L’heure anglaise

20 04 2014

Trois Grands Prix et déjà deux victoires, Lewis Hamilton n’avait plus été à pareille fête depuis longtemps. Pas même en 2008, année de son titre de champion du monde. Le voilà en tout cas bien placé pour remettre la Formule 1 à l’heure anglaise et doubler ainsi son palmarès.

 

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Parfois, la Formule 1 semble facile. L’année dernière, tout le monde se demandait pourquoi Lewis Hamilton avait fait le choix étrange de quitter McLaren pour rejoindre une écurie Mercedes qui, malgré de beaux atouts, avait du mal à décoller.

Au final, en 2013, McLaren a vécu sa pire saison depuis plus de trente ans et Mercedes a fourni une monoplace suffisamment compétitive à ses deux pilotes pour qu’ils remportent trois courses. Certes, Lewis Hamilton n’était pas au sommet de son art, embrouillé par des problèmes personnels qui avaient une fâcheuse tendance à prendre le dessus sur sa concentration. Mais sur les quelques dix neuf Grands Prix au calendrier, le Britannique a en fait poser les fondations qui lui permettent aujourd’hui de caracoler devant la meute des moteurs Mercedes.

Pas grand monde n’aurait parié sur Mercedes quelques années auparavant. Le retour de Michael Schumacher a pu faire rêver mais l’effet est tombé aussi rapidement que les ambitions du septuple champion du monde. Dominé par un Rosberg arrivé à maturité, l’Allemand céda sans trop de regrets sa monoplace à Hamilton qui allait en faire bon usage.

Aujourd’hui, l’équipe basée à Stuttgart a parfaitement pris le virage de la nouvelle réglementation et a sortie une W05 redoutablement efficace. La puissance et la fiabilité de la nouvelle unité de puissance a relégué les pourtant très estimés bloc Renault au rang de faire-valoir.

L’histoire n’est pas sans rappeler l’aventure de l’équipe Brawn GP, sur les cendres de laquelle Mercedes est d’ailleurs construite. Bénéficiant d’une meilleure compréhension des nouveaux règlements techniques de 2009, les monoplaces blanches de Jenson Button et Rubens Barrichello avaient dominé la saison pour mener le Britannique au titre mondial des pilotes. Ironie du sort, c’est avec le départ de Ross Brawn de Mercedes cette année que l’équipe va jouer le titre.

Qu’est ce qui pourrait alors arrêter la marche en avant d’Hamilton ? Son principal souci se trouve en fait très proche de lui en la personne de son équipier Nico Rosberg. L’Allemand, au sein d’une équipe allemande, serait la parfaite incarnation de la réussite de Mercedes. Présent depuis plus longtemps que Lewis au sein de l’équipe, Nico en connait tous les rouages. Sans parler de préférences, une certaine habitude de travail s’est forcement inscrite entre l’homme et son équipe. Mais celle-ci justement, a prouvé à Bahreïn qu’elle ne souhaitait pas favoriser un des ses pilotes. Le résultat est gagnant pour tout le monde : l’image de marque de l’équipe, les pilotes qui peuvent prouver leurs valeurs humaines et sportives, et le sport qui gagne ainsi un regain d’intérêt après les querelles intestines sur le spectacle ou le bruit. Mais cet état de grâce durera jusqu’à quand ?

 

Lewis Hamilton est suffisamment rapide et intelligent pour savoir mettre de son côté tous les éléments nécessaire à l’obtention du titre suprême. Finalement, son plus gros avantage dans la lutte avec son équipier sera peut être psychologique. Lui, contrairement à Rosberg, a déjà porté les lauriers du titre, et il fera tout pour y gouter à nouveau.

 

Axel B.





Ross Brawn : un homme de défi

2 02 2014

Ross Brawn est actuellement un des hommes les plus demandés de la Formule 1. Depuis l’annonce de son retrait de chez Mercedes et de sa possible période sabbatique, l’ingénieur britannique est lié par des rumeurs à toutes les équipes en manque de dirigeant comme McLaren, Lotus ou même Honda. Il faut dire que l’homme à un curriculum vitae plutôt séduisant.

Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo

Licence Creative Commons / S.Di Lorenzo

Dans le monde de la Formule 1, Ross Brawn est associé à la victoire. Tout d’abord, il a fait partie de la glorieuse époque Ferrari où, aux côtés de Jean Todt et Michael Schumacher, il formait le trio le plus victorieux de la discipline. La symbiose qui a existé entre le septuple champion du monde et l’ingénieur britannique datait du passage des deux hommes chez Benetton, où l’ingénieux et opportuniste Flavio Briatore avait eu la bonne idée de les associer. C’est de cette époque d’ailleurs que datent les premières victoires de Ross Brawn, avec les deux titres pilotes acquis en 1994 et 1995 et le titre constructeur cette dernière année.

