Les débutants de l’année

30 03 2016

Peu nombreux en cette saison 2016, les nouveaux arrivants en Formule 1 ont pourtant connu fortunes diverses durant la première manche de l’année. Petit tour d’horizon de leurs débuts dans la discipline reine du sport automobile.

 

(c) Renault

(c) Renault

Le débutant le plus en vue, et celui qui avait sûrement les meilleures armes en main pour réaliser l’exploit de marquer quelques points lors de sa première apparition en Formule 1, était sans conteste Jolyon Palmer.

Le fils de l’ancien pilote Tyrrell, d’ailleurs présent dans le paddock, abordait donc ses débuts dans la discipline tout vêtu du jaune Renault, lui aussi de retour en Formule 1. Les attentes étaient donc grandes avant le départ de ce premier Grand Prix.

Mais l’ambition de Renault et de ses deux pilotes, Palmer et Kevin Magnussen, n’était pas aussi haute que ce que l’on pourrait penser. Le drapeau à damier était l’objectif annoncé et les points un bonus, si d’aventure le Grand Prix d’Australie confirmait sa réputation de course atypique.

Echoué à la porte des points, à une frustrante 11ème place, Palmer n’en aura pas moins fait le boulot. Dominateur de Magnussen en qualifications, le Britannique a su éviter toutes les embûches en course, au contraire de son coéquipier danois victime d’une crevaison au premier tour, pour atteindre l’objectif fixé par Frédéric Vasseur et son équipe.

Les deux autres débutants de l’année prenaient eux leurs marques dans la même équipe : Manor. Pascal Wehrlein et Rio Haryanto n’avaient pas le meilleur des volants pour briller, mais il leur fallait surtout avaler des kilomètres et de l’expérience pour essayer de se construire une réputation.

Celle de l’Indonésien était déjà mise à mal lors de la troisième séance d’essais libres et son accrochage, à la sortie de son box, avec la Haas de Romain Grojsean qui se trouvait déjà dans la pitlane. La faute, plutôt imputable à son équipe, n’empêchât cependant pas le jeune pilote de 23 ans de se qualifier d’un souffle devant son équipier allemand. La pénalité consécutive à son accrochage matinal le condamnera cependant à partir bon dernier le dimanche.

La course, justement, s’arrêtera plutôt rapidement pour Haryanto, victime d’un problème technique sur sa monoplace.

Enfin libre de briller, Wehrlein finira quant à lui le Grand Prix, à la dernière place, mais dans le même tour que la Sauber de Felipe Nasr et la McLaren de Jenson Button. Un peu décevant, certes, pour une équipe qui se voulait surprenante cet hiver après avoir chaussé un moteur Mercedes dans son dos, mais tout de même honorable.

Une équipe à elle aussi débuté son histoire en Formule 1 avec le succès que l’on connait. Haas F1 Team est entré dans la discipline par la grande porte et grâce à Romain Grosjean, a marqué ses premiers points à sa première apparition. Un exploit qui n’était plus arrivé pour une équipe construite de toute pièce depuis les débuts de Toyota en 2002.

Axel Brémond





Essais hivernaux : Véritables faux indicateurs

2 03 2016

La semaine dernière, la saison 2016 a bel et bien commencé sur le circuit de Barcelone avec les premiers essais hivernaux. Mais quel crédit peut-ont réellement donner aux temps au tour affichés par les équipes et leurs pilotes ?

 

(c) McLaren

(c) McLaren

Alors que la Formule 1 a entamé sa tournée hivernale sur le circuit de Barcelone en Espagne, les observateurs du monde entier ont eu les yeux rivés sur les feuilles de temps afin d’obtenir une première hiérarchie des forces en présence.

Mais bien entendu, comme chaque année, ces journées de tests ne sont que très peu révélatrices des véritables performances des protagonistes qui prendront part au premier Grand Prix de la saison en Australie le 20 mars prochain.

