Ricciardo peut-il battre Vettel chez Red Bull ?

8 02 2014

Daniel Ricciardo fera ses débuts chez Red Bull sur ses terres, en Australie. Un contexte favorable pour le tout nouvel équipier du quadruple champion du monde Sebastian Vettel. L’Allemand, intouchable l’année dernière pourra-t-il être menacé par l’Australien en 2014 ?

(c)  Fan F1

(c) Fan F1

Les duels que nous offrent les pilotes d’une même équipe sont souvent passionnants à regarder. Cette année, outre la rivalité entre Fernando Alonso et Kimi Raïkkönen chez Ferrari, il sera très intéressant de se pencher sur celle que nous offre Red Bull avec l’arrivée du jeune Daniel Ricciardo aux côtés du déjà vétéran Sebastian Vettel.

En fait, seulement deux ans séparent les deux hommes. Mais l’Allemand a battu de tels records de précocité que la comparaison s’avère déjà difficile entre eux. Pourtant, le parcours de l’Australien n’est pas honteux. Il a su séduire les grands pontes de Red Bull, Helmut Marko en tête, qui lui ont donné sa chance d’abord chez HRT, puis ensuite chez Toro Rosso où il a été jugé assez rapide et talentueux pour faire le grand saut chez Red Bull après le départ de Mark Webber.

Il a remporté avec brio le rodéo qu’il avait entamé avec Jean-Eric Vergne, sans pour autant se détacher clairement de celui-ci au championnat. Et c’est peut être cela le plus inquiétant pour lui. Il lui aura fallu du temps et une deuxième partie de saison convaincante pour se défaire du pilote français et gagner sa place dans l’écurie championne du monde. Cette année, face à Vettel, il faudra qu’il soit d’entrée de jeu dans le coup pour avoir le moindre petit espoir de prendre le dessus.

La tâche ne sera pas facile, loin de là. Ricciardo va débarquer dans une équipe totalement acquise à la cause de son chouchou champion du monde et l’histoire de la discipline a démontré bien des fois que ce type de situation pouvait être compliqué. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’arrivée de Rubens Barrichello chez Ferrari en 2000, qui aura vite remisé au placard ses ambitions de titres et de domination aux côtés d’un Michael Schumacher véritable membre de la famille du cheval cabré et dominateur sans partage du Brésilien pendant six ans.

Mais l’approche de Ricciardo est sûrement plus sereine. Il n’a pas déclaré qu’il allait bousculer la hiérarchie au sein de Red Bull, et ce qui pourrait passer pour de la résignation ou un manque d’ambition pourrait en fait être sa meilleure arme contre l’ogre Vettel. L’apparente décontraction et la bonhomie affichée par l’Australien pourraient bien décontenancer « baby Schumi » plutôt habitué à la rudesse relationnelle imposée par Mark Webber ces dernières années.

Mais au final, le résultat se verra en piste. Vettel n’en est pas à sa première victime et Daniel Ricciardo devra être extrêmement concentré et vigilant s’il veut avoir une chance de se faire une place au soleil. Les difficultés rencontrées par Red Bull en ce début d’année pourraient lui être profitables, si elles sont durables. Son abnégation et son sourire seront alors ses meilleures armes à mettre au service d’un talent certain et d’une rapidité mainte fois prouvée le samedi après-midi.

Daniel Ricciardio est en tout cas le mieux placé cette année pour battre Sebastian Vettel. Et il faudra pour ça qu’il le déstabilise au sein même de l’équipe avant de vouloir le faire sur la piste. Le premier pilote qui arrivera à le devancer aux points n’en sera qu’encore plus méritant s’il fait partie de la même équipe que le champion. Les premières courses et la compétitivité de la nouvelle RB10 seront les clés d’un possible succès de l’Australien dans cette entreprise.

Axel B.

 





L’hommage de la Formule 1 à John Button

19 01 2014

Chaque champion construit sa réussite en étant accompagné. Jenson Button a découvert le sport automobile grâce à son père et c’est ce dernier qui lui a donné tout le soutien possible pour progresser jusqu’au titre ultime de champion du monde. John Button est décédé hier, lundi 13 janvier, et le monde de la Formule 1, qui l’appréciait fortement, est en deuil.

 

(c) Brawn

(c) Brawn

Il est plutôt rare en Formule 1 qu’une personnalité, impliquée mais en marge de la compétition, dans l’entourage d’un pilote, soit autant appréciée. John Button, père de Jenson, champion du monde 2009, faisait pourtant partie de cette catégorie.
Après l’annonce de son décès intervenue hier dans la journée, de nombreuses réactions de soutien, de réconfort et d’émotion ont émané des principaux acteurs de la Formule 1.

