Belgique 2009 : L’inattendu duel entre Kimi Raikkonen et Giancarlo Fisichella

14 08 2015

Le Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps nous a toujours offert un spectacle digne des plus grandes courses de la Formule 1. L’édition 2009 n’a pas failli à cette règle avec une pole position et un podium de Giancarlo Fisichella au volant une étonnante Force India, et la résurrection inattendue d’une certain Kimi Raikkonen.

(c) Bridgestone

(c) Bridgestone

La saison 2009 de Formule 1 a été en tout point particulière. Profitant de l’aubaine d’une meilleure interprétation de la réglementation concernant les diffuseurs, quelques équipes dominent par surprise le début de saison. Parmi elles, les Williams, Toyota et Brawn GP.

Cette dernière, construite sur les cendres de l’équipe Honda qui a décidé au dernier moment de stopper son investissement en Formule 1, capitalisera suffisamment bien sur son début de saison tonitruant pour remporter les deux titres, pilotes et constructeurs, avec le Britannique Jenson Button, avant d’être rachetée par la motoriste Mercedes qui en fera son écurie éponyme, avec le succès que l’on connait aujourd’hui.

Mais en 2009, les écuries historiques telles que McLaren ou Ferrari, qui avaient pourtant été les fers de lance du championnat les années précédentes, étaient en difficultés depuis le début de la saison face à une concurrence, il faut bien l’avouer, plus maline qu’elles. Ferrari, plus particulièrement, allait vivre une saison noire avec comme point culminant dans sa détresse le grave accident de Felipe Massa lors du Grand Prix de Hongrie, qui allait le tenir éloigné de sa monoplace pour le restant de l’année.

C’est donc dans une ambiance morose que se présentait la Scuderia pour les Grands Prix suivants, à Valence et en Belgique. Luca Badoer, remplaçant au pied levé du petit brésilien, n’était clairement pas à la hauteur. Kimi Raikkonen, qui allait raccrocher momentanément son casque à la fin de la saison, ne se sentait plus vraiment concerné par la situation.

Mais la piste de Spa-Francorchamps, comme cela avait été le cas auparavant avec Michael Shumacher, était la favorite du Finlandais. Avant cette édition 2009, il y totalisait déjà trois victoires. Ce week-end d’août, comme d’habitude, le taciturne finnois ne semblait pas plus à l’aise que depuis le début de la saison. Une cinquième place aux qualifications venait conforter son état. D’autant plus qu’un étonnant Giancarlo Fisichella sur une non moins étonnante Force India avait créé la surprise en subtilisant au nez et à la barbe des favoris la pole position.

Un premier tour chaotique propulse Raikkonen à la deuxième place derrière Fisichella qui a réussi à conserver son avantage. Plusieurs cadors comme Lewis Hamilton et Jenson Button ne passent pas le premier virage des Combes et la voiture de sécurité entre alors en piste. Lorsqu’elle s’efface, la Ferrari du pilote finlandais profite de son KERS pour dépasser la Force India de l’Italien. Ce dernier, malgré une course d’attaque qui le verra se rapprocher à moins d’une seconde de son rival, n’arrivera plus à reprendre la première place et se contentera de fêter dignement le premier podium de l’histoire de son équipe. Kimi Raikkonen, quant à lui, sauve là sa saison et celle de Ferrari, et peut quitter, momentanément, la Formule 1 par la grande porte au soir du dernier Grand Prix de la saison.

Pour la petite histoire, personne ne le sait encore au soir de la manche belge, mais les deux protagonistes de cette course se retrouveront équipiers le Grand prix suivant, en Italie. En effet, après de piètres performances, Luca Badoer sera remercié par la Scuderia qui décidera d’embaucher Fisichella, sûrement aussi grâce à sa magnifique performance sur la piste de Spa-Francorchamps.

Si le Romain saisit là une opportunité qui ne se refuse pas pour tout Italien, il terminera néanmoins sa carrière en Formule 1 paré de rouge, mais sans marquer le moindre point au volant d’une F60 rétive. Mais Ferrari sait aussi se montrer généreuse puisqu’à ce jour, Fisichella fait toujours partie de la maison italienne et court avec succès en Endurance sous le blason du cheval cabré tandis que que Raikkonen a fait son retour au sein de la Scuderia en 2014.

