Jacky Ickx : La référence belge

20 08 2015

La Formule 1 et la Belgique ont une histoire liée depuis longtemps. Si jamais aucun pilote belge n’a réussi à décrocher le titre mondial, le Plat Pays a néanmoins fourni quelques acteurs marquants et importants de la discipline comme Willy Mairesse, Thierry Boutsen et le plus prestigieux d’entre tous, Jacky Ickx.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Depuis plusieurs années, la Belgique reste un des joyeux de la Formule 1 grâce à son mythique circuit de Spa-Francorchamps, qui reste un des rendez-vous incontournables de l’année et une des pistes préférées des pilotes. Mais la Belgique a également plusieurs pilotes de renom qui, même s’ils n’ont jamais été champion du monde, ont réussi plusieurs exploits et ont marqué l’histoire de la discipline.

Le plus connu des pilotes belges est sans conteste le Bruxellois Jacky Ickx. Fort d’une carrière de 113 Grands Prix s’étalant sur 13 ans, Ickx était un pilote très complet participant autant à des courses de monoplaces que d’Endurance ou de rallye-raid. Son palmarès est impressionnant : deux fois vice-champion du monde de Formule 1, sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans il remporte également le Paris-Dakar dans les années 80 pour ce qui sera une des ses dernières grandes victoires.

En Formule 1, Ickx n’aura jamais remporté le titre suprême tout en ayant pourtant couru pour les plus grandes équipes comme Ferrari, Lotus ou Williams. Mais les circonstances, plus que son talent incontestable, ne lui auront pas permis d’atteindre son but ultime. En 1970, il se bat pour la victoire finale face à Jochen Rindt. Le décès tragique de l’Autrichien lors de la manche italienne en fin de saison ouvrait une voie royale au Belge vers le titre mondial. Mais Ickx ne voulait pas profiter de cet événement malheureux et ne chercha pas vraiment à capitaliser sur le mort de son rival à qui il laissa finalement les honneurs mondiaux. C’est la deuxième fois d’affilé qu’il terminait donc vice-champion.

Malgré une suite de carrière chez Ferrari et quelques victoires de prestiges (Nurburgring, Monza…), Ickx ne parviendra plus à se battre pour le titre en Formule 1. Il mangera son pain noir pendant trois ans, entre 1976 et 1978, au volant des monoplaces Williams, écurie alors en pleine construction, bien loin de celle victorieuse qu’elle deviendra à l’aube des années 80. Après une dernière saison au sein de l’écurie française Ligier pour laquelle il marquera trois poins, Ickx se concentrera sur d’autres disciplines.

Car parallèlement à sa présence en Formule 1, il participera à de nombreuses épreuves d’Endurance et remportera notamment six fois les prestigieuses 24 Heures du Mans, ce qui lui vaudra le surnom de « Monsieur le Mans ». En 1983, il remporta également la plus prestigieuses des épreuves de rallye-raid, le Paris-Dakar, aux côtés de l’acteur français Claude Brasseur.

Toujours proche de la Formule 1, il deviendra directeur de course du Grand Prix de Monaco en 1984. Mais sa décision d’arrêter la course au drapeau rouge pour raison de sécurité sous une pluie battante ruine les espoirs de victoire d’un jeune pilote nommé Ayrton Senna. Accusé d’avoir voulu favoriser la victoire d’Alain Prost, en tête au moment de l’interruption, Ickx sera démis de ses fonctions par la FISA et ne s’impliquera alors plus dans un rôle décisionnaire en Formule 1.

Il reste néanmoins toujours une ambassadeur de prestige et une référence évidente en sport automobile et en Formule 1, discipline pour laquelle il se sera investit corps et âmes, notamment pour des questions de sécurité pour lesquelles son franc parler et ses idées arrêtées auront permis de grandes avancées, aux côtés de Jackie Stewart, notamment.

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





François Guiter, l’homme de l’ombre de la Formule 1 à la française

23 11 2014

La semaine dernière, François Guiter, peu connu du grand public, nous a quitté à l’âge de 86 ans. Il avait été l’instigateur de la participation du pétrolier Elf au sport automobile et à l’origine de la présence d’un pléthore de pilotes français en Formule 1, notamment dans les années 70 et 80.

 

(c) DR

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François Guiter était ce qu’on peut appeler un homme de l’ombre. Ancien militaire, nageur de combat et plongeur, la personnalité atypique de ce passionné de communication l’amènera tour à tour dans le milieu du cinéma et de la publicité d’où il côtoiera notamment le Commandant Cousteau ou Haroun Tazieff, jusqu’à être propulsé en 1967 à la tête du département compétition du pétrolier français Elf.

