L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.





Une cascade de présentations

29 01 2015

Le mois de janvier sonne le réveil de la Formule 1, avec une cascade de présentations des nouvelles monoplaces. Si depuis quelques années, les shows luxueux ont laissé la place à des annonces plus sobres, l’excitation reste la même.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Fini le temps des fastueuses présentations de monoplaces dans des décors de plus en plus grandiloquents ! Le paroxysme atteint au milieu des années 2000 avec les palmes d’or d’originalité décernées à Jordan ou Benetton, entre autres, a laissé place à plus de sobriété de nos jours.

Depuis deux ans, Williams nous fait découvrir son nouveau millésime à travers la couverture d’un prestigieux magazine britannique spécialisé, F1 Racing, accordant donc une exclusivité remarquable à ce dernier et des économies substantielles bienvenues à l’écurie concernée. D’autres ont également fait le choix de la praticité, comme Ferrari par exemple, qui présentera sa nouvelle SF15-T en direct sur internet, comme de coutume désormais pour un certain nombre de ses concurrents.

Quoi de mieux au final que d’utiliser les nouvelles technologies comme support de présentation d’une ingénierie qui se veut à l’avant-garde ? Le logique semble tellement évidente que l’on ne saurait reprocher un certain manque de glamour à ce choix. Toutefois, l’excitation du public et des passionnés demeure la même, à l’idée de découvrir les nouvelles formes et les nouvelles livrées des monoplaces.

En réalité, il s’agit surtout des nouvelles livrées, tant les formes des monoplaces évoluent à vitesse grand V entre le mois de janvier et le mois de mars, date du premier Grand Prix de la saison. Les essais hivernaux révélant leur lot de difficultés, l’adaptabilité des équipes techniques est grande. De là, parfois, la facilité pour certaines écuries de présenter courant janvier une monoplace modèle 2014, mais sous ses nouvelles couleurs, comme l’a fait Force India la semaine dernière dans les nouvelles contrées mexicaines (qui seront d’ailleurs bientôt visitées par la Formule 1). Une rare touche d’exotisme en ce début d’année.

Restera toutefois l’excitation de connaitre la nouvelle allure des Ferrari, hideusement décevantes en 2014, ou encore le choix des nouvelles couleurs de McLaren, influencé par Honda ou un éventuel sponsor-titre. Il se murmure même qu’une révolution colorée pourrait intervenir chez la chancelante Sauber, qui pour éviter de se mettre dans le rouge pourrait choisir le bleu et jaune de son nouveau sponsor brésilien, attiré par la nouvelle recrue, Felipe Nasr.

Ces interrogations, futiles mais néanmoins excitantes, trouveront des réponses dans les jours à venir, avant que la compétition ne reprenne ses droits sur la piste, en direct des antipodes.

Axel B.





La liste de Noël de Ferrari

24 12 2014

En cette période d’achats intenses et de cadeaux de Noël, Ferrari est en train de faire son petit marché dans le monde de la Formule 1, en essayant de se restructurer pour rejoindre les sommets de la discipline, si difficiles à atteindre ces dernières années pour les rouges. Imaginons ce que pourrait être le liste de Noël de Maurizio Arrivabene…

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Si Maurizio Arrivabene, tout fraichement promu directeur sportif de la grande Scuderia Ferrari, pouvait faire une liste de Noël afin de redonner tout le lustre d’antan à son équipe, voilà ce qu’on pourrait sûrement y trouver :

– Un pilote de premier plan, multi-champion du monde et de préférence Allemand, afin de se rappeler tous les bons souvenirs de l’époque Schumacher (vœu déjà exaucé et offert par son prédécesseur, Marco Mattiacci)

– Un moteur plus puissant et plus fiable, pouvant concurrencer les Mercedes (vœu sûrement pieux pour 2015 mais peut-être envisageable en 2016…)

– Une armada de nouveaux pilotes de tests et de réserve, mais surtout pas d’Espagnol ! (Arrivabene s’est servi lui-même dans la liste des laissés pour compte en 2015 en engageant Esteban Gutierrez et Jean-Eric Vergne, abandonnés respectivement par Sauber et Toro Rosso)

– Une nouvelle monoplace millésimée 2015 de belle facture avec un design faisant pâlir ses rivales sur la piste (ce qui signifie la fin des nez en canard et autre museaux allongés, ce qui, selon les premières fuites, est en bonne voie)

– Sans être trop gourmand, quelques podiums durant l’année et peut-être une victoire opportuniste en fin de saison pour poser les bases du grand retour de Ferrari en 2016 (pas impossible et puisque c’est Noël, pourquoi ne pas croire en cette belle histoire ?)