Axel B.





1994-2015 : D’Ayrton Senna à Jules Bianchi, 21 ans de miracles

7 08 2015

Vingt et une années se sont passées entre les deux drames qui ont enlevé la vie à Ayrton Senna et Jules Bianchi. Durant cette période, la Formule 1 a fait des progrès importants en termes de sécurité. Certains pilotes ont néanmoins eu beaucoup de chance de sortir indemnes d’accidents spectaculaires.

(c) Pirelli

(c) Pirelli

La Formule 1 aurait voulu que le week-end noir vécu à Imola en 1994 soit le dernier. Pourtant, le décès de Jules Bianchi le 17 juillet 2015 des suites de son accident au Grand Prix du Japon en octobre 2014, a réveillé toutes les consciences sur la dangerosité inhérente au sport automobile.

Depuis ce triste 1er mai 1994, la discipline a pourtant déjà frôlé la catastrophe à de maintes reprises, mais sans déplorer d’issus fatales. Des miracles, pris pour autant d’avertissements qui ne pouvaient cependant influencer l’inévitable.

Quelques jours après les doubles sortis de piste meurtrière de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, c’est un autre Autrichien qui a frôlé la mort sur la périlleuse piste de Monaco. Karl Wendlinger perd le contrôle de sa Sauber à la sortie du tunnel et frappe violemment le mur, lui causant un grave traumatisme crânien qui le plongera de longs jours dans le coma. Il s’en sortira miraculeusement sans séquelles et continuera normalement sa carrière en sport automobile. En 2003, Jenson Button sortira au même endroit durant les essais au volant de sa BAR-Honda, mais sans aucun dommage, même s’il devra renoncer à la course pour raison de sécurité.

En 1996, lors du Grand Prix inaugural an Australie sur la toute nouvelle piste de Melbourne, le départ est mouvementé. A tel point que Martin Brundle perd le contrôle de sa Jordan à moteur Peugeot et s’envole sur la Sauber de Johnny Herber. Le vétéran fait plusieurs tonneaux mais sort lui-même de sa monoplace pour prendre le second départ.

Un an plus tard, en 1997, sur le circuit Gilles Villeneuve dans le cadre du Grand Prix du Canada, une embardée effroyable de la Ligier d’Olivier Panis mettra un terme à son magnifique début de saison et enverra le pilote français à l’hôpital avec les deux jambes fracturées. Il en sera de même pour Michael Schumacher, deux ans plus tard, après son tout droit dans la première courbe du circuit de Silverstone qui le privera d’un possible titre mondial en fin de saison et le gratifiera d’un repos forcé de plusieurs Grands Prix pour soigner sa jambe cassée.

En 2008, c’est un Heikki Kovalainen chanceux au volant de sa McLaren qui sortira indemne d’une sortie de piste violente dans les murs de pneus lors du Grand Prix d’Espagne. Le Finlandais, choqué mais sain et sauf, n’aura aucun souvenir de son accident. Il sera, en outre, le spectateur, deux ans plus tard, de l’envol de la Red Bull de Mark Webber sur l’arrière de sa Caterham sur le circuit urbain de Valence. Après un vol plané de plusieurs mètres, l’Australien échoue dans une échappatoire, indemne. Encore un miracle.

Il y a également deux accidents qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Celui de Luciano Burti tout d’abord, lors du Grand Prix de Belgique 2001. Le pilote brésilien se voit couper la route par la Jaguar d’Eddie Irvine et file tout droit au volant de sa Prost, à une vitesse folle, dans les pneus qui bordent la piste. Son casque, fortement endommagé lors du choc, lui a sauvé la vie. Une commotion cérébrale et 48 heures de coma sont des moindres maux aux vues de la violence du choc.

