La F1 en manque d’essais

27 01 2016

Avec la réduction des essais pendant la pause hivernale et durant la saison, la Formule 1 est en manque de repère. Supprimé depuis des années pour motifs économiques, le manque de roulage devient des plus préjudiciable pour tous les acteurs de la discipline qui ont de plus en plus de mal à développer des technologies, souvent très poussées.

(c) V. Guignet/Motorsinside

Actée depuis le début des années 2010, la décision de supprimer les essais privés durant la saison n’a jamais été remise en question. Pire encore, le nombre de jours d’essais prévus durant la pause hivernale est en constante diminution.

Face à une marge de manœuvre de plus en plus ténue, les acteurs de la Formule 1 se débrouillent avec leurs moyens. Certains s’insurgent même de ce sort alors qu’ils étaient auparavant d’accord avec cette mesure de réduction. Ron Dennis, par exemple, serait en droit de se demander où en serait McLaren actuellement, avec une liberté totale de tourner comme bon leur semble sur toutes les pistes du monde, entre deux Grands Prix, pour enfin réussir à faire de son unité de puissance Honda un propulseur compétitif.

L’argument de la compétitivité n’étant pas suffisant, le manufacturier officiel de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, à mis en avant la nécessité de tests pour faire progresser ses gommes d’un point de vue sécuritaire. Pour cela, la FIA a accordé au l’entreprise italienne l’organisation de deux journées d’essais sur le circuit de leur choix, avec trois équipes de pointe utilisant des monoplaces vieilles d’un an afin de n’avoir aucun avantage concret sur la concurrence.

Ces quelques jours de tests, plutôt rares, ont donc permis à Pirelli de développer sa technologie pour le pneu de 2017, dans des conditions de piste humide créé spécialement et artificiellement pour l’occasion par le circuit Paul Ricard, passé maitre dans l’exploitation de sa piste comme un parfait terrain d’essais.

Mais ce manque d’essais privé se traduit également par une attitude conservatrice des équipes qui préfèrent garder d’une année sur l’autre leur duo de pilotes, comme cela est le cas pour les exercices 2015 et 2016. De plus, on constate également que les pilotes les plus expérimentés gardent la côte auprès des écuries de pointe, comme peuvent en témoigner Fernando Alonso, Jenson Button ou encore Kimi Raikkonen.

Ces grosses écuries rechignent à délaisser l’expérience au profit de la jeunesse, quitte à mettre en danger la carrière de leur jeune poulains prometteurs comme Kevin Magnussen ou Stoffel Vandoorne chez McLaren par exemple.

Le manque d’essais en Formule 1 a donc ses bons et ses mauvais côtés, mais il semblerait que les instances dirigeantes aient déjà choisi leur camp et que la réintroduction de plus de tests durant la saison ne soit qu’une chimère qui en fasse rêver quelques uns.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, de Grosjean à Rossi

6 01 2016

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Dernière partie, de Romain Grosjean à Alexander Rossi.

(c) Lotus

(c) Lotus

ROMAIN GROSJEAN :

Au milieu du marasme dans lequel se trouvait son équipe, Romain Grosjean a surnagé et a fait des miracles. Lui qui était, il y a encore quelques mois, le pilote dont il fallait se méfier tant il justifiait course après course son surnom « d’idiot du premier virage », est devenu un homme sur lequel une équipe peut s’appuyer pour avancer. Son podium en Belgique, sur un circuit réputé, en aura étonné plus d’un et aura durablement marqué les esprits. A tel point que la nouvelle équipe américain, Haas F1 Team, a décidé de faire de lui son pilote étalon. Un rapprochement vers Ferrari pour le Français qui se verrait bien briguer la place de Raikkonen en 2017. Mais la route est encore longue.

PASTOR MALDONADO :

Injustement limité à son rôle de pilote payant, le Vénézuélien semble pourtant enclin à nourrir sa réputation de pilote approximatif et dangereux. Neuf abandons sur une saison, c’est beaucoup, surtout lorsque sa monoplace est propulsée par une unité de puissance Mercedes. A l’image de son équipe, Maldonado a sombré corps et âmes cette année, dominé par une Romain Grosjean extatique. On se demande où est passé le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 ? L’année prochaine, un rôle de leader lui semble promis aux côtés de Jolyon Palmer dans la nouvelle équipe Renault. Peut être de quoi lui redonner confiance en lui ? Rien n’est moins sûr dans ce qui pourrait être une nouvelle année de transition pour son équipe.

