Adrian Sutil, le virtuose incompris

25 01 2015

En 2015, Adrian Sutil ne sera vraisemblablement pas sur les grilles de départ des Grands Prix de Formule 1, une première depuis 2012 et son fâcheux incident judiciaire. Aura-t-il encore une nouvelle chance de retour dans les années à venir ?

(c) Licence Creative Commons / Mark McArdle

(c) Licence Creative Commons / Mark McArdle

Adrian Sutil est un pilote atypique, et pourtant, son profil d’espoir déchu est monnaie courante en Formule 1. Surfant sur la vague des pilotes allemands qui a déferlé sur la discipline après les multiples sacres de Michael Schumacher, Sutil est arrivé en Formule 1 avec un statut de futur grand, à l’instar de Nico Rosberg, un an plus tôt, ou de Nico Hulkenberg la même année que lui.

Mais si les deux derniers ont eu la chance de débarquer au sein d’une équipe Williams leur permettant de démontrer leur talent, Sutil a dû se contenter d’arriver par la petite porte, dans le baquet d’une Spyker, ex-Midland, ex-Jordan et future Force India. Autant dire que, avant de tomber dans les mains du magnat indien Vijay Mallya, l’équipe était loin d’être un modèle de stabilité et donc de performance.

Malgré tout, Sutil se permet quelques coups d’éclats comme à Monaco, qui deviendra son circuit fétiche, où il réalise au nez et à la barbe des cadors le meilleurs temps de la séance d’essais du samedi matin, sous une pluie abondante. C’est encore la pluie qui lui permettra de marquer son premier point la même année, au Japon, sur le circuit du Mont Fuji, et d’inscrire ainsi le nom de Spyker sur les tablettes de la Formule 1.

Conservé par Force India en 2008, l’Allemand y connaîtra un peu de stabilité puisqu’il passera quatre saisons complètes au sein de l’équipe. Malgré un nouveau coup d’éclat à Monaco où il tiendra pendant un moment la quatrième place avant de se faire percuter par la Ferrari de Kimi Raikkonen, juste derrière lui, Sutil se fait dominer par le vétéran italien Giancarlo Fisichella, habitué aux monoplaces rétives dont il arrive à tirer la quintessence.

L’année suivante, l’Italien monopolisera encore le devant de la scène chez Force India en réalisant la première (et seule à ce jour) pole position de l’écurie en Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps. En finissant deuxième de la course, Fisichella sera le premier pilote à faire grimper l’équipe indienne sur le podium et ce résultat inattendu éclipsera le probant résultat de Sutil lors du Grand Prix suivant, en Italie, où l’Allemand, s’élançant deuxième sur la grille, parviendra à décrocher la quatrième place en course.

Mais les saisons 2010 et 2011 n’arriveront pas à confirmer le talent entrevu chez le natif de Starnberg. Au cours de cette dernière, il sera même impliqué dans une altercation avec Eric Lux, alors propriétaire de l’équipe Lotus, dans une boite de nuit, alors qu’il était accompagné de son ami Lewis Hamilton. Si cette mésaventure ne l’empêchera pas de finir la saison dans un relatif anonymat, elle aura des répercussions autrement plus importantes sur sa vie privée et sur la suite de sa carrière.

En effet, reconnu coupable de coups et blessures, Sutil écopera d’une condamnation de 200 000€ d’amende et de dix-huit mois de prison avec sursis. Profondément marqué par cet épisode, l’Allemand perdra coup à coup sa place au sein de Force India et son amitié avec Hamilton dont il lui a reproché le fait de ne pas l’avoir réellement défendu et mis hors de cause.