En analysant de plus près les temps au tour réalisés sur ces quatre premières journées, on se rend bien compte que ceux-ci ne révèlent pas grand-chose.

Certes, le meilleur temps de Sebastien Vettel sur sa Ferrari, combiné au troisième chrono de son équipier Kimi Raikkonen, démontrent que la SF16-H est bien née et semble redoutablement rapide. Avec un nombre de tour parcourus plus que correct et l’absence de problème majeur de fiabilité, Ferrari réunit tous les atouts pour réussir sa saison.

Mais bien sûr, les plus de 600 tours bouclés par les deux pilotes Mercedes ont grandement étonné la concurrence et les rouges en particulier. Lewis Hamilton et Nico Rosberg n’ont pas chassé le chronomètre, c’est une évidence au regard de leur temps au tour qui les repoussent hors du Top 5 final. Mais engloutir autant de kilomètres et donc d’expérience avant même le début de la saison a de quoi inquiéter leurs rivaux les plus sûrs. Que va-t-il en être lorsque les flèches d’argent vont enfin se concentrer sur la vitesse pure ?

Au milieu de tout cela, les Force India ont également fait forte impression avec le deuxième temps de Nico Hulkenberg, le cinquième de Pérez et l’étonnante septième place du jeune Celis, qui faisait là ses grands débuts. Mais une fois la saison réellement lancée, même si les monoplaces indiennes feront belle figure, il serait très étonnant de les retrouver à ce niveau de la grille. D’autant plus que des équipes comme Mercedes donc, ou Williams ont largement caché leur jeu. A en croire les deux pilotes de Grove, Valtteri Bottas et Felipe Massa, la FW38 s’est améliorée dans tous les secteurs et a comblé une partie de ses faiblesses de l’an passé. Elle qui pouvait jouer le podium à la régulière en certaines circonstances s’attend donc à viser la victoire cette année.

Plus loin dans la hiérarchie, la nouvelle équipe Haas effectue son apprentissage plutôt rapidement et à mis sur roue une monoplace réactive et rapide, s’inspirant parfaitement bien des meilleures idées de la concurrence. Sauber, avec des moyens limités n’a pas encore mis sur route son nouveau millésime tandis que Red Bull et Toro Rosso sont apparues besogneuses et plutôt fières des progrès accomplis durant l’hiver. Il faudra sûrement se méfier du taureau rouge qui n’a pas encore quitté l’arène !

Plus inquiétant, la situation de Renault qui s’attend à un exercice 2016 difficile pour son retour à la compétition en tant que constructeur. Avec deux pilotes inexpérimentés et une monoplace basée sur la déficiente Lotus de l’an passé, la firme au losange s’attend à passer quelques Grands Prix douloureux.

Et que dire enfin des McLaren, très loin de leur standing, qui ont une nouvelle fois défrayé la chronique plus pour leur pannes et leur réorganisation interne chez Honda que pour leur performance en piste ? Les hommes de Woking restent optimises, à l’image de leurs deux pilotes champion du monde, mais la situation ne semble avoir guère changée. Une seule équipe aura effectué moins de tour que McLaren, il s’agit de Manor, motorisée depuis peu par Mercedes et qui semble, enfin, avoir quelque chose à dire avec l’étonnant Pascal Wehrlein.

Les jours de tests suivants, toujours à Barcelone, nous en apprendront peut être un peu plus sur la hiérarchie qui se dessine pour la saison 2016. Mais le véritable juge de paix sera le premier Grand Prix de l’année, à Melbourne, à la fin du mois.

Axel B.





Des présentations de plus en plus sobres

24 02 2016

La première journée d’essais hivernaux à Barcelone a été le cadre de nombreuses révélations de nouvelles monoplaces des écuries. Bien loin des fastueuses présentations du siècle dernier.

