La Formule 1 qu’on aime !

12 04 2014

Quel Grand Prix ! Enfin, à Bahreïn, la Formule 1 version 2014 nous a apporté le spectacle tant attendu ! Il ne reste plus à espérer maintenant que cette course ne soit pas une exception. Quelques éléments permettent cependant d’être optimiste pour la suite.

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

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Le circuit de Sakhir n’est peut être pas le plus spectaculaire de toute la saison, mais ce week-end, il nous a offert une des plus belles course de la décennie. La première course de nuit au Royaume de Bahreïn a fait briller la Formule 1 de mille feux.

Tous les ingrédients qui font la beauté du sport automobile étaient effectivement présents ce dimanche pour faire frissonner jusqu’au plus blasé des passionnés de Formule 1 : des bagarres roues contre roues, des duels fratricides entre équipiers, des sorties de piste effrayantes…

Chaque saison connaît une course folle lors de laquelle tout le monde s’extasie avant de vite retrouver le cours normal des choses. C’était le cas l’année dernière en Grande Bretagne avec les explosions de pneumatiques ou bien encore au Canada en 2011 avec la victoire surprise de Jenson Button au dernier tour, dans des conditions dantesques. Mais cette année, à Bahreïn, rien d’extérieur n’est venu brouiller les cartes et plusieurs raisons font qu’il y a de quoi être optimiste pour que pareille course se renouvelle tout au long de la saison.

L’élément principal à prendre en compte est bien entendu l’absence de consigne chez Mercedes. L’équipe a laissé ses deux pilotes se battre pour la victoire, ce qui nous a offert un duel fratricide digne des plus beaux moments de la Formule 1. Pour cela, il faut saluer l’état d’esprit de l’équipe allemande qui n’a pas souhaité favoriser un de ses pilotes en piste. L’avance des Flèches d’argent est tellement grande face à la concurrence, que de telles consignes n’auraient pas été comprises par la majorité des observateurs. Et elles auraient été incompréhensibles ! Mercedes vient de nous démontrer ce qu’est l’essence même du sport automobile. La compétition, le frisson, l’affrontement des talents, bien des caractéristiques qui avaient été galvaudées ces dernières années, muselées par des tristes consignes des Ferrari, Red Bull ou plus récemment Williams. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont prouvé que l’on pouvait être équipiers en se battant en piste comme des chiffonniers tout en gardant une relation empreinte de respect. Leurs accolades à la sortie de leurs monoplaces en sont les preuves ultimes.

Mercedes d’ailleurs n’a pas été la seule à réagir de cette manière puisque Force India et Red Bull ont, elles aussi, laissé leurs pilotes se bagarrer en piste pour la beauté du spectacle. La polémique soulevée par Williams à Sepang aurait-elle réveillé chez ses concurrents une loyauté envers le public si souvent oubliée ? Et que dire aussi de la révolte des équipiers lorsque l’on voit des Sergio Pérez ou des Daniel Ricciardo faire trembler leur collègue respectif que l’on pensait pourtant établis et dominants au sein de leur équipe ? On ne saurait que s’en satisfaire car la Formule 1 est avant tout un spectacle !

Pastor Maldonado semble également avoir compris qu’à défaut de faire rêver les aficionados avec ses performances, il pouvait lui aussi faire partie du spectacle en réalisant des gestes que seul lui arrive encore à justifier. La Formule 1 est de plus en plus sécurisée et c’est un bienfait. Mais à cause de cette absence de peur qui pouvait envahir les pilotes au volant il y a encore quelques dizaines d’années, certains se pensent invincibles et tentent des gestes qui auraient pu être dramatiques à une autre époque.

Pour cette mésaventure, le Vénézuélien a écopé d’un stop-and-go de dix seconde durant la course, une pénalité de cinq places sur la grille de départ en Chine et trois points en moins sur son permis. En comparaison, Daniel Ricciardo, relâché hâtivement de son stand avec une roue desserrée en Malaisie par son équipe, à qui la faute en était entièrement imputable, avait reçu un stop-and-go à Sepang en plus d’une pénalité de dix places sur la grille du prochain Grand Prix. Le manque de cohérence des sanctions est encore flagrant mais il ne saurait néanmoins gâcher le plaisir d’avoir vu une course d’une telle intensité aussi tôt dans la saison. Les polémiques sur le bruit des moteurs et le manque de spectacle en piste ont subitement pris un sérieux coup de vieux !

Si l’état d’esprit des pilotes et des écuries reste le même durant toutes la saison, il n’y a pas de raisons de ne pas revoir un pareil spectacle se reproduire fréquemment. Chaque duo de pilotes semble très proche l’un de l’autre, et les difficultés constatées à piloter ces nouvelles monoplaces ont tendance à niveler les performances. Les vaincus d’une course voudront être les vainqueurs de la suivante et les rois déchus, tels Sebastian Vettel, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen ou Jenson Button ne sauront se satisfaire de l’affront qui leur a été fait en ce début de saison. Leurs réveils risquent de pimenter encore plus la compétition, et c’est ça, la Formule 1 qu’on aime !

Axel B.





Faux départ

20 03 2014

Ca y est, le moment tant attendu du premier Grand Prix de la saison est enfin passé. Que reste-t-il maintenant de nos interrogations de l’hiver ? Même si la première course n’est jamais représentative, elle apporte cependant son lot d’informations importantes pour la suite de l’année.

