Euskatel-Euskadi était en grande difficulté financière suite à l’abandon du projet par son principal sponsor, Alonso n’a visiblement pas hésité une seule seconde pour se saisir de cette opportunité qui lui tendait le bras de s’investir dans le cyclisme professionnel.

Bien entendu, depuis les nombreuses affaires de dopage qui ont été mises à jour ces dernières années, le monde du vélo subit un déficit d’image croissant, et la suspicion ne cesse de s’étaler au grand jour sur n’importe quelle performance des coureurs. La dernière en date, avec la victoire impressionnant de Christopher Froome lors du dernier Tour de France, n’a pas manqué elle aussi d’avoir son lot de commentaires négatifs.

On pourrait alors se demander pourquoi une personnalité comme Fernando Alonso souhaite se lancer dans ce genre de projet. Le pilote Ferrari a cependant annoncé que le crédo affiché par son équipe serait la transparence et la tolérance zéro.

Il a par ailleurs été estimé qu’un budget de six millions d’euros serait nécessaire au bon fonctionnement de la nouvelle équipe (qui ne porte pas encore de nom), a un niveau correct de performances. Ce financement sera apporté par des sponsors personnels qui l’accompagnent déjà chez Ferrari.

A ce titre, même si son rôle définitif reste encore à être précisé, Alonso portera un regard attentif aux futurs membres de son équipe. Cette dernière devrait néanmoins s’articuler autour de Samuel Sanchez, champion olympique de la discipline en 2008 et meilleur grimpeur du Tout de France 2011. On connaît également l’amitié qui lie le pilote de Formule 1 avec Alberto Contador, double vainqueur du Tour entre autre, et les difficultés que ce dernier rencontre avec son équipe Saxo Bank après une performance décevante lors de la dernière Grande Boucle…de là à penser qu’un rapprochement est possible…

Dans tous les cas, la démarche de Fernando Alonso semble franche et passionné. Ce n’est sûrement pas pour soigner son image de marque que l’Espagnol s’est engagé dans un sport qui est justement en déficit dans ce domaine. Son patriotisme envers son pays et envers sa région (l’équipe devrait déménager du Pays Basque vers les Asturies) sont également des points importants dans sa décision de sauver une formation ibérique vouée à une mort certaine à la fin de l’année.

Une démarche rafraichissante et plutôt inédite qui promet peut être un rapprochement intéressant entre deux disciplines, La Formule 1 et le cyclisme, qui ont déjà quelques points communs notamment au niveau de l’aérodynamisme et de la recherche pointue de la performance physique et technologique.

Axel B.





Vettel assomme et endort la Formule 1

1 09 2013

En Belgique le week-end dernier, Sebastian Vettel a une nouvelle fois dominé de la tête et des épaules tous ses adversaires. Si cette situation ravit le pilote et son équipe, elle a du mal à enthousiasmer le reste du monde de la Formule 1 et ses spectateurs en premiers lieu. Allons-nous entrer dans une nouvelle ère de domination à la Michael Schumacher ? Vettel est-il intouchable ? Ses adversaires sont-ils capable de le battre ? Autant de questions qui risquent d’agiter les années à venir dans la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Si en début de saison, un fringant Fernando Alonso et sa Ferrari avaient laissé penser qu’ils pourraient s’attaquer et tenir tête à l’ogre Vettel au volant de sa Red Bull, les dernières courses en date ont vite refroidi les plus chaudes ambitions de changement en haut du classement du championnat du monde des pilotes.

Certes, Alonso est toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de tout donner au volant de son bolide rouge. Le week-end dernier, en Belgique, il a une nouvelle fois démontré tout son talent en remontant de la neuvième à la deuxième place, en mystifiant sur son passage le préretraité Mark Webber et les deux Mercedes, épouvantails des qualifications mais bien à la peine en course.

On se mettrait presque à rêver que l’Espagnol parte en pole positions dans les week-ends à venir, une situation qui ne lui est plus arrivé depuis le Grand Prix d’Allemagne l’année dernière, ce qui constituait alors sa quatrième pole chez Ferrari, seulement…

D’un autre côté, c’est le problème inverse qui semble toucher les Mercedes. Redoutablement rapides en qualification cette années, les flèches d’argent ont certaines difficultés selon les circuits pour rester devant la meute. Dans certaines circonstances, Nico Rosberg et Lewis Hamilton arrivent cependant à remporter des courses, deux pour l’Allemand et une pour le Britannique, mais leur inconstance ne leur permet pas pour l’instant de jouer les premiers rôles au championnat et de ralentir la course effrénée de Vettel vers son quatrième titre consécutif.