(Rai)

(c) Rai

La saison 2016 est belle et bien lancée depuis le début de la semaine avec les premières journées d’essais hivernaux. A cette occasion, de nombreuses équipes ont choisi de présenter leur nouvelles monoplaces à la sortie des garages.

D’autres, un peu plus prévoyantes, avaient prévu, quelques jours auparavant, de faire les présentation en ligne. Soit de manière directe avec la publication de quelques photos sur leur site internet ou sur leur page Facebook, comme Williams, soit en direct vidéo, comme Ferrari, de manière un peu plus solennelle mais toujours très sobre.

Des présentations qui, en tout cas, étaient bien éloignées des standards du siècle dernier ou chaque équipe rivalisait d’ingéniosité et de fêtes somptueuses pour impressionner la concurrence.

On se souvient par exemples des lancements de monoplace de l’équipe Benetton qui, durant l’ère Flavio Briatore, n’hésitait pas à convoquer la presse et le petit monde de la Formule 1 en plein cœur de l’Italie, à Venise, au pied d’un amphithéâtre romain, pour dévoiler une monoplace incapable de jouer le podium durant la saison.

Du côté des équipes les plus « funs », Jordan avait une réputation élevée et pouvait se permettre de rejoindre les quatre coins du monde pour lever le voile sur ses monoplaces tandis que McLaren n’hésitait pas, en son temps, à faire venir des pop-stars comme les Spice Girls pour présenter son nouveau millésime.

Aujourd’hui, même Red Bull, qui a pourtant rejoint la F1 avec la réputation d’être l’équipe la plus « hype » du moment, s’est bien mise dans le rang après ses quatre titres mondiaux d’affilé. La mode n’est plus aux strass et au paillettes mais à la sobriété et à l’économie.

Doit-on pour autant le regretter ? Le lancement en grande pompe de la première Force India de l’histoire en aux portes de Bombay mettait une fois de plus en abîme l’insolent gaspillage que peut représenter la Formule 1 dans un pays où les disparités sont des plus flagrantes. Le débat peut être éternel et la discipline n’en sort jamais grandit, mais l’heure est à la sobriété et à la volonté de réduire les couts. Finalement, la véritable compétition se passe sur la piste, le reste est accessoire.

Axel B.





La F1 en manque d’essais

27 01 2016

Avec la réduction des essais pendant la pause hivernale et durant la saison, la Formule 1 est en manque de repère. Supprimé depuis des années pour motifs économiques, le manque de roulage devient des plus préjudiciable pour tous les acteurs de la discipline qui ont de plus en plus de mal à développer des technologies, souvent très poussées.

(c) V. Guignet/Motorsinside

Actée depuis le début des années 2010, la décision de supprimer les essais privés durant la saison n’a jamais été remise en question. Pire encore, le nombre de jours d’essais prévus durant la pause hivernale est en constante diminution.

Face à une marge de manœuvre de plus en plus ténue, les acteurs de la Formule 1 se débrouillent avec leurs moyens. Certains s’insurgent même de ce sort alors qu’ils étaient auparavant d’accord avec cette mesure de réduction. Ron Dennis, par exemple, serait en droit de se demander où en serait McLaren actuellement, avec une liberté totale de tourner comme bon leur semble sur toutes les pistes du monde, entre deux Grands Prix, pour enfin réussir à faire de son unité de puissance Honda un propulseur compétitif.

L’argument de la compétitivité n’étant pas suffisant, le manufacturier officiel de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, à mis en avant la nécessité de tests pour faire progresser ses gommes d’un point de vue sécuritaire. Pour cela, la FIA a accordé au l’entreprise italienne l’organisation de deux journées d’essais sur le circuit de leur choix, avec trois équipes de pointe utilisant des monoplaces vieilles d’un an afin de n’avoir aucun avantage concret sur la concurrence.