Les pilotes tout d’abord, comme Fernando Alonso ou Mark Webber, entre autres, ont été les premiers à souligner leur attachement à Jenson et à la personnalité joviale que représentait son paternel. L’Espagnol, sur son compte Twitter décrit John comme un « grand homme » et « un ami », alors que l’Australien a posté sur son compte une photo de lui et Jenson dans les bras l’un de l’autre. L’équipe McLaren a également été très touchée par cette triste nouvelle, et Martin Whitmarsh, le directeur de l’équipe, a rendu un vibrant hommage à un homme qu’il considérait comme faisant partie de la famille McLaren : « Alors que Jenson a grandi, et qu’il a continué à remporter des courses, John était toujours là, son premier supporter. Même ces dernières années, pendant lesquelles Jenson est devenu champion du monde et le grand pilote qu’il est maintenant, le pilote le plus expérimenté en Formule 1 aujourd’hui sur la grille en fait, John était toujours avec lui, en homme loyal, en père aimant, en membre populaire du petit entourage intime de Jenson. »

Tous soulignent donc la dévotion du père pour son fils. L’omniprésence et la bonne humeur que John Button véhiculait dans le paddock en avait fait une figure incontournable, surtout depuis que son fils était devenu champion du monde au volant de la Brawn GP il y a maintenant plus de quatre ans. On se souvient bien entendu des moments de joies de tout l’entourage du Britannique lors du final au Brésil cette année-là, qui marquait l’accomplissement d’un parcours semé d’embûches et de difficultés que Jenson et John ont toujours affrontées à deux. Depuis les débuts en karting du champion jusqu’à devenir le pilote le plus expérimenté de la discipline en 2014, le parcours de Jenson a réellement été atypique, et il a toujours été épaulé par son père comme il l’avait avoué lors d’une interview quelques temps après son titre : « Durant toutes ces années, il était toujours là, debout sous la pluie, pendant que j’étais le seul à m’amuser en piste ; et il payait pour ça. C’est lui qui m’a donné les moyens de grandir et le soutien nécessaire quand c’était difficile. Il ne s’est jamais fichu de moi quand je lui ai dit que je voulais courir en Formule 1, même si j’étais juste un gosse. Il a tout fait pour m’aider à me mettre sur le chemin qui m’a mené chez BMW Williams en 2000. »

 

Une relation fusionnelle qui va laisser un grand vide dans la carrière et le quotidien de Jenson et de sa famille. John Button nous a quitté, mais le monde de la Formule 1 lui a rendu un hommage à la hauteur de ce que l’homme était : généreux, humble et dévoué.

 

Axel B.





So long Mark !

30 11 2013

Un pilote à l’ancienne, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui dit ce qu’il pense. Oui, Mark Webber était (puisqu’il faut maintenant employer le passé) un pilote de Formule 1 que le public appréciait pour toutes ces raisons là. Mais il était aussi diablement rapide. Moins que Sebastian Vettel, mais qui a joué le titre de champion jusqu’à l’ultime round en 2010. Tout ne monde ne l’a pas fait.

 Mark_Webber_(2013_Japanese_Grand_Prix)

Hommage appuyé donc à un grand pilote qui s’envole vers d’autres horizons qu’une Formule 1 qu’il ne reconnaissait plus. Lui l’attaquant généreux ne pouvait se contenter des courses d’attentes que nous offre la discipline ces derniers mois. Las de devoir ralentir un tour sur trois pour préserver ses pneus, Mark s’est tourné de manière paradoxale vers le championnat d’endurance. Il participera donc avec Porsche aux 24h du Mans en 2014 qu’il avait déjà fréquenté de manière spectaculaire à la fin des années 90.

Il met également un pas en dehors de la politique et de la polémique très présentent en Formule 1 et qui ne sied guère aux pilotes forts en gueule comme l’Australien. Il laisse de côté aussi l’environnement pas toujours favorable de Red Bull, surtout depuis que le jeune Vettel en a fait son jardin. Même si l’Australien est arrivé plus tôt au sein de l’équipe, en 2007, les succès à répétition de l’Allemand ont poussé gentiment l’ « Aussie Grit » vers le rôle de second pilote. En se retirant de la Formule 1, il s’éloigne enfin de Sebastian Vettel, son meilleur ennemi, son plus grand rival mais aussi son graal inaccessible qui l’aura sûrement privé de sa plus belle chance de titre en 2010. Que ce serait-il passé ensuite si Mark Webber avait remporté le titre à la place de Vettel cette année là ? On ne peut pas refaire l’histoire, mais l’Australien aurait pu être le premier champion Red Bull. Son statut aurait été bien différent. Sa rivalité avec Vettel aurait été décuplée. Leur animosité remonte pourtant à longtemps. Au Grand Prix du Japon 2007 plus précisément. Là ou le jeune et fougueux Vettel, alors sur Toro Rosso, a percuté son ainée sur Red Bull, alors deuxième et prétendant à la victoire sous le déluge du Mont Fuji. Leur deuxième accrochage, deux ans plus tard, en Turquie, enfoncera un peu plus la véritable haine que se portent les deux hommes. Elle sera confirmée cette année en Malaisie avec la fameuse péripétie du « Multi 21 » qui annihilera la saison et le moral de Webber. Ce dernier a eu beau déclarer après son ultime course au Brésil qu’il avait toujours respecté professionnellement son équipier quadruple champion du monde, mais il est difficile de ne pas penser l’inverse…

Comment en vouloir à Webber finalement de quitter la Formule 1 ? Il a eu pendant quatre ans la meilleure voiture du plateau, et il n’a jamais réussi à remporter le titre. Son malheur finalement aura été de tomber sur le pilote le plus doué de sa génération. Un malheur partagé par tant d’autres pilotes dans l’histoire de la Formule 1, qui auront croisé Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna ou encore Michael Schumacher.