Quoi de plus évident pour cet homme d’action que de faire entrer Elf en sport automobile afin de promouvoir au mieux la marque ? Mais la collaboration entre l’entreprise française et les disciplines automobiles ne se bornera pas seulement à un simple partenariat. Plus qu’un sponsoring, Guiter propose carrément une association avec l’écurie Matra alignée par Ken Tyrrell pour connaître son premier succès en 1969 avec le titre mondial des pilotes acquis par Jackie Stewart.

Cette victoire en appellera d’autres, et Guiter arrivera à convaincre le constructeur Renault de se lancer en sport automobile, d’abord en participant au 24h du Mans puis ensuite en s’inscrivant au championnat du monde de Formule 1 avec le révolutionnaire moteur turbo.

Le Français mettra également en place, à partir de 1971, le fameux Volant Elf, structure qui permettra de révéler de futurs grands noms de la Formule 1 française comme Patrick Tambay, premier lauréat du concours, ou encore Didier Pironi et Alain Prost. Cette filière permettra à de nombreux pilotes de se faire un nom et de participer aux plus grands championnats automobiles mondiaux avec comme apothéose la fameuse équipe de France des pilotes de Grand Prix en 1979 composée d’Arnoux, Depailler, Jabouille, Laffite, Pironi, Jarier et Tambay, rejoints l’année suivante par le tout jeune Alain Prost.

Même si sa présence se faisait plus discrète jusqu’à sa retraite à la fin des années 90, son implication restait intacte avec notamment le lancement de plusieurs idées qui ont permis à la Formule 1 de devenir le sport que l’on connait aujourd’hui, avec par exemple l’introduction des caméras embarquées au sein des monoplaces.

Homme de passion, François Guiter était aussi un homme de cœur qui avait saisi tout le paradoxe de la course automobile à travers cette phrase qui résonne toujours aussi violemment aux oreilles des passionnés, tant l’actualité récente nous l’a encore prouvé : « En sport auto, il y avait un truc qui ne me plaisait pas. A l’époque où Elf a débuté en compétition, il était dangereux d’être pilote. Beaucoup ont disparu dans des accidents. J’avais donc l’impression d’envoyer tous ces gars au casse pipe. Par rapport à mes activités passées, c’était incohérent. »

Axel B.





De Tyrrell à Mercedes : l’épopée d’une équipe championne du monde

5 11 2014

Le sacre de Mercedes cette année ne doit pas faire oublier les origines de l’écurie sur laquelle le constructeur allemand a élaboré son succès. Avant d’être Mercedes AMG F1 Team, l’équipe basée à Brackley était connue à la fin des années 90 sous le nom de Tyrrell Racing.

Licence Creative Commons / Morio

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Cette année, Ken Tyrrell, mythique fondateur de l’écurie éponyme, aurait eu 90 ans. S’il était encore de ce monde, il aurait sûrement apprécié de voir le sacre de Mercedes cette saison.

En effet, l’histoire du constructeur allemand et celle de l’ingénieur britannique sont liées par la force des choses. L’écurie Mercedes a fait son retour en Formule 1 en 2010 en rachetant la victorieuse Brawn GP qui avait elle-même racheté pour un euro symbolique l’équipe Honda, qui avait elle aussi racheté les actifs de Brtish American Racing qui avait vu le jour après la vente de Tyrrell à Craig Pollock en 1999. Vous suivez ?

L’histoire de cette équipe n’est finalement pas si compliquée, et il y a bons nombres d’autres exemples à citer dans le même cas ces dernières années comme Lotus (ex-Toleman, Benetton et Renault), Red Bull (ex-Stewart et Jaguar) ou encore Force India (ex-Jordan, Midland et Spyker).

Donc, si l’on plonge dans les racines de Mercedes, il n’est guère étonnant de constater que l’équipe est habituée aux succès. Même si peu de personnes restent encore de l’époque Tyrrell, les gênes de la victoire sont encore présents. Certes, on est loin du petit artisan qui bidouillait lui-même ses monoplaces avant de les mettre en piste. L’époque a changé, l’aspect financier est devenu des plus importants, mais l’adrénaline de la victoire reste toujours le moteur principal. Les savoir-faire ne sont plus les mêmes mais l’esprit de compétition demeure.

