Webber et Vettel : Une histoire tumultueuse à la sauce Red Bull

1 07 2015

Dans un documentaire pour une chaine de télévision Australienne, Mark Webber est revenu sur sa relation avec Sebastian Vettel au sein de l’équipe Red Bull. Des révélations passionnantes mettant en avant la vraie nature des sportifs de haut niveau qui se battent pour un même but : la victoire.

(c) Gepa

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Ces derniers jours, Mark Webber s’est confié sur sa fin de carrière en Formule 1 et sur son passage chez Red Bull, écurie au sein de laquelle il a côtoyé le quadruple champion du monde Sebastian Vettel.

Si les deux hommes tentaient, tant bien que mal, de se respecter en piste, leur relation en dehors était bien plus compliquée. Lors d’un documentaire, diffusé récemment sur la chaine de télévision australienne ABC, Mark Webber a parfaitement résumé l’état des relations avec le champion allemand lors de leur cohabitation : « Il [Vettel] a juste dit qu’il avait un énorme respect pour moi en tant que pilote, mais pas tellement en tant que personne, de sorte que cela a vraiment affecté notre relation. »

Voilà donc comment deux coéquipiers, qui chassent le même but, c’est à dire le titre de champion du monde, et qui doivent aussi travailler ensemble pour permettre à leur équipe de remporter le titre constructeur, peuvent être impactés par une relation difficile.

Dans l’histoire de la Formule 1, il existe de nombreux autres cas similaires. On peut penser bien entendu au duel entre Alain Prost et Ayrton Senna ou encore au duo de choc que représentait Nelson Piquet et Nigel Mansell. A une époque où la discipline était au paroxysme de sa dangerosité, ce genre de lutte fratricide pouvait également prendre une tournure dramatique, comme en 1982 avec le clash opposant Didier Pironi et Gilles Villeneuve. Ce dernier s’aventura à dépasser les limites lors d’une séance de qualifications ; il trouva la mort à la sortie d’un virage. La brouille entre les deux hommes, pour une histoire de pacte non respecté, aura été fatale au pilote canadien.

Entre Mark Webber et Sebastian Vettel, les choses auraient également pu très mal tourner en piste, notamment lors du Grand Prix de Turquie en 2010. L’accrochage inévitable entre les deux hommes qui se disputaient la victoire, a marqué le début de leur relation tumultueuse. La manager de l’Australien, Ann Lean, se souvient encore de cet épisode : « Je pense que 99,9 % de la population qui regardait alors la course savait que Sebastian était en faute. Le reste, dont l’équipe, a blâmé Mark, et j’en étais absolument stupéfiée. Les problèmes ont commencé à venir à cause de cette mauvaise gestion de l’équipe, qui laissait passer des choses comme ça à Vettel. »

Le nœud du problème semblait donc venir d’un traitement préférentiel de l’équipe pour Sebastian Vettel, pur produit de la maison Red Bull et qui, selon Webber, avait un caractère plus lisse et plus malléable :«  Ils [Red Bull] étaient très désireux de garder Vettel, car encore une fois, j’étais un vieux chien, j’étais le gars qui était censé être un peu usé. »

Malgré tout, l’Australien était sûrement au sommet de son art en 2010, et ce favoritisme l’agaçait au plus haut point, surtout lorsqu’il arrivait à prouver toute sa valeur en piste comme après sa double victoire lors des Grands Prix d’Espagne et de Monaco cette année là, juste avant cette fameuse course en Turquie : « Je viens de gagner les deux précédents Grands Prix, du début à la fin, et puis un nouvel aileron arrière arrive et passe de l’autre côté du garage. » Un favoritisme également constaté par Ann Neal : « Nous avions l’impression que Sebastian n’était pas heureux avec la manière dont les choses se passaient, ce vieil Australien le battait et ce n’était pas vraiment la façon dont c’était censé se passer. Ils [Red Bull] laissaient ces gars se taper dessus entre eux et une grande partie du temps le but était de se détacher de Mark. Même s’il était en tête du championnat, qu’il gagnait des courses, le but était de mettre Mark hors course et de faire revenir Sebastian dans la bataille. »