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

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Parfois, il faut savoir raison garder. La Formule 1, qui représente le pinacle du sport automobile, le sommet de la technologie, le chantre du développement et de l’adaptabilité vient de prouver une nouvelle fois que tous ces superlatifs ne sont pas usurpés.

Si certains pensaient que le Grand Prix d’Australie ne verrait qu’une poignée de monoplaces franchir la ligne d’arrivée, voire même, encore pire, aucune d’entre elles, ils doivent être bien déçu aujourd’hui. Finalement, tous les participants ont prouvé leur réactivité : seulement cinq abandons sur problèmes mécaniques, dont les deux Lotus de Romain Grosjean et Pastor Maldonado qui n’étaient visiblement pas prête à courir ce Grand Prix.

Parmi ces retraits, deux champions du monde. Sebastian Vettel et sa Red Bull, rapide mais peu fiable et surtout Lewis Hamilton, érigé comme le favori ultime cette année mais dont la W05 lui a joué un des pires tours possible en le faisant stopper après quelques pauvres kilomètres. Sa mésaventure du vendredi matin annonçait donc bien un week-end difficile pour le Britannique.

Mais attardons nous quelques instants de plus sur le cas Red Bull. Daniel Ricciardo a prouvé que la monoplace était redoutablement rapide. Ce qui laisse à penser que lorsque les hommes de Milton Keynes auront réglé leurs problèmes chroniques de fiabilité, le retour de Sebastian Vettel pourrait bien faire très mal. Déjà que l’homme est un ogre lorsqu’il gagne, sa volonté risque d’être décuplée avec un esprit de revanche évident après un hiver catastrophique et ce premier Grand Prix cauchemardesque. En plus, la mise en lumière de Ricciardo, certes déclassé, mais qui a marqué les esprits, ne va pas arranger les humeurs du quadruple champion du monde.

Devant, les Mercedes ont survolé les débats. Enfin, surtout Nico Rosberg épargné par les pannes. Mais soyons sur qu’Hamilton aurait été au même niveau que son équipier s’il avait pu courir la totalité de la course. Avec plus de vingt secondes d’avance sur son dauphin, Rosberg a écrasé la concurrence. Qu’en aurait-il était de cet écart si la voiture de sécurité n’était pas rentrée en piste ? Le choc psychologique pour la concurrence aurait été bien plus important…

Derrière, peu de surprises au final. Les Williams que l’on annonçait comme possibles vainqueurs ont saboté leur dimanche avec des qualifications très moyennes. Bottas, victime de sa fougue, a laissé échapper un possible podium et Massa, victime du fameux optimisme nippon, n’a pas fait un tour. Les Ferrari ont déjà prouvé leurs limites avec un Fernando Alonso en manque de vitesse et un Kimi Raïkkönen peu à son aise derrière le volant de sa F14-T. Les fantômes de l’anonymat de 2013 semblent toujours hanter la Scuderia.

Seule bonne surprise, les McLaren qui ont pris la place laissée vacante par les Lotus. Les gris ont retrouvé de la vigueur grâce à leurs blocs Mercedes et la fougue du déjà impressionnant Kevin Magnussen. Avec Daniil Kvyat également dans les points, ce vent de fraîcheur fait un bien fou à la Formule 1 et risque de bousculer la hiérarchie des anciens. Jenson Button doit commencer à sentir le vent de la retraite souffler dans son dos et il va falloir que le champion du monde 2009 ressorte ses plus belles armes pour prouver qu’il tient encore sa place dans la discipline.

La révolution tant attendue n’aura donc bousculé que très peu la discipline. Cette première manche aux antipodes aura eu un arrière gout de procession avec peu de dépassements ou de sorties de piste, pourtant annoncés à grand renfort d’optimisme durant l’hiver. Si Vijay Mallya, le patron de Force India, se demandait où était passé le son des Formule 1, on peut également se demander où est la révolution tant attendu par ces changements de réglementation… peut être en Malaisie dans quinze jours ?

Axel B.





Une histoire de nez

23 02 2014

« C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! » Voici une tirade du célèbre Cyrano de Bergerac qui sied très bien à la forme nasale des monoplaces de Formule 1 en 2014. Mais comme le fameux Cadet de Gascogne imaginé par Edmond Rostand, il y a fort à parier que ces nouvelles nées de l’année ne manqueront pas de panache.

Licence Creative Commons / Lea Hidalgo

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De tous temps, la Formule 1 a connu des bizarreries esthétiques, et s’en est finalement accoutumée.  Lorsque les moteurs sont passés à l’arrière, les plus conservateurs, Enzo Ferrari en tête, avaient poussé de hauts cris. Les réactions ont été les mêmes avec l’arrivée des premiers ailerons, placés à la manière d’un bricolage astucieux à partir de la saison 1968. Sans aucune réglementation sur le sujet, les pires idées ont traversé les esprits des ingénieurs et ont conduit à des situations esthétiques que renierait le moindre designer automobile aujourd’hui.

On peut se souvenir également, dans un passé plus récent, des fameuses ailes de mouettes apparues à la fin des années 90 sur les Tyrrell et qui avaient fait école au point de se retrouver sur la majorité des monoplaces du plateau avant d’être interdites grâce à un élan de lucidité par la FIA.