Il ne tardera pas cependant à suivre son ami Schumacher vers d’autres cieux et à relever le défi de redonner le gout de la victoire à Ferrari, à partir de 1997. Il lui faudra trois ans et quelques péripéties pour parvenir à ses fins, entouré par une des plus belles équipes de cette période comprenant donc Michael Schumacher, Jean Todt mais aussi Rory Byrne ou Rubens Barrichello, tous indispensables à la formidable épopée victorieuse des rouges, qui les verra collectionner la totalité des titres pilotes et constructeurs entre 2000 et 2004.

Mais Fernando Alonso et sa Renault viendront mettre fin à l’hégémonie de la Scuderia et, petit à petit, la « dream team » se séparera pour voler vers d’autres cieux. Michael Schumacher et Rory Byrne en retraite presque forcée, Jean Todt sur le chemin de la présidence de la FIA et enfin, Ross Brawn vers un rôle clé au sein de l’équipe Honda.
Le choix du Britannique de se tourner vers cette équipe va d’ailleurs s’avérer crucial pour la suite de sa carrière. En effet, le constructeur japonais, las de voir ses monoplaces végéter en fond de grille en Formule 1, décide à la surprise générale de laisser tomber son engagement à la fin de la saison 2008, mettant dans l’embarras toutes l’équipe technique et les pilotes, Jenson Button et Rubens Barrichello.

Mais pour ne pas cesser l’activité d’une équipe qu’il pense capable de gagner, Ross Brawn décide alors de racheter l’actif de l’écurie pour un euro symbolique et de la faire courir en 2009 sous son nom, vierge de tout sponsor. Profitant des nouvelles réglementations, notamment celles concernant les diffuseurs, la Brawn GP, motorisée à la va-vite par Mercedes et pilotée par Button, domine la majeure partie de la saison et remporte finalement les deux titres. Ross Brawn aura marqué d’une trace indélébile les annales de la discipline et aura écrit une des histoires les plus fascinantes et incroyables de ces dernières décennies.

La revente de son équipe à Mercedes l’année suivante, le retour de Michael Schumacher au sein de celle-ci, ne seront que des étapes vers une certaines lassitude ressentie par Brawn, qui, poussé insidieusement vers la sortie par les nouveaux décisionnaires de la firme à l’étoile, Toto Wolff et Niki Lauda, préférera se retirer de son propre gré à la fin d’une saison 2013 qui aura cependant marqué un retour vers le premier plan d’une équipe qui a pour racines Tyrrell, BAR, Honda et enfin Brawn.

Aujourd’hui, Ross Brawn se retrouve dans la même situation que lors de son retrait de chez Ferrari à la fin de l’année 2006. Une année sabbatique qui lui avait permis de rebondir vers d’autres objectifs. Il y a fort à parier que son intelligence de la course ne reste inemployée très longtemps. Les rumeurs qui le lient à un retour chez Honda, qui va s’associer avec McLaren en 2015, semblent probables, plus tout du moins qu’une possible association avec une équipe Lotus, qu’il connait pourtant depuis son passage chez Benetton, mais qui est en proie à d’incessantes difficultés financières. Et si finalement tout ça ne l’intéressait pas, et qu’il choisisse de relancer sa propre écurie en répondant à l’appel d’offre de la FIA pour l’engagement d’une nouvelle équipe à l’orée de la saison 2015 ?

 Axel B.





La chasse aux records de Sebastian Vettel

11 01 2014

A seulement 26 ans, Sebastian Vettel est déjà à la tête de statistiques intéressantes. Contrairement à d’autres pilotes, l’Allemand est particulièrement attentif à cela et tente dès que possible de soigner ses performances pour se rapprocher un peu plus de certains records de la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

120 Grands Prix, 39 victoires, 45 pole positions, 22 meilleurs tours et 62 podiums. Voilà le tableau de chasse impressionnant de Sebastian Vettel. Mais parmi les nombreux records en Formule 1, il y en a certains de plus significatifs que d’autres. Le nombre de points accumulés par exemple n’est pas très révélateur du niveau d’un pilote, tant les barèmes de distribution n’ont cessé d’évoluer depuis la création du championnat.

Du coup, la moyenne de points par Grand Prix, qui aurait pu être un révélateur intéressant du niveau de compétitivité d’un pilote, devient inutile.

Mais il reste tout de même une corrélation très pertinente à réaliser qui consiste à faire le rapport entre le nombre de Grands Prix et les victoires des pilotes. En effet, il est le seul indicateur fiable (si l’on peut parler de fiabilité en statistiques) sur lequel on peut s’appuyer pour se faire une idée du talent et de la domination d’un pilote.

A ce jeu-là, si Sebastian Vettel n’a pas obtenu encore le record de la discipline, qui est détenu par Michael Schumacher avec 91 victoires, on s’aperçoit de manière étonnante qu’il domine néanmoins ses ainés les plus victorieux.