MAX VERSTAPPEN :

Le tout jeune néerlandais s’est déjà fait une réputation avant même le premier Grand Prix de la saison. En début d’année, le fils de Jos Verstappen a semblé un peu paralysé par la pression médiatique autour de lui et puis, à compter du Grand Prix de Monaco et de son accrochage avec Romain Grosjean, il a pris confiance en lui et en son pilotage pour devenir la révélation de cette année. Deux quatrième places et des dépassements somptueux le place d’ors et déjà comme une future grande star de la discipline. 2016 doit être l’année de la confirmation !

CARLOS SAINZ :

Auteur d’une saison plutôt convaincante pour un débutant, les bons résultats de l’Espagnol ont pourtant été éclipsés par les performances et l’agressivité de son équipier. Agressif, Carlos Sainz l’a été également à plusieurs reprises, au point d’être sortie de la piste à plusieurs reprises en frôlant le point de non-retour comme en Russie ou les barrières Tecpro lui ont épargné de graves blessures. Une manière pour lui, peut être, de compenser sa mise en retrait médiatique au profit de Verstappen. L’autre « fils de » de Toro Rosso aura peut être matière à se faire remarquer un peu plus l’an prochain avec une monoplace et une unité de puissance qui devraient compliquer la vie des deux pilotes.

FELIPE NASR :

Après des débuts tonitruants lors du Grand Prix d’ouverture en Australie et une belle cinquième place à l’arrivée, le Brésilien est rapidement rentré dans le rang, à l’image de son équipe, Sauber, en incapacité financière de faire évoluer ses monoplaces. A la peine en qualifications, Nasr a cependant démontré de belles qualités en course pour signer un nouveau résultat probant en Russie avec une sixième place salvatrice qui lui permet de devancer nettement son équipier au championnat. Son principal objectif est donc rempli.

MARCUS ERICSSON :

Pas vraiment mauvais, mais pas étincelant non plus, le Suédois a signé une saison sérieuse, avec peu d’erreurs et d’accidents au point qu’il donne l’image d’un pilote plus mûr par rapport à sa saison passée chez Caterham en 2014. Mais seulement 5 fois dans les points, c’est trop peu pour un pilote qui a la réputation de devoir sa place plus à son argent qu’à son talent. Il a souvent surpris Nasr en qualifications, mais son rythme en course à été trop faible à de nombreuses reprises. Sa place est sauvée en 2016, mais il devra démontrer plus pour aller au-delà.

FERNANDO ALONSO :

Le double champion du monde espagnol a donné l’impression d’avoir trimbalé son spleen de Ferrari jusqu’à McLaren. Depuis ses débuts en Formule 1, ses choix de carrière sont étranges. Un pilote de son calibre devrait être en lice pour une quatrième ou cinquième couronne mondiale. Au lieu de ça, Alonso traine son talent indéniable en fond de grille et a du mal à convaincre avec son discours positif concernant McLaren et Honda, contrebalancé par ses propos acerbes à la radio durant les Grand Prix, reflets d’une frustration qui commence à devenir infinie. Plus proche de la fin de sa carrière que du début, Alonso va devoir faire vite s’il veut empocher un troisième titre…la chasse au record n’est déjà plus pour lui. Si 2016 se passe encore mal, il y a de forte chance qu’il quitte la Formule 1 par la petite porte.

JENSON BUTTON :

Comment deux pilotes aussi expérimentés et victorieux que Jenson Button et Fernando Alonso ont-ils pu se contenter de leur situation en 2015 ? Pour le Britannique, l’approche a été un peu moins ardue que pour l’Espagnol. Button a eu maille à partir avec de nombreuses monoplaces impossibles à piloter durant sa carrière, ce qui l’a aidé à relativiser, même si la chute a été dure. Tout le monde le voyait raccrocher son casque à la fin de la saison mais contre toutes attentes, il a bien prolongé son contrat pour une année supplémentaire. Pas si sûr en tout cas qu’il ait encore le courage d’affronter une saison semblable à celle-ci.