Bien entendu, quelques années plus tard, en 2013, l’affaire du Multi 21 lors du Grand Prix de Malaisie, n’est pas venue arranger les choses. Webber se souvient très bien de son sentiment à cette époque : « L’équipe, après le Multi 21, a été très déçue, il n’y a aucun doute à ce sujet. Ils ne pouvaient pas nous traiter comme cela sur la piste, ce ne devait pas se passer comme cela. J’étais furieux contre Seb, un peu. Mais l’ensemble du scénario était juste : « Comment avons-nous pu nous retrouver dans cette position?  » Il y a eu une conférence de presse assez brutale après la course et sur le podium. Nous sommes arrivés au pied du podium et il [Vettel] est venu me dire : « Nous devons parler, j’ai merdé, j’ai vraiment merdé ». Je lui ai répondu que nous allions parler, la semaine d’après. »

Mais les choses ne se sont pas vraiment déroulée comme l’Australien pouvait s’y attendre. Le changement d’attitude de Vettel a réellement surpris et déçu Webber, comme il l’explique lui-même : « Je ne sais pas qui lui a parlé entre la Malaisie et la Chine, mais nous avons eu une discussion en Chine et cela ne s’est pas très bien passé. À l’époque, on pouvait à peine supporter la vue de l’autre. Red Bull devait faire quelque chose, donc je les ai aidés dans leur décision, et je suis parti. »

Depuis, les deux hommes se sont revus et ont réussi à tenir une conversation courtoise et apaisée : « La salle des trophées de Seb est plus remplie que la mienne. Mais, je ne suis pas jaloux de lui et de tout de ce qu’il a accompli et ce qu’il a eu. Le temps est un guérisseur, quelques verres de vin rouge par-ci par-là et, les rancunes s’en iront. Seb et moi nous nous entendons assez bien désormais, nous avons eu une bonne discussion à Monaco, nous avons rattrapé le temps perdu. Il est intéressant de voir comment il voyait les choses de son point de vue et comment je les voyais. Évidemment, nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre. Nous avons tous les deux regardé en arrière et avons dit que nous ferions les choses différemment. »

Une nouvelle histoire qui prouve que, malgré tout le respect que peuvent se porter deux hommes, l’ivresse de la victoire et l’adrénaline que procure une lutte au plus haut sommet, peut amener à changer des comportements et à rendre une relation plus instable que ce qu’elle ne devrait être.

Axel B.





La fin de l’innocence d’une génération

29 10 2014

L’accident de Jules Bianchi est venu marquer durablement la Formule 1 et ses acteurs. Si jusqu’à là, les pilotes de cette génération n’avaient jamais été confrontés à un tel drame, la réalité leur a brutalement sauté aux yeux.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Le 30 avril et le 1er mai 1994, la Formule 1 vivait deux des jours les plus sombres de son histoire. Avec les décès brutaux de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, toute une génération de pilotes a été directement confrontée à la dangerosité de son sport. De cette époque, plus aucun homme n’est encore en activité sur les grilles de départ cette saison. Michael Schumacher ayant été le dernier de cette génération marquée au fer rouge à participer à un Grand Prix, c’était en 2012.

Vingt ans après, une certaine innocence et légèreté flottaient dans les paddocks. Les instances dirigeantes et de nombreux pilotes s’étaient battus pour rendre cette discipline la plus sûre possible, à tel point que même des accidents graves et spectaculaires comme ceux de Robert Kubica au Canada en 2007 ou de Felipe Massa en Hongrie en 2009, faisaient office de miracles évidents aux yeux des participants et des spectateurs.

Les pilotes cependant n’ont jamais oublié l’aspect dangereux de la course automobile, mais ils avaient peut être un peu tendance à le mettre de côté pensant, à tort ou raison, que la fatalité ne pourrait pas les toucher. Une génération innocente et presque naïve…

Mais finalement, des dizaines de pilotes ont eu une carrière pléthorique avec un nombre de Grands Prix important, sans connaitre de drames. Des compétiteurs comme Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Ralf Schumacher, Nick Heidfeld, Juan Pablo Montoya ou encore Mark Webber ont fait toute leur carrière avec le spectre de la dangerosité sur leur tête mais sans, avec bonheur, le toucher violemment du doigt.