Après une année blanche, Sutil fait son retour chez Force India en 2013, contre toute attente, en barrant la probable titularisation de Jules Bianchi au sein de l’équipe indienne. Si le premier Grand Prix, en Australie, sera le cadre de sa renaissance avec ses premiers tours de roues en tête d’une course de Formule 1, le reste de la saison sera plutôt décevant, ce qui poussera Mallya a ne pas le conserver pour l’année suivante, lui préférant un prometteur Nico Hulkenberg qui a finit la saison en flèche avec une écurie Sauber moribonde.

L’écurie suisse sera d’ailleurs le point de chute de Sutil en 2014, qui pensait avoir flairé le bon coup en rejoignant une équipe motorisée par Ferrari. Malheureusement, cette année, c’est avec un bloc hybride Mercedes qu’il fallait être. Las du manque de moyens financiers et techniques de Sauber, l’Allemand traînera sa misère tout le long de la saison sans réussir une seule fois à accrocher un point. Loin du rôle de leader que l’équipe voulait lui confier, le pilote se verra remplacer en 2015 alors qu’un contrat semblait le lier avec l’écurie pour plusieurs mois encore.

Le nom de Sutil circule encore pour faire démarrer le nouveau projet de Gene Haas qui va faire son entrée dans la discipline en 2016. L’équipe américaine se verrait bien confier le développement de sa première monoplace à un pilote d’expérience et l’Allemand pourrait être cet homme. Une nouvelle chance, peut être, de pouvoir enfin prouver son talent maintes fois annoncé mais encore trop peu constaté. Sinon, il ne lui restera plus qu’à jouer les virtuoses derrière un piano, sa première passion, héritée de ses parents, musiciens professionnels.

Axel B.





Ma liberté d’expression !

17 01 2015

Difficile de retourner devant sa page blanche ou son écran d’ordinateur cette semaine pour parler de futilités sportives. Alors pourquoi ne pas profiter de la liberté qu’il nous est donnée de s’exprimer et de débattre sans contraintes, à notre niveau, autour du sport ?

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Sebastian Vettel est un immense champion ou un pilote largement surestimé ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Lewis Hamilton mérite son titre ou qu’il l’a volé à Nico Rosberg ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que la Formule 1 est un sport équilibré financièrement ou follement dépensier ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Bernie Ecclestone est un mauvais garçon ou un véritable saint ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Fernando Alonso a réussi son passage chez Ferrari ou qu’il a fait couler la Scuderia ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Mercedes a eu raison de dépenser des millions d’euros ou que c’était une pure folie par les temps qui courent ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que le sport automobile est désuet ou qu’il est utile au rêve ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Juan Manuel Fangio est un plus grand pilote que Michael Schumacher, ou l’inverse ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que la Formule 1 n’est plus un sport ou qu’elle représente les plus belles valeurs de la compétition ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire ce que je pense et d’en débattre avec vous ;

On ne sera pas tous d’accord, certes, mais pour paraphraser un auteur si intelligemment cité ces derniers jours, je me battrai pour que vous puissiez me le dire…

Axel B.





Une saison riche en émotions contrastées

31 12 2014

L’année 2014 a été fertile en émotions: de la joie, de la tristesse, de la colère, de l’excitation, de l’incompréhension…tous ces éléments ont fait entrer cette saison dans l’histoire de la Formule 1.

Licence Creative Commons / Jake Archibald

Licence Creative Commons / Jake Archibald

2014 n’avait pas encore commencé que déjà la Formule 1 était plongée dans la plus grande des tristesses. Fin décembre 2013, on apprenait avec stupéfaction le gravissime accident dont avait été victime Michael Schumacher sur une piste de ski française. Les questions les plus dures et l’insoutenable attente auront rythmé cette année 2014 avec, parfois, l’espoir renaissant de retrouver comme avant le plus grand champion de la discipline. Combattant hors pair, l’homme a réussi à repousser la mort pour retrouver les siens auprès desquels, aujourd’hui, il essaye de se rapprocher le plus possible de la normalité.

