Le faux débat sur la dangerosité en Formule 1

24 06 2015

A en croire certains observateurs, qualifiés d’avertis, et même certains acteurs, la Formule 1 ne serait pas assez dangereuse et donc moins intéressante qu’à une certaine époque… voilà une affirmation qui peut choquer, surtout après les épisodes malheureux de la fin de saison dernière et du début de celle-ci.

(c) Morio

(c) Morio

Il n’y a pas besoin de rappeler le terrible accident de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon en octobre 2014, ni celui de Fernando Alonso en début d’année à Barcelone qui l’a contraint à déclarer forfait pour la première course, afin de prouver une fois de plus que la Formule 1 est un sport suffisamment dangereux.

Aujourd’hui, le jeune pilote français se bat toujours pour sa survie, avec force et courage, à l’hôpital de Nice, entouré de sa famille qui a sûrement dû trouver ces déclarations sur la dangerosité de la Formule 1 plutôt déplacées, voire même idiotes. Fernando Alonso a eu plus de chance après un choc latéral plutôt violent qui lui aura néanmoins causé quelques soucis, heureusement passagers, de santé.

Mais le plus aberrant est de constater de qui viennent ces propos. Tout d’abord, de Niki Lauda. Le triple champion du monde autrichien a pourtant touché du doigt, et de manière violente, la dangerosité dans laquelle était plongée ce sport dans les années 70. Grièvement brûlé, donné pour mort sur la piste et portant toujours les stigmates de son accident au Nürbürgring en 1976, l’actuel directeur non-exécutif de Mercedes s’en voudrait sûrement de retrouver un de ses deux poulains dans une telle situation.

Ensuite, Kimi Raikkonen, pour qui la Formule 1 manque de piquant. Entendre ce discours d’un pilote en activité n’est guère étonnant puisque désormais, piloter une monoplace s’apparente plus à de la gestion et de l’endurance qu’à de l’utilisation du talent et de son sens de la trajectoire pour battre ses rivaux en piste.

Leur argumentation est de dissocier dangerosité et sécurité. Mais ces deux notions sont tout de même interdépendantes. Comment accentuer le danger sans pour autant négliger la sécurité ? Si plus aucun pilote n’est mort lors d’un Grand Prix de Formule 1 depuis 1994, c’est grâce à la prise de conscience des instances dirigeantes sur les manquements sécuritaires dans lesquels baignait la discipline. De nombreuses évolutions ont vu le jour depuis plus de vingt ans et il nous a été donné de voir, à plusieurs reprises, un spectacle passionnant durant cette période.

Pourtant, d’autres pilotes, de diverses générations, semblent avoir identifié les principales raisons du manque d’attrait de la Formule 1 actuelle. Max Vertstappen, 17 ans, et Jenson Button, 35 ans, souhaiteraient avoir des monoplaces avec plus d’appuis et des contraintes de pilotage plus importantes, afin d’avoir une vraie lutte en piste contre leurs adversaires. Aujourd’hui, les deux pilotes constatent bien l’impossibilité de se rapprocher de la monoplace qui les précède sans abîmer leurs pneumatiques et donc compromettre le reste de leur course.

De plus, une réglementation trop compliquée et opaque génère des confusions difficilement compréhensible à la fois pour les pilotes mais aussi pour les spectateurs et téléspectateurs. Les pénalités cristallisent bien ce problème lorsque l’on s’aperçoit qu’un pilote peut être sanctionné de 25 places sur une grille comportant seulement 20 voitures et qu’en Autriche, si Lewis Hamilton avait devancé Nico Rosberg de 3 ou 4 secondes, il aurait salué en premier le drapeau à damier mais n’aurait été que deuxième de la course à cause de sa pénalité de 5 secondes ajoutée à son temps final.

D’autres aberrations de ce genre peuvent être pointées et remplir un cahier de doléances à fournir à la FIA qui semble ne pas se rendre compte de la caducité de ses règlements. Voilà donc une piste intéressante à creuser avant d’aller chercher du danger et du sensationnel, dont les pilotes, principaux acteurs de la discipline, seront toujours les victimes. Replacer les gladiateurs au centre de l’arène et redonner de l’importance à leur talent doit être une priorité. Après tout, ce sont bien les pilotes et non pas leurs monoplaces qui montent sur les podiums…

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.