D’autres tentatives comme le capot moteur rectiligne surmonté d’un mini-aileron sur la McLaren-Mercedes de 1995 ou le nez en forme de morse de la Williams FW26 de 2004 n’ont heureusement pas fait date, suite à un manque d’intérêt en termes de performance.

Aujourd’hui donc, les museaux version 2014 créent la polémique. Il n’y a guère que Mercedes et Ferrari qui ont tenté d’apporter une solution esthétiquement neutre, mais pas forcément plus réussie, aux nouvelles donnes du règlement technique. Les autres, ont tenté de masquer leurs appendices apparents derrière de judicieuses robes peinturlurées.

Au final, il va falloir attendre les premiers Grands Prix pour que se détache une vérité sur l’influence de cet aspect aérodynamique sur les monoplaces. Est-ce que la forme nasale va avoir une incidence majeure sur les performances ? Certaines écuries adopteront-elles des solutions différentes ?

On sait d’ors et déjà que la FIA a décidé de plancher sur une évolution de la réglementation technique pour 2015 afin de modifier l’aspect des monoplaces. Un aveu clair et précis du manquement de cette dernière qui a, une fois de plus, fait primer l’envie de donner du spectacle avant de prendre en compte des considérations esthétiques.

Les observateurs les plus amusés par cette situation ont déjà fait leurs choux blancs de cette loufoquerie de ce début d’année. Certains parmi eux en ont déduis qu’une monoplaces de Formule 1 était finalement de genre masculin, alors que d’autres tentaient déjà de faire accoupler une McLaren à la protubérance affichée avec une Lotus au nez en tenaille.

Toujours est-il que si la pièce d’Edmond Rostand vantant les mérites de Cyrano de Bergerac et de son attribut nasal protubérant, a nécessité une écriture en Alexandrin de douze pieds par vers, il ne faudra sûrement pas plus de douze tours pour que tous les fans de Formule 1 mettent de côté cette particularité et plongent le nez en premier dans une nouvelle saison qui s’annonce déjà passionnante à suivre. Quelle équipe et quel pilotes pourront alors dire en héros : « A la fin de l’envoi…je touche ! » ?

Axel B.





Ross Brawn : un homme de défi

2 02 2014

Ross Brawn est actuellement un des hommes les plus demandés de la Formule 1. Depuis l’annonce de son retrait de chez Mercedes et de sa possible période sabbatique, l’ingénieur britannique est lié par des rumeurs à toutes les équipes en manque de dirigeant comme McLaren, Lotus ou même Honda. Il faut dire que l’homme à un curriculum vitae plutôt séduisant.

Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo

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Dans le monde de la Formule 1, Ross Brawn est associé à la victoire. Tout d’abord, il a fait partie de la glorieuse époque Ferrari où, aux côtés de Jean Todt et Michael Schumacher, il formait le trio le plus victorieux de la discipline. La symbiose qui a existé entre le septuple champion du monde et l’ingénieur britannique datait du passage des deux hommes chez Benetton, où l’ingénieux et opportuniste Flavio Briatore avait eu la bonne idée de les associer. C’est de cette époque d’ailleurs que datent les premières victoires de Ross Brawn, avec les deux titres pilotes acquis en 1994 et 1995 et le titre constructeur cette dernière année.

Il ne tardera pas cependant à suivre son ami Schumacher vers d’autres cieux et à relever le défi de redonner le gout de la victoire à Ferrari, à partir de 1997. Il lui faudra trois ans et quelques péripéties pour parvenir à ses fins, entouré par une des plus belles équipes de cette période comprenant donc Michael Schumacher, Jean Todt mais aussi Rory Byrne ou Rubens Barrichello, tous indispensables à la formidable épopée victorieuse des rouges, qui les verra collectionner la totalité des titres pilotes et constructeurs entre 2000 et 2004.

Mais Fernando Alonso et sa Renault viendront mettre fin à l’hégémonie de la Scuderia et, petit à petit, la « dream team » se séparera pour voler vers d’autres cieux. Michael Schumacher et Rory Byrne en retraite presque forcée, Jean Todt sur le chemin de la présidence de la FIA et enfin, Ross Brawn vers un rôle clé au sein de l’équipe Honda.
Le choix du Britannique de se tourner vers cette équipe va d’ailleurs s’avérer crucial pour la suite de sa carrière. En effet, le constructeur japonais, las de voir ses monoplaces végéter en fond de grille en Formule 1, décide à la surprise générale de laisser tomber son engagement à la fin de la saison 2008, mettant dans l’embarras toutes l’équipe technique et les pilotes, Jenson Button et Rubens Barrichello.

Mais pour ne pas cesser l’activité d’une équipe qu’il pense capable de gagner, Ross Brawn décide alors de racheter l’actif de l’écurie pour un euro symbolique et de la faire courir en 2009 sous son nom, vierge de tout sponsor. Profitant des nouvelles réglementations, notamment celles concernant les diffuseurs, la Brawn GP, motorisée à la va-vite par Mercedes et pilotée par Button, domine la majeure partie de la saison et remporte finalement les deux titres. Ross Brawn aura marqué d’une trace indélébile les annales de la discipline et aura écrit une des histoires les plus fascinantes et incroyables de ces dernières décennies.

La revente de son équipe à Mercedes l’année suivante, le retour de Michael Schumacher au sein de celle-ci, ne seront que des étapes vers une certaines lassitude ressentie par Brawn, qui, poussé insidieusement vers la sortie par les nouveaux décisionnaires de la firme à l’étoile, Toto Wolff et Niki Lauda, préférera se retirer de son propre gré à la fin d’une saison 2013 qui aura cependant marqué un retour vers le premier plan d’une équipe qui a pour racines Tyrrell, BAR, Honda et enfin Brawn.