Le premier Grand Prix en Australie, début mars, allait lancer la saison avec le spectre du champion allemand dans tous les esprits. Ironie malheureuse du sort, c’est son ancienne équipe, Mercedes, qui sonne le glas des espoirs de titre de toutes ses rivales, en dominant outrageusement le début d’année.

Les aficionados de la Formule 1 allaient donc devoir se contenter d’un duel entre deux hommes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, au volant de leur flèche d’argent. Mais les deux pilotes, laissant libre court à leur imagination et à leur générosité, allaient, dès Bahreïn, nous offrir une lutte historique, bien aidé par l’intelligence de leurs patrons qui avaient décidé de laisser libre court aux velléités de leurs poulains.

Toute l’année, le duel sera passionnant à suivre, tant sur le plan psychologique que sur le plan sportif. Les Grands Prix de Monaco, Belgique, Japon ou Russie, marqueront des étapes importantes dans leur lutte jusqu’au titre final remporté par un Lewis Hamilton, quasi mystique, qui n’aura jamais été si près de la comparaison avec Ayrton Senna.

Mais il était dit que cette année serait noire. Lors d’un Grand Prix du Japon pluvieux, la Formule 1 allait subitement se voir jeter au visage sa dangerosité peut-être parfois un peu oubliée. Le terrifiant accident de Jules Bianchi en fin de course, laisse un jeune homme de 25 ans et sa famille dans l’attente la plus douloureuse. Mettre un nom sur son traumatisme n’aidera pas vraiment à comprendre comment le sort a pu s’abattre si douloureusement sur lui. Son combat est tout autre désormais et la Formule 1 a perdu de sa légèreté depuis ce mois d’octobre 2014.

Des grands noms de la Formule 1 nous ont également quitté cette année comme Jack Brabham, ingénieur pilote fantastique et victorieux du championnat à trois reprises, et l’infatigable Andrea de Cesaris qui, tel le pilote rapide qu’il était, aura quitté les siens sur une route de son Italie natale au guidon de sa moto.

Mais 2014 a aussi connu ses moments de joie et d’allégresse avec l’exploit des deux points marqués par Marussia à Monaco avec Jules Bianchi, les trois victoires du souriant Daniel Ricciardo qui aura sauvé à lui seul la saison de Red Bull, sans oublier le retour au premier plan de Williams et Felipe Massa que d’aucuns présentent déjà comme des candidats au titre en 2015.

Cette année se clôt donc sur beaucoup d’espoirs. L’espoir d’avoir des nouvelles rassurantes de Michael Schumacher et Jules Bianchi très rapidement, et l’espoir de voir une saison 2015 encore plus spectaculaire que la précédente.

Axel B.





La liste de Noël de Ferrari

24 12 2014

En cette période d’achats intenses et de cadeaux de Noël, Ferrari est en train de faire son petit marché dans le monde de la Formule 1, en essayant de se restructurer pour rejoindre les sommets de la discipline, si difficiles à atteindre ces dernières années pour les rouges. Imaginons ce que pourrait être le liste de Noël de Maurizio Arrivabene…

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Si Maurizio Arrivabene, tout fraichement promu directeur sportif de la grande Scuderia Ferrari, pouvait faire une liste de Noël afin de redonner tout le lustre d’antan à son équipe, voilà ce qu’on pourrait sûrement y trouver :

- Un pilote de premier plan, multi-champion du monde et de préférence Allemand, afin de se rappeler tous les bons souvenirs de l’époque Schumacher (vœu déjà exaucé et offert par son prédécesseur, Marco Mattiacci)

- Un moteur plus puissant et plus fiable, pouvant concurrencer les Mercedes (vœu sûrement pieux pour 2015 mais peut-être envisageable en 2016…)

- Une armada de nouveaux pilotes de tests et de réserve, mais surtout pas d’Espagnol ! (Arrivabene s’est servi lui-même dans la liste des laissés pour compte en 2015 en engageant Esteban Gutierrez et Jean-Eric Vergne, abandonnés respectivement par Sauber et Toro Rosso)

- Une nouvelle monoplace millésimée 2015 de belle facture avec un design faisant pâlir ses rivales sur la piste (ce qui signifie la fin des nez en canard et autre museaux allongés, ce qui, selon les premières fuites, est en bonne voie)

- Sans être trop gourmand, quelques podiums durant l’année et peut-être une victoire opportuniste en fin de saison pour poser les bases du grand retour de Ferrari en 2016 (pas impossible et puisque c’est Noël, pourquoi ne pas croire en cette belle histoire ?)