WILL STEVENS :

Difficile de se faire remarquer derrière le volant d’une des deux monoplaces les plus faibles du plateau. Will Stevens aura eu la chance de courir tous les Grands Prix de la saison, sans réaliser d’exploit cependant. A ce stade de la compétition, le principal objectif pour un pilote est de battre son équipier, chose que le Britannique n’a pas toujours réussi à faire. Un peu embarrassant au moment de négocier une place pour 2016

ROBERTO MERHI :

Menant de front deux engagements, en Formule 1 et en Formule Renault 3.5, la saison de l’Espagnol a été plutôt compliquée. Sans être sur de conserver son baquet pour la course suivante, Merhi a enchainé les Grands Prix sans se poser de questions et a même réussi à mettre en difficulté son équipier en qualifications et en course (Monaco, Canada…) ce qui peut représenter un beau motif de satisfaction pour un pilote qui mériterait certainement mieux pour prouver son talent.

ALEXANDER ROSSI :

Après avoir tourné autour depuis quelques temps, Alexander Rossi est enfin parvenu à s’aligner sur une grille de départ d’un Grand Prix de Formule 1. Cinq fois au total, dans la seconde partie de la saison. Sans être transcendant, sa présence au Grand Prix des Etats-Unis, chez lui, aura au moins permis à Manor d’être la star du week-end. Sa nationalité pourrait être un atout mais avec les incertitudes concernant l’avenir de la course à Austin, sa carrière dans la discipline reine du sport automobile reste en pointillé.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





L’expérience au détriment de la jeunesse

21 10 2015

Alors qu’il y a encore quelques temps, la jeunesse était un des atouts principaux pour être pilote de Formule 1, il semblerait que, de plus en plus, les équipes recherchent des profils expérimentés pour exploiter au mieux les nouvelles technologies, difficilement abordables.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fait-il encore bon d’être jeune en Formule 1 ? Un garçon comme Max Verstappen répondra sans nul doute par l’affirmative à cette question. Du haut de ses tout juste 18 ans, le Néerlandais est l’exemple parfait du jeune loup, qui a grillé toutes les étapes habituelles pour parvenir à son but ultime.

D’autre, pourtant jeunes également, pourraient avoir une vision bien différente de la situation. Prenons pour exemple Kevin Magnussen. Le Danois, couvé par McLaren depuis des années, a réalisé une première saison correcte en tant que titulaire en 2014. Avec une monoplace compliquée, le fils de l’émérite Jan Magnussen a réussi à grimper sur un podium pour sa première course et à marquer quelques points importants au sein d’une équipe en manque de performance.

A la fin de la saison, la venue de Fernando Alonso, 34 ans, à Woking a mis Kevin, 23 ans, sur la touche. En balance avec le vétéran Jenson Button, 35 ans, le Danois n’a pas fait le poids et les dirigeants de McLaren ont préféré choisir l’expérience à la jeunesse, surtout dans une période qu’il savait être difficile à cause du développement à venir du nouveau bloc hybride Honda.

Même son de cloche du côté de la nouvelle équipe Haas, qui doit faire ses débuts en 2016. Avec l’embarras du choix et une liste aussi longue que le nombre d’étoile sur le drapeau américain, Gene Haas a jeté son dévolu sur l’expérimenté Romain Grosjean, 29 ans, pour mener à bien son projet.

Il se murmure également que, pour remplacer le Français chez Lotus/Renault, un pilote d’expérience serait privilégié au détriment, par exemple, du Britannique Jolyon Palmer, qui a pourtant limé le bitume le vendredi matin sur de nombreux Grands Prix depuis la saison dernière.

Dans les autres équipes du haut et du milieu de tableau, la donne reste inchangée. L’expérience et la continuité sont les atouts maîtres de la réussite. Ce ne sont pas Felipe Massa, Valtteri Bottas, Nico Hulkenberg ou Kimi Raikkonen qui pourront dire le contraire.

Avec des technologies toujours plus pointues, et un pilote qui doit avoir plus de qualité de gestionnaire que de talent pur, la donne a changé en Formule 1. Les Max Verstappen, Felipe Nasr, et autre Carlos Sainz Jr n’ont qu’a bien se tenir, l’arrière garde des anciens de la Formule 1 aura encore son mot à dire dans le futur.