Mercedes a réussi là où Honda a échoué, voilà un beau motif de satisfaction dans la guerre que se livre les grands constructeurs automobiles. Tout comme à l’époque, les Tyrrell damnaient le pion aux légendaires et puissantes Ferrari. Le duo de pilotes glamour des années 70 constitué de Jackie Stewart et François Cevert pourrait bien rappeler l’actuel duo des flèches d’argents d’aujourd’hui avec le bling-bling Lewis Hamilton et le gendre idéal Nico Rosberg.

Si certains peuvent, à juste titre, penser que la Formule 1 a perdu de son âme au fil des ans, il reste néanmoins important de se rappeler que la culture de la victoire prend son origine dans l’histoire et le passé de la discipline. Mercedes en est le parfait exemple.

Axel B.





La Formule 1, c’est le progrès !

21 06 2014

Ils sont beaucoup en ce début de saison à critiquer le nouveau chemin emprunté par la Formule 1. Trop économe, pas assez spectaculaire, plus véritablement un sport… les commentaires affluent et la situation, au final, semble bien loin de ces vociférations…

Licence Creative Commons / Mariom990

Licence Creative Commons / Mariom990

Depuis la naissance du championnat du monde de Formule 1 en 1950, la discipline n’a cessé d’évoluer. De sport réservé à des gros bras au cœur gros à tendance limite suicidaire, elle est devenue une vitrine technologique réservée à des pilotes d’élites qui ont fait de leur art une profession.

Cette évolution est bien entendue naturelle. Loin de là cependant l’idée de minimiser les talents exceptionnels des Fangio, Clark, Brabham et autres Stewart, mais comme tout, la Formule 1 doit également vivre avec son temps. De nos jours, il serait inacceptable de voir un pilote par week-end de course se tuer, comme cela pouvait être le cas il y a cinquante ans.

Les progrès réalisés dans la sécurité des pilotes et des hommes sont louées par tous, et n’auraient été possibles sans les talents d’innovation et les capacités de réactions de certaines personnes. En 1950, il aurait été impensable de voir un pilote le visage entièrement dissimulé derrière un casque intégral, comme il nous serait aujourd’hui impossible d’accepter qu’un pilote ne coure avec un simple casque de vélo sur la tête.

Il en est de même avec les évolutions technologiques, qui vont souvent de pair avec les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité. Aujourd’hui, on critique le manque de bruit des moteurs hybrides et leur mode de fonctionnement basé sur la récupération d’énergie. Mais ceux qui critiquent ont dû oublier qu’une bonne partie des avancées technologiques proposées par la Formule 1 ont servi les progrès du quotidien de tout un chacun. Ce n’est pas être démagogue que de se soucier actuellement de l’environnement pour les générations futures, et la Formule 1, pinacle de l’automobile, du sport et de l’innovation, se devait de se pencher sur ce problème pour en proposer sa propre vision, qui fera sûrement école.

Qui s’est offusqué lorsque les boîtes de vitesses manuelles à pommeau ont été remplacées par des palettes automatiques derrière le volant ? Qui s’est offusqué de l’apparition des premiers ailerons sur les monoplaces cigares des années 60 ? Qui s’est offusqué encore de l’intégration de la technologie ? Tous ces éléments qui paraissaient à l’époque être une hérésie sont désormais devenus les standards de la discipline. Tout comme le deviendront les unités hybrides, les préoccupations sur l’environnement et la réduction du bruit ambiant. La Formule 1 doit vivre avec son temps et vivre avec son temps est synonyme de progression et d’innovation, deux termes qui qualifient au mieux la discipline et ce pourquoi les fans en sont toujours amoureux.

Certes, la Formule 1 est aussi un sport humain. Et les spectateurs veulent voir les plus bells bagarres entre leurs pilotes favoris. Mais cette année, les Grands Prix de Bahreïn ou du Canada ont été parmi les plus belles courses de l’ère moderne, preuve s’il en fallait, que les ingénieurs, les pilotes et tous les acteurs de la Formule 1 ne sont pas bridés par la nouvelle réglementation et continuent à utiliser au mieux le matériel qui est en leur possession.

Si les écuries qui, aujourd’hui, n’arrivent plus à suivre, autrement qu’à cause de problèmes financiers, râlent envers cette évolution, elles feraient sûrement mieux de se remettre à l’ouvrage pour prouver que leurs capacités de réaction et d’innovation sont restées intactes… au risque de paraitre bien terne et anachronique durant les années à venir. Une fois encore, la Formule 1 doit vivre avec son temps, et elle y arrive à merveille !

