La F1 en manque d’essais

27 01 2016

Avec la réduction des essais pendant la pause hivernale et durant la saison, la Formule 1 est en manque de repère. Supprimé depuis des années pour motifs économiques, le manque de roulage devient des plus préjudiciable pour tous les acteurs de la discipline qui ont de plus en plus de mal à développer des technologies, souvent très poussées.

(c) V. Guignet/Motorsinside

Actée depuis le début des années 2010, la décision de supprimer les essais privés durant la saison n’a jamais été remise en question. Pire encore, le nombre de jours d’essais prévus durant la pause hivernale est en constante diminution.

Face à une marge de manœuvre de plus en plus ténue, les acteurs de la Formule 1 se débrouillent avec leurs moyens. Certains s’insurgent même de ce sort alors qu’ils étaient auparavant d’accord avec cette mesure de réduction. Ron Dennis, par exemple, serait en droit de se demander où en serait McLaren actuellement, avec une liberté totale de tourner comme bon leur semble sur toutes les pistes du monde, entre deux Grands Prix, pour enfin réussir à faire de son unité de puissance Honda un propulseur compétitif.

L’argument de la compétitivité n’étant pas suffisant, le manufacturier officiel de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, à mis en avant la nécessité de tests pour faire progresser ses gommes d’un point de vue sécuritaire. Pour cela, la FIA a accordé au l’entreprise italienne l’organisation de deux journées d’essais sur le circuit de leur choix, avec trois équipes de pointe utilisant des monoplaces vieilles d’un an afin de n’avoir aucun avantage concret sur la concurrence.

Ces quelques jours de tests, plutôt rares, ont donc permis à Pirelli de développer sa technologie pour le pneu de 2017, dans des conditions de piste humide créé spécialement et artificiellement pour l’occasion par le circuit Paul Ricard, passé maitre dans l’exploitation de sa piste comme un parfait terrain d’essais.

Mais ce manque d’essais privé se traduit également par une attitude conservatrice des équipes qui préfèrent garder d’une année sur l’autre leur duo de pilotes, comme cela est le cas pour les exercices 2015 et 2016. De plus, on constate également que les pilotes les plus expérimentés gardent la côte auprès des écuries de pointe, comme peuvent en témoigner Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Kimi Raikkonen.

Ces grosses écuries rechignent à délaisser l’expérience au profit de la jeunesse, quitte à mettre en danger la carrière de leur jeune poulains prometteurs comme Kevin Magnussen ou Stoffel Vandoorne chez McLaren par exemple.

Le manque d’essais en Formule 1 a donc ses bons et ses mauvais côtés, mais il semblerait que les instances dirigeantes aient déjà choisi leur camp et que la réintroduction de plus de tests durant la saison ne soit qu’une chimère qui en fasse rêver quelques uns.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.





Tecpro : L’avenir de la sécurité en F1

20 12 2015

La présence française en Formule 1 ne se borne pas à Renault et à Romain Grosjean. En effet, une entreprise tricolore fait beaucoup pour la sécurité des pilotes sur les circuits grâce à une technologie innovante de barrière appelée Tecpro. Nous avons rencontré son créateur, Rafaël Galiana.

(c) Getty

(c) Getty

C’est au pied du Garlaban, sommet provençal mis en lumière par l’écrivain Marcel Pagnol, dans le Parc d’Activité de Napollon, poche d’Aubagne, que Rafaël Galiana a décidé d’installer les bureaux français de son entreprise Tecpro. Originaire de la région, ce natif de Marseille est avant tout un passionné, pilote à ses heures, qui a décidé, après avoir arpenté différents circuits mondiaux, de trouver une solution pour améliorer la sécurité des pilotes qui est souvent mise à mal par la piètre qualité d’absorption des murs de pneumatiques ou des glissières de sécurité classiques.

Implantée en France, l’entreprise n’en est pas moins internationale avec des usines en Chine, en Tunisie et aux Etats-Unis, des bureaux à Hong Kong et un rayonnement mondial sur une majorité de pistes qui accueillent des compétions de sport automobile.