Aujourd’hui, Ross Brawn se retrouve dans la même situation que lors de son retrait de chez Ferrari à la fin de l’année 2006. Une année sabbatique qui lui avait permis de rebondir vers d’autres objectifs. Il y a fort à parier que son intelligence de la course ne reste inemployée très longtemps. Les rumeurs qui le lient à un retour chez Honda, qui va s’associer avec McLaren en 2015, semblent probables, plus tout du moins qu’une possible association avec une équipe Lotus, qu’il connait pourtant depuis son passage chez Benetton, mais qui est en proie à d’incessantes difficultés financières. Et si finalement tout ça ne l’intéressait pas, et qu’il choisisse de relancer sa propre écurie en répondant à l’appel d’offre de la FIA pour l’engagement d’une nouvelle équipe à l’orée de la saison 2015 ?

 Axel B.





L’hommage de la Formule 1 à John Button

19 01 2014

Chaque champion construit sa réussite en étant accompagné. Jenson Button a découvert le sport automobile grâce à son père et c’est ce dernier qui lui a donné tout le soutien possible pour progresser jusqu’au titre ultime de champion du monde. John Button est décédé hier, lundi 13 janvier, et le monde de la Formule 1, qui l’appréciait fortement, est en deuil.

 

(c) Brawn

(c) Brawn

Il est plutôt rare en Formule 1 qu’une personnalité, impliquée mais en marge de la compétition, dans l’entourage d’un pilote, soit autant appréciée. John Button, père de Jenson, champion du monde 2009, faisait pourtant partie de cette catégorie.
Après l’annonce de son décès intervenue hier dans la journée, de nombreuses réactions de soutien, de réconfort et d’émotion ont émané des principaux acteurs de la Formule 1.

Les pilotes tout d’abord, comme Fernando Alonso ou Mark Webber, entre autres, ont été les premiers à souligner leur attachement à Jenson et à la personnalité joviale que représentait son paternel. L’Espagnol, sur son compte Twitter décrit John comme un « grand homme » et « un ami », alors que l’Australien a posté sur son compte une photo de lui et Jenson dans les bras l’un de l’autre. L’équipe McLaren a également été très touchée par cette triste nouvelle, et Martin Whitmarsh, le directeur de l’équipe, a rendu un vibrant hommage à un homme qu’il considérait comme faisant partie de la famille McLaren : « Alors que Jenson a grandi, et qu’il a continué à remporter des courses, John était toujours là, son premier supporter. Même ces dernières années, pendant lesquelles Jenson est devenu champion du monde et le grand pilote qu’il est maintenant, le pilote le plus expérimenté en Formule 1 aujourd’hui sur la grille en fait, John était toujours avec lui, en homme loyal, en père aimant, en membre populaire du petit entourage intime de Jenson. »

Tous soulignent donc la dévotion du père pour son fils. L’omniprésence et la bonne humeur que John Button véhiculait dans le paddock en avait fait une figure incontournable, surtout depuis que son fils était devenu champion du monde au volant de la Brawn GP il y a maintenant plus de quatre ans. On se souvient bien entendu des moments de joies de tout l’entourage du Britannique lors du final au Brésil cette année-là, qui marquait l’accomplissement d’un parcours semé d’embûches et de difficultés que Jenson et John ont toujours affrontées à deux. Depuis les débuts en karting du champion jusqu’à devenir le pilote le plus expérimenté de la discipline en 2014, le parcours de Jenson a réellement été atypique, et il a toujours été épaulé par son père comme il l’avait avoué lors d’une interview quelques temps après son titre : « Durant toutes ces années, il était toujours là, debout sous la pluie, pendant que j’étais le seul à m’amuser en piste ; et il payait pour ça. C’est lui qui m’a donné les moyens de grandir et le soutien nécessaire quand c’était difficile. Il ne s’est jamais fichu de moi quand je lui ai dit que je voulais courir en Formule 1, même si j’étais juste un gosse. Il a tout fait pour m’aider à me mettre sur le chemin qui m’a mené chez BMW Williams en 2000. »

 

Une relation fusionnelle qui va laisser un grand vide dans la carrière et le quotidien de Jenson et de sa famille. John Button nous a quitté, mais le monde de la Formule 1 lui a rendu un hommage à la hauteur de ce que l’homme était : généreux, humble et dévoué.

 

Axel B.





La presque trêve de Noël

26 12 2013

Comme chaque année, Noël et son flot de cadeaux sont les principales attractions de ce mois de décembre. La Formule 1, bien qu’en sommeil, n’en est pas moins active et, dans l’ombre, tout se prépare pour le grand rendez-vous du mois de mars 2014.

Licence Creative Commons / Norimasa Hayashida

Licence Creative Commons / Norimasa Hayashida

La saison prochaine, la Formule 1 va subir un des plus grands chamboulements techniques de son histoire. La révolution passera par des moteurs V6 et la réintroduction du turbo, mais aussi par des changements dans la conception aérodynamique des monoplaces, ce qui est cependant plus courant.
L’énergie électrique va aussi faire son apparition puisque la récupération de l’énergie au freinage, déjà popularisée par le KERS depuis quelques saisons, va s’intensifier et prendre une place plus importante dans les performances intrinsèques de la voiture.
Voilà quelques pistes sur lesquelles les ingénieurs de la Formule 1 planchent depuis de longs mois, voire des années, et qui vont trouver leurs concrétisations d’ici quelques semaines.