En effet, avec 39 victoires en 120 Grands Prix, Vettel a gagné plus de 32% de ses courses. C’est plus que Michael Schumacher qui n’atteint pas les 30% avec 91 succès en 307 Grands Prix, ou qu’Alain Prost et Ayrton Senna qui dépassent tout juste les 25% avec respectivement 51 victoires en 199 courses et 41 victoires en 161 courses. Seul Juan-Manuel Fangio détient une statistique incroyable avec plus de 40% de ses courses remportées. Un record qui semble difficile à battre de nos jours.

Au niveau des pole positions cependant, et toujours en observant ce pourcentage, Vettel (37% de pole) reste encore relativement loin des cadors des statistiques que sont Ayrton Senna (40% de pole), Jim Clark (46% de pole) ou Juan Manuel Fangio (57% de pole).

Même constat pour les records du tour en course où Vettel se fait même dominer par un étonnant Kimi Räikkönen qui a remporté 20% des meilleurs tours en 194 Grands Prix (soit un total de 39) alors que l’Allemand n’en a que 22, soit un peu plus de 18% de ses courses.

Par contre, en ce qui concerne les podiums, Vettel se trouve à une belle troisième place derrière Fangio (69% de ses courses finies dans les trois premiers) et Alain Prost (53% de podiums) avec un beau ratio de 52%.

Mais ce qui est finalement le plus impressionnant, c’est que la carrière de Sebastian Vettel est très loin d’être terminée, et qu’à ce stade, il a déjà rejoint au palmarès les plus grands noms de la discipline avec des statistiques époustouflantes comme Juan-Manuel Fangio, Jim Clark, Ayrton Senna, Alain Prost ou Michael Schumacher. Chacun d’eux aura marqué l’histoire à son époque, et sans nul doute, Sebastian Vettel est en train de marquer la sienne.

Axel B.





Le choc !

1 01 2014

Michael Schumacher est en train de lutter pour survivre. C’est un choc pour le monde du sport automobile et l’incompréhension est de mise. Lui que l’on croyait invincible et intouchable, qui a joué avec sa vie pendant plus de 300 Grands Prix est aujourd’hui sur le point de mourir à cause d’un bête accident de ski, sur des pistes qu’il connait pourtant par cœur…

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

L’ironie de la vie est parfois troublante. Michael Schumacher a été habitué à jouer avec sa vie, et avait accepté les risques inhérents à la compétition automobile. Sa réflexion à ce sujet avait atteint son paroxysme le 1er mai 1994, terrible jour où Ayrton Senna avait perdu la vie sous ses yeux. A ce moment là, Michael Schumacher et la plupart des autres pilotes concernés par la Formule 1 s’étaient posé la question fatidique de continuer ou pas ce cirque devenu un instant ridicule.

Mais comme tout sportif de haut niveau, comme tout compétiteur, sa vie avait repris le chemin normal des circuits. Quinze jours après ce moment effroyable, le pilote allemand remportait la victoire à Monaco, sur l’une des pistes les plus dangereuses du monde. Son choix de continuer à risquer sa vie était le prix à payer pour vivre sa passion.

Certes, de nombreuses évolutions ont vu le jour suite à cet accident, pour protéger encore mieux les pilotes. Et Michael Schumacher aura été un atout important dans la lutte contre l’insécurité. Cela ne l’empêchera pas cependant de subir les affres d’un accident à grande vitesse lors du Grand Prix d’Angleterre en 1999. Blessé à une jambe, le Kaiser s’en relèvera encore plus fort pour enchainer une série époustouflante et inédite de cinq titres mondiaux consécutifs. Le reste, ses accrochages contestés, son attitude en piste, son retour raté chez Mercedes, appartiennent à l’histoire mais n’ont jamais vraiment réussi à ternir l’aura de ce champion d’exception.

Aujourd’hui, un an après son retrait, Michael Schumacher a entamé à ses dépends le plus dur combat de sa vie. Mais l’Allemand est un homme de miracle. Et tous les plus fous espoirs traversent les esprits de son entourage et de ses fans. Dans l’histoire du sport, d’autres grands champions ont réussi à se sortir de situation dont ont pensait l’issue inévitable. Le cas qui ressemble le plus à celui de l’Allemand est sans conteste celui d’Alberto Contador. Le champion cycliste, alors jeune professionnel, est victime d’une lourde chute lors du Tour des Asturies en 2004. S’en suivra une longue hospitalisation, une opération de cinq heures pour résorber un œdème crânien et un coma de trois semaines. Contador ressortira de l’hôpital avec deux barres en titane dans le crane et de nombreux points de sutures, mais n’aura perdu aucune de ses facultés mentales ou physiques alors que les pires diagnostics étaient alors envisagé avant son opération et durant sa rééducation. Sept mois plus tard, il remontera sur son vélo et trois ans après, il remportera son premier Tour de France.

Une trajectoire exceptionnelle, incroyable et rare, mais qui peut tout de même nourrir les espoirs de nombreuses personnes très touchées et émues par le malheur qui arrive en ce moment à Michael Schumacher. Tout le monde est suspendu aux déclarations des médecins du CHU de Grenoble qui s’occupent du champion allemand, et tout le monde espère que celui-ci va combattre avec le même talent et la même force qui était la sienne en course, cet épisode douloureux de sa vie.