Désormais, la vingtaine de pilote de cette saison 2014 sera profondément marquée par cette terrible journée du 05 octobre, qui aura vu un de leur collègue lutter pour la vie au prix de leur passion commune, comme l’a été la génération de 1994.

D’ailleurs, tout au long de sa carrière en Formule 1, Michael Schumacher, par exemple, a toujours couru en ayant à l’esprit de ce dur moment du 1er mai 1994, comme l’ont prouvé ses larmes en Italie lors d’une conférence de presse après sa 41ème victoire qui faisait de lui l’égal d’Ayrton Senna dans le palmarès de la Formule 1.

Une génération à jamais marquée mais qui devra être le moteur d’une réaction sécuritaire évidemment nécessaire pour faire en sorte que chaque accident de ce type serve au moins à quelque chose. D’abord à faire réagir l’inconscient collectif sur la prise de conscience perpétuelle de la dangerosité du sport automobile et ensuite à amener une réflexion sur les normes de sécurité qui doivent toujours être remise en question pour qu’à l’avenir, l’accident de Jules Bianchi, dont on ne pensait naïvement qu’il ne pouvait pas arriver, ne se reproduise plus. Et ce, quelque en soit l’issue pour le jeune pilote français.

Axel B.





Ricciardo croque la F1 à pleines dents et redonne le sourire à Red Bull

1 08 2014

Il peut sourire, Daniel Ricciardo, car cette saison s’offre à lui comme un cadeau. Mais il serait faux de croire que seuls la chance ou l’opportunisme sont la base des résultats de l’Australien cette année. L’actuel troisième homme du championnat a prouvé sur la piste qu’il mérite largement son moment de gloire.

 

(c) Getty

(c) Getty

Jusque là, le parcours de Daniel Ricciardo en sport automobile est plutôt classique. Victorieux dans toutes les disciplines auxquelles il a participé avant d’accéder à la Formule 1, le pilote australien n’a cependant remporté qu’un seul titre de Formule Renault en 2008.

Couvé par Red Bull qui a vu en lui un potentiel énorme dès son plus jeune âge, Ricciardo a réussi à se faire une place de choix en Formule 1 en restant humble et en travaillant dans la bonne direction. Il a tout d’abord accepter de faire ses armes dans la modeste équipe HRT en 2011, apprenant le métier en fond de grille tout en essayant de terminer devant son expérimenté équipier, ancien transfuge de la maison Red Bull lui aussi, Vitantonio Liuzzi.

Une fois cette mission accomplie, Daniel a eu le droit de rejoindre la petite sœur Toro Rosso pour prouver son talent. On connait l’exigence des dirigeants autrichiens, Helmut Marko en tête, et la pression qui est mise sur les jeunes pilotes pour prouver leur valeur. La filière Red Bull est impardonnable et intransigeante, mais l’Australien, grâce à son calme, son retour technique excellent et sa rapidité, a su se faire remarquer au point de devenir le prétendant logique au remplacement de Mark Webber chez Red Bull cette année.

Peu de monde lui accordait en début de saison la qualité d’égaler, et encore moins de dominer, Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre et muse du taureau rouge. Mais pendant que l’Allemand se lamentait sur la nouvelle réglementation de la discipline et vociférait envers une monoplace rétive qui ne lui convenait pas, l’Australien habillé de son sourire légendaire et de sa bonne humeur communicative, se chargeait d’apporter un peu de légèreté au sein d’une équipe dans la tourmente.

Ricciardo n’a pas été épargné par les déconvenues en début de saison : une disqualification en Australie, une roue mal serrée en Malaisie auraient pu le condamner à la déception ou au moins entamer sa confiance. Mais il s’est au contraire servi de ces événements pour rebondir encore plus fort et montrer à son équipe qu’elle pouvait compter sur lui. Intrinsèquement plus rapide que Vettel au volant de la RB10, il est devenu un habitué du podium, allant même jusqu’à remporter sa première victoire au Canada, en profitant certes des déconvenues de ses rivaux, mais en réalisant également une course intelligente et d’attaque.