Les pilotes eux ne sont pas en reste non plus. Certains des plus expérimentés, comme Jenson Button par exemple, s’attendent à ce que le pilotage soit très différent de ce qu’ils ont connu jusqu’ici. Une réelle chance peut être pour les « rookies » qui feront leur apparition en 2014 ? Pas si sûr, d’autant plus que la période d’apprentissage sera de courte durée, comme c’est le cas depuis la réduction drastique des essais libres durant la saison. Les premiers Grands Prix seront en tout cas très intéressants à suivre car de nombreux changements de pilotes ont eu lieu au sein des équipes durant l’intersaison.

Le retour de Kimi Raikkonen chez Ferrari sera scruté avec la plus grande attention, surtout après la fin de saison théâtrale du Finlandais cette année. Quel va être sa relation avec Fernando Alonso ? Beaucoup de monde se pose la question, sauf peut être les principaux intéressés qui pourraient bien réussir à travailler de concert pour détrôner le taureau Red Bull chez qui Daniel Ricciardo va tenter de se faire une place au côté de l’ogre Vettel. Sauf si le Papa Newey a encore fait des miracles durant l’hiver…

Sinon, Kevin Magnussen va apprendre son métier chez McLaren en attendant l’arrivée de Honda en 2015, Pastor Maldonado va devoir prouver une fois de plus que sa place chez Lotus n’est pas dû uniquement qu’à son portefeuille bien rempli, et son équipier Romain Grosjean va devoir remporter sa première course après avoir claironné haut et fort qu’il se situait parmi les meilleurs, Felipe Massa va essayer de faire oublier la période noire de Williams tandis que Nico Hulkenberg et Sergio Pérez voudront prendre leur revanche sur la discipline au volant de leur Force India. Les autres Adrian Sutil, Esteban Gutierrez, Jean-Eric Vergne, Daniil Kvyat, Valtteri Bottas et Jules Bianchi sont déjà sûrs d’une chose, c’est d’avoir un baquet pour le début de la saison. Ce qui n’est pas le cas encore de Charles Pic, Giedo Van der Garde ou Max Chilton, qui vont passer un hiver un peu moins détendu que leurs collègues.

Finalement, il n’y a que chez Mercedes pour l’instant que rien ne bouge, mis à part le départ programmé de Ross Brawn cet hiver. Est-ce que cette stabilité ne pourrait-elle pas être l’atout principal et décisif de la firme à l’étoile dans la lutte pour le titre mondial 2014 ? Les vœux de Lewis Hamilton et Nico Rosberg iront sûrement dans ce sens pour la nouvelle année.

Axel B.





Magnussen de père en fils

18 12 2013

Chez les Magnussen, le virus de la course s’est transmis de père en fils. Jan, pilote McLaren et Stewart à l’orée des années 2000 n’aura jamais réussi à trouver sa place en Formule 1 malgré une belle réputation. La tâche de son fils, Kevin, titularisé chez McLaren en 2014, sera de laver cet affront et d’imposer son nom dans la discipline reine du sport automobile.

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(c) Cédric Ciampini

Jan Magnussen était promis à un bel avenir en Formule 1. Ce Danois à l’aspect juvénile aura remporté le championnat dans toutes les disciplines dans lesquelles il aura couru, du karting, durant ces jeunes années, jusqu’à la Formule 3 en 1994 qu’il survola à tel point d’être comparé au magique Ayrton Senna.

Il marchera d’ailleurs dans les pas du Brésilien en signant sa première course en Formule 1 lors du Grand Prix du Pacifique 1995 au volant d’une McLaren en remplacement d’un Mika Hakkinen souffrant. Une histoire sans lendemain au sein de l’écurie de Woking mais qui lui permettra de gagner sa place, deux ans plus tard, dans la nouvelle structure de Paul et Jackie Stewart qui se lançait alors dans la discipline après des années d’expérience dans les catégories inférieures, avec notamment Magnussen comme pilote.

Aux côté d’un équipier aussi rapide et estimé que Rubens Barrichello, Magnussen ne fera pas le poids et sera limogé par son équipe au milieu de la saison 1998. Après seulement vingt cinq Grands Prix, la carrière de Jan en Formule 1 prenait alors fin sur un sentiment d’inachevé.

Aujourd’hui, c’est son fils de 21 ans qui va relever le plus grand défi de sa carrière en disputant le championnat au volant d’une McLaren. Jusqu’à présent, le parcours du père et du fils sont étrangement similaires. Kevin a également survolé toutes les catégories de promotions jusqu’à remporter, assez facilement cette année, le très relevé championnat de Formule Renault 3.5 en battant d’autres pilotes très estimés comme le Belge Stoffel Vandoorne, issu du programme McLaren comme lui, ou le Portugais Antonio Felix Da Costa, couvé par Red Bull.

Kevin va donc débuter sa carrière en Formule 1 chez McLaren comme son père, mais dans un contexte bien différent. Il ne sera pas un remplaçant de luxe, mais un titulaire à part entière, couvé depuis plusieurs années par le clan de Woking, un peu à l’image de Lewis Hamilton. Gageons que Martin Whitmarsh et son équipe lui laisse le temps de l’apprentissage et soient moins exigeants qu’avec un Sergio Pérez, par exemple, qui avait déjà fait ses preuves chez Sauber et qui avait ensuite fortement déçu à un niveau plus élevé de compétition.