Axel B.





Felipe Massa face au mythe de Senna

5 12 2013

De part son histoire tout au long de ses onze années passées en Formule 1, Felipe Massa est un pilote à part. Il va rejoindre en 2014 une des dernières équipes indépendantes survivantes de la grande époque de la discipline : Williams. Il va donc marcher dans les pas de son idole Ayrton Senna qui a payé de sa vie le prix de sa passion, en 1994, au sein de l’équipe britannique.

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Felipe Massa a une histoire tumultueuse avec la Formule 1. Il a débarqué dans la discipline en 2002 au volant d’une Sauber, couvé par Ferrari, qui l’aura lancé dans le grand bain peut être un peu trop tôt. Victime de sa fougue et de son manque d’expérience, le Brésilien commettra beaucoup de fautes lors de sa première saison et sera rétrogradé en 2003 au rang de pilote essayeur de la Scuderia.

Lors de cette saison d’apprentissage, au contact de Michael Schumacher, il va acquérir des méthodes de travail efficaces et un style de pilotage plus doux, aux antipodes de ce qu’il avait démontré l’année précédente. Il restera deux saisons au sein de l’écurie suisse en réalisant quelques belles courses qui lui vaudront d’être titularisé chez Ferrari en 2006. Il remportera cette année là sa première victoire en Turquie, puis une autre sur ses terres, au Brésil, en fin d’année.

Michael Schumacher prenant sa première retraite à la fin de cette saison, Massa sera désigné comme le digne successeur de son ainé. Et il ne décevra pas les rouges. Il contribuera au titre mondial de Kimi Raïkkönen en 2007 et surtout, il deviendra le leader de l’équipe en 2008, une saison où il se battra pour le titre mondial jusqu’au dernier virage du dernier Grand Prix au Brésil, à Sao Paulo. L’espace d’un instant, Massa croira bien être titré face à Lewis Hamilton, son rival. Mais l’Anglais arrachera dans la dernière ligne droite une cinquième place synonyme de sacre, privant Felipe de son rêve. Sa réaction d’orgueil sur le podium restera une des plus belles images de l’histoire de la Formule 1.

Mais après cet échec, moralement et sportivement très difficile à encaisser pour lui, Massa entamera la période la plus difficile de sa carrière. Son grave accident lors du Grand Prix de Hongrie en 2009 duquel il s’est miraculeusement réchappé vivant, marquera un arrêt brutal dont il aura beaucoup de mal à se sortir. Puis enfin, l’arrivée de Fernando Alonso chez Ferrari, qui s’accaparera littéralement l’équipe, le fera glisser du statut de premier pilote à celui de porteur d’eau de l’Espagnol. Le fameux épisode « Fernando is faster than you » du Grand Prix d’Allemagne 2010 mettra un terme définitif aux ambitions de victoire du Brésilien. A partir de ce moment, l’avenir de Massa basculera dans l’incertitude. Il aura cependant réussi à conserver sa place chez Ferrari jusqu’en 2013 en réalisant épisodiquement quelques bons résultats et surtout en se sacrifiant pour son leader.

Aujourd’hui, écarté par la Scuderia, il va faire face à un nouveau challenge qui, symboliquement, fait déjà beaucoup parler. Il va en effet rejoindre l’équipe Williams pour tenter de relancer sa carrière, comme l’avait fait jadis son idole Ayrton Senna en 1994 en provenance de McLaren. Certes, l’écurie britannique n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a vingt ans. Mais elle est chargée d’histoire et de légende. Chaque Brésilien qui passe en ses rangs, depuis le tragique accident mortel de Senna, se sent la lourde tâche de faire honneur à la mémoire de leur illustre ainé. Antonio Pizzonia, Rubens Barrichello et encore plus Bruno Senna ont incarné ce symbole, avec plus ou moins de réussite. Felipe Massa, dont la présence en Formule 1 suscite beaucoup d’émotion de part son parcours et son caractère, devra faire face au poids de l’histoire. Dorénavant motorisée par Mercedes, la Williams lui permettra peut être de relever un dernier défi dans une carrière peu commune et de porter haut les couleurs de son pays et la mémoire d’Ayrton Senna, dont la ferveur ne s’est jamais éteinte.

Massa est en tout cas la meilleure incarnation du côté mystique, humain et émotif du triple champion du monde décédé. Et à ce titre, il pourrait bien parachever l’œuvre de « Magic Senna » en devenant le « Magic Massa » de Williams en 2014. Les changements de réglementation et le grand saut dans l’inconnu qui attend le monde de la Formule la saison à venir pourraient être sa chance.

Axel B.





So long Mark !

30 11 2013

Un pilote à l’ancienne, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui dit ce qu’il pense. Oui, Mark Webber était (puisqu’il faut maintenant employer le passé) un pilote de Formule 1 que le public appréciait pour toutes ces raisons là. Mais il était aussi diablement rapide. Moins que Sebastian Vettel, mais qui a joué le titre de champion jusqu’à l’ultime round en 2010. Tout ne monde ne l’a pas fait.

