L’ultime espoir de Mark Webber

26 02 2012

Il y a des sportifs qui, à 35 ans, auraient déjà pris une retraite dorée, loin de la compétition et du stress qu’impose le haut niveau. Après une année 2011 plutôt décevante, Mark Webber, lui, a décidé de continuer l’aventure, plus motivé que jamais…ou pas ?

Licence Creative Commons / Gil Abrantes

En effet, l’année 2011 n’a sûrement pas été à la hauteur des attentes de Mark Webber. Après une campagne 2010 faste en victoires et en espoir de titre, l’Australien a vécu un sorte de descente aux enfers, toute proportions gardées, en voyant son jeunes équipier, déjà auréolé du titre mondial, le dominer outrageusement au volant d’une monoplace dont il n’arrivait vraisemblablement pas à en tirer tout la quintessence.

D’aucun prédisaient que cette année en enfer allait décider le grand Mark à prendre un peu de recul avec la compétition pour, pourquoi pas, laisser la place aux jeunes qui lorgnaient avec avidité sur son baquet Red Bull encore chaud.

Mais voilà que le scénario le plus improbable devenait finalement réalité. Mark voyait la confiance de son employeur se renouveler encore une fois, ce qui précipitait à la fois les espoirs et la carrière de Sebastien Buemi et Jaime Alguersuari aux oubliettes. Le Suisse trouvera refuge chez Red Bull mais à un poste régressant de pilote essayeur alors que nous n’avons à ce jour plus de nouvelles rassurante concernant l’avenir en compétition automobile de l’Espagnol.

A lui tout seul, Mark Webber a réussi à déjouer tous les plans des pronostiqueurs et à donner un nouvel élan à l’écurie Toro Rosso.

Une première étape franchie pour ce pilote besogneux et talentueux, qui fait honneur à la réputation d’attaquant des personnalités issues de son pays natal.

Il ne faut pas oublier que Webber est arrivé assez tardivement en Formule 1, bien aidé par son compatriote Paul Stoddart, alors parton de l’écurie Minardi en 2002. A une époque ou le jeunisme ambiant était représenté par une génération de jeunes pilotes sortis à peine de leur puberté (Raikkonen, Massa etc…), les 25 ans de Mark faisait de liu un vieux de la vieille.

Mais malgré toutes les critiques faites à son égard, il a réussi à se faire remarquer en marquant des points dès sa première course et à rejoindre une écurie que l’on croyait en devenir, à savoir Jaguar Racing, ex-Stewart et future…Red Bull.

Sans coup d’éclat en course, au volant d’une monoplace peu encline à faire de lui un vainqueur de Grand Prix, il tentera une première fois de sortir de l’oubli du milieu de grille en signant un contrat avec Williams.

Mais comme avec Jaguar, les monoplaces de Grove sont sur le déclin et ne lui permettront que trop rarement de se faire remarquer. Pourtant, toujours considéré comme un pilote solide et hargneux, et bien soutenu par son manager Flavio Briatore, il retournera au sein de son ancienne structure devenu maintenant Red Bull à partir de la saison 2007.

Il aura vécu avec l’équipe autrichienne toutes les étapes de son ascension. C’est peut être pour cela que Dietrich Mateschitz lui porte une affection particulière, et lui fait toujours confiance aujourd’hui.

Ce dernier a d’ailleurs récemment déclaré que ses deux pilotes, Vettel et Webber, seraient traité dans une stricte égalité, afin que chacun aient une chance de se battre pour le titre de champion.

Mais même si Sebastian Vettel a pris un ascendant psychologique la saison dernière, il doit toujours se méfier de cet « Aussie Grit* » de Webber, qui pourrait bien lui damner le pion à la première occasion cette année.

*teigneux australien

Axel B.





Finir avant tout

21 03 2011

Plus que jamais, le début du championnat du monde de Formule 1 est propice à toutes les allégations. La première course représente souvent pour les pilotes leur seule chance de réaliser une bonne performance durant la saison.

C’est presque devenu historique. A quelques exceptions près, la première course d’un championnat de Formule 1 nous réserve son lot de surprises.

Il suffit souvent, pour un pilote avec une monoplace modeste, de finir la course, pour se retrouver dans une position favorable et marquer ainsi les esprits et peut être même les seuls points de sa saison.

Les exemples ne manquent pas. Si le grand prix de Bahreïn la saison dernière a été surtout marqué par l’ennui, les courses d’ouvertures des saisons précédentes ont tenu leurs promesses.

En 2009, en Australie, malgré l’impressionnante et inattendu domination des Brawn GP, la course a été marqué par de nombreux accrochages (Vettel et Kubica dans les derniers tours en lutte pour la troisième place) et la remontée fulgurante de Timo Glock de la dernière à la quatrième place au volant de sa Toyota, bénéficiant donc de nombreux abandons des leaders et de la disqualification de Lewis Hamilton pour une manœuvre douteuse sur son coéquipier Jarno Trulli.

En 2008, toujours en terre australe, seulement six voitures seront classés à l’arrivée et le grand vainqueur de cette épreuve chaotique sera le français Sébastien Bourdais qui, partant de la dix-septième place sur la grille, remontera jusqu’à la quatrième avant de renoncer sur casse moteur mais d’être finalement classé septième au grès des divers abandons de ses concurrents directs.

L’australien Mark Webber aura sûrement à cœur, lui, de se souvenir de sa belle course à domicile en ouverture de la saison 2002 qui l’avait vu finir à la cinquième place avec la petite écurie Minardi-Asiatech, pour le premier grand prix de sa carrière. Il grimpera même sur le podium après la cérémonie officielle pour fêter sa miraculeuse moisson de points avec son public et son patron de l’époque, un autre australien, Paul Stoddart. Ce résultat, même si on ne peut douter du talent de Webber, fut la conséquence d’un grand nombre d’abandons dans un grand prix qui n’avait vu que huit pilotes classé sur les vingt-deux ayant pris le départ.

Certes, le tracé du circuit accueillant le premier grand prix de la saison a une incidence importante sur le déroulement de la course. La piste de Melbourne, associée à une météo souvent changeante, est plus propice aux rebondissements et aux courses spectaculaires que l’insipide tracé de Sakhir, qui a ouvert les saisons 2006 et 2010 dans le cadre du grand prix de Bahreïn…

Mais la fiabilité des voitures joue également un rôle très important en début de saison. Ce qui devient l’apanage des meilleures écuries en milieu de saison, reste souvent leur point faible lors des premières courses de l’année. Il n’est pas étonnant alors de voir des Ferrari, McLaren ou RedBull perdre de gros points lors de ces occasions au bénéfice d’écuries moins performantes mais ayant joué la carte de la fiabilité.

 

Comme le disait Enzo Ferrari, pour arriver premier, il faut premièrement arriver ! Le premier objectif du futur champion du monde 2011 sera donc de voir le drapeau à damier en Australie ce weekend. Les statistiques parlent d’elles même. Ces dix dernières années, 70% des vainqueurs de la première course de la saison ont remporté le championnat à la fin de l’année.

 

Axel B.








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