Après avoir commencé à équiper de nombreuses pistes de karting, plus de 300 dans le monde entier actuellement, Tecpro s’est fait connaitre sur les circuits de Formule 1 en présentant son projet à la FIA, garante de la sécurité sur les pistes homologuées. Le Grand Prix de Singapour en 2008 a été la première course à accueillir des barrières Tecpro qui doit son exceptionnelle absorption de chocs à hautes vitesses – à prés de 220 km/h – à sa conception en polyéthylène souple et à son innovant système de sangle intégrée qui permet aux barrières de ne pas se désolidariser où d’être traversées par une voiture lors d’un impact. Il aura fallu 6 ans pour que l’entreprise impose sa vision aux instances dirigeantes de la Formule 1, après diverses réunions et série de crash test.

La connaissance du sport automobile de Rafaël Galiana est un atout majeur pour son entreprise, comme il le précise lui-même : « Au niveau de la sécurité, nous savons de quoi nous parlons. Lorsque l’on arrive sur un circuit, nous savons où sont les points critiques et nous savons où nous pouvons améliorer la sécurité. »

Mais malgré ce savoir-faire évident, encore trop peu de promoteurs et de pistes décident de s’équiper de ce nouveau matériel pour remplacer les archaïques murs de pneumatiques. Ce que déplore son concepteur : « Les circuits font le minimum. Au Brésil par exemple, un seul virage est équipé Tecpro, mais les promoteurs ont préféré dépenser de l’argent pour refaire entièrement les stands. »

Pourtant l’histoire récente de la Formule 1 regorge d’exemple de nombreux pilotes qui sont sortis indemnes d’énormes crashs après avoir perdu le contrôle de leur monoplace dans les barrières Tecpro. Max Verstappen à Monaco ou Carlos Sainz Jr à Sotchi cette années sont parmi les exemples les plus flagrants. Le père de l’Espagnol viendra par ailleurs remercier Rafaël Galiana pour avoir permis à son fils de s’extraire indemne de son accident.

Aujourd’hui, tous les nouveaux circuits sont équipés de barrières Tecpro, mais pas forcément entièrement. Comme le précise ne souriant Rafaël Galiana : « C’est ou les pneus, ou nous ! » Légèrement plus cher que les barrières de pneumatiques, le Tecpro fait néanmoins désormais parti de la réflexion de la FIA et des designers lors de la conception des nouvelles pistes. Les coûts d’acheminement sont moins élevés, le temps passé à monter les barrières est réduit par rapport à un mur de pneumatiques : « On arrive avec très peu de container et avec une main d’œuvre rapide. Tous ces avantages commencent à rentrer dans les mentalités. Nous sommes une entreprise ‘green’. Un circuit jette 20 pneus par an en moyenne, ce n’est pas un gros pollueur. Mais un circuit ne jettera que deux bloc Tecpro par an. Et pour faire un circuit entièrement avec des pneumatiques, il faut aux alentours de 400 camions pour les acheminer, alors que seulement 40 container sont nécessaires de notre côté. »

Même si l’entreprise a réussi à imposer son savoir-faire et sa technologie dans le microcosme du sport automobile, il reste encore beaucoup de chemin à faire à Rafaël Galiana pour s’étendre encore plus, de manière mondiale. Mais la passion est le moteur principal de Rafaël Galiana et de son entreprise Tecpro. C’est pourquoi il donne également un coup de pouce discret à un ou deux pilotes en devenir.

 

Axel B.





Le lion Sainz contre l’ogre Verstappen

18 11 2015

Telle une fable, le duel des deux pilotes Toro Rosso cette année, Carlos Sainz et Max Verstappen, prend un tournant épique et la morale du début de saison n’est plus la vérité de cette fin d’exercice 2015.