– Et enfin, un repas avec Michael Schumacher et Jules Bianchi, qui font partie de la famille Ferrari et qui nous ont terriblement manqués une grande partie de l’année…

Attendons maintenant de voir comment la saison 2015 de Formule 1 va évoluer avant de se prononcer sur un possible retour aux avant-postes de la Scuderia Ferrari. La restructuration en marche va être lourde à digérer et la patience sera le maître-mot de la saison. La redoutable association de McLaren et Honda avec l’impressionnant duo de pilotes composé de Fernando Alonso et Jenson Button, les intouchables Mercedes de Lewis Hamilton et du revanchard Nico Rosberg et la folie douce des Red Bull aux mains des deux jeunes ogres Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, seront tous là pour truster les sommets des classements.

Axel B.





Lewis Hamilton, futur roi d’Angleterre de la Formule 1

26 11 2014

Lewis Hamilton est double champion du monde de Formule 1. Un fait plutôt rare pour un pilote anglais puisqu’avant lui, seul Graham Hill avait réussi à coiffer deux fois la couronne mondiale.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Il est coutume de dire que le sport automobile, et plus particulièrement la Formule 1, puise ses racines sur le sol anglais. Aujourd’hui, la majorité des écuries engagées dans le championnat du monde ont leur base en Grande Bretagne et de tout temps, des pilotes de sa Royale Majesté ont concouru en piste.

Mais au final, dans le palmarès mondial, il y a eu très peu de champion du monde anglais. Le premier a bien entendu été Mike Hawthorn en 1958. Le classieux pilote originaire du nord de l’Angleterre n’aura cependant pas eu le temps de savourer ni de défendre son titre car il trouvera la mort lors d’un banal accident de la route en 1959.

Ce premier sacre anglais ouvrira la porte au gentleman Graham Hill qui imposera son style tout en douceur pour remporter deux titres mondiaux en 1962 et 1968. La longue carrière de Graham aura sûrement donné des idées à son fils, Damon, qui sera lui aussi titré en 1996 au volant de sa Williams, devenant ainsi le premier fils de champion à être couronné.

Entre temps, il ne faudra pas oublier James Hunt, qui sortira vainqueur d’un duel épique avec Niki Lauda en 1976 formidablement retracé dans le film Rush sorti l’an dernier, ni le besogneux Nigel Mansell qui coiffera enfin la couronne sur une Williams dominatrice en 1992 après plusieurs autres tentatives ratées et Jenson Button, autre gentleman titré en 2009.

En étant sacré en 2008, puis cette année donc, Lewis Hamilton entre dans l’histoire anglaise de la Formule 1 et rejoint Graham Hill au rang des double-champions du monde. Mais l’histoire ne va sûrement pas s’arrêter là puisque du haut de ses 29 ans, Hamilton a encore largement le temps d’étoffer un palmarès déjà impressionnant : 33 victoires, 38 pole positions et 20 meilleurs tours le placent déjà en haut des feuilles de records de la discipline.

Le néo double champion du monde est véritablement un pilote passionnant à suivre, tant dans l’évolution de son pilotage que dans son comportement. Cette année 2014 l’aura vu progresser de manière fantastique au volant d’une monoplace dominatrice.

Son style de pilotage, d’ordinaire très agressif, s’est amélioré pour atteindre une courbe de perfection qui lui a permis de gérer au mieux les deux éléments majeurs de cette nouvelle ère dans laquelle la Formule 1 est entrée, à savoir la gestion des pneumatiques et du carburant. Durant l’année, Lewis a souvent été parmi les pilotes les moins gourmands en carburant et il est parvenu, non sans mal, a refréner ses instincts d’attaquant pour pouvoir amener ses trains de pneumatiques aux objectifs fixés par ses ingénieurs.