Malgré tout, Mark Webber a de quoi être fier de sa carrière dans la discipline reine du sport automobile. Il a réalisé des exploits que d’autres pilotes peuvent lui envier. Il aura marqué des points pour son premier Grand Prix en Australie, chez lui, en 2002, au volant d’une Minardi, l’écurie parfaite durant des années pour débuter en Formule 1. Il aura gagné deux fois à Monaco et à Silvertone mais aussi remporté des courses sur d’autres circuits mythiques comme Interlagos, Barcelone ou le Nürbürgring, cadre de sa première victoire en 2009. Il aura piloté des monoplaces championnes du monde de 2010 à 2013 et il aura aussi bataillé en piste avec certains des pilotes les plus performants de leur époque comme Michael Schumacher, Fernando Alonso ou Sebastian Vettel.

Le grand Mark, comme il a été affectueusement surnommé durant sa carrière, a donc pu fièrement ôter son casque dans ce dernier tour du Grand Prix du Brésil pour regarder dans les yeux le monde de la Formule 1, sans rougir, et avec le sentiment du devoir accompli. Il manquera sûrement beaucoup à la discipline.

Axel B.





Vettel, un champion controversé

3 11 2013

Comme la plupart de ceux qui l’accompagnent en haut des statistiques, Sebastian Vettel fait naitre des controverses. Les Schumacher, Prost, Senna sont tous des champions sur qui planent parfois des incompréhensions, soit avec le public, soit avec leurs pairs. Sur la route de ses quatre titres mondiaux, le pilote allemand de 26 ans ne déroge pas à la règle.

Licence Creative Commons / Morio

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Bien entendu, le public aime le divertissement. Même si la domination sans partage de Sebastian Vettel représente un exceptionnel exploit sportif, révélant au grand jour le talent immense de ce jeune homme, elle créer néanmoins un ennui profond pour les spectateurs et téléspectateurs qui font du pilote allemand leur cible préférée. Pour preuve, les huées dont le quadruple champion est victime depuis plusieurs Grands Prix et qui traduisent, de manière idiote, le mécontentement de public.

La Formule 1 est sûrement le seul sport où les plus belles réussites sont ainsi galvaudées. Horner, Newey et Vettel, qui représentent à eux trois la magie de Red Bull, sont donc montrés du doigt pour leur talent qui éclate à la figure de tous. Même dans le football, où les supporters n’ont pourtant pas bonne presse, ce cas de figure n’arrive pas. Imaginez le Camp Nou de Barcelone siffler Lionel Messi après un triplé ! Bref, cette archi-domination de l’association Vettel/Red Bull ne pourrait être endiguée que par l’intervention réglementaire de la FIA, comme cela était arrivé au milieu des années 2000 où une batterie de changements de réglementations était entrée en vigueur pour casser la suprématie de Michael Schumacher au volant de sa Ferrari.

Mais ceci n’est pas le seul point noir qui vient troubler le palmarès de Sebastien Vettel. Tout le monde a encore en tête l’action malheureuse de l’Allemand en Malaisie lorsqu’il avait désobéit aux consignes d’équipe pour aller chiper la victoire à son équipier Mark Webber, enterrant par là même les dernières notes d’optimisme de l’Australien.

Ce geste, qu’il a reconnu lui-même au soir de son quatrième titre comme étant une erreur (voilà déjà une preuve de maturité bien venue), est à ranger dans le même tiroir que les fameux duels de Suzuka entre Alain Prost et Ayrton Senna qui se sont rendu la pareille à coup de roues en 1989 et 1990 et de ceux de Michaël Schumacher à Adelaïde en 1994 face à Damon Hill ou à Jerez en 1997 contre Jacques Villeneuve. Dans tout ces cas, ces grands champions ont été aveuglés par leur talent et par la peur de perdre. Un sentiment commun que l’on peut désormais affubler à Vettel, mais qui restera dans l’histoire de la Formule 1 comme un manquement à l’intégrité du champion.

Mais peut être que l’extraordinaire ne peut pas se concevoir sans ce tempérament. Et justement, Sebastian Vettel est un pilote extraordinaire. Mais il lui restera encore un défi de taille à relever avant de peut être se retirer d’ici une dizaine d’année, à savoir conquérir le cœur de la majorité du public. La défaite rend humain, Fernando Alonso en est la preuve, mais peut être que Vettel pourra ajouter une dose de panache supplémentaire à sa facilité pour finalement faire taire toutes les controverses.

 

Axel B.





No fun !

25 09 2013

« No fun, my baby, no fun » hurlaient Iggy Pop et ses Stooges en 1969…voilà une chanson qui colle à la peau de la Formule 1 actuellement. Et on ne parle pas là de l’ennui généré par l’archi-domination de Vettel mais plutôt des instances dirigeantes de la discipline qui sanctionnent à tout va des gestes et des situations qu’elles jugent indécentes ou dangereuses alors le public s’en amuse.