 

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

En début d’année, la signature du juvénile Max Verstappen faisait les gros titres de toute la presse, spécialisée ou non. Comment un jeune homme, pas encore majeur et étant dans l’impossibilité de posséder son permis de conduire, pouvait-il se retrouver parachuté derrière le volant d’une Formule 1 ?

De l’autre côté du box Toro Rosso, un autre jeune lion du nom de Carlos Sainz aura du patienter un peu plus pour voir sa titularisation effective. En balance avec d’autres pilotes, le pourtant émérite Espagnol ne semblait pas faire l’unanimité au sein de clan Red Bull au nom duquel, pourtant, il avait remporté des victoires importantes dans les catégories inférieures.

La pression était dans le camp du Néerlandais lors des premiers Grands Prix et force était de constater que Verstappen avait un peu de mal à gérer tout ça. En sept Grand Prix, il ne rentrera qu’une seule fois dans les points tandis que Sainz, sans être étincelant, impressionnait pas sa maitrise, sa régularité et sa capacité à commettre peu de faute en piste.

De ce point de vue là, Verstappen n’était pas exempt de tous reproches. Preuve en est son escapade sur l’aileron arrière de la Lotus de Romain Grosjean lors du Grand Prix de Monaco qui verra sa Toro Rosso s’encastrer violemment dans les murs de pneumatiques du virage de Sainte Dévote.

Mais ce crash et les déclarations qui suivirent concernant son peu d’intérêt pour la dangerosité de son pilotage allaient marquer un déclic chez le jeune homme.

A partir de ce moment, les rôles se sont inversés dans la petite équipe italienne. La fougue de Verstappen a laisser place à un pilotage plus réfléchi mais tout aussi agressif couronné par deux magnifiques quatrième place en Hongrie et aux États-Unis. Voyant ce danger monter à ses côtés, le discipliné Sainz s’est senti obligé de hausser son niveau de jeu jusqu’à aller même un peu trop loin, comme sa violente sortie de piste aux essais du Grand Prix de Russie en atteste. Quelques autres erreurs et une malchance tenace feront définitivement pencher la balance en faveur de son équipier.

Possédant plus de double de point que son équipier au classement du championnat du monde des pilotes, la victoire de Max Verstappen sur Carlos Sainz est actée pour cette année. Face à un tel phénomène qui confirme course après course toutes les louanges pourtant prématurées à son sujet, l’Espagnol va devoir garder la tête haute et le nez dans son volant pour continuer à travailler sereinement et à délivrer son plus beau pilotage comme il a été capable de le faire en début de saison. Son avenir chez Toro Rosso en dépend, et on connait la gestion impitoyable des dirigeants autrichiens à ce sujet.

Axel B.





GP du Brésil 2010 : Le jour de gloire de Nico Hülkenberg

15 11 2015

Lors de l’édition 2010 du Grand Prix du Brésil, le jeune pilote allemand Nico Hülkenberg a fait éclater son talent à la face du monde en signant un pole position étonnante, au nez et à la barbe des favoris, au volant de sa Williams-Cosworth, pour sa première saison en Formule 1.

(c) Williams

(c) Williams

Fraichement auréolé d’un titre en GP2 Series, Nico Hülkenberg n’aura pas tardé à faire son entrée dans le petit monde de la Formule 1. Couvé par Frank Williams, qui a vu en lui un talent prêt à éclore, le jeune pilote allemand de seulement 23 ans allait courir sa première saison dans la discipline en 2010, au volant d’une mythique Williams propulsée par un non moins mythique moteur Cosworth.

Ses débuts ne sont cependant pas éblouissants, mais Hülkenberg arrive néanmoins à mettre en avant sa belle pointe de vitesse en signant notamment un excellent cinquième temps lors des qualifications du Grand Prix de Malaisie, sur un circuit de moteur et donc, désavantageux avec le vieillissant Cosworth qui équipe sa FW32.