Même constat pour Lotus, et notamment Kimi Raikkonen, troisième du championnat, qui ne trouve pas sa performance optimale en toutes occasions. Tantôt brillantes, tantôt fantomatiques, les monoplaces noir et or sont sur le fil du rasoir à cause d’un développement moins rapide que leurs rivaux.

On aurait alors pu compter sur la seconde Red Bull, pilotée par Mark Webber, pour jouer les trublions au championnat. Mais l’Australien a longtemps été perturbé en début de saison jusqu’à l’annonce de sa retraite future en fin d’année. Mais « Aussie Grit » semble plutôt engagé dans une tournée d’adieu que dans une lutte fratricide pour le championnat.

Bref, Vettel est en train de s’envoler vers un quatrième titre consécutif, et certains fans de Formule 1 commencent à trouver cette domination un peu longue. Bien sûr, l’Allemand ne démérite pas au volant et mérite tout à fait et sans conteste ses succès, et un nouveau titre s’il venait à s’offrir à lui. Mais en son temps, Michael Schumacher dominait également la discipline de fort belle manière, mais en agissant aussi comme un puissant soporifique du dimanche après-midi. A tel point que la FIA et Bernie Ecclestone usaient de tous les stratagèmes pour ralentir le septuple champion du monde, avec plus ou moins de succès selon les différents règlements imposés.

Vettel prend donc le même chemin que son ainé. Sa dernière victoire en Belgique, sur le pourtant très réputé et spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps, nous a offert un des après-midi les plus ennuyant de cette saison. On ne peut évidemment pas reprocher au pilote et à son équipe de collectionner les victoires, mais il serait grand temps que la concurrence se réveille et vienne bousculer le roi Vettel de son trône, au risque de ne plus pouvoir le déloger durant plusieurs années. En début de carrière, l’Allemand n’aimait pas qu’on le compare au Baron Rouge Schumacher, mais force est de constater que, même malgré lui, Vettel commence à lui ressembler fortement…pour meilleur et pour le pire !

 

Axel B.





Vergne et Ricciardo dans un rodéo à deux

25 07 2013

Depuis que Mark Webber a annoncé son départ de la discipline à la fin de la saison les rumeurs vont bon train sur le nom de son remplaçant. Si Kimi Raikkonen serait le premier choix de Red Bull, il est un peu trop tôt pour mettre de côté les deux jeunes pilotes Toro Rosso : Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo. Le duel de ces deux là pour l’obtention d’une place aux côtés de Sebastian Vettel va être passionnant à suivre durant la seconde partie de la saison. Mais lequel des deux à le plus de chance d’y arriver ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Mark Webber a surpris Christian Horner et Red Bull lorsqu’il a annoncé, en marge du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, son intention de quitter la Formule 1 à la fin de la présente saison. Ce n’est pas vraiment sa décision qui a été surprenante, mais plutôt la manière dont elle a été annoncée, sans prévenir les dirigeants de l’équipe, qui l’ont donc appris en même temps que le reste du paddock.

Par ce geste que d’aucun qualifierait de peu élégant, Webber a certainement voulu régler ses comptes avec une équipe qui, selon lui, ne l’a pas assez soutenu malgré le fait qu’elle lui a fourni des monoplaces capable de remporter le titre depuis trois ans.

Maintenant, l’Australien s’est lancé un nouveau défi en Endurance en rejoignant Porsche et laisse de ce fait une place vacante chez les champions du monde aux côté de Sebastian Vettel.

Parmi les prétendants à sa succession, il y a logiquement les deux pilotes Toro Rosso, Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo, qui ont appris le métier au sein de l’équipe de Faenza et qui, au terme de leur seconde année de présence sur les grilles de départ, n’ont d’autres choix que d’ambitionner un volant au sein de l’écurie mère.

Dietrich Mateschitz et son bras droit, Helmut Marko, leur ont donné deux années pour prouver leur talent. En 2012, le Français et l’Australien ont chacun mis en avant leurs qualités. Ricciardo était souvent très rapide en qualifications, au dépend de Vergne, mais ce dernier réalisait des courses plus constantes, ce qui lui a permis au final de devancer son équipier au championnat de quelques points. La monoplace qu’ils avaient entre leurs mains cette année là ne leur a cependant pas permis de briller outre mesure, et une seconde saison n’était pas de trop pour pouvoir se faire un jugement définitif sur les deux hommes.