Axel B.





Mercedes : Deux titres et après ?

14 10 2015

Mercedes vient d’être titrée championne du monde des constructeurs en Formule 1 pour la deuxième fois. Après la découverte et la confirmation, la période de la longévité va arriver. L’équipe est-elle capable de s’imposer durablement au sommet de la discipline pour de nombreuses années ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

La Formule 1, on le sait, est une affaire de cycle. Ferrari et Red bull ont été, ces dernières années, les chantres de ce modèle. Mais après des saisons passées au somment de la discipline, chaque équipe peut avoir un retour de bâton inattendu et perde d’un coup, par lassitude ou tout simplement par logique, leur suprématie.

Cette fin de cycle, Mercedes pourrait ne pas tarder à la connaitre. Cette année déjà, les flèches d’argent ont eu l’avertissement d’un possible retournement de situation dans un avenir plus ou moins proche. Leur défaillance lors du Grand Prix de Singapour aura certainement alerté les consciences des dirigeants de la firme à l’étoile.

Certes, cette mauvaise exploitation des pneumatiques Pirelli qui était la cause de cette contre-performance alarmante sur le moment, n’a été que ponctuelle. Et même si elle se renouvelle d’ici à la fin de la saison, la domination sans partage de Lewis Hamilton, et dans une moindre mesure de Nico Rosberg, seront suffisantes pour empocher une nouvelle fois une double couronne mondiale.

Mais les problèmes, justement, rencontrés un peu trop fréquemment cette année par le pilote Allemand, doivent être, aux aussi, autant de signaux à prendre en compte avant d’atteindre le point de non-retour.

Mais pour nuancer cette crainte, il ne faut pas sous estimer les forces de l’équipe Mercedes, qui est une équipe rompue à la victoire depuis la brève ère Brawn GP en 2009 avec Jenson Button. Construite sur les cendres de l’écurie Honda, qui avait établie une base solide, elle n’a cessé de se renforcer et de faire venir des hommes clés comme Toto Wolff, Niki Lauda, Paddy Lowe ou Hamilton, qui possèdent une intelligence de la course suffisamment pointue pour anticiper les possibles futurs revers ou difficultés.

L’exemple de Red Bull doit être marquant pour Mercedes. L’équipe autrichienne s’est sabordée en quelques Grands Prix, pensant pouvoir se passer des éléments qui avaient pourtant fait son succès : Sebastian Vettel, Adrian Newey, Renault…

Désormais, avec le titre constructeurs en poche et une avance assez confortable d’Hamilton au championnat pilotes, Mercedes pourrait se permettre de concentrer ses forces sur la saison à venir, afin de ne pas se trouver au dépourvue face à la progression, toujours impressionnante de ses rivales, Ferrari en tête.

 

Axel B.





Fernando Alonso sous pression

30 09 2015

Après quelques mois passés dans les bas fonds des grilles de départ, et quelques années sans victoire, Fernando Alonso laisse entrevoir des signes de lassitude. Aura-t-il l’élan suffisant pour se relancer vers la conquête d’un troisième titre mondial tant convoité ?

(c) McLaren

(c) McLaren

Il le répète comme un mantra à qui veut bien l’entendre depuis le début de l’année : McLaren représente l’opportunité la plus crédible à moyen terme de battre Mercedes et de dominer la Formule 1. Fernando Alonso semble convaincu par son discours, le public un peu moins.

Il est vrai qu’il est plutôt difficile de le croire aux vues des résultats erratiques de McLaren et Honda cette saison. L’unité de puissance japonaise ne semble avoir fait aucun progrès depuis le mois de mars et les deux pilotes sortent rouges de honte de leur monoplace après chaque course, après s’être fait doubler par les trois quart du plateau en ligne droite.

Jusqu’à présent, Fernando Alonso, en double champion du monde et en pilote d’expérience qu’il est, a serré les dents et a tenu un discours « corporate » à la limite de l’insupportable, surtout lorsqu’il arrivait à s’enthousiasmer pour 16ème place sur la grille, juste devant son équipier Jenson Button.