Cet accident rappelle aussi celui de Felipe Massa lors du Grand Prix de Hongrie 2009. Le pilote brésilien reçoit un élément de suspension dans le casque de la monoplace qui le précède et perd connaissance. Il fonce à toute allure dans le mur et va s’encastrer dans les pneus. Après une opération périlleuse de la boite crânienne et une longue période de repos, Massa a repris le cours normal de sa carrière et pilote aujourd’hui une Williams avec le succès que l’on connaît.

En ce 5 octobre 2014, cette série de miracle a pris fin. Cela serait mal connaître le sport automobile de vouloir que l’accident de Jules Bianchi soit le dernier. Le danger en fait partie et tous les pilotes le savent. Ils essayent simplement de l’oublier et en reprennent conscience au moment où les drames les rattrapent.

Axel B.





Entre grand spectacle et intense émotion en Hongrie

31 07 2015

Tous les ingrédients qui font de la Formule 1 un sport excitant étaient présents sur la piste du Hungaroring le week-end dernier. Une victoire surprise de Sebastian Vettel et Ferrari, des accrochages et sorties de piste à profusion et sans gravité et, bien sûr, beaucoup d’émotions aussi.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Ce Grand Prix de Hongrie était placé sous le signe du souvenir et de l’émotion, juste une semaine après le décès de Jules Bianchi des suites de ses blessures consécutives à sa sortie de piste au Grand Prix du Japon 2014.

Si l’émotion était bien présente sur la grille de départ, avant le grand rush vers le premier virage, les pilotes, qui ont rendu un hommage poignant à Jules, tous réunis comme un seul homme autour de leur casque et de celui du Français, la course a vraiment repris ses droit une fois les visières baissées.

Dès le départ, on a compris que la course que nous allions vivre allait être spectaculaire. Un Lewis Hamilton, comme scotché sur son emplacement, se faisait déborder par les deux Ferrari, un peu à l’image du départ canon des deux Williams lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Si le double champion du monde en titre a estimé après la course que son départ n’avait pas été si mauvais que cela, il va falloir que Mercedes revoie ses références en la matière. D’autant plus qu’à cause de cet élan raté, la lutte fratricide entre Hamilton et Rosberg a bien failli refaire surface au détour d’un virage…

Ferrari, quant à elle, semblait filer vers un doublé plutôt aisément mais le chat noir coincé dans la monoplace de Kimi Raikkonen a choisi de ronronner pour empêcher le Finlandais de filer vers le podium. Plus loin dans le peloton, les habituels pourvoyeurs de carbone, à savoir, entres autres, Sergio Perez et Pastor Maldonado commençaient leur entreprise en semant ça et là des morceaux de leurs monoplaces respectives après des contacts virils.

Nico Hulkenberg, las de se sentir dans l’ombre en Formule 1 après sa prestigieuse victoire au 24 Heures du Mans cette année, décida alors de se rappeler au bon souvenir de tous en perdant son aileron avant et en allant s’encastrer dans le mur de pneumatiques en bout de ligne droite. La mise en place de la voiture de sécurité virtuelle rapidement inutile, la véritable safety car fit alors son entrée, réduisant à néant l’impressionnante avance de Vettel sur ses poursuivants.

La fin de course fût encore plus chaotique avec un festival d’accrochages et de crevaisons. Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo puis Nico Rosberg en furent les victimes et au milieu de ce champ de guerre, des combattants inespérés apparaissaient comme par miracle dans les dix premiers.

C’est ainsi que, comme un épilogue joyeux à cette course pleine de vie et de rebondissements, on retrouva deux McLaren dans les points, un Max Verstappen au pied du podium, ce dernier occupé par les deux Red Bull dont Daniil Kvyat qui signe là son meilleur résultat en Formule 1 et par là même le meilleur résultat d’un Russe dans la discipline.

Jules Bianchi aurait adoré cette course, c’est à n’en point douter. Il y aurait même sûrement marqué quelques points. La Formule 1 n’aurait pu lui rendre plus bel hommage.

Axel B.





Le faux débat sur la dangerosité en Formule 1

24 06 2015

A en croire certains observateurs, qualifiés d’avertis, et même certains acteurs, la Formule 1 ne serait pas assez dangereuse et donc moins intéressante qu’à une certaine époque… voilà une affirmation qui peut choquer, surtout après les épisodes malheureux de la fin de saison dernière et du début de celle-ci.