Une cascade de présentations

29 01 2015

Le mois de janvier sonne le réveil de la Formule 1, avec une cascade de présentations des nouvelles monoplaces. Si depuis quelques années, les shows luxueux ont laissé la place à des annonces plus sobres, l’excitation reste la même.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Fini le temps des fastueuses présentations de monoplaces dans des décors de plus en plus grandiloquents ! Le paroxysme atteint au milieu des années 2000 avec les palmes d’or d’originalité décernées à Jordan ou Benetton, entre autres, a laissé place à plus de sobriété de nos jours.

Depuis deux ans, Williams nous fait découvrir son nouveau millésime à travers la couverture d’un prestigieux magazine britannique spécialisé, F1 Racing, accordant donc une exclusivité remarquable à ce dernier et des économies substantielles bienvenues à l’écurie concernée. D’autres ont également fait le choix de la praticité, comme Ferrari par exemple, qui présentera sa nouvelle SF15-T en direct sur internet, comme de coutume désormais pour un certain nombre de ses concurrents.

Quoi de mieux au final que d’utiliser les nouvelles technologies comme support de présentation d’une ingénierie qui se veut à l’avant-garde ? Le logique semble tellement évidente que l’on ne saurait reprocher un certain manque de glamour à ce choix. Toutefois, l’excitation du public et des passionnés demeure la même, à l’idée de découvrir les nouvelles formes et les nouvelles livrées des monoplaces.

En réalité, il s’agit surtout des nouvelles livrées, tant les formes des monoplaces évoluent à vitesse grand V entre le mois de janvier et le mois de mars, date du premier Grand Prix de la saison. Les essais hivernaux révélant leur lot de difficultés, l’adaptabilité des équipes techniques est grande. De là, parfois, la facilité pour certaines écuries de présenter courant janvier une monoplace modèle 2014, mais sous ses nouvelles couleurs, comme l’a fait Force India la semaine dernière dans les nouvelles contrées mexicaines (qui seront d’ailleurs bientôt visitées par la Formule 1). Une rare touche d’exotisme en ce début d’année.

Restera toutefois l’excitation de connaitre la nouvelle allure des Ferrari, hideusement décevantes en 2014, ou encore le choix des nouvelles couleurs de McLaren, influencé par Honda ou un éventuel sponsor-titre. Il se murmure même qu’une révolution colorée pourrait intervenir chez la chancelante Sauber, qui pour éviter de se mettre dans le rouge pourrait choisir le bleu et jaune de son nouveau sponsor brésilien, attiré par la nouvelle recrue, Felipe Nasr.

Ces interrogations, futiles mais néanmoins excitantes, trouveront des réponses dans les jours à venir, avant que la compétition ne reprenne ses droits sur la piste, en direct des antipodes.

Axel B.





La liste de Noël de Ferrari

24 12 2014

En cette période d’achats intenses et de cadeaux de Noël, Ferrari est en train de faire son petit marché dans le monde de la Formule 1, en essayant de se restructurer pour rejoindre les sommets de la discipline, si difficiles à atteindre ces dernières années pour les rouges. Imaginons ce que pourrait être le liste de Noël de Maurizio Arrivabene…

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Si Maurizio Arrivabene, tout fraichement promu directeur sportif de la grande Scuderia Ferrari, pouvait faire une liste de Noël afin de redonner tout le lustre d’antan à son équipe, voilà ce qu’on pourrait sûrement y trouver :

– Un pilote de premier plan, multi-champion du monde et de préférence Allemand, afin de se rappeler tous les bons souvenirs de l’époque Schumacher (vœu déjà exaucé et offert par son prédécesseur, Marco Mattiacci)

– Un moteur plus puissant et plus fiable, pouvant concurrencer les Mercedes (vœu sûrement pieux pour 2015 mais peut-être envisageable en 2016…)

– Une armada de nouveaux pilotes de tests et de réserve, mais surtout pas d’Espagnol ! (Arrivabene s’est servi lui-même dans la liste des laissés pour compte en 2015 en engageant Esteban Gutierrez et Jean-Eric Vergne, abandonnés respectivement par Sauber et Toro Rosso)

– Une nouvelle monoplace millésimée 2015 de belle facture avec un design faisant pâlir ses rivales sur la piste (ce qui signifie la fin des nez en canard et autre museaux allongés, ce qui, selon les premières fuites, est en bonne voie)

– Sans être trop gourmand, quelques podiums durant l’année et peut-être une victoire opportuniste en fin de saison pour poser les bases du grand retour de Ferrari en 2016 (pas impossible et puisque c’est Noël, pourquoi ne pas croire en cette belle histoire ?)