Le pilote colérique et impétueux entrevue chez Ferrari avait, semble-t-il, disparu de la circulation. Jusqu’à ce Grand Prix du Japon, sur l’exigeant circuit de Suzuka, ou les nerfs d’Alonso ont lâchés.

En comparant le moteur Honda à une unité de puissance de GP2, l’Espagnol a semé le trouble dans le paddock, s’attirant les foudres, notamment, de Ron Dennis, patron historique de McLaren, qui cru revivre l’espace d’un instant ses pires cauchemars de 2007.

Intervention verbale stratégique pour secouer les pontes de Honda sur leurs terres ou simple poussée d’adrénaline, les propos d’Alonso, largement repris avec appétit par les médias, ont en tout cas suscités de nombreux commentaires et ont dévoilé à la face du petit monde de la Formule 1 les limites de l’acceptable pour le pilote Espagnol.

Double champion du monde considéré par ses pairs comme étant un des meilleurs, sinon le meilleur, pilote de sa génération, Alonso court après le temps. Après plus de deux années sans victoire et quasiment dix ans après son deuxième titre mondial, l’Espagnol n’a guère le temps d’attendre. L’échec de son passage chez Ferrari n’était pas prévu dans son plan de carrière et avec un horizon bouché fin 2014, il a fallu qu’il prenne une décision radicale pour tenter de retrouver l’ivresse de la victoire.

L’association entre McLaren et Honda l’a fait rêver. Il avait conscience de la hauteur du défi qui l’attendait en rejoignant ce projet, mais il ne s’attendait sûrement pas à aussi peu de progrès durant la saison.

Il est devenu très clair, depuis l’introduction des V6 hybrides, que les unités de puissance allaient être le point crucial de la technologie des monoplaces des prochaines années. L’aérodynamique et le savoir faire des équipes n’allaient pas peser lourd face à l’importance du moteur. Red Bull, avec sa voiture finement dessinée par Adrian Newey, en sait quelque chose. Pareil chez McLaren, avec un chassis pourtant bien né mais motorisé par une unité de puissance famélique.

Le drame d’Alonso se trouve là et il le sait bien. Son avenir n’est plus dans ses mains désormais. Il va falloir qu’il se repose sur la confiance qu’il a porté au projet McLaren-Honda pour pouvoir espérer se battre à court terme pour la victoire et le titre mondial. La patience n’est certes pas la première qualité du double champion du monde et il se pourrait bien qu’il aille abreuver sa soif de victoire vers d’autres disciplines. Mais d’ici là, il va devoir résister à la pression de l’ennuie et avancer d’un même pas avec son équipe pour espérer triompher un jour et ne pas avoir un gout d’inachevé en bouche.

Axel B.





Quels pilotes pour Haas F1 Team ?

17 09 2015

Débutante en 2016 dans le championnat de Formule 1, la nouvelle équipe américaine Haas va devoir se pencher sur la sélection de ses pilotes pour la saison à venir. Petit tour d’horizon des possibilités et des probabilités qui s’offrent à elle à ce stade de l’année.

(c) Haas F1 Team

(c) Haas F1 Team

Plusieurs pilotes frappent déjà à la porte de la nouvelle équipe Hass F1 Team qui fera son apparition au championnat du monde de Formule 1 en 2016. Avec une approche technique qui semble prometteuse et le soutien important de Ferrari, l’écurie américaine à de quoi séduire et se laisse le temps de faire le meilleur choix, sans que le critère financier ne semble avoir d’influence sur celui-ci.

 

Mais justement, quels sont les choix qui s’offrent à Gene Haas et son équipe pou 2016 ? Voici donc ceux qui semblent les plus probables :

 

Esteban Gutierrez

Le Mexicain semble tenir la corde pour revenir en tant que titulaire en Formule 1. Fort de deux saisons passées avec l’équipe Sauber, Gutierrez a surtout l’avantage d’être devenu cette année un pilote Ferrari. On connait l’étroitesse des relations entre l’équipe italienne et la nouvelle équipe Haas. Il semble donc probable que la Scuderia souhaite placer un pilote de son cheptel au sein de la nouvelle structure américaine. Un plus pour Gutierrez : sa nationalité. Même si Gene Haas a affirmé que ce critère ne serait pas décisif, avoir un pilote du continent américain soignerait l’image de marque de l’équipe.