D’un point de vue plus personnel, le comportement de l’Anglais a également évolué tout au long de la saison avec un paroxysme atteint lors du Grand Prix de Monaco en mai dernier. Ses réactions souvent impulsives ont été exacerbées lors de ce week-end par le geste de Nico Rosberg lors des qualifications. Montré du doigt et critiqué par son équipe et par les observateurs pour son comportement lors de cet incident, Hamilton en a tiré des leçons décisives qui lui ont permis d’aborder le reste de la saison avec un état d’esprit parfaitement calibré pour la course au titre. En voulant provoquer son rival sur le plan psychologique, Nico Rosberg a peut être finalement avantagé celui-ci.

La saison de Lewis Hamilton a été une lutte sans relâche contre lui même et contre son meilleur ennemi, Nico Rosberg. Sortir vainqueur de ce duel aura sans aucun doute renforcé l’Anglais dans sa conviction que son destin est tracé pour faire de lui une des légendes de la Formule 1.

Axel B.





Alonso et McLaren : est-ce encore possible ?

7 09 2014

De plus en plus de rumeurs font état d’un possible retour de Fernando Alonso chez McLaren pour les saisons à venir. Mais vu leur récente histoire commune, est-ce que cette éventualité est encore crédible ?

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

On dit Fernando Alonso las de Ferrari et du manque de compétitivité de ses monoplaces successives depuis son arrivé au sein de la Scuderia en 2010. Et cette cinquième saison passée chez les rouges, sans aucune victoire, est sans aucun doute la plus difficile à avaler pour le double champion du monde espagnol, qui a malgré tout affirmé ne pas vouloir partir pour l’instant.

La Formule 1 est un monde de rumeurs, et il n’est donc pas étonnant de voir le nom d’Alonso s’associer à McLaren et au retour de Honda en 2015. Le motoriste japonais veut un pilote de premier choix pour briller dès la première année de son retour. Jenson Button, vieillissant et Kevin Magnussen encore trop tendre, l’équipe dirigée par Eric Boullier semble vouloir aller chercher ailleurs son leader… on parle également de Sebastian Vettel ou encore de Lewis Hamilton, mais ces pistes là sont moins incandescentes que celle qui mène à l’Espagnol.
Pour analyser pleinement la crédibilité de cette possible association, il faut faire un bref retour en arrière, en 2007 précisément, pour se souvenir du premier passage de Nando au sein de l’équipe basée à Woking, et surtout, de leur séparation après une année tumultueuse.

Le Taureau des Asturies avait signé sont contrat chez les gris à la fin de la saison 2005, alors qu’il n’était qu’un tout jeune champion du monde. Son arrivée chez McLaren en 2007, après la conquête de son second titre, promettait de belles pages dans les livres d’histoire de la Formule 1. Mais à défaut d’apparaître dans celles des palmarès, l’union du pilote de feu et de l’écurie de glace aura surtout agité celles des polémiques.

Le début de saison sera pourtant à l’avantage d’Alonso qui remportera des victoires marquantes devant son jeune coéquipier, Lewis Hamilton. Mais au fur et à mesure des Grands Prix, le Britannique, couvé par Ron Dennis, va prendre la mesure de son voisin de garage jusqu’à réussir à le déstabiliser sportivement et mentalement. Alonso va se sentir trahi par son équipe à laquelle il reproche d’avantager son équipier. Une guerre interne entre les deux hommes va s’installer et Alonso en sera le grand perdant, fustigé par la FIA pour un geste anti-sportif en Hongrie où il bloque son équiper au stand, il se verra même battu par Hamilton au classement final du championnat du monde, au nombre de deuxième places.

En outre, les relations avec son équipe ne cesseront de se dégrader avec l’histoire du spygate, lors de laquelle McLaren a été reconnue coupable d’espionnage industriel envers Ferrari. Dans le dossier, politiquement lourd, Alonso aura un rôle important puisqu’il achètera son immunité auprès de Max Mosley en contrepartie d’informations à charge contre McLaren. Voilà de quoi rompre définitivement les liens qui l’unissent à l’équipe et à Ron Dennis, deux ans avant la fin officielle de son contrat.