(c) DR

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Aseptisée. Voilà le qualificatif qui convient le mieux à la Formule 1 aujourd’hui. Dernier exemple en date, et non des moindres, la sanction infligée à Mark Webber au soir du Grand Prix de Singapour. L’Australien malchanceux une fois de plus, a du abandonner sa Red Bull en flamme dans le dernier tour de course suite à un problème mécanique. Se retrouvant à pieds sur le bord de la piste, son ami Fernando Alonso a décidé de la raccompagner, au volant de sa Ferrari, jusqu’aux stands. Une image forte et séduisante, surtout en connaissant les liens qui unissent les deux pilotes et en sachant que le grand Mark ne serait plus là l’année prochaine.

Il y a d’ailleurs eu quelques précédents récents, d’un pilote raccompagnant un de ses adversaires sur le dos de sa monoplace. Et notamment ce même Webber qui avait raccompagné…Alonso à son stand à la fin du Grand Prix d’Allemagne 2011 alors que l’Espagnol était en panne d’essence après l’arrivée…On se souvient aussi de la première et seule victoire de Jean Alesi lors du Grand Prix du Canada en 1995. Alors pilote Ferrari, l’Avignonnais était tombé en panne d’essence juste après avoir franchi la ligné d’arrivée en vainqueur. C’est Michael Schumacher le croisant en bord de piste, qui ramènera l’infortuné  Alesi à califourchon sur la Benetton de l’Allemand, sans savoir que, quelques mois plus tard, ils échangeront leur baquet respectif. Deux ans plus tard, Schumacher fera de même avec Giancarlo Fisichella au Grand Prix d’Allemagne, alors qu’un pneumatique de la Jordan du pilote italien avait explosé lorsqu’il se trouvait en tête de la course.

En 2001, c’est Mika Hakkinen, dans sa dernière année de présence en Formule 1, qui jouera de malchance lors du Grand Prix d’Espagne. Alors en tête, son embrayage lui fait défaut à quelques mètres de l’arrivée le forçant à mettre pied à terre. Il sera raccompagné aux stands par son équipier chez McLaren, David Coulthard, laissant Michael Schumacher et sa Ferrari grimper sur la première marche du podium.

Ce dimanche, Mark Webber nous a donc offert un tour d’honneur original qui restera sûrement comme une des images les plus marquantes de cette saison. Mais malgré cela, les commissaires ont décidé de sanctionner l’Australien d’un blâme, le troisième cette saison pour le pilote Red Bull, ce qui est synonyme, selon le règlement, d’une sanction de dix places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, en Corée du Sud.

Aseptisée donc, pas de le droit au moindre écart, à un peu de folie, à du spectacle…la Formule 1 était déjà un grand cirque ordonné et quasi-impénétrable, elle en deviendrait presque risible et inintéressante car trop calculée et ne laissant plus de place à l’imprévu, qui est pourtant souvent porteur d’intérêt. Même les podiums sont devenus froids et rigides. Les drapeaux nationaux flottants au vent et représentants les nations des trois premiers de la course ont été remplacées par des panneaux électriques donnant d’air à des panneaux publicitaires. Plus d’anarchie non plus dans la montée des marches des pilotes qui sont présentés dans l’ordre décroissant des arrivées ; sans parler de la mini-conférence de presse qui s’ensuit avec une personnalité choisie…bref, on en viendrait presque à regretter les erreurs historiques des podiums d’antan comme lors de cette victoire surprise de Jacques Laffite au Grand Prix de Suède en 1977 lors de laquelle la Marseillaise ne retentira pas, les organisateurs n’ayant pas prévu l’éventualité d’une victoire française lors de la course…

Mark Webber paiera donc « sa folie » d’avoir enfin pu rouler en Formule 1 avec une Ferrari, lui que l’on disait proche d’un accord l’année dernière pour remplacer Felipe Massa, et devra nous gratifier d’une des remontées dont il a le secret en Corée, dans deux semaines, pour venger cet affront ridicule qu’on lui impose.

Axel B.





Vivement 2014 !

11 09 2013

Même s’il y a encore une chance mathématique pour qu’un de ses adversaires fasse tomber Sebastian Vettel de son piédestal, en haut du classement du championnat pilotes, il y a fort à parier qu’aucun d’entre eux n’y arrivent. Il est donc grand temps, pour les équipes et les supporters, de se tourner vers la saison prochaine.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Ferrari et Fernando Alonso l’avaient annoncé au début de ce week-end italien. Ils se donnaient encore deux courses, Monza et Singapour, pour définir leur stratégie de fin d’année. Si l’Espagnol avait réussi à finir devant Sebastian Vettel et sa Red Bull en terre italienne, ils attendraient un nouveau bon résultat à Singapour pour continuer leur lutte pour le titre cette saison. Mais voilà, l’Allemand, triple champion du monde, a une fois de plus dominé outrageusement la course, et les derniers espoirs des rouges se sont sûrement envolés avec la deuxième place d’Alonso. Il est donc probable que l’écurie au cheval cabré renonce d’ors et déjà au titre 2013 et concentre ses efforts pour la saison à venir, tout comme l’ont semble-t-il déjà fait les Mercedes et Lotus, en pertes de performances depuis deux courses.