(c) Morio

(c) Morio

Il n’y a pas besoin de rappeler le terrible accident de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon en octobre 2014, ni celui de Fernando Alonso en début d’année à Barcelone qui l’a contraint à déclarer forfait pour la première course, afin de prouver une fois de plus que la Formule 1 est un sport suffisamment dangereux.

Aujourd’hui, le jeune pilote français se bat toujours pour sa survie, avec force et courage, à l’hôpital de Nice, entouré de sa famille qui a sûrement dû trouver ces déclarations sur la dangerosité de la Formule 1 plutôt déplacées, voire même idiotes. Fernando Alonso a eu plus de chance après un choc latéral plutôt violent qui lui aura néanmoins causé quelques soucis, heureusement passagers, de santé.

Mais le plus aberrant est de constater de qui viennent ces propos. Tout d’abord, de Niki Lauda. Le triple champion du monde autrichien a pourtant touché du doigt, et de manière violente, la dangerosité dans laquelle était plongée ce sport dans les années 70. Grièvement brûlé, donné pour mort sur la piste et portant toujours les stigmates de son accident au Nürbürgring en 1976, l’actuel directeur non-exécutif de Mercedes s’en voudrait sûrement de retrouver un de ses deux poulains dans une telle situation.

Ensuite, Kimi Raikkonen, pour qui la Formule 1 manque de piquant. Entendre ce discours d’un pilote en activité n’est guère étonnant puisque désormais, piloter une monoplace s’apparente plus à de la gestion et de l’endurance qu’à de l’utilisation du talent et de son sens de la trajectoire pour battre ses rivaux en piste.

Leur argumentation est de dissocier dangerosité et sécurité. Mais ces deux notions sont tout de même interdépendantes. Comment accentuer le danger sans pour autant négliger la sécurité ? Si plus aucun pilote n’est mort lors d’un Grand Prix de Formule 1 depuis 1994, c’est grâce à la prise de conscience des instances dirigeantes sur les manquements sécuritaires dans lesquels baignait la discipline. De nombreuses évolutions ont vu le jour depuis plus de vingt ans et il nous a été donné de voir, à plusieurs reprises, un spectacle passionnant durant cette période.

Pourtant, d’autres pilotes, de diverses générations, semblent avoir identifié les principales raisons du manque d’attrait de la Formule 1 actuelle. Max Vertstappen, 17 ans, et Jenson Button, 35 ans, souhaiteraient avoir des monoplaces avec plus d’appuis et des contraintes de pilotage plus importantes, afin d’avoir une vraie lutte en piste contre leurs adversaires. Aujourd’hui, les deux pilotes constatent bien l’impossibilité de se rapprocher de la monoplace qui les précède sans abîmer leurs pneumatiques et donc compromettre le reste de leur course.

De plus, une réglementation trop compliquée et opaque génère des confusions difficilement compréhensible à la fois pour les pilotes mais aussi pour les spectateurs et téléspectateurs. Les pénalités cristallisent bien ce problème lorsque l’on s’aperçoit qu’un pilote peut être sanctionné de 25 places sur une grille comportant seulement 20 voitures et qu’en Autriche, si Lewis Hamilton avait devancé Nico Rosberg de 3 ou 4 secondes, il aurait salué en premier le drapeau à damier mais n’aurait été que deuxième de la course à cause de sa pénalité de 5 secondes ajoutée à son temps final.

D’autres aberrations de ce genre peuvent être pointées et remplir un cahier de doléances à fournir à la FIA qui semble ne pas se rendre compte de la caducité de ses règlements. Voilà donc une piste intéressante à creuser avant d’aller chercher du danger et du sensationnel, dont les pilotes, principaux acteurs de la discipline, seront toujours les victimes. Replacer les gladiateurs au centre de l’arène et redonner de l’importance à leur talent doit être une priorité. Après tout, ce sont bien les pilotes et non pas leurs monoplaces qui montent sur les podiums…

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.








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