Cette année, le schéma de la saison précédente semble se renouveler. Daniel Ricciardo impressionne toujours par ses performances en qualifications, mais Jean-Eric Verge a sensiblement augmenté son niveau de jeu dans cet exercice. De ce fait, les résultats entre les deux hommes sont de plus en plus proches et les bons résultats, au volant d’une monoplace bien plus compétitive, s’enchainent pour les deux pilotes.

La pression semble également jouer un rôle important dans leur affrontement. Vergne et Ricciardo savent tous deux que tous les regards sont tournés vers eux, et le moindre faux pas risque de faire pencher la balance du mauvais côté. Du coup, même si intrinsèquement leurs résultats sont meilleurs (Toro Rosso a déjà quasiment le même nombre de points à la mi-saison que son total de l’an dernier), la constance n’est pas au rendez-vous. Vergne a réalisé deux courses magnifiques à Monaco et au Canada, ponctué par un flatteuse 6ème place à Montréal, mais il s’est ensuite écroulé lors des deux Grands Prix suivants à Silverstone et en Allemagne, où son équipier Ricciardo s’est fait remarquer par des performances exceptionnelles en qualifications (deux fois 6ème) et une prestation solide en course (8ème en Grande-Bretagne), pendant que le Français se battait en fond de peloton et devait subir deux abandons sur des problèmes mécaniques.

On comprend bien que le choix des dirigeants de Red Bull est cornélien. Aucun des deux pensionnaires de Toro Rosso n’arrive à se détacher et leurs performances sont finalement semblables au volant d’une monoplace qui ne leur permet pas de jouer les premiers rôles. Du coup, leur nationalité pourrait peut être jouer un rôle dans le choix de Red Bull. Mark Webber a déjà appuyé la candidature de son compatriote Ricciardo, mais la voix de l’Australien trentenaire pèse-t-elle vraiment au sein de l’équipe désormais ? Vergne pourra bien bénéficier du fait que Red Bull aimerait développer sa présence et son chiffre d’affaire en France, mais au final, Mateschitz et ses hommes ne sont intéressés que par une chose : la victoire. Vettel les a habitués comme cela depuis plusieurs années…

La seconde partie de la saison va être cruciale et passionnante à suivre entre les deux pilotes Toro Rosso qui se sont engagés dans un rodéo fou pour tenter de dompter le taureau rouge qui fait rêver tant de pilotes. Le premier qui tombera de la selle n’aura certainement pas d’autres opportunités de prouver ses talents d’équilibriste, d’autant plus qu’un certain Kimi Raikkonen se fait également courtiser par toute la manade.

Axel B.





Pirelli face à son image

14 06 2013

Le fournisseur unique de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, est actuellement en train de réfléchir aux suites à donner à son engagement dans la discipline. Cette hésitation est cependant justifiée à la vue de l’image peu flatteuse que reflète actuellement sa présence sur les grilles de départ.

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Les polémiques font partie intégrante de la Formule 1. Chaque année, une nouvelle affaire vient défrayer les chroniques des magazines spécialisés et agite l’allée des stands. Hier le « Spygate », aujourd’hui le « Testgate »
Mais depuis trois ans, il y a une polémique insistante qui concerne les pneumatiques Pirelli. La firme milanaise a accepté de revenir en Formule 1 pour trois saisons à compter de l’année 2010 avec un cahier des charges bien précis imposé par la FIA. Cette dernière voulait donner une nouvelle impulsion au spectacle de la discipline et a judicieusement penser qu’en agissant sur le seul lien entre les monoplaces et la piste, donc les pneus, elle aurait l’occasion d’arriver à ses fins.

Effectivement, on peut dire que depuis trois ans, le spectacle est d’avantage présent lors des Grands Prix. Avec des gommes instables et difficilement compréhensibles et appréhendables par une majorité de pilotes, il nous a été donné de voir des courses plutôt mouvementées.
Les pilotes et les équipes sont en rognes mais le spectacle et ses promoteurs sont gagnants. Et Pirelli, dans cette histoire, se retrouve coincée et otage d’une situation qui commence lentement à lui échapper.

Car en effet, quel est le but premier d’une présence en Formule 1 pour une entreprise ? En ce qui concerne le domaine des pneumatiques, avec un manufacturier unique, on peut d’ores et déjà écarter le concept de compétition. Pirelli n’a pas à prouver qu’elle gagne plus souvent qu’un de ses concurrents. Il faut donc pour cette dernière travailler sur son image de marque et faire en sorte que l’excellence de ses produits soit mise en avant.
Or, depuis plusieurs mois maintenant, l’entreprise italienne croule sous les critiques des pilotes et des écuries qui font ressortir une incapacité à tirer la quintessence de leurs monoplaces à cause de pneumatiques trop peu endurants. Paul Hembery, le directeur sportif de Pirelli, se confond en explications pour justifier les choix conjointement pris par son entreprise et la Fédération.