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Hommage appuyé donc à un grand pilote qui s’envole vers d’autres horizons qu’une Formule 1 qu’il ne reconnaissait plus. Lui l’attaquant généreux ne pouvait se contenter des courses d’attentes que nous offre la discipline ces derniers mois. Las de devoir ralentir un tour sur trois pour préserver ses pneus, Mark s’est tourné de manière paradoxale vers le championnat d’endurance. Il participera donc avec Porsche aux 24h du Mans en 2014 qu’il avait déjà fréquenté de manière spectaculaire à la fin des années 90.

Il met également un pas en dehors de la politique et de la polémique très présentent en Formule 1 et qui ne sied guère aux pilotes forts en gueule comme l’Australien. Il laisse de côté aussi l’environnement pas toujours favorable de Red Bull, surtout depuis que le jeune Vettel en a fait son jardin. Même si l’Australien est arrivé plus tôt au sein de l’équipe, en 2007, les succès à répétition de l’Allemand ont poussé gentiment l’ « Aussie Grit » vers le rôle de second pilote. En se retirant de la Formule 1, il s’éloigne enfin de Sebastian Vettel, son meilleur ennemi, son plus grand rival mais aussi son graal inaccessible qui l’aura sûrement privé de sa plus belle chance de titre en 2010. Que ce serait-il passé ensuite si Mark Webber avait remporté le titre à la place de Vettel cette année là ? On ne peut pas refaire l’histoire, mais l’Australien aurait pu être le premier champion Red Bull. Son statut aurait été bien différent. Sa rivalité avec Vettel aurait été décuplée. Leur animosité remonte pourtant à longtemps. Au Grand Prix du Japon 2007 plus précisément. Là ou le jeune et fougueux Vettel, alors sur Toro Rosso, a percuté son ainée sur Red Bull, alors deuxième et prétendant à la victoire sous le déluge du Mont Fuji. Leur deuxième accrochage, deux ans plus tard, en Turquie, enfoncera un peu plus la véritable haine que se portent les deux hommes. Elle sera confirmée cette année en Malaisie avec la fameuse péripétie du « Multi 21 » qui annihilera la saison et le moral de Webber. Ce dernier a eu beau déclarer après son ultime course au Brésil qu’il avait toujours respecté professionnellement son équipier quadruple champion du monde, mais il est difficile de ne pas penser l’inverse…

Comment en vouloir à Webber finalement de quitter la Formule 1 ? Il a eu pendant quatre ans la meilleure voiture du plateau, et il n’a jamais réussi à remporter le titre. Son malheur finalement aura été de tomber sur le pilote le plus doué de sa génération. Un malheur partagé par tant d’autres pilotes dans l’histoire de la Formule 1, qui auront croisé Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna ou encore Michael Schumacher.

Malgré tout, Mark Webber a de quoi être fier de sa carrière dans la discipline reine du sport automobile. Il a réalisé des exploits que d’autres pilotes peuvent lui envier. Il aura marqué des points pour son premier Grand Prix en Australie, chez lui, en 2002, au volant d’une Minardi, l’écurie parfaite durant des années pour débuter en Formule 1. Il aura gagné deux fois à Monaco et à Silvertone mais aussi remporté des courses sur d’autres circuits mythiques comme Interlagos, Barcelone ou le Nürbürgring, cadre de sa première victoire en 2009. Il aura piloté des monoplaces championnes du monde de 2010 à 2013 et il aura aussi bataillé en piste avec certains des pilotes les plus performants de leur époque comme Michael Schumacher, Fernando Alonso ou Sebastian Vettel.

Le grand Mark, comme il a été affectueusement surnommé durant sa carrière, a donc pu fièrement ôter son casque dans ce dernier tour du Grand Prix du Brésil pour regarder dans les yeux le monde de la Formule 1, sans rougir, et avec le sentiment du devoir accompli. Il manquera sûrement beaucoup à la discipline.

Axel B.





Vettel, un champion controversé

3 11 2013

Comme la plupart de ceux qui l’accompagnent en haut des statistiques, Sebastian Vettel fait naitre des controverses. Les Schumacher, Prost, Senna sont tous des champions sur qui planent parfois des incompréhensions, soit avec le public, soit avec leurs pairs. Sur la route de ses quatre titres mondiaux, le pilote allemand de 26 ans ne déroge pas à la règle.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Bien entendu, le public aime le divertissement. Même si la domination sans partage de Sebastian Vettel représente un exceptionnel exploit sportif, révélant au grand jour le talent immense de ce jeune homme, elle créer néanmoins un ennui profond pour les spectateurs et téléspectateurs qui font du pilote allemand leur cible préférée. Pour preuve, les huées dont le quadruple champion est victime depuis plusieurs Grands Prix et qui traduisent, de manière idiote, le mécontentement de public.