Ces quelques jours de tests, plutôt rares, ont donc permis à Pirelli de développer sa technologie pour le pneu de 2017, dans des conditions de piste humide créé spécialement et artificiellement pour l’occasion par le circuit Paul Ricard, passé maitre dans l’exploitation de sa piste comme un parfait terrain d’essais.

Mais ce manque d’essais privé se traduit également par une attitude conservatrice des équipes qui préfèrent garder d’une année sur l’autre leur duo de pilotes, comme cela est le cas pour les exercices 2015 et 2016. De plus, on constate également que les pilotes les plus expérimentés gardent la côte auprès des écuries de pointe, comme peuvent en témoigner Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Kimi Raikkonen.

Ces grosses écuries rechignent à délaisser l’expérience au profit de la jeunesse, quitte à mettre en danger la carrière de leur jeune poulains prometteurs comme Kevin Magnussen ou Stoffel Vandoorne chez McLaren par exemple.

Le manque d’essais en Formule 1 a donc ses bons et ses mauvais côtés, mais il semblerait que les instances dirigeantes aient déjà choisi leur camp et que la réintroduction de plus de tests durant la saison ne soit qu’une chimère qui en fasse rêver quelques uns.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





L’expérience au détriment de la jeunesse

21 10 2015

Alors qu’il y a encore quelques temps, la jeunesse était un des atouts principaux pour être pilote de Formule 1, il semblerait que, de plus en plus, les équipes recherchent des profils expérimentés pour exploiter au mieux les nouvelles technologies, difficilement abordables.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fait-il encore bon d’être jeune en Formule 1 ? Un garçon comme Max Verstappen répondra sans nul doute par l’affirmative à cette question. Du haut de ses tout juste 18 ans, le Néerlandais est l’exemple parfait du jeune loup, qui a grillé toutes les étapes habituelles pour parvenir à son but ultime.

D’autre, pourtant jeunes également, pourraient avoir une vision bien différente de la situation. Prenons pour exemple Kevin Magnussen. Le Danois, couvé par McLaren depuis des années, a réalisé une première saison correcte en tant que titulaire en 2014. Avec une monoplace compliquée, le fils de l’émérite Jan Magnussen a réussi à grimper sur un podium pour sa première course et à marquer quelques points importants au sein d’une équipe en manque de performance.

A la fin de la saison, la venue de Fernando Alonso, 34 ans, à Woking a mis Kevin, 23 ans, sur la touche. En balance avec le vétéran Jenson Button, 35 ans, le Danois n’a pas fait le poids et les dirigeants de McLaren ont préféré choisir l’expérience à la jeunesse, surtout dans une période qu’il savait être difficile à cause du développement à venir du nouveau bloc hybride Honda.

Même son de cloche du côté de la nouvelle équipe Haas, qui doit faire ses débuts en 2016. Avec l’embarras du choix et une liste aussi longue que le nombre d’étoile sur le drapeau américain, Gene Haas a jeté son dévolu sur l’expérimenté Romain Grosjean, 29 ans, pour mener à bien son projet.

Il se murmure également que, pour remplacer le Français chez Lotus/Renault, un pilote d’expérience serait privilégié au détriment, par exemple, du Britannique Jolyon Palmer, qui a pourtant limé le bitume le vendredi matin sur de nombreux Grands Prix depuis la saison dernière.

Dans les autres équipes du haut et du milieu de tableau, la donne reste inchangée. L’expérience et la continuité sont les atouts maîtres de la réussite. Ce ne sont pas Felipe Massa, Valtteri Bottas, Nico Hulkenberg ou Kimi Raikkonen qui pourront dire le contraire.

Avec des technologies toujours plus pointues, et un pilote qui doit avoir plus de qualité de gestionnaire que de talent pur, la donne a changé en Formule 1. Les Max Verstappen, Felipe Nasr, et autre Carlos Sainz Jr n’ont qu’a bien se tenir, l’arrière garde des anciens de la Formule 1 aura encore son mot à dire dans le futur.

Axel B.








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