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 90%

 

Jean-Eric Vergne

Lui aussi est un pilote badgé Ferrari depuis cette année, et cette caractéristique à elle seule le place sur la liste des prétendants à un baquet de titulaire chez Haas. Le Français est un plus côté que Gutierrez en terme de performance, mais son caractère entier pourrait être un frein à une possible titularisation. Cependant, ses années passées au sein de l’équipe Toro Rosso, petite sœur de la quadruple championne du monde Red Bull, sont un atout non négligeable, tout comme sa grande expérience de pratiquement 60 Grands Prix disputés. Le petit plus du Français : il est resté en compétition en Formule E cette année et n’a donc pas perdu la main dans un peloton. Ça va se jouer serré entre lui et Gutierrez pour une place de titulaire en 2016.

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 90%

 

Kevin Magnussen

Le pilote danois, mis sur la touche par McLaren en fin d’année dernière, a des envies d’ailleurs. Voyant son avenir bouché à Woking, le jeune homme commence à se tourner vers d’autres horizons. Mais les places sont chères en Formule 1 et le marché des transferts est quelque peu figé. Haas F1 Team est donc l’opportunité rêvé de poursuivre sa carrière dans la catégorie reine du sport automobile. Cela ne serait pas une mauvaise option pour l’écurie américaine non plus. Façonné par McLaren, Magnussen connait les pratiques d’une équipe multiple championne du monde, un atout non négligeable pour une écurie débutante. En plus, lors de sa première saison, le fils de Jan a démontré de jolies qualités et une rapidité évidente couronnés par un podium lors de sa première course.

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 70%

 

 

Alexander Rossi

Le pilote californien ne possède qu’une faible expérience en Formule 1, dans des écuries de seconde zone comme Marussia ou Caterham. Toujours placé, rarement vainqueur, Rossi est cependant un pilote apprécié pour sa rapidité mais il manque de constance. Sa nationalité américaine et un apport budgétaire important pourraient être décisifs au moment de choisir un deuxième, voire un troisième pilote pour Haas. Même si ces deux critères sont régulièrement balayés d’un revers de la main par l’écurie américaine.

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 50%

 

Adrian Sutil

L’Allemand, qui est complètement passé à côté de sa saison avec Sauber en 2014, a trouvé refuge en tant que pilote d’essais chez Williams. un poste où il n’a aucune chance de devenir titulaire puisque Felipe Massa et Valtteri Bottas ont été reconduits par l’équipe britannique. L’ex-pilote Force India pourrait donc proposer ses services avec comme atout une très grande expérience et un financement conséquent en provenance d’un sponsor personnel. Seul ombre au tableau, Sutil n’a participé à aucun championnat cette année. Au rythme où va la Formule 1, c’est un handicap certain. De plus, son image s’est fortement écornée depuis son passage chez Sauber. Haas tentera-t-elle le pari ?

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 40%

 

Stoffel Vandoorne

Le jeune pilote belge est en train de casse la baraque en GP2. Dominateur sans partage, Vandoorne se prépare un bel avenir en Formule 1, mais le manque de poste de titulaire en 2016 pourrait retarder son arrivée dans la discipline. Il pourrait être tenter par l’aventure Haas et représenterait un second choix idéal pour l’équipe. Mais on voit mal McLaren, qui s’occupe de lui depuis longtemps, le laisser partir vers la concurrence Ferrari…

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 20%

 

Jenson Button

Un champion du monde au sein d’une nouvelle équipe sans expérience ? L’idée n’est pas saugrenue, même si elle semble peut probable. Si Button n’est pas conservé par McLaren en 2016, il y a peu de chance qu’il continue sa carrière en Formule 1 après 16 saisons passées dans la discipline. On sait cependant que le Britannique a failli courir pour Ferrari à un moment donné dans sa carrière, voilà de quoi faire le lien avec Haas. Finalement, il ne reste plus qu’au champion du monde 2009 de piloter un bolide motorisé par le cheval cabré. Le dernier défi ?

Probabilité d’être chez Haas F1 Team en 2016 : 10%

 

Axel B.








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