Cela ne veut pas dire que Vettel et Red Bull n’auront plus de concurrence lors des derniers Grands Prix, mais il faudra des circonstances défavorables (problèmes mécaniques, caprices météorologiques…) ou des conditions moins avantageuses (piste qui convienne moins à la RB9, pilote en méforme…) à ce duo infernal pour qu’il rate la victoire et qu’elle tombe, avec plus ou moins de chance, dans l’escarcelle d’un de ses adversaires.

Beaucoup de regards sont donc tournés vers 2014 et ses grands changements de réglementation technique attendus. Mais là aussi, les autres acteurs de la grille de départ se méfient au plus haut point de Red Bull.

En effet, l’équipe autrichienne a parmi elle un des plus beaux atouts techniques, le génial ingénieur Adrian Newey. Ce nouveau défi technologique va être très excitant pour le Britannique, et aux vues des récents succès de ses dernières monoplaces dessinées depuis quinze ans, on voit mal l’artiste rater son tableau.

Ceci dit, avec l’arrivée dans la maison mère de Daniel Ricciardo, le chouchou Vettel pourrait bien trouver du changement. En effet, le tout jeune Australien est issu de la même famille (le junior team Red Bull) que le triple champion du monde. Ce qui n’était pas le cas de son prédécesseur Mark Webber. Son excellent bagage technique, sa bonne humeur, et son expérience de pilotage sur des monoplaces souvent rétives (HRT puis Toro Rosso) ont fait pencher la balance en sa faveur aux dépends de Jean-Eric Vergne, pourtant très talentueux, mais atteint du syndrome « Alain Prost » qui équivaut à souvent se plaindre de sa machine, de son équipe et des circonstances pour finalement avoir l’image d’un pilote rapide mais râleur. Attitude adoptée en son temps également par Sébastien Bourdais au sein de la même équipe. Vergne devra donc mettre à profit sa troisième saison chez Toro Rosso, une chance rare dont aurait bien aimé bénéficier Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, pour faire évoluer son attitude afin de pouvoir prétendre à plus.

2014 sera aussi une année cruciale pour Ferrari et Mercedes. Pour les Italiens tout d’abord, il faudra fournir à Fernando Alonso une monoplace à la hauteur de ses ambitions. L’Espagnol est en train de se demander s’il a fait le bon choix en rejoignant la Scuderia il y a trois ans. En ayant remporté seulement onze victoires, quatre pole-position et jamais un titre de champion, son agacement est croissant et ses envies d’ailleurs pourraient être décuplées s’il devait faire face à un nouvel échec ou a un nouvel équipier trop encombrant comme pourrait l’être Kimi Raikkonen.

Pour l’équipe allemande Mercedes, 2014 pourrait être l’année charnière de sa présence en Formule 1. Les autorités de Stuttgart sont venues dans la discipline pour gagner, et ils ont misé gros pour la saison à venir. Une nouvelle année en dent de scie pourrait donc être l’année de trop pour une entreprise qui a beaucoup investi dans une restructuration clinquante et onéreuse, et qui a déjà fait connaitre ses doutes quant à une présence en Formule 1 en tant que simples figurants.

Bien sûr, tout le monde partira d’une feuille blanche. De son côté, McLaren risque de vivre une nouvelle année de transition en attendant la venue de son nouveau motoriste Honda pour 2015. Lotus, si elle conserve Raikkonen devra faire face aux ambitions de son champion du monde de pilote, tandis que de l’autre côté de la grille, Sauber devra courir pour sa survie. Les Force India, Williams et autres Caterham et Marussia auront-elles leur mot à dire avec cette nouvelle donne ?

Mais rien ne dit qu’une de ses petites équipes ne trouvera pas une solution miracle pour bondir d’un seul saut vers le sommet. Les changements prévu laissent entrevoir certaines possibilités, même si les plus pragmatiques ne s’attendent pas à de grands changements dans la hiérarchie mondiale.

Axel B.





Vettel assomme et endort la Formule 1

1 09 2013

En Belgique le week-end dernier, Sebastian Vettel a une nouvelle fois dominé de la tête et des épaules tous ses adversaires. Si cette situation ravit le pilote et son équipe, elle a du mal à enthousiasmer le reste du monde de la Formule 1 et ses spectateurs en premiers lieu. Allons-nous entrer dans une nouvelle ère de domination à la Michael Schumacher ? Vettel est-il intouchable ? Ses adversaires sont-ils capable de le battre ? Autant de questions qui risquent d’agiter les années à venir dans la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Si en début de saison, un fringant Fernando Alonso et sa Ferrari avaient laissé penser qu’ils pourraient s’attaquer et tenir tête à l’ogre Vettel au volant de sa Red Bull, les dernières courses en date ont vite refroidi les plus chaudes ambitions de changement en haut du classement du championnat du monde des pilotes.