La Formule 1 est sûrement le seul sport où les plus belles réussites sont ainsi galvaudées. Horner, Newey et Vettel, qui représentent à eux trois la magie de Red Bull, sont donc montrés du doigt pour leur talent qui éclate à la figure de tous. Même dans le football, où les supporters n’ont pourtant pas bonne presse, ce cas de figure n’arrive pas. Imaginez le Camp Nou de Barcelone siffler Lionel Messi après un triplé ! Bref, cette archi-domination de l’association Vettel/Red Bull ne pourrait être endiguée que par l’intervention réglementaire de la FIA, comme cela était arrivé au milieu des années 2000 où une batterie de changements de réglementations était entrée en vigueur pour casser la suprématie de Michael Schumacher au volant de sa Ferrari.

Mais ceci n’est pas le seul point noir qui vient troubler le palmarès de Sebastien Vettel. Tout le monde a encore en tête l’action malheureuse de l’Allemand en Malaisie lorsqu’il avait désobéit aux consignes d’équipe pour aller chiper la victoire à son équipier Mark Webber, enterrant par là même les dernières notes d’optimisme de l’Australien.

Ce geste, qu’il a reconnu lui-même au soir de son quatrième titre comme étant une erreur (voilà déjà une preuve de maturité bien venue), est à ranger dans le même tiroir que les fameux duels de Suzuka entre Alain Prost et Ayrton Senna qui se sont rendu la pareille à coup de roues en 1989 et 1990 et de ceux de Michaël Schumacher à Adelaïde en 1994 face à Damon Hill ou à Jerez en 1997 contre Jacques Villeneuve. Dans tout ces cas, ces grands champions ont été aveuglés par leur talent et par la peur de perdre. Un sentiment commun que l’on peut désormais affubler à Vettel, mais qui restera dans l’histoire de la Formule 1 comme un manquement à l’intégrité du champion.

Mais peut être que l’extraordinaire ne peut pas se concevoir sans ce tempérament. Et justement, Sebastian Vettel est un pilote extraordinaire. Mais il lui restera encore un défi de taille à relever avant de peut être se retirer d’ici une dizaine d’année, à savoir conquérir le cœur de la majorité du public. La défaite rend humain, Fernando Alonso en est la preuve, mais peut être que Vettel pourra ajouter une dose de panache supplémentaire à sa facilité pour finalement faire taire toutes les controverses.

 

Axel B.





No fun !

25 09 2013

« No fun, my baby, no fun » hurlaient Iggy Pop et ses Stooges en 1969…voilà une chanson qui colle à la peau de la Formule 1 actuellement. Et on ne parle pas là de l’ennui généré par l’archi-domination de Vettel mais plutôt des instances dirigeantes de la discipline qui sanctionnent à tout va des gestes et des situations qu’elles jugent indécentes ou dangereuses alors le public s’en amuse.

(c) DR

(c) DR

Aseptisée. Voilà le qualificatif qui convient le mieux à la Formule 1 aujourd’hui. Dernier exemple en date, et non des moindres, la sanction infligée à Mark Webber au soir du Grand Prix de Singapour. L’Australien malchanceux une fois de plus, a du abandonner sa Red Bull en flamme dans le dernier tour de course suite à un problème mécanique. Se retrouvant à pieds sur le bord de la piste, son ami Fernando Alonso a décidé de la raccompagner, au volant de sa Ferrari, jusqu’aux stands. Une image forte et séduisante, surtout en connaissant les liens qui unissent les deux pilotes et en sachant que le grand Mark ne serait plus là l’année prochaine.

Il y a d’ailleurs eu quelques précédents récents, d’un pilote raccompagnant un de ses adversaires sur le dos de sa monoplace. Et notamment ce même Webber qui avait raccompagné…Alonso à son stand à la fin du Grand Prix d’Allemagne 2011 alors que l’Espagnol était en panne d’essence après l’arrivée…On se souvient aussi de la première et seule victoire de Jean Alesi lors du Grand Prix du Canada en 1995. Alors pilote Ferrari, l’Avignonnais était tombé en panne d’essence juste après avoir franchi la ligné d’arrivée en vainqueur. C’est Michael Schumacher le croisant en bord de piste, qui ramènera l’infortuné  Alesi à califourchon sur la Benetton de l’Allemand, sans savoir que, quelques mois plus tard, ils échangeront leur baquet respectif. Deux ans plus tard, Schumacher fera de même avec Giancarlo Fisichella au Grand Prix d’Allemagne, alors qu’un pneumatique de la Jordan du pilote italien avait explosé lorsqu’il se trouvait en tête de la course.

En 2001, c’est Mika Hakkinen, dans sa dernière année de présence en Formule 1, qui jouera de malchance lors du Grand Prix d’Espagne. Alors en tête, son embrayage lui fait défaut à quelques mètres de l’arrivée le forçant à mettre pied à terre. Il sera raccompagné aux stands par son équipier chez McLaren, David Coulthard, laissant Michael Schumacher et sa Ferrari grimper sur la première marche du podium.