Sa récente victoire en Hongrie peut également avoir un léger goût d’opportunisme, mais ses somptueux dépassements sur Lewis Hamilton en fin de course et celui sur Alonso dans les derniers tours prouvent la qualité de son pilotage. Et ce n’est pas la première fois qu’il le démontre. En Allemagne, son coup de volant génial lui a valu les félicitations et l’admiration de ses pairs, et pas des moindres, puisque Fernando Alonso, entre autre, s’est extasié de sa dextérité. Après ses deux victoires, il ne lui manque peut être plus qu’une pole position pour mettre tout le monde d’accord !

 

Pas sûr que ses rivaux continuent de l’admirer s’il continue à gravir ainsi les échelons qui le mènent vers d’autres probables victoires et, pourquoi pas, une future lutte pour le titre. Le chemin est encore long, et on sait également qu’en Formule 1, il faut se trouver au bon endroit au bon moment pour avoir toutes les chances de son côté. Mais Daniel Ricciardo semble déjà sur la bonne route pour mettre tous ces éléments de son côté.

 

Axel B.





Red Bull donne bien des ailes !

11 06 2014

Ils ne sont pas beaucoup de pilotes issus de la filière Red Bull, à gagner des Grands Prix dans l’écurie mère du taureau rouge. Les deux seuls pilotes à qui cette confiance a été accordée, à savoir Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo, ont su se montrer digne de cette promotion.

Licence Creative Commons / Emperornie

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Si la victoire à Montréal, dimanche dernier, de Daniel Ricciardo a avant tout apporté un vent de fraicheur et de sympathie à cette saison 2014, elle a surtout souligné la réussite insolente de la filière de jeunes pilotes montée par Red Bull depuis plusieurs années.
Avant même son implication dans la gestion d’écuries, Dietrich Mateschitz, a toujours été présent en sport automobile et plus particulièrement en Formule 1. Tout d’abord en tant que sponsor, notamment des écuries Sauber ou Arrows dans les années 90 et 2000, mais également en tant qu’accompagnateur de jeunes talents dans les diverses disciplines.
Mais le magnat autrichien n’aura pas trouvé son quadruple champion du monde du premier coup. Il a commencé à soutenir des pilotes qui ne sont pas tous parvenus au grand destin que Mateschitz leurs vouait. Les Enrique Bernoldi, Christian Klein, Patrick Friesacher ou Robert Doorbnos n’ont jamais concrétisé les espoirs placés en eux et ont quitté la Formule 1 aussi rapidement que ce qu’ils y étaient arrivés.
Finalement, le patron de Red Bull a estimé qu’il serait bien plus fructueux de faire courir ses pilotes sous les couleurs de sa propres écurie, un avantage à la fois commercial et sportif. Et au fur et à mesure des saisons, son intuition s’est avérée payante. Il n’aura fallu que trois saisons à Toro Rosso pour révéler le bijou Sebastian Vettel qui se verra offrir l’opportunité de rejoindre la grande sœur Red Bull, active dans le championnat depuis quatre ans et largement dégrossie par des pilotes d’expérience comme David Coulthard et Mark Webber.
La suite, tout le monde la connait. Vettel et Red Bull ont enchainé les succès et les titres jusqu’à devenir la référence des quatre dernières saisons en Formule 1. Pendant ce temps, Toro Rosso s’est aguerrie dans son rôle de formatrice de jeunes pilotes Red Bull pour faire éclore de nouveau talents à l’image de Daniel Ricciardo qui marche désormais sur les traces de son illustre ainé quadruple champion du monde.
Si la filière Red Bull a connu quelques ratés avec des pilotes comme Sébastien Buémi ou Jaime Alguersuari, la victoire de Daniel Ricciardo à Montréal est la meilleure preuve de la réussite de l’ambition de Mateschitz. Lui et son homme de confiance, Helmut Marko, ne se sont pour l’instant pas encore trompé au moment de titulariser un pilote issu de leur filière au sein de l’écurie championne du monde. Sebastian Vettel a rapidement dépassé toutes les attente et Daniel Ricciardo est en train d’impressionner son monde en ayant déjà remporté une victoire après seulement sept Grands Prix au volant d’une Red Bull.
Sa précocité n’est pas sans rappeler celle du champion allemand qui avait remporté sa première victoire avec Red Bull lors de sa troisième participation, en Chine, en 2009. L’Australien est même sur le point d’éclipser son illustre équipier, qui ne pouvait faire que contre mauvaise fortune bon cœur sur le podium du Grand Prix du Canada, sûrement déjà nostalgique de sa période de succès intense.