Certes, Alonso est toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de tout donner au volant de son bolide rouge. Le week-end dernier, en Belgique, il a une nouvelle fois démontré tout son talent en remontant de la neuvième à la deuxième place, en mystifiant sur son passage le préretraité Mark Webber et les deux Mercedes, épouvantails des qualifications mais bien à la peine en course.

On se mettrait presque à rêver que l’Espagnol parte en pole positions dans les week-ends à venir, une situation qui ne lui est plus arrivé depuis le Grand Prix d’Allemagne l’année dernière, ce qui constituait alors sa quatrième pole chez Ferrari, seulement…

D’un autre côté, c’est le problème inverse qui semble toucher les Mercedes. Redoutablement rapides en qualification cette années, les flèches d’argent ont certaines difficultés selon les circuits pour rester devant la meute. Dans certaines circonstances, Nico Rosberg et Lewis Hamilton arrivent cependant à remporter des courses, deux pour l’Allemand et une pour le Britannique, mais leur inconstance ne leur permet pas pour l’instant de jouer les premiers rôles au championnat et de ralentir la course effrénée de Vettel vers son quatrième titre consécutif.

Même constat pour Lotus, et notamment Kimi Raikkonen, troisième du championnat, qui ne trouve pas sa performance optimale en toutes occasions. Tantôt brillantes, tantôt fantomatiques, les monoplaces noir et or sont sur le fil du rasoir à cause d’un développement moins rapide que leurs rivaux.

On aurait alors pu compter sur la seconde Red Bull, pilotée par Mark Webber, pour jouer les trublions au championnat. Mais l’Australien a longtemps été perturbé en début de saison jusqu’à l’annonce de sa retraite future en fin d’année. Mais « Aussie Grit » semble plutôt engagé dans une tournée d’adieu que dans une lutte fratricide pour le championnat.

Bref, Vettel est en train de s’envoler vers un quatrième titre consécutif, et certains fans de Formule 1 commencent à trouver cette domination un peu longue. Bien sûr, l’Allemand ne démérite pas au volant et mérite tout à fait et sans conteste ses succès, et un nouveau titre s’il venait à s’offrir à lui. Mais en son temps, Michael Schumacher dominait également la discipline de fort belle manière, mais en agissant aussi comme un puissant soporifique du dimanche après-midi. A tel point que la FIA et Bernie Ecclestone usaient de tous les stratagèmes pour ralentir le septuple champion du monde, avec plus ou moins de succès selon les différents règlements imposés.

Vettel prend donc le même chemin que son ainé. Sa dernière victoire en Belgique, sur le pourtant très réputé et spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps, nous a offert un des après-midi les plus ennuyant de cette saison. On ne peut évidemment pas reprocher au pilote et à son équipe de collectionner les victoires, mais il serait grand temps que la concurrence se réveille et vienne bousculer le roi Vettel de son trône, au risque de ne plus pouvoir le déloger durant plusieurs années. En début de carrière, l’Allemand n’aimait pas qu’on le compare au Baron Rouge Schumacher, mais force est de constater que, même malgré lui, Vettel commence à lui ressembler fortement…pour meilleur et pour le pire !

 

Axel B.





Ils sont sur des sièges éjectables…

13 07 2013

La période estivale est souvent propice aux annonces de transferts des pilotes. Avec la récente demi-surprise du retrait de Mark Webber à la fin de la saison, le marché risque de s’emballer rapidement. Petit tour d’horizon des pilotes qui risquent leur place…

Licence Creative Commons / Morio

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Après les premières courses de l’année, les écuries sont capables de faire un premier bilan de leurs performances et des forces en présence au sein de leur équipe. Sous les feux de la rampe, les pilotes sont souvent montrés du doigt lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs dirigeants.

Quelques pilotes pourraient donc se trouver en difficultés à l’heure ou les négociations de contrats pour la saison 2014 battent leur plein. Diverses raisons peuvent entrer en ligne de compte, quelles soit financières ou purement qualitatives.

Au premier rang des menacés se trouve Felipe Massa. Si son début de saison, la huitième avec Ferrari, avait laissé présager un retour en forme, cette impression fût brève. Depuis plusieurs Grands Prix, le Brésilien enchaine les contre performances, autant en qualifications qu’en courses, et a pris pour mauvaise habitude de détruire une monoplace par week-end. Éternel porteur d’eau depuis son accident en Hongrie en 2009, Massa s’était fait une raison de servir son leader Fernando Alonso tout en profitant de piloter pour l’écurie la plus mythique du championnat. Mais ses nombreuses contre-performances sont en train de nuire au développement entier de l’équipe, et donc aux performances de l’Espagnol. Son incompréhensible erreur de pilotage au bout de quatre tours lors du dernier Grand Prix d’Allemagne pourrait bien sonner le glas de sa présence chez les rouges, même si Stefano Domenicali continue de le soutenir publiquement.