Ce dimanche, Mark Webber nous a donc offert un tour d’honneur original qui restera sûrement comme une des images les plus marquantes de cette saison. Mais malgré cela, les commissaires ont décidé de sanctionner l’Australien d’un blâme, le troisième cette saison pour le pilote Red Bull, ce qui est synonyme, selon le règlement, d’une sanction de dix places sur la grille de départ du prochain Grand Prix, en Corée du Sud.

Aseptisée donc, pas de le droit au moindre écart, à un peu de folie, à du spectacle…la Formule 1 était déjà un grand cirque ordonné et quasi-impénétrable, elle en deviendrait presque risible et inintéressante car trop calculée et ne laissant plus de place à l’imprévu, qui est pourtant souvent porteur d’intérêt. Même les podiums sont devenus froids et rigides. Les drapeaux nationaux flottants au vent et représentants les nations des trois premiers de la course ont été remplacées par des panneaux électriques donnant d’air à des panneaux publicitaires. Plus d’anarchie non plus dans la montée des marches des pilotes qui sont présentés dans l’ordre décroissant des arrivées ; sans parler de la mini-conférence de presse qui s’ensuit avec une personnalité choisie…bref, on en viendrait presque à regretter les erreurs historiques des podiums d’antan comme lors de cette victoire surprise de Jacques Laffite au Grand Prix de Suède en 1977 lors de laquelle la Marseillaise ne retentira pas, les organisateurs n’ayant pas prévu l’éventualité d’une victoire française lors de la course…

Mark Webber paiera donc « sa folie » d’avoir enfin pu rouler en Formule 1 avec une Ferrari, lui que l’on disait proche d’un accord l’année dernière pour remplacer Felipe Massa, et devra nous gratifier d’une des remontées dont il a le secret en Corée, dans deux semaines, pour venger cet affront ridicule qu’on lui impose.

Axel B.





La leçon de vie de Zanardi

21 09 2013

Alessandro Zanardi est un champion atypique dans le monde du sport. Depuis son terrible accident en 2001 qui lui a valu une amputation des deux jambes, l’ex-pilote italien ne cesse d’impressionner ses pairs et de collectionner les exploits dans diverses disciplines. Douze ans  après ce jour qui a changé profondément sa vie, Zanardi peut se targuer d’être, entre autre, double médaillé d’or paralympique en cyclisme…

Licence Creative Commons / Lptacek

Licence Creative Commons / Lptacek

Le 15 septembre 2001 a marqué profondément Alessandro Zanardi. Ce jour là, sur l’ovale du Lausitzring en Allemagne, alors qu’il participe à une manche du championnat CART, un terrible accident va lui faire perdre ses deux jambes. Mais cet épisode dramatique va être une sorte de renaissance pour l’Italien.

Pilote émérite mais malchanceux lors de ses débuts en Formule 1, Zanardi avait pourtant grimpé un à un les échelons le menant à la catégorie reine du sport automobile. Il fera ses débuts en Formule 1 en 1991, la même année qu’un certain Michael Schumacher et dans la même écurie, la débutante Jordan. Mais sans réussir à convaincre réellement, il échouera ensuite dans diverses écuries qui ne lui permettront pas de briller.

Il décide alors de s’expatrier aux Etats-Unis pour donner un nouvel élan à sa carrière. Loin du Vieux Continent, la révélation de son talent éclatera au grand jour. Il deviendra double champion de la série CART sur le sol américain. Mais l’appel de l’Europe est le plus fort et Zanardi tentera un retour en Formule 1 au volant d’une Williams, lentement sur le déclin. Éclipsé par son équipier, le jeune Ralf Schumacher, Zanardi ne tiendra qu’une saison sur les deux que comptait son contrat. L’histoire d’amour entre la Formule 1 et le pilote italien s’achèvera donc au soir du dernier Grand Prix de la saison 1999, et son histoire continuera à s’écrire aux Etats-Unis, à nouveau dans le championnat CART.

Mais cette fois ci, loin de la gloire et des succès, c’est dans la douleur que Zanardi fera parler de lui. Son accident en 2001, qui a fait de lui un miraculé, aurait pu mettre un terme définitif à sa carrière. Mais cela sera bien d’un nouvel élan dont il s’agira. Désormais amputé des deux jambes, Zanardi remonte dans une monoplace adaptée à son handicap, deux ans plus tard, pour terminer, symboliquement, les treize tours qu’ils lui restaient à courir sur l’ovale du Lausitzring avant son accident. Il signera même un temps qui lui aurait permis de s’élancer de la cinquième place de la grille de départ. Fort de cet exploit, l’Italien décide alors de reprendre sa carrière en voiture de Tourisme. Il gagnera plusieurs courses et se fera une réputation de pilote agressif et compétitif avant de mettre un terme définitif à sa carrière en sport automobile à la fin de l’année 2009.