Même s’il tarde à convertir de belles qualifications en points durant les courses, Hulk, comme le surnomme le paddock, réussi tout de même à scorer quelques fois et n’a pas à rougir de la comparaison avec son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello.

Les deux hommes se présentent donc au Grand prix du Brésil, avant dernière manche du championnat 2010, avec des ambitions modestes. Mais déjà, comme c’est souvent le cas sur la ville de Sao Paulo, les conditions météorologiques semblent vouloir jouer un rôle important lors de ce week-end. En effet, la pluie est attendue durant les trois jours du Grand Prix et elle s’intensifie lors du moment crucial des qualifications le samedi.

Jouant avec les nerfs des pilotes, les gouttes d’eau se font d’humeur et d’intensité changeantes. Tant est si bien que, à la fin de la séance, après une heure d’effort, la piste commence à s’assécher. A ce petit jeu, tous les protagonistes savent qu’il faut généralement sortir le plus tard possible pour réaliser le meilleur temps. Mais un championnat se joue à Interlagos et les gros bras se sentent fébriles. Ils ne se méfient pas d’Hülkenberg qui sera le dernier à rentrer en piste ce samedi.

Le jeune allemand réalise ainsi le meilleur temps de la journée, devançant de plus d’une seconde son plus proche rival, son compatriote Sebastian Vettel, qui réussi à accrocher la deuxième place sur la grille au volant de sa Red Bull. Mais avec ce résultat époustouflant, l’Incroyable Hulk signe là un authentique exploit qui permet à Williams de renouer avec la pole position après cinq années de disette.

Le lendemain, la course d’Hülkenberg sera anecdotique. Sur piste sèche sa Williams a du mal à lutter contre ses poursuivants et il devra se contenter d’une modeste huitième place à l’arrivée. Mais lors de ce Grand Prix du Brésil, l’Allemand sera rentré dans les livres d’Histoire de la Formule 1 et gageons qu’il espérera, cette année encore, marquer encore plus la discipline. Ça tombe bien, les Force India sont en forme en cette fin de saison !

Axel B.





Mercedes : Deux titres et après ?

14 10 2015

Mercedes vient d’être titrée championne du monde des constructeurs en Formule 1 pour la deuxième fois. Après la découverte et la confirmation, la période de la longévité va arriver. L’équipe est-elle capable de s’imposer durablement au sommet de la discipline pour de nombreuses années ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

La Formule 1, on le sait, est une affaire de cycle. Ferrari et Red bull ont été, ces dernières années, les chantres de ce modèle. Mais après des saisons passées au somment de la discipline, chaque équipe peut avoir un retour de bâton inattendu et perde d’un coup, par lassitude ou tout simplement par logique, leur suprématie.

Cette fin de cycle, Mercedes pourrait ne pas tarder à la connaitre. Cette année déjà, les flèches d’argent ont eu l’avertissement d’un possible retournement de situation dans un avenir plus ou moins proche. Leur défaillance lors du Grand Prix de Singapour aura certainement alerté les consciences des dirigeants de la firme à l’étoile.

Certes, cette mauvaise exploitation des pneumatiques Pirelli qui était la cause de cette contre-performance alarmante sur le moment, n’a été que ponctuelle. Et même si elle se renouvelle d’ici à la fin de la saison, la domination sans partage de Lewis Hamilton, et dans une moindre mesure de Nico Rosberg, seront suffisantes pour empocher une nouvelle fois une double couronne mondiale.

Mais les problèmes, justement, rencontrés un peu trop fréquemment cette année par le pilote Allemand, doivent être, aux aussi, autant de signaux à prendre en compte avant d’atteindre le point de non-retour.

Mais pour nuancer cette crainte, il ne faut pas sous estimer les forces de l’équipe Mercedes, qui est une équipe rompue à la victoire depuis la brève ère Brawn GP en 2009 avec Jenson Button. Construite sur les cendres de l’écurie Honda, qui avait établie une base solide, elle n’a cessé de se renforcer et de faire venir des hommes clés comme Toto Wolff, Niki Lauda, Paddy Lowe ou Hamilton, qui possèdent une intelligence de la course suffisamment pointue pour anticiper les possibles futurs revers ou difficultés.