L’avenir de Romain Grosjean chez Lotus est similaire à celui de Massa chez Ferrari. Mais le Français se trouve dans une situation légèrement différente. En effet, son futur est étroitement lié à celui de Kimi Raikkonen. Sans parler des performances de Grosjean, qui sont parfois médiocres et d’autres fois excellentes, la présence ou non de son équipier finlandais à ses côtés en 2014 sera déterminante pour son avenir. Si Raikkonen décide de rejoindre Red Bull, il y a peu de chance que le Français se voit poussé vers la sortie, dans un esprit logique de continuité. Par contre, si le champion du monde 2007 lie son avenir à long terme avec Lotus, il va falloir que Grosjean augmente sensiblement son niveau de jeu au risque de se voir écarter au profit d’un pilote apportant une garantie budgétaire plus importante que lui, ce qui permettrait, entre autre, de payer le salaire de Kimi…Les noms de Pastor Maldonado et de son richissime sponsor PDVSA ont notamment été cités.

Au sein de l’écurie Toro Rosso, la situation est bien plus claire. On connaît la politique de la maison qui consiste à donner deux saisons à leurs jeunes pilotes pour faire leurs preuves. Il y a fort à parier que si Raikkonen (encore lui) ne rejoint pas Red Bull, le choix du coéquipier de Vettel se fera entre Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne. Pour preuve, l’équipe a lancé un grand sondage sur sa page Fecebook pour que leurs fans choisissent le remplaçant de Webber entres ces trois noms précités. Le cas échéant, les deux compères risquent d’être écartés et devront trouver un autre volant par leurs propres moyens. Même si leur talent n’est certes pas soumis au moindre doute, il leur faudra trouver un financement suffisamment attractif pour pouvoir prétendre à continuer l’aventure en Formule 1.

En ce qui concerne les écuries de fond de grille, Marussia et Caterham, l’argent sera, là encore, le nerf de la guerre et les places de Chilton, Bianchi, Pic ou Van der Garde s’inscrivent donc en pointillé pour 2014. A ces petites équipes peuvent s’ajouter désormais Williams, qui lutte depuis plusieurs années pour retrouver son lustre d’antan et également Sauber, qui connaît actuellement les pires difficultés pour assurer sa présence jusqu’à la fin de la présente saison. Tout reste donc à jouer pour l’année prochaine, et les semaines à venir vont s’avérer cruciales.

Axel B.





L’histoire de la F1 se contemple à Silverstone

20 06 2013

Le circuit de Silverstone est un des tracés mythiques du championnat du monde de Formule 1. En étant le premier théâtre d’un Grand Prix dans la discipline, mais aussi en ayant été le lieu de bien des courses marquantes, ce circuit au nord de Londres, dans la Northamptonshire a acquis ses lettres de noblesses.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

La Formule 1 va bientôt poser ses bagages en Angleterre, sur le circuit de Silverstone pour le prochain Grand Prix de la saison. Une course à domicile pour un grand nombre d’équipes qui ont installé leurs usines et leurs bureaux aux alentours du tracé. Autant dire donc, que beaucoup d’entres elles voudront remporter une victoire très importante à leurs yeux et à ceux de leur sponsors.

Du côté des pilotes, le contingent britannique est également pléthorique plus que pas moins de quatre représentants de l’Union Jack seront présents sur la grille. Jenson Button et Lewis Hamilton pourront espérer jouer la victoire tandis que Paul di Resta et dans une moindre mesure Max Chilton, tenteront de remporter des places d’honneur.

Mais Silverstone, c’est aussi l’histoire de la Formule 1 avec un grand « H ». Théâtre du premier Grand Prix de la discipline en 1950, remporté par Nino Farina, futur champion du monde cette année là, le tracé britannique a également marqué définitivement la Formule 1 de son empreinte.

En 1951, c’est ici que Ferrari remporte sa première course avec le regretté José Froilan Gonzales. Le pilote argentin, malheureusement décédé en fin de semaine dernière, à quelques jours du Grand Prix, ne pourra pas fêter les 62 ans de la première victoire d’une monoplace rouge de la Scuderia.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps non plus pour qu’un Britannique s’impose à Silverstone. Si Stirling Moss avait déjà remporté en 1955 son Grand Prix national sur le circuit d’Aintree, c’est à son compatriote Peter Collins, encore une fois sur Ferrari, que reviendront les honneurs de s’imposer à Silverstone en 1958. En effet, le tracé du Northamptonshire n’accueille le grand Prix de Grande Bretagne de façon permanente que depuis 1987. Avant cela, une certaine alternance s’était instaurée avec les circuits d’Aintree et de Brands Hatch.

D’autres représentants de sa glorieuse Majesté seront consacré sur ce circuit comme Jim Clark, Jackie Stewart, James Hunt, John Watson, Nigel Mansell, Damon Hill, Johnny Herbert, David Coulthard ou encore Lewis Hamilton.

Silverstone a aussi été le décor des premières victoires de plusieurs pilotes. Outre Nino Farina, qui ne pouvait faire autrement que d’ouvrir le palmarès, José Froilan Gonzales a également ouvert son compteur de victoire sur le tracé tout comme l’Américain Peter Revson en 1973 et Johnny Hebert en 1995. Ce dernier avait, entre autres circonstances, bénéficié de l’accrochage entre la Benetton de Michael Schumacher, son équipier, et la Williams de Damon Hill, pour remporter un succès inattendu.