Mais sa carrière sportive, elle, est loin d’être finie. Il participera à plusieurs marathons, dont celui de New York en catégorie handisport et remportera celui de Venise en 2008. Mais son plus bel exploit, Zanardi l’a sûrement effectué l’année dernière, lors des Jeux Paralympiques de Londres, où il remporte les médailles d’or en cyclisme handisport sur le contre-la-montre et la course en ligne.

La volonté d’Alessandro Zanardi est une véritable leçon de vie. Comme il le résume très bien lui-même, sa philosophie et son approche de l’existence après son accident l’ont profondément changé : « Lorsque je me suis réveillé, ma femme Daniela était à mes côtés et m’a annoncé que je n’avais plus de jambes. Croyez-le ou non, pour moi, c’était une belle journée. J’étais en vie. Si avant mon accident j’avais croisé quelqu’un sans jambes, j’aurais dit "mieux vaut être mort qu’amputé". Maintenant que j’ai perdu mes jambes, je réalise que l’essentiel est ailleurs. »

 

Axel B.





Vettel assomme et endort la Formule 1

1 09 2013

En Belgique le week-end dernier, Sebastian Vettel a une nouvelle fois dominé de la tête et des épaules tous ses adversaires. Si cette situation ravit le pilote et son équipe, elle a du mal à enthousiasmer le reste du monde de la Formule 1 et ses spectateurs en premiers lieu. Allons-nous entrer dans une nouvelle ère de domination à la Michael Schumacher ? Vettel est-il intouchable ? Ses adversaires sont-ils capable de le battre ? Autant de questions qui risquent d’agiter les années à venir dans la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

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Si en début de saison, un fringant Fernando Alonso et sa Ferrari avaient laissé penser qu’ils pourraient s’attaquer et tenir tête à l’ogre Vettel au volant de sa Red Bull, les dernières courses en date ont vite refroidi les plus chaudes ambitions de changement en haut du classement du championnat du monde des pilotes.

Certes, Alonso est toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de tout donner au volant de son bolide rouge. Le week-end dernier, en Belgique, il a une nouvelle fois démontré tout son talent en remontant de la neuvième à la deuxième place, en mystifiant sur son passage le préretraité Mark Webber et les deux Mercedes, épouvantails des qualifications mais bien à la peine en course.

On se mettrait presque à rêver que l’Espagnol parte en pole positions dans les week-ends à venir, une situation qui ne lui est plus arrivé depuis le Grand Prix d’Allemagne l’année dernière, ce qui constituait alors sa quatrième pole chez Ferrari, seulement…

D’un autre côté, c’est le problème inverse qui semble toucher les Mercedes. Redoutablement rapides en qualification cette années, les flèches d’argent ont certaines difficultés selon les circuits pour rester devant la meute. Dans certaines circonstances, Nico Rosberg et Lewis Hamilton arrivent cependant à remporter des courses, deux pour l’Allemand et une pour le Britannique, mais leur inconstance ne leur permet pas pour l’instant de jouer les premiers rôles au championnat et de ralentir la course effrénée de Vettel vers son quatrième titre consécutif.

Même constat pour Lotus, et notamment Kimi Raikkonen, troisième du championnat, qui ne trouve pas sa performance optimale en toutes occasions. Tantôt brillantes, tantôt fantomatiques, les monoplaces noir et or sont sur le fil du rasoir à cause d’un développement moins rapide que leurs rivaux.

On aurait alors pu compter sur la seconde Red Bull, pilotée par Mark Webber, pour jouer les trublions au championnat. Mais l’Australien a longtemps été perturbé en début de saison jusqu’à l’annonce de sa retraite future en fin d’année. Mais « Aussie Grit » semble plutôt engagé dans une tournée d’adieu que dans une lutte fratricide pour le championnat.

Bref, Vettel est en train de s’envoler vers un quatrième titre consécutif, et certains fans de Formule 1 commencent à trouver cette domination un peu longue. Bien sûr, l’Allemand ne démérite pas au volant et mérite tout à fait et sans conteste ses succès, et un nouveau titre s’il venait à s’offrir à lui. Mais en son temps, Michael Schumacher dominait également la discipline de fort belle manière, mais en agissant aussi comme un puissant soporifique du dimanche après-midi. A tel point que la FIA et Bernie Ecclestone usaient de tous les stratagèmes pour ralentir le septuple champion du monde, avec plus ou moins de succès selon les différents règlements imposés.

Vettel prend donc le même chemin que son ainé. Sa dernière victoire en Belgique, sur le pourtant très réputé et spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps, nous a offert un des après-midi les plus ennuyant de cette saison. On ne peut évidemment pas reprocher au pilote et à son équipe de collectionner les victoires, mais il serait grand temps que la concurrence se réveille et vienne bousculer le roi Vettel de son trône, au risque de ne plus pouvoir le déloger durant plusieurs années. En début de carrière, l’Allemand n’aimait pas qu’on le compare au Baron Rouge Schumacher, mais force est de constater que, même malgré lui, Vettel commence à lui ressembler fortement…pour meilleur et pour le pire !

 

Axel B.








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