Le manque d’essais privés, comme pour tous les jeunes pilotes, va être un handicap non négligeable dans son apprentissage. Mais dans la Formule 1 d’aujourd’hui, la valeur d’un pilote ne se juge plus uniquement sur son talent et sa vitesse mais aussi sur sa rapidité d’adaptation et sa compréhension rapide de l’environnement qui l’entoure et du comportement de sa monoplace. Avec ce qu’il a prouvé dans les catégories précédentes, du karting en 2006 à la Formule Renault 3.5 cette année, dans lesquelles il a toujours remporté au moins une victoire, Kevin semble avoir une capacité d’adaptation suffisante pour pouvoir réaliser quelques belles choses pour ses débuts en Formule 1. Il aura à ses côtés un des pilotes les plus expérimentés de la discipline en la personne de Jenson Button, et pour un peu que la nouvelle McLaren soit efficace, il ne serait pas étonnant de le retrouver sur le podium en fin de saison, voire même plus tôt.

La similarité entre les Magnussen père et fils est à ce point troublante qu’il se ressemble même physiquement. Avec seulement dix neuf ans d’écart, il s’en est fallu de peu pour que la Formule 1 se retrouve dans une situation inédite avec un père et un fils bataillant sur la même grille de départ. Si la carrière de Jan avait été un peu plus longue et celle de Kevin encore plus précoce, l’histoire se serait écrite différemment. En tout cas, Kevin va bientôt écrire un nouveau chapitre de celle des Magnussen en Formule 1.

Axel B.





McLaren entre chaud et froid

24 11 2013

Depuis le départ d’Ayrton Senna en 1993, l’écurie McLaren n’arrive plus à gérer la présence de pilotes latins, au sang chaud. Juan Pablo Montoya, Fernando Alonso et maintenant Sergio Pérez en sont des exemples frappants.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Sergio Pérez n’aura tenu qu’une petite saison au sein de l’équipe McLaren. Le pilote mexicain était arrivé en trombe chez les gris pour remplacer l’enfant prodige Lewis Hamilton parti sous d’autres cieux. Les performances de Pérez chez Sauber en avaient fait un espoir un peu brouillon que Martin Whitmarsh s’efforcerait d’affiner. Las du manque de rythme et de constance de son prodige, le dirigeant britannique a finalement préféré jeter l’éponge pour se tourner vers un autre produit maison, Kevin Magnussen, dans l’espoir de réitérer les prouesses réalisées avec Hamilton quelques années auparavant.

Sergio Pérez s’ajoute donc à la liste des pilotes n’ayant pas réussi à faire leur trou dans la très stricte et froide équipe McLaren. Plus généralement, et depuis la rupture en 1993 entre Senna et McLaren, cette dernière n’arrive plus à gérer les pilotes latins comme Juan Pablo Montoya ou Fernando Alonso qui ont tout deux claqué la porte de Woking avant la fin de leur contrat, sans avoir réussi à remporter un championnat.

L’Espagnol n’aura lui aussi duré qu’un an chez les gris en 2007. Et en l’espace de ces douze mois, l’équipe a vécu plus de polémiques que dans toute son histoire récente. Se sentant délaissé au profit de Lewis Hamilton, le double champion du monde 2005 et 2006 commencera à jouer les divas exigeantes et à monter clairement les membres de son équipe technique contre ceux d’Hamilton. Le « spygate », affaire d’espionnage industriel entre McLaren et Ferrari, viendra pourrir définitivement la relation entre Alonso et son équipe après que le pilote ait joué les informateurs contre une immunité de la FIA dans cette histoire. Au final, l’Espagnol ira faire deux ans de transitions chez Renault avant de rejoindre la Scuderia, sans plus gagner un championnat jusqu’à présent.

De son côté, Juan Pablo Montoya n’aura survécu guère plus de temps chez McLaren. Fraichement débarqué en provenance de Williams en 2005 avec un statut de prétendant au titre mondial, le Colombien n’arrivera jamais vraiment à s’intégrer aux méthodes de travail et à l’ambiance de Woking. Blessé au début de sa première année, sa relation s’envenimera très rapidement avec Ron Dennis au sujet des causes de cet accident. Officiellement, Montoya s’est blessé en jouant au tennis, officieusement, c’est en faisant du Quad que le Colombien s’est démis l’épaule. Ce qui le handicapera par ailleurs pour le restant de l’année. Son sérieux, son abnégation et ses résultats étant donc fortement remis en cause par l’équipe, cette dernière préférera signer Alonso dès fin 2005 (pour une arrivée en 2007) et se séparer du natif de Bogota. Celui-ci n’attendra pas l’échéance et se retira au soir du Grand Prix des Etats-Unis 2006 conclu par un accrochage avec son équipier Kimi Räikkönen. Un départ semble-t-il forcé et voulu par Ron Dennis après que le Colombien ait annoncé avoir signé en Nascar pour la saison suivante.