- Et enfin, un repas avec Michael Schumacher et Jules Bianchi, qui font partie de la famille Ferrari et qui nous ont terriblement manqués une grande partie de l’année…

Attendons maintenant de voir comment la saison 2015 de Formule 1 va évoluer avant de se prononcer sur un possible retour aux avant-postes de la Scuderia Ferrari. La restructuration en marche va être lourde à digérer et la patience sera le maître-mot de la saison. La redoutable association de McLaren et Honda avec l’impressionnant duo de pilotes composé de Fernando Alonso et Jenson Button, les intouchables Mercedes de Lewis Hamilton et du revanchard Nico Rosberg et la folie douce des Red Bull aux mains des deux jeunes ogres Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, seront tous là pour truster les sommets des classements.

Axel B.





Vettel peut-il réveiller Ferrari ?

4 12 2014

Sebastian Vettel arrive chez Ferrari avec pour mission de faire oublier l’échec de la période Alonso. Le quadruple champion du monde aura-t-il les moyens de relever ce qui s’apparente aujourd’hui au plus grand défi de sa carrière ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

La Scuderia Ferrari a vécu une des pires saisons de son histoire en 2014 en accrochant aucune victoire en Grand Prix, comme en 1992 avec le duo de pilotes composé de Jean Alesi et Ivan Capelli. Pourtant, sur le papier, l’association entre Fernando Alonso et Kimi Raikkonen, du haut de leurs trois titres mondiaux cumulés, aurait dû faire des étincelles.

Mais voilà, Ferrari s’est fourvoyée dans la nouvelle réglementation technique imposée cette année, douchant en même temps les ambitions de titre d’Alonso et le talent pourtant constaté de Raikkonen. Pire, en interne, la crise à l’italienne refaisait surface emportant avec elle les plus ou moins mythiques Stefano Domenicali, Luca di Montezemolo et plus récemment Marco Mattiacci.

Le seul bon coup de cette année catastrophique pour les rouges a été l’annonce du recrutement de Sebastian Vettel à l’aube du Grand Prix du Japon. Mais l’Allemand, qui arrive du coup dans une équipe totalement nouvelle et remaniée, aura-t-il les moyens de ses ambitions ?

Un nouveau Président en la personne de Sergio Marcchione, un nouveau directeur sportif en la personne de Maurizio Arrivabene, une fuite de certains ingénieurs et et mécaniciens qui vont sûrement suivre Fernando Alonso vers sa prochaine destination, Vettel aura à ses côtés des têtes nouvelles qui n’auront pas été imprégnées par les échecs successifs de ces cinq dernière années. C’est un point positif dans l’esprit de reconquête et de renouveau vers lequel veut s’orienter le champion allemand au sein de sa nouvelle équipe.

Sa motivation et son talent ne seront pas à remettre en doute. Vettel avait un besoin urgent de changer d’air. Les plus grands champions le diront tous, il existe une période de fatigue et de lassitude qui suit une période de succès intense. L’Allemand l’a vécu cette année en se faisant mordre à pleines dents par son jeune équipier, Daniel Ricciardo. Car maintenant, Vettel fait partie des vieux de la grille, et son passage chez Ferrari fait office d’affranchissement de son état d’adolescent vécu chez Red Bull, où il était l’enfant choyé pour devenir la référence principale dans la reconstruction d’une équipe Ferrari en lambeaux. Une analogie évidente avec sa vie privée de jeune père.