Au final, le vrai vainqueur de cette belle histoire est bien Dietrich Mateschitz qui voit son projet de formation et d’investissement aboutir à ses objectifs. A n’en pas douter, cette réussite donne aussi des ailes et des idées aux suivants sur la liste qui pourraient être Jean-Eric Vergne, Daniil Kvyat, Carlos Sainz Jr ou encore Antonio Felix da Costa.

Axel B.





Ricciardo peut-il battre Vettel chez Red Bull ?

8 02 2014

Daniel Ricciardo fera ses débuts chez Red Bull sur ses terres, en Australie. Un contexte favorable pour le tout nouvel équipier du quadruple champion du monde Sebastian Vettel. L’Allemand, intouchable l’année dernière pourra-t-il être menacé par l’Australien en 2014 ?

(c)  Fan F1

(c) Fan F1

Les duels que nous offrent les pilotes d’une même équipe sont souvent passionnants à regarder. Cette année, outre la rivalité entre Fernando Alonso et Kimi Raïkkönen chez Ferrari, il sera très intéressant de se pencher sur celle que nous offre Red Bull avec l’arrivée du jeune Daniel Ricciardo aux côtés du déjà vétéran Sebastian Vettel.

En fait, seulement deux ans séparent les deux hommes. Mais l’Allemand a battu de tels records de précocité que la comparaison s’avère déjà difficile entre eux. Pourtant, le parcours de l’Australien n’est pas honteux. Il a su séduire les grands pontes de Red Bull, Helmut Marko en tête, qui lui ont donné sa chance d’abord chez HRT, puis ensuite chez Toro Rosso où il a été jugé assez rapide et talentueux pour faire le grand saut chez Red Bull après le départ de Mark Webber.

Il a remporté avec brio le rodéo qu’il avait entamé avec Jean-Eric Vergne, sans pour autant se détacher clairement de celui-ci au championnat. Et c’est peut être cela le plus inquiétant pour lui. Il lui aura fallu du temps et une deuxième partie de saison convaincante pour se défaire du pilote français et gagner sa place dans l’écurie championne du monde. Cette année, face à Vettel, il faudra qu’il soit d’entrée de jeu dans le coup pour avoir le moindre petit espoir de prendre le dessus.

La tâche ne sera pas facile, loin de là. Ricciardo va débarquer dans une équipe totalement acquise à la cause de son chouchou champion du monde et l’histoire de la discipline a démontré bien des fois que ce type de situation pouvait être compliqué. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’arrivée de Rubens Barrichello chez Ferrari en 2000, qui aura vite remisé au placard ses ambitions de titres et de domination aux côtés d’un Michael Schumacher véritable membre de la famille du cheval cabré et dominateur sans partage du Brésilien pendant six ans.

Mais l’approche de Ricciardo est sûrement plus sereine. Il n’a pas déclaré qu’il allait bousculer la hiérarchie au sein de Red Bull, et ce qui pourrait passer pour de la résignation ou un manque d’ambition pourrait en fait être sa meilleure arme contre l’ogre Vettel. L’apparente décontraction et la bonhomie affichée par l’Australien pourraient bien décontenancer « baby Schumi » plutôt habitué à la rudesse relationnelle imposée par Mark Webber ces dernières années.

Mais au final, le résultat se verra en piste. Vettel n’en est pas à sa première victime et Daniel Ricciardo devra être extrêmement concentré et vigilant s’il veut avoir une chance de se faire une place au soleil. Les difficultés rencontrées par Red Bull en ce début d’année pourraient lui être profitables, si elles sont durables. Son abnégation et son sourire seront alors ses meilleures armes à mettre au service d’un talent certain et d’une rapidité mainte fois prouvée le samedi après-midi.