L’exemple de Red Bull doit être marquant pour Mercedes. L’équipe autrichienne s’est sabordée en quelques Grands Prix, pensant pouvoir se passer des éléments qui avaient pourtant fait son succès : Sebastian Vettel, Adrian Newey, Renault…

Désormais, avec le titre constructeurs en poche et une avance assez confortable d’Hamilton au championnat pilotes, Mercedes pourrait se permettre de concentrer ses forces sur la saison à venir, afin de ne pas se trouver au dépourvue face à la progression, toujours impressionnante de ses rivales, Ferrari en tête.

 

Axel B.





Gueule de bois au Red Bull

7 10 2015

Après quatre années de domination sans partage, Red Bull se retrouve dans le flou le plus total. Avec sa petite sœur Toro Rosso, l’avenir semble des plus incertains. Le début de la fin ?

(c) Creative Commons / Morio

(c) Creative Commons / Morio

Le sport, et le sport automobile en particulier, est une affaire de cycle. Une période de domination, plus ou moins durable, reste cependant éphémère. Red Bull ne le sait que trop bien depuis quelques temps.

Après quatre saisons passées au sommet de la Formule 1, l’équipe autrichienne est en plein marasme. Depuis le départ de son fils prodigue, Sebastian Vettel, vers d’autres cieux victorieux, Red Bull ne fait qu’illusion.

Déjà, en 2014, le vent commençait à tourner malgré quelques éclairs de lumière dans un ciel plutôt sombre. Au milieu de l’archi-domination des Mercedes de Lewis Hamilton et Nico Rosberg et des problèmes, déjà, rencontrés avec l’unité de puissance Renault, le souriant Daniel Ricciardo avait réussi à empocher trois victoires opportunistes masquant les carences évidentes d’une compétitivité déficiente.

Pour cette nouvelle saison, l’équipe dirigée par Christian Horner a poussé sa politique à son paroxysme en titularisant le jeune Daniil Kvyat, lui aussi pur produit de la maison Red Bull. Mais face à son inexpérience et à ses limites de compréhension technique, les problèmes se sont accumulés et le bien-fondé de ce choix s’est alors posé. Le Russe a néanmoins relevé la tête en quelques occasions mais sans, pour le moment, supporter le rôle de leader que d’aucuns auraient déjà voulu lui imposer.

De son côté, Daniel Ricciardo trimbalait un spleen qui ne lui sied guère au volant d’une erratique monoplace. Déçu, notamment par les évolutions du bloc moteur français, l’Australien a néanmoins entrevu le bout du tunnel grâce à deux podiums providentiels au cœur de l’été. Mais l’Australien, conscient des réalités, ne se fait guère d’illusion quant à son avenir proche.

Aujourd’hui, Red Bull et sa petite sœur Toro Rosso, se retrouvent dans le flou le plus total. Ayant déjà choisi d’abandonner leur motorisation française pour les années à venir, les deux équipes sont désormais orphelines d’unité de puissance. La mauvaise presse et le manque de reconnaissance faites par leur égard à Renault, partenaire historique qui les a pourtant amenés vers quatre titres mondiaux, retient beaucoup de monde, à commencer par Mercedes et Honda qui ont déjà fait connaitre leur refus (avant de reprendre pour Mercedes les négociations) d’équiper les futures monoplaces autrichiennes. L’option Ferrari semble être crédible, mais là encore, les exigences importantes du triumvira Mateschitz/Marko/Horner semblent bloquer la situation.

A l’heure où les futures monoplaces 2016 sont déjà en cours de préparation, l’intégration du moteur va devenir une priorité. De quoi placer Red Bull et Toro Rosso dans une situation déjà fort délicate pour la saison à venir… qui risque bien de ressembler à un long chemin de croix.

Axel B.








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