Malgré tout, le quadruple champion du monde reste lucide et, même sans avoir encore testé la monoplace millésimée 2015, il a déjà préféré annoncer que la lutte pour le championnat et les victoires régulières ne seraient pas le quotidien de Ferrari dans les mois à venir.

La route risque donc d’être longue. Mais Vettel, qui a grandi et fait grandir Red Bull avec lui jusqu’aux succès qu’on connait, pourrait bien recommencer le même schéma avec Ferrari. Sa bonne entente avec Kimi Raikkonen sera un des points forts de son intégration chez les rouges, tout comme son amour maintes fois avoué envers le cheval cabré. Le poids de l’histoire et le palmarès de la mythique écurie fondée par Enzo Ferrari ne devrait donc pas le déstabiliser.

Axel B.





La fin de l’innocence d’une génération

29 10 2014

L’accident de Jules Bianchi est venu marquer durablement la Formule 1 et ses acteurs. Si jusqu’à là, les pilotes de cette génération n’avaient jamais été confrontés à un tel drame, la réalité leur a brutalement sauté aux yeux.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Le 30 avril et le 1er mai 1994, la Formule 1 vivait deux des jours les plus sombres de son histoire. Avec les décès brutaux de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, toute une génération de pilotes a été directement confrontée à la dangerosité de son sport. De cette époque, plus aucun homme n’est encore en activité sur les grilles de départ cette saison. Michael Schumacher ayant été le dernier de cette génération marquée au fer rouge à participer à un Grand Prix, c’était en 2012.

Vingt ans après, une certaine innocence et légèreté flottaient dans les paddocks. Les instances dirigeantes et de nombreux pilotes s’étaient battus pour rendre cette discipline la plus sûre possible, à tel point que même des accidents graves et spectaculaires comme ceux de Robert Kubica au Canada en 2007 ou de Felipe Massa en Hongrie en 2009, faisaient office de miracles évidents aux yeux des participants et des spectateurs.

Les pilotes cependant n’ont jamais oublié l’aspect dangereux de la course automobile, mais ils avaient peut être un peu tendance à le mettre de côté pensant, à tort ou raison, que la fatalité ne pourrait pas les toucher. Une génération innocente et presque naïve…

Mais finalement, des dizaines de pilotes ont eu une carrière pléthorique avec un nombre de Grands Prix important, sans connaitre de drames. Des compétiteurs comme Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Ralf Schumacher, Nick Heidfeld, Juan Pablo Montoya ou encore Mark Webber ont fait toute leur carrière avec le spectre de la dangerosité sur leur tête mais sans, avec bonheur, le toucher violemment du doigt.

Désormais, la vingtaine de pilote de cette saison 2014 sera profondément marquée par cette terrible journée du 05 octobre, qui aura vu un de leur collègue lutter pour la vie au prix de leur passion commune, comme l’a été la génération de 1994.

D’ailleurs, tout au long de sa carrière en Formule 1, Michael Schumacher, par exemple, a toujours couru en ayant à l’esprit de ce dur moment du 1er mai 1994, comme l’ont prouvé ses larmes en Italie lors d’une conférence de presse après sa 41ème victoire qui faisait de lui l’égal d’Ayrton Senna dans le palmarès de la Formule 1.

Une génération à jamais marquée mais qui devra être le moteur d’une réaction sécuritaire évidemment nécessaire pour faire en sorte que chaque accident de ce type serve au moins à quelque chose. D’abord à faire réagir l’inconscient collectif sur la prise de conscience perpétuelle de la dangerosité du sport automobile et ensuite à amener une réflexion sur les normes de sécurité qui doivent toujours être remise en question pour qu’à l’avenir, l’accident de Jules Bianchi, dont on ne pensait naïvement qu’il ne pouvait pas arriver, ne se reproduise plus. Et ce, quelque en soit l’issue pour le jeune pilote français.