Aujourd’hui, c’est au tour d’un autre « latino » de faire les frais de sa folie en piste. Souvent critiqué et montré du doigt cette année pour son comportement en piste, Sergio Pérez a eu du mal à tirer le maximum d’une monoplace totalement ratée et en perte de vitesse. Si le Mexicain avait rejoint McLaren avec l’espoir de remporter sa première victoire, il n’aura jamais eu dans les mains une voiture lui permettant de faire un podium. Sûrement trop jeune et manquant d’expérience à ce niveau de la course automobile, Pérez n’a jamais réussi à prouver qu’il pouvait amener avec lui toute une équipe technique derrière lui pour faire progresser sa monoplace. Avec à ses côtés un pilote aussi expérimenté que Jenson Button, la tâche était effectivement ardue, mais pas impossible. Sergio Pérez n’a jamais réussi à atteindre ses objectifs et il rejoint désormais la liste de ces pilotes prometteurs qui se sont écroulés une fois venu la pression trop forte d’une écurie de pointe. Peu ont eu une seconde chance. Martin Whitmarsh essais d’en trouver une à son futur ex-pilote, une manière de lui faire comprendre qu’il n’a pas encore tout gâché et qu’un retour dans une écurie moins performante pourrait lui permettre de retrouver ses marques. Mais sa carrière au plus haut niveau de la discipline n’est-elle pas déjà compromise ?

Il faudra sûrement attendre longtemps avant de voir McLaren se tourner vers un autre pilote latin. Le jeune Magnussen est Danois et c’est peut être la preuve que le calme et la réflexion, qui sont deux qualités du récent champion de Formule Renault 3.5, sont indissociables du succès récent avec McLaren, comme à l’époque de Mika Hakkinen ou Kimi Räikkönen, par exemple.

Axel B.





Vivement 2014 !

11 09 2013

Même s’il y a encore une chance mathématique pour qu’un de ses adversaires fasse tomber Sebastian Vettel de son piédestal, en haut du classement du championnat pilotes, il y a fort à parier qu’aucun d’entre eux n’y arrivent. Il est donc grand temps, pour les équipes et les supporters, de se tourner vers la saison prochaine.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

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Ferrari et Fernando Alonso l’avaient annoncé au début de ce week-end italien. Ils se donnaient encore deux courses, Monza et Singapour, pour définir leur stratégie de fin d’année. Si l’Espagnol avait réussi à finir devant Sebastian Vettel et sa Red Bull en terre italienne, ils attendraient un nouveau bon résultat à Singapour pour continuer leur lutte pour le titre cette saison. Mais voilà, l’Allemand, triple champion du monde, a une fois de plus dominé outrageusement la course, et les derniers espoirs des rouges se sont sûrement envolés avec la deuxième place d’Alonso. Il est donc probable que l’écurie au cheval cabré renonce d’ors et déjà au titre 2013 et concentre ses efforts pour la saison à venir, tout comme l’ont semble-t-il déjà fait les Mercedes et Lotus, en pertes de performances depuis deux courses.

Cela ne veut pas dire que Vettel et Red Bull n’auront plus de concurrence lors des derniers Grands Prix, mais il faudra des circonstances défavorables (problèmes mécaniques, caprices météorologiques…) ou des conditions moins avantageuses (piste qui convienne moins à la RB9, pilote en méforme…) à ce duo infernal pour qu’il rate la victoire et qu’elle tombe, avec plus ou moins de chance, dans l’escarcelle d’un de ses adversaires.

Beaucoup de regards sont donc tournés vers 2014 et ses grands changements de réglementation technique attendus. Mais là aussi, les autres acteurs de la grille de départ se méfient au plus haut point de Red Bull.

En effet, l’équipe autrichienne a parmi elle un des plus beaux atouts techniques, le génial ingénieur Adrian Newey. Ce nouveau défi technologique va être très excitant pour le Britannique, et aux vues des récents succès de ses dernières monoplaces dessinées depuis quinze ans, on voit mal l’artiste rater son tableau.

Ceci dit, avec l’arrivée dans la maison mère de Daniel Ricciardo, le chouchou Vettel pourrait bien trouver du changement. En effet, le tout jeune Australien est issu de la même famille (le junior team Red Bull) que le triple champion du monde. Ce qui n’était pas le cas de son prédécesseur Mark Webber. Son excellent bagage technique, sa bonne humeur, et son expérience de pilotage sur des monoplaces souvent rétives (HRT puis Toro Rosso) ont fait pencher la balance en sa faveur aux dépends de Jean-Eric Vergne, pourtant très talentueux, mais atteint du syndrome « Alain Prost » qui équivaut à souvent se plaindre de sa machine, de son équipe et des circonstances pour finalement avoir l’image d’un pilote rapide mais râleur. Attitude adoptée en son temps également par Sébastien Bourdais au sein de la même équipe. Vergne devra donc mettre à profit sa troisième saison chez Toro Rosso, une chance rare dont aurait bien aimé bénéficier Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, pour faire évoluer son attitude afin de pouvoir prétendre à plus.

2014 sera aussi une année cruciale pour Ferrari et Mercedes. Pour les Italiens tout d’abord, il faudra fournir à Fernando Alonso une monoplace à la hauteur de ses ambitions. L’Espagnol est en train de se demander s’il a fait le bon choix en rejoignant la Scuderia il y a trois ans. En ayant remporté seulement onze victoires, quatre pole-position et jamais un titre de champion, son agacement est croissant et ses envies d’ailleurs pourraient être décuplées s’il devait faire face à un nouvel échec ou a un nouvel équipier trop encombrant comme pourrait l’être Kimi Raikkonen.