Dans ces conditions, et sept ans après, est-ce que le retour de Fernando Alonso chez McLaren est possible ? Oui, selon les dires de Ron Dennis, qui serait prêt à tout oublier pour remettre son équipe au plus haut sommet. Moins sûr du côté du pilote qui ne cesse de déclarer sa volonté de continuer le challenge Ferrari pour réussir enfin à gagner un titre chez les rouges, ce qui le mythifierait à coup sûr. Le double champion du monde a un fort caractère et il l’a prouvé à maintes reprises. Sa fierté et sa volonté farouche de gagner avec Ferrari l’empêcheront sûrement de tenter un retour hasardeux chez McLaren qui ne l’a pas considéré autrefois comme le pilote leader qu’il aurait aimé être.

Axel B.





Eric Boullier : l’homme de tous les défis

22 08 2014

Depuis son arrivée en Formule 1 à l’aube de la saison 2010, Eric Boullier s’est forgé une réputation d’homme fort. Tout au long de sa présence dans la discipline reine du sport automobile, il a dû faire face à un nombre impressionnant de défis qu’il a toujours su relever.

 

(c) Lat

(c) Lat

Peu de directeur d’équipe auront vécu autant d’événements en quatre années de présence en Formule 1 qu’Eric Boullier. Parachuté début 2010 à la tête de l’équipe Renault après le scandale du « crashgate », l’ingénieur français, passé par DAMS, a réussi à devenir une figure emblématique de la discipline.

En devant maintenir à flots une équipe brisée après le départ de ses hommes forts, Flavio Briatore et Pat Symonds, l’ingénieur français est entré directement dans le vif du sujet, et son pragmatisme a fait des merveilles. Suite au départ vers Ferrari de Fernando Alonso, qui avait tenu à lui tout seul les résultats l’équipe durant les deux dernières saisons, il a su engager un pilote fort au talent reconnu en la personne de Robert Kubica. Avec quelques podiums et une saison régulière, Boullier a redonné confiance à son équipe qui était enfin prête à repartir sur de nouvelles bases.

Mais une fois de plus, le Français va devoir faire face à nouvel événement tragique avec l’accident de Kubica durant l’intersaison 2010-2011 qui mettra un terme à la présence du Polonais en Formule 1. Jouant la carte de la sécurité, Boullier fera appel à l’expérimenté Nick Heidfled qu’il remplacera en court de saison pour des raisons de marketing par Bruno Senna, bien moins convaincant. Mais derrière cette apparente nébulosité dans l’organisation de son équipe, le Français préparait un coup de maitre en recrutant le revenant Kimi Raikkonen pour les deux saisons suivantes.

En 2012 et 2013, le Finlandais remportera deux victoires tandis que son équipier, Romain Grosjean, clairement talentueux mais surtout très brouillon, allait faire les gros titres pour son comportement en piste plus que contestable. Une fois de plus, Boullier au centre de la polémique, soutiendra corps et âme son pilote, dont il était également le manager à l’époque, et arrivera à en faire un compétiteur plus sûr de lui et régulier des podiums, à tel points qu’il arrivera même a éclipser son champion du monde d’équipier à la fin de l’année 2013.

Englué par une situation financière très instable, l’écurie Lotus envisageait le début de saison 2014 de la pire des manières. Le départ de Kimi Raikkonen en claquant la porte n’avait pas arrangé le manque de sérénité ambiant au sein de l’équipe.

Mais fort de son expérience et de son talent de management démontré durant ses trois saisons passées à la tête d’une des écuries de pointe, Eric Boullier s’est vu proposer une offre qu’il ne pouvait pas refuser : remplace Martin Whitmarsh à la tête de la direction de la mythique écurie McLaren.

 

Choisi par Ron Dennis en personne, l’ingénieur français de 40 ans donne là une nouvelle impulsion à sa carrière, peut être la plus importante, dans un rôle qu’il connaît bien, à savoir celui de maitre d’œuvre dans la reconstruction d’une équipe qui a bien connu la victoire. Un défi passionnant pour ce passionné de sport automobile qui aura réussi jusqu’à là à se faire un nom dans le monde très fermé de la Formule 1.

 

Axel B.








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