Daniel Ricciardio est en tout cas le mieux placé cette année pour battre Sebastian Vettel. Et il faudra pour ça qu’il le déstabilise au sein même de l’équipe avant de vouloir le faire sur la piste. Le premier pilote qui arrivera à le devancer aux points n’en sera qu’encore plus méritant s’il fait partie de la même équipe que le champion. Les premières courses et la compétitivité de la nouvelle RB10 seront les clés d’un possible succès de l’Australien dans cette entreprise.

Axel B.

 





L’hommage de la Formule 1 à John Button

19 01 2014

Chaque champion construit sa réussite en étant accompagné. Jenson Button a découvert le sport automobile grâce à son père et c’est ce dernier qui lui a donné tout le soutien possible pour progresser jusqu’au titre ultime de champion du monde. John Button est décédé hier, lundi 13 janvier, et le monde de la Formule 1, qui l’appréciait fortement, est en deuil.

 

(c) Brawn

(c) Brawn

Il est plutôt rare en Formule 1 qu’une personnalité, impliquée mais en marge de la compétition, dans l’entourage d’un pilote, soit autant appréciée. John Button, père de Jenson, champion du monde 2009, faisait pourtant partie de cette catégorie.
Après l’annonce de son décès intervenue hier dans la journée, de nombreuses réactions de soutien, de réconfort et d’émotion ont émané des principaux acteurs de la Formule 1.

Les pilotes tout d’abord, comme Fernando Alonso ou Mark Webber, entre autres, ont été les premiers à souligner leur attachement à Jenson et à la personnalité joviale que représentait son paternel. L’Espagnol, sur son compte Twitter décrit John comme un « grand homme » et « un ami », alors que l’Australien a posté sur son compte une photo de lui et Jenson dans les bras l’un de l’autre. L’équipe McLaren a également été très touchée par cette triste nouvelle, et Martin Whitmarsh, le directeur de l’équipe, a rendu un vibrant hommage à un homme qu’il considérait comme faisant partie de la famille McLaren : « Alors que Jenson a grandi, et qu’il a continué à remporter des courses, John était toujours là, son premier supporter. Même ces dernières années, pendant lesquelles Jenson est devenu champion du monde et le grand pilote qu’il est maintenant, le pilote le plus expérimenté en Formule 1 aujourd’hui sur la grille en fait, John était toujours avec lui, en homme loyal, en père aimant, en membre populaire du petit entourage intime de Jenson. »

Tous soulignent donc la dévotion du père pour son fils. L’omniprésence et la bonne humeur que John Button véhiculait dans le paddock en avait fait une figure incontournable, surtout depuis que son fils était devenu champion du monde au volant de la Brawn GP il y a maintenant plus de quatre ans. On se souvient bien entendu des moments de joies de tout l’entourage du Britannique lors du final au Brésil cette année-là, qui marquait l’accomplissement d’un parcours semé d’embûches et de difficultés que Jenson et John ont toujours affrontées à deux. Depuis les débuts en karting du champion jusqu’à devenir le pilote le plus expérimenté de la discipline en 2014, le parcours de Jenson a réellement été atypique, et il a toujours été épaulé par son père comme il l’avait avoué lors d’une interview quelques temps après son titre : « Durant toutes ces années, il était toujours là, debout sous la pluie, pendant que j’étais le seul à m’amuser en piste ; et il payait pour ça. C’est lui qui m’a donné les moyens de grandir et le soutien nécessaire quand c’était difficile. Il ne s’est jamais fichu de moi quand je lui ai dit que je voulais courir en Formule 1, même si j’étais juste un gosse. Il a tout fait pour m’aider à me mettre sur le chemin qui m’a mené chez BMW Williams en 2000. »

 

Une relation fusionnelle qui va laisser un grand vide dans la carrière et le quotidien de Jenson et de sa famille. John Button nous a quitté, mais le monde de la Formule 1 lui a rendu un hommage à la hauteur de ce que l’homme était : généreux, humble et dévoué.

 

Axel B.





So long Mark !

30 11 2013

Un pilote à l’ancienne, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui dit ce qu’il pense. Oui, Mark Webber était (puisqu’il faut maintenant employer le passé) un pilote de Formule 1 que le public appréciait pour toutes ces raisons là. Mais il était aussi diablement rapide. Moins que Sebastian Vettel, mais qui a joué le titre de champion jusqu’à l’ultime round en 2010. Tout ne monde ne l’a pas fait.