Axel B.





Mercedes enfin titrée en Formule 1 !

25 10 2014

Mercedes a une longue histoire en Formule 1 mais un palmarès peu fourni, surtout en tant qu’équipe à part entière. Avec son premier titre des constructeurs acquis cette année grâce à Lewis Hamilton et Nico Rosberg, la marque à l’étoile confirme enfin son importance dans la discipline.

Licence Creative Commons / Kremlin.ru

Licence Creative Commons / Kremlin.ru

Malgré une présence très irrégulière, l’équipe Mercedes fait partie des plus anciennes du plateau. Inscrite au championnat du monde de Formule 1 dès la saison 1954, la firme étoilée permettra d’entrée de jeu à son pilote, Juan Manuel Fangio, de remporter deux titres des pilotes avant de subitement se retirer en 1955 après le drame intervenu au 24h du Mans.

En 1955, Mercedes décide de participer à la mythique course française avec notamment ses deux titulaires en Formule 1, Juan Manuel Fangio et Stirling Moss, ainsi que le Français Pierre Levegh. Alors que la course n’a débuté que depuis quelques heures, ce dernier sera victime d’un effroyable accrochage qui impliquera le futur champion du monde britannique Mike Hawthorn et son compatriote Lance Macklin. La Mercedes du Français, devenu un véritable projectile après avoir décollée sur l’Austin de son concurrent, ira se désintégrer dans le public, tuant sur le coup son pilote et plus de quatre-vingt spectateurs. Terriblement marquée par ce triste événement qui restera comme le pire accident qu’ait connu le sport automobile, Mercedes se retirera de toute compétition auto, alors que les portes de la gloire lui semblaient ouvertes.

Si elle participe de nouveau à la compétition, dans divers championnat de Tourisme ou de Prototype, il faudra attendre 1993 pour voir la firme allemande refaire surface en Formule 1, mais en tant que motoriste cette fois-ci. En partenariat avec Ilmor, Mercedes accompagnera l’arrivée de Sauber dans la discipline avant d’entamer un très long partenariat avec McLaren, qui sera couronné de succès par le titre des constructeurs en 1998. Un second sacre interviendra avec Brawn GP en 2009 avant le grand saut, qui fera de Mercedes une écurie à part entière en rachetant l’équipe de l’ingénieur britannique fraîchement titrée.

De 2010 à 2013, l’écurie sera en pleine reconstruction. En sortant Michael Schumacher de sa retraite et en conservant Ross Brawn, l’équipe veut capitaliser sur le passé fructueux chez Ferrari des deux hommes. Si l’entente fonctionne à merveille, les résultats tardent à venir et les deux compères finiront par quitter l’équipe sans avoir retrouvé le succès. Entre temps, une restructuration profonde de l’organisation de l’équipe verra les arrivées successives de Toto Wolff et Niki Lauda à la direction, et de Paddy Lowe comme concepteur des monoplaces.

Avec la nouvelle réglementation introduite pour la saison 2014, Mercedes prendra un avantage définitif tant du point de vue de la motorisation que de la conception aérodynamique. En offrant à Lewis Hamilton et Nico Rosberg une monoplace dominatrice, l’obtention du titre des constructeurs n’était quasiment plus qu’une formalité qui est devenu effective au soir du Grand Prix de Russie.

Le temps de la confirmation va maintenant faire place à celui de la découverte pour Mercedes, qui va devoir rester au sommet de la discipline pour amortir les dépenses astronomiques qui ont été nécessaires à l’obtention du Graal recherché depuis 2010. Son avance sur la concurrence devrait lui permettre de continuer à gagner prochainement, mais en Formule 1, les positions change très vite, il suffit de voir les récents déboires de Ferrari et Red Bull pour s’en rendre compte.

 

Axel B.








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