 

Axel B.





Le prince François Cevert

16 05 2013

Cette année 2013 va marquer le 40ème anniversaire de la mort de François Cevert, un des plus talentueux et des plus aimés des pilotes français que la Formule 1 ait connu. Si le destin ne l’avait pas fauché en plein vol lors des essais du dernier Grand Prix de la saison 1973 sur le circuit de Watkins Glen aux Etats-Unis, ce dandy parisien aurait pu devenir le premier pilote français champion du monde.

Licence Creative Commons / Raimund Kommer

Licence Creative Commons / Raimund Kommer

Si le sport automobile, et plus particulièrement la Formule 1, ont toujours été dans la tradition française, un seul pilote tricolore a réussi à inscrire son nom au palmarès du championnat du monde des pilotes. En réalisant cet exploit à quatre reprises en 1985, 1986, 1989 et 1993, Alain Prost a essuyé l’affront d’une non-présence française au tableau des champions depuis la création du classement en 1950. Pourtant, avant lui, quelques pilotes tricolores auraient pu être les pionniers. Parmi eux, le plus sûr espoir était assurément François Cevert.

Ce pilote parisien a gravi les uns après les autres les échelons menant au pinacle du sport automobile, la Formule 1. A une époque où la course était encore plus une histoire de talent que d’économie, François Cevert avait réussi à faire éclater son talent pour séduire Ken Tyrrell, propriétaire de l’écurie du même nom alors en plein essors suite à son double titre pilote/constructeur acquis en 1969 sous le nom de Matra.

En remplacement de Johnny Servoz-Gavin, démissionnaire au bout de trois courses, Cevert rejoint donc une écurie capable de gagner puisque Jackie Stewart remporte le Grand-Prix d’Espagne en début de saison. Même s’il ne marquera qu’un seul point cette année là, Cevert engrangera l’expérience nécessaire du haut niveau qui lui permettra de remporter sa première victoire l’année suivante, lors de la dernière course de la saison aux Etats-Unis. La victoire finale au championnat 1971 reviendra à son équipier Stewart qui ne manquera pas de louer la loyauté du Français capable selon lui de le battre à plusieurs reprises s’il n’avait pas respecté les consignes de son équipe visant à favoriser son premier pilote écossais. Cevert n’en tiendra pas rigueur et jouera le jeu sans rechigner, sachant que son heure ne tardera pas à venir.

Après une saison 1972 en demi-teinte marquée par aucune victoire de sa part, « Le Prince », comme la presse avait l’habitude de le surnommer, aborde l’année 1973 sur les chapeaux de roues et contestera de nombreuses victoires à Stewart, mais se pliera toujours aux consignes pour laisser gagner son leader, comme lors du Grand Prix d’Allemagne où l’Ecossais remporte son succès avec l’aide complice du Français.

Alors que le plus bel avenir lui semble tracé avec l’annonce semi-officielle de la retraite de Stewart à la fin de la saison, François Cevert est frappé de plein fouet par l’ironie de la mort qui le rappelle à elle lors des essais du Grand Prix des Etats-Unis sur la piste de Watkins Glen, terre de son premier et seul succès en Formule 1 deux ans plus tôt.

Suite à cette tragédie, les hommages se succèdent et Jackie Stewart, extrêmement touché par la mort d’un homme qu’il estimait tant, décide de ne pas participer à la dernière course et met un terme définitif à sa carrière. Par la suite, l’Ecossais ne cessera de s’engager pour améliorer la sécurité des pilotes et des hommes dans la discipline.

François Cevert aurait pu être le premier Français champion du monde. Idole d’une époque, sa belle gueule en avait fait le chéri de ses dames et sa classe était enviée par tous les aspirants gentlemen. Preuve de son importance dans le paysage français des années 70, plusieurs rues portent son nom au Mans, à Angers ou à Vaison-la-Romaine. Pilote complet, il avait également participé aux 24h du Mans, terminant deuxième en 1972.

Mais au final, quel plus bel hommage que celui rendu par son mentor, Jackie Stewart, triple champion du monde, qui avait fait de François Cevert son digne successeur : « La mort de François Cevert a été un coup terrible pour toute l’équipe Tyrrell et en particulier pour Helen [la femme de Stewart] et moi, il était devenu presque un frère pour moi et un très bon ami pour toute la famille. Il était un pilote intelligent, un énorme talent, qui je pense aurait pu devenir un vrai champion. »

 

Axel B.








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