– Et enfin, un repas avec Michael Schumacher et Jules Bianchi, qui font partie de la famille Ferrari et qui nous ont terriblement manqués une grande partie de l’année…

Attendons maintenant de voir comment la saison 2015 de Formule 1 va évoluer avant de se prononcer sur un possible retour aux avant-postes de la Scuderia Ferrari. La restructuration en marche va être lourde à digérer et la patience sera le maître-mot de la saison. La redoutable association de McLaren et Honda avec l’impressionnant duo de pilotes composé de Fernando Alonso et Jenson Button, les intouchables Mercedes de Lewis Hamilton et du revanchard Nico Rosberg et la folie douce des Red Bull aux mains des deux jeunes ogres Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, seront tous là pour truster les sommets des classements.

Axel B.





Lewis Hamilton, futur roi d’Angleterre de la Formule 1

26 11 2014

Lewis Hamilton est double champion du monde de Formule 1. Un fait plutôt rare pour un pilote anglais puisqu’avant lui, seul Graham Hill avait réussi à coiffer deux fois la couronne mondiale.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Il est coutume de dire que le sport automobile, et plus particulièrement la Formule 1, puise ses racines sur le sol anglais. Aujourd’hui, la majorité des écuries engagées dans le championnat du monde ont leur base en Grande Bretagne et de tout temps, des pilotes de sa Royale Majesté ont concouru en piste.

Mais au final, dans le palmarès mondial, il y a eu très peu de champion du monde anglais. Le premier a bien entendu été Mike Hawthorn en 1958. Le classieux pilote originaire du nord de l’Angleterre n’aura cependant pas eu le temps de savourer ni de défendre son titre car il trouvera la mort lors d’un banal accident de la route en 1959.

Ce premier sacre anglais ouvrira la porte au gentleman Graham Hill qui imposera son style tout en douceur pour remporter deux titres mondiaux en 1962 et 1968. La longue carrière de Graham aura sûrement donné des idées à son fils, Damon, qui sera lui aussi titré en 1996 au volant de sa Williams, devenant ainsi le premier fils de champion à être couronné.

Entre temps, il ne faudra pas oublier James Hunt, qui sortira vainqueur d’un duel épique avec Niki Lauda en 1976 formidablement retracé dans le film Rush sorti l’an dernier, ni le besogneux Nigel Mansell qui coiffera enfin la couronne sur une Williams dominatrice en 1992 après plusieurs autres tentatives ratées et Jenson Button, autre gentleman titré en 2009.

En étant sacré en 2008, puis cette année donc, Lewis Hamilton entre dans l’histoire anglaise de la Formule 1 et rejoint Graham Hill au rang des double-champions du monde. Mais l’histoire ne va sûrement pas s’arrêter là puisque du haut de ses 29 ans, Hamilton a encore largement le temps d’étoffer un palmarès déjà impressionnant : 33 victoires, 38 pole positions et 20 meilleurs tours le placent déjà en haut des feuilles de records de la discipline.

Le néo double champion du monde est véritablement un pilote passionnant à suivre, tant dans l’évolution de son pilotage que dans son comportement. Cette année 2014 l’aura vu progresser de manière fantastique au volant d’une monoplace dominatrice.

Son style de pilotage, d’ordinaire très agressif, s’est amélioré pour atteindre une courbe de perfection qui lui a permis de gérer au mieux les deux éléments majeurs de cette nouvelle ère dans laquelle la Formule 1 est entrée, à savoir la gestion des pneumatiques et du carburant. Durant l’année, Lewis a souvent été parmi les pilotes les moins gourmands en carburant et il est parvenu, non sans mal, a refréner ses instincts d’attaquant pour pouvoir amener ses trains de pneumatiques aux objectifs fixés par ses ingénieurs.

D’un point de vue plus personnel, le comportement de l’Anglais a également évolué tout au long de la saison avec un paroxysme atteint lors du Grand Prix de Monaco en mai dernier. Ses réactions souvent impulsives ont été exacerbées lors de ce week-end par le geste de Nico Rosberg lors des qualifications. Montré du doigt et critiqué par son équipe et par les observateurs pour son comportement lors de cet incident, Hamilton en a tiré des leçons décisives qui lui ont permis d’aborder le reste de la saison avec un état d’esprit parfaitement calibré pour la course au titre. En voulant provoquer son rival sur le plan psychologique, Nico Rosberg a peut être finalement avantagé celui-ci.

La saison de Lewis Hamilton a été une lutte sans relâche contre lui même et contre son meilleur ennemi, Nico Rosberg. Sortir vainqueur de ce duel aura sans aucun doute renforcé l’Anglais dans sa conviction que son destin est tracé pour faire de lui une des légendes de la Formule 1.

Axel B.








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