Au final, qu’aurait à gagner Pirelli à continuer dans cette direction pour 2014 et au delà ? Si la situation reste en l’état, pas grand-chose. On l’a dit, le but premier de Pirelli est de faire rejaillir ses succès et sa technique sur ses ventes de pneumatiques dans le monde. Le marketing est un point assez important dans le milieu commercial pour ne pas se forger une mauvaise image en dépensant des millions en Formule 1. Certes, le nom de Pirelli est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Au niveau de la représentation par l’image, c’est un succès. Mais au niveau de l’image de la marque en elle-même, Pirelli se retrouve sur le fil du rasoir entre une bonne et une mauvaise appréciation.

Paul Hembery et ses partenaires vont donc devoir faire un choix cornélien et réussir à définir si leur présence à long terme en Formule 1 va continuer à leur apporter ce qu’ils étaient venus chercher en entrant dans la discipline, c’est-à-dire une meilleure image de leurs produits axés sur la compétitivité, l’endurance et l’excellence. Pas si sûr que les décideurs de la Formule 1 soient sur la même longueur d’onde.

 

Axel B.





Rien ne sert de courir…

27 04 2013

Depuis l’introduction des pneumatiques Pirelli en Formule 1 il y a de cela trois saisons, la discipline a pris un virage étonnant conditionné par la durabilité et la gestion difficile des gommes italiennes. En effet, la plupart des Grands Prix ne sont-il pas en train de se résumer à une simple course d’endurance et de stratégie plutôt que de vitesse pure, pourtant apanage du pinacle du sport automobile mondial ?

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Il est commun, chaque année depuis la saison 2011, d’entendre les pilotes se plaindre de la tenue de leurs pneumatiques. En effet, depuis l’arrivée de Pirelli en Formule 1, les composants des gommes fournies aux différentes écuries ne cessent d’évoluer vers une dégradation de plus en plus importante.

De plus, l’introduction de nouveaux éléments comme le KERS ou le DRS, qui facilitent les dépassements ont profondément modifié le comportement des pilotes en piste. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir certains d’entre eux se laisser doubler pour éviter d’abîmer leur pneumatiques dans une tentative de résistance quasiment impossible face à un adversaire possédant des gommes plus performantes de trois secondes au tour, avec un DRS ouvert et un KERS en pleine action. Même les pilotes les plus hargneux, comme Sebastian Vettel ou Fernando Alonso, préféreront perdre une ou deux places et rallier l’arrivée, plutôt que de tenter un coup de poker stratégique au risque de voir un effondrement soudain de leur performance.

La stratégie a toujours eu une importance capitale en Formule 1. Surtout à l’époque des ravitaillements en essence, où les arrêts aux stands pouvaient coûter près d’une dizaine de secondes d’immobilisation. Maintenant que ceux-ci sont devenus interdits, le temps d’arrêt s’est considérablement réduit. Cependant, il n’est pas rare de voir des pilotes stopper très tôt dans la course pour se débarrasser rapidement d’un type de pneumatique, embarrassant mais obligatoire à chausser durant la course.

Mais si auparavant une grande partie de la stratégie était basée sur les arrêts ravitaillement dans le but de gagner quelques précieuses places dans les stands, aujourd’hui, c’est la dégradation des pneumatiques qui est la clé de la performance.

Une sorte de course d’endurance est alors lancée entre les pilotes, et celui dont la monoplace et le style de pilotage exploiteront au mieux ses gommes, aura peut être une chance de finir la course dans les premiers. Un paradoxe troublant pour une discipline basée sur la vitesse pure et la compétition. Des pilotes qui ne se battent plus, qui se laisse doubler par crainte de ne pouvoir finir la course et qui ont les yeux rivés sur l’état de leur gommes plutôt que sur le prochain virage, voilà le spectacle qui pourrait nous être donné de voir à l’avenir si Pirelli et les instances dirigeantes de la Formule 1 ne changent pas leur fusils d’épaule en arrêtant de miser sur divers artifices par crainte d’un manque d’animation.

Mais les pilotes sont tout de même assez talentueux pour offrir au public un spectacle de qualité, n’ayons crainte. Car sans cette confiance, un duel Villeneuve/Arnoux du Grand Prix de France à Dijon en 1979 n’aurait jamais eu lieu. Et cela reste pourtant à ce jour une des plus belles pages de l’histoire de la Formule 1.

 

Axel B.








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