 Mark_Webber_(2013_Japanese_Grand_Prix)

Hommage appuyé donc à un grand pilote qui s’envole vers d’autres horizons qu’une Formule 1 qu’il ne reconnaissait plus. Lui l’attaquant généreux ne pouvait se contenter des courses d’attentes que nous offre la discipline ces derniers mois. Las de devoir ralentir un tour sur trois pour préserver ses pneus, Mark s’est tourné de manière paradoxale vers le championnat d’endurance. Il participera donc avec Porsche aux 24h du Mans en 2014 qu’il avait déjà fréquenté de manière spectaculaire à la fin des années 90.

Il met également un pas en dehors de la politique et de la polémique très présentent en Formule 1 et qui ne sied guère aux pilotes forts en gueule comme l’Australien. Il laisse de côté aussi l’environnement pas toujours favorable de Red Bull, surtout depuis que le jeune Vettel en a fait son jardin. Même si l’Australien est arrivé plus tôt au sein de l’équipe, en 2007, les succès à répétition de l’Allemand ont poussé gentiment l’ « Aussie Grit » vers le rôle de second pilote. En se retirant de la Formule 1, il s’éloigne enfin de Sebastian Vettel, son meilleur ennemi, son plus grand rival mais aussi son graal inaccessible qui l’aura sûrement privé de sa plus belle chance de titre en 2010. Que ce serait-il passé ensuite si Mark Webber avait remporté le titre à la place de Vettel cette année là ? On ne peut pas refaire l’histoire, mais l’Australien aurait pu être le premier champion Red Bull. Son statut aurait été bien différent. Sa rivalité avec Vettel aurait été décuplée. Leur animosité remonte pourtant à longtemps. Au Grand Prix du Japon 2007 plus précisément. Là ou le jeune et fougueux Vettel, alors sur Toro Rosso, a percuté son ainée sur Red Bull, alors deuxième et prétendant à la victoire sous le déluge du Mont Fuji. Leur deuxième accrochage, deux ans plus tard, en Turquie, enfoncera un peu plus la véritable haine que se portent les deux hommes. Elle sera confirmée cette année en Malaisie avec la fameuse péripétie du « Multi 21 » qui annihilera la saison et le moral de Webber. Ce dernier a eu beau déclarer après son ultime course au Brésil qu’il avait toujours respecté professionnellement son équipier quadruple champion du monde, mais il est difficile de ne pas penser l’inverse…

Comment en vouloir à Webber finalement de quitter la Formule 1 ? Il a eu pendant quatre ans la meilleure voiture du plateau, et il n’a jamais réussi à remporter le titre. Son malheur finalement aura été de tomber sur le pilote le plus doué de sa génération. Un malheur partagé par tant d’autres pilotes dans l’histoire de la Formule 1, qui auront croisé Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna ou encore Michael Schumacher.

Malgré tout, Mark Webber a de quoi être fier de sa carrière dans la discipline reine du sport automobile. Il a réalisé des exploits que d’autres pilotes peuvent lui envier. Il aura marqué des points pour son premier Grand Prix en Australie, chez lui, en 2002, au volant d’une Minardi, l’écurie parfaite durant des années pour débuter en Formule 1. Il aura gagné deux fois à Monaco et à Silvertone mais aussi remporté des courses sur d’autres circuits mythiques comme Interlagos, Barcelone ou le Nürbürgring, cadre de sa première victoire en 2009. Il aura piloté des monoplaces championnes du monde de 2010 à 2013 et il aura aussi bataillé en piste avec certains des pilotes les plus performants de leur époque comme Michael Schumacher, Fernando Alonso ou Sebastian Vettel.

Le grand Mark, comme il a été affectueusement surnommé durant sa carrière, a donc pu fièrement ôter son casque dans ce dernier tour du Grand Prix du Brésil pour regarder dans les yeux le monde de la Formule 1, sans rougir, et avec le sentiment du devoir accompli. Il manquera sûrement beaucoup à la discipline.

Axel B.








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