Pour l’équipe allemande Mercedes, 2014 pourrait être l’année charnière de sa présence en Formule 1. Les autorités de Stuttgart sont venues dans la discipline pour gagner, et ils ont misé gros pour la saison à venir. Une nouvelle année en dent de scie pourrait donc être l’année de trop pour une entreprise qui a beaucoup investi dans une restructuration clinquante et onéreuse, et qui a déjà fait connaitre ses doutes quant à une présence en Formule 1 en tant que simples figurants.

Bien sûr, tout le monde partira d’une feuille blanche. De son côté, McLaren risque de vivre une nouvelle année de transition en attendant la venue de son nouveau motoriste Honda pour 2015. Lotus, si elle conserve Raikkonen devra faire face aux ambitions de son champion du monde de pilote, tandis que de l’autre côté de la grille, Sauber devra courir pour sa survie. Les Force India, Williams et autres Caterham et Marussia auront-elles leur mot à dire avec cette nouvelle donne ?

Mais rien ne dit qu’une de ses petites équipes ne trouvera pas une solution miracle pour bondir d’un seul saut vers le sommet. Les changements prévu laissent entrevoir certaines possibilités, même si les plus pragmatiques ne s’attendent pas à de grands changements dans la hiérarchie mondiale.

Axel B.





Vettel assomme et endort la Formule 1

1 09 2013

En Belgique le week-end dernier, Sebastian Vettel a une nouvelle fois dominé de la tête et des épaules tous ses adversaires. Si cette situation ravit le pilote et son équipe, elle a du mal à enthousiasmer le reste du monde de la Formule 1 et ses spectateurs en premiers lieu. Allons-nous entrer dans une nouvelle ère de domination à la Michael Schumacher ? Vettel est-il intouchable ? Ses adversaires sont-ils capable de le battre ? Autant de questions qui risquent d’agiter les années à venir dans la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

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Si en début de saison, un fringant Fernando Alonso et sa Ferrari avaient laissé penser qu’ils pourraient s’attaquer et tenir tête à l’ogre Vettel au volant de sa Red Bull, les dernières courses en date ont vite refroidi les plus chaudes ambitions de changement en haut du classement du championnat du monde des pilotes.

Certes, Alonso est toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de tout donner au volant de son bolide rouge. Le week-end dernier, en Belgique, il a une nouvelle fois démontré tout son talent en remontant de la neuvième à la deuxième place, en mystifiant sur son passage le préretraité Mark Webber et les deux Mercedes, épouvantails des qualifications mais bien à la peine en course.

On se mettrait presque à rêver que l’Espagnol parte en pole positions dans les week-ends à venir, une situation qui ne lui est plus arrivé depuis le Grand Prix d’Allemagne l’année dernière, ce qui constituait alors sa quatrième pole chez Ferrari, seulement…

D’un autre côté, c’est le problème inverse qui semble toucher les Mercedes. Redoutablement rapides en qualification cette années, les flèches d’argent ont certaines difficultés selon les circuits pour rester devant la meute. Dans certaines circonstances, Nico Rosberg et Lewis Hamilton arrivent cependant à remporter des courses, deux pour l’Allemand et une pour le Britannique, mais leur inconstance ne leur permet pas pour l’instant de jouer les premiers rôles au championnat et de ralentir la course effrénée de Vettel vers son quatrième titre consécutif.

Même constat pour Lotus, et notamment Kimi Raikkonen, troisième du championnat, qui ne trouve pas sa performance optimale en toutes occasions. Tantôt brillantes, tantôt fantomatiques, les monoplaces noir et or sont sur le fil du rasoir à cause d’un développement moins rapide que leurs rivaux.

On aurait alors pu compter sur la seconde Red Bull, pilotée par Mark Webber, pour jouer les trublions au championnat. Mais l’Australien a longtemps été perturbé en début de saison jusqu’à l’annonce de sa retraite future en fin d’année. Mais « Aussie Grit » semble plutôt engagé dans une tournée d’adieu que dans une lutte fratricide pour le championnat.

Bref, Vettel est en train de s’envoler vers un quatrième titre consécutif, et certains fans de Formule 1 commencent à trouver cette domination un peu longue. Bien sûr, l’Allemand ne démérite pas au volant et mérite tout à fait et sans conteste ses succès, et un nouveau titre s’il venait à s’offrir à lui. Mais en son temps, Michael Schumacher dominait également la discipline de fort belle manière, mais en agissant aussi comme un puissant soporifique du dimanche après-midi. A tel point que la FIA et Bernie Ecclestone usaient de tous les stratagèmes pour ralentir le septuple champion du monde, avec plus ou moins de succès selon les différents règlements imposés.

Vettel prend donc le même chemin que son ainé. Sa dernière victoire en Belgique, sur le pourtant très réputé et spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps, nous a offert un des après-midi les plus ennuyant de cette saison. On ne peut évidemment pas reprocher au pilote et à son équipe de collectionner les victoires, mais il serait grand temps que la concurrence se réveille et vienne bousculer le roi Vettel de son trône, au risque de ne plus pouvoir le déloger durant plusieurs années. En début de carrière, l’Allemand n’aimait pas qu’on le compare au Baron Rouge Schumacher, mais force est de constater que, même malgré lui, Vettel commence à lui ressembler fortement…pour meilleur et pour le pire !

 

Axel B.








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