Autre image marquante, cet envahissement de la piste par le public lors de la victoire de Nigel Mansell en 1992. L’année de son titre, le Britannique moustachu avait fait chavirer ses compatriotes en remportant sa course à domicile.

Plus récemment, la piste de Silverstone a réservé ses victoires a des pilotes opiniâtres, agressifs et talentueux comme Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton Mark Webber ou Kimi Raikkonen, qui ont tous cinq monopolisé la première place de la course depuis 2006. Le circuit est souvent réservé à une élite car sur les quarante six éditions qui y ont eu lieux, trente trois fois un champion du monde (ou futur champion du monde) s’y est imposé.

Le circuit a souvent été décrié pour ses infrastructures vieillissantes, mais les pilotes l’ont toujours considéré comme une étape important dans le calendrier. Des noms de virages comme Maggots, Becketts, Chapel ou Stowe résonnent aux oreilles des passionnés comme autant de bijoux indétrônable. Depuis 2010, la piste a subi de sérieuses rénovations, tant dans son tracé que dans sa capacité et sa qualité d’accueil, ce qui en fait désormais un des plus modernes dans le genre.

Cette année, la piste devrait nous offrir une belle lutte entre les Ferrari et les Red Bull, avec Fernando Alonso et Sebastian Vettel en point d’orgue. Mais il faudra aussi surveiller Mark Webber sur l’autre Red Bull car l’Australien est en effet le seul pilote non champion du monde à s’être imposé sur place lors des huit dernières années. Enfin, il faudra également garder un œil sur Romain Grosjean et sa Lotus, car Silverstone réussi généralement bien aux Français. Preuve en est, Alain Prost détient le record du nombre de victoire sur cette piste avec cinq succès.

 

Axel B.





Pirelli face à son image

14 06 2013

Le fournisseur unique de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, est actuellement en train de réfléchir aux suites à donner à son engagement dans la discipline. Cette hésitation est cependant justifiée à la vue de l’image peu flatteuse que reflète actuellement sa présence sur les grilles de départ.

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Les polémiques font partie intégrante de la Formule 1. Chaque année, une nouvelle affaire vient défrayer les chroniques des magazines spécialisés et agite l’allée des stands. Hier le « Spygate », aujourd’hui le « Testgate »
Mais depuis trois ans, il y a une polémique insistante qui concerne les pneumatiques Pirelli. La firme milanaise a accepté de revenir en Formule 1 pour trois saisons à compter de l’année 2010 avec un cahier des charges bien précis imposé par la FIA. Cette dernière voulait donner une nouvelle impulsion au spectacle de la discipline et a judicieusement penser qu’en agissant sur le seul lien entre les monoplaces et la piste, donc les pneus, elle aurait l’occasion d’arriver à ses fins.

Effectivement, on peut dire que depuis trois ans, le spectacle est d’avantage présent lors des Grands Prix. Avec des gommes instables et difficilement compréhensibles et appréhendables par une majorité de pilotes, il nous a été donné de voir des courses plutôt mouvementées.
Les pilotes et les équipes sont en rognes mais le spectacle et ses promoteurs sont gagnants. Et Pirelli, dans cette histoire, se retrouve coincée et otage d’une situation qui commence lentement à lui échapper.

Car en effet, quel est le but premier d’une présence en Formule 1 pour une entreprise ? En ce qui concerne le domaine des pneumatiques, avec un manufacturier unique, on peut d’ores et déjà écarter le concept de compétition. Pirelli n’a pas à prouver qu’elle gagne plus souvent qu’un de ses concurrents. Il faut donc pour cette dernière travailler sur son image de marque et faire en sorte que l’excellence de ses produits soit mise en avant.
Or, depuis plusieurs mois maintenant, l’entreprise italienne croule sous les critiques des pilotes et des écuries qui font ressortir une incapacité à tirer la quintessence de leurs monoplaces à cause de pneumatiques trop peu endurants. Paul Hembery, le directeur sportif de Pirelli, se confond en explications pour justifier les choix conjointement pris par son entreprise et la Fédération.

Au final, qu’aurait à gagner Pirelli à continuer dans cette direction pour 2014 et au delà ? Si la situation reste en l’état, pas grand-chose. On l’a dit, le but premier de Pirelli est de faire rejaillir ses succès et sa technique sur ses ventes de pneumatiques dans le monde. Le marketing est un point assez important dans le milieu commercial pour ne pas se forger une mauvaise image en dépensant des millions en Formule 1. Certes, le nom de Pirelli est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Au niveau de la représentation par l’image, c’est un succès. Mais au niveau de l’image de la marque en elle-même, Pirelli se retrouve sur le fil du rasoir entre une bonne et une mauvaise appréciation.

Paul Hembery et ses partenaires vont donc devoir faire un choix cornélien et réussir à définir si leur présence à long terme en Formule 1 va continuer à leur apporter ce qu’ils étaient venus chercher en entrant dans la discipline, c’est-à-dire une meilleure image de leurs produits axés sur la compétitivité, l’endurance et l’excellence. Pas si sûr que les décideurs de la Formule 1 soient sur la même longueur d’onde.

 

Axel B.








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