McLaren et Alonso : je t’aime moi non plus

18 12 2014

Fernando Alonso de retour chez McLaren ? Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est pourtant devenu réalité. Autopsie d’un retour opportuniste de l’Espagnol chez ses meilleurs ennemis.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fernando Alonso est souvent considéré comme le pilote le plus doué de sa génération. Pourtant, son palmarès ne le reflète pas vraiment. Avec une bonne trentaine de victoires en Grands Prix et seulement deux titres mondiaux, il est bien loin des statistiques d’un Sebastian Vettel, quadruple lauréat du championnat du monde des pilotes et multi-récidiviste de la victoire ces dernières années.

Il faut dire que l’Espagnol a eu des choix de carrière pour le moins étrange et une réussite pas toujours au rendez-vous. Couvé par Renault et Flavio Briatore au début de sa carrière, l’essentiel de son palmarès et de sa réputation se constitueront entre 2002 et 2006 lors de sa période dorée lors de laquelle il remportera ses deux titres. Voulant quitter le nid, il s’envolera alors chez McLaren avec un contrat pluriannuel comme il est coutume de le dire dans le milieu, tout un chacun sait pourtant bien que les contrats ne sont que du papier, et Nando nous le prouvera rapidement.

Victime de son statut de double champion du monde et de son caractère de leader exclusif, voire même égocentrique, Alonso va se heurter en 2007 chez McLaren à deux hommes qui possèdent les même caractéristiques que lui : Ron Dennis et Lewis Hamilton.

Si la relation avec ce dernier se détériorera assez rapidement et assez logiquement compte tenu de l’intensité de leur lutte pour le titre, la haine entre Dennis et Alonso sera plus latente et discrète. Ayant horreur des scandales, le flegmatique patron de McLaren tentera à tout prix d’étouffer la rébellion de son fougueux Taureau des Asturies mais devra faire face au plus grand électrochoc subit par Woking avec l’affaire du spygate dans laquelle l’Espagnol a joué un rôle décisif.

En dénonçant les pratiques d’espionnage de McLaren tout en assurant son immunité, Alonso a commencé à dessiner un schéma qu’il ne cessera pas la suite de renouveler. Mettre la pression sur son équipe et son entourage pour arriver à ses fins. Il recommencera dans cette attitude avec Renault et l’histoire du crashgate, dont on peut fortement douter qu’il n’ait jamais rien su, puis ensuite avec Ferrari, en maintenant un pression psychologique sur ses dirigeants et ses ingénieurs, les bousculant verbalement et publiquement plus d’une fois. Cependant, à chaque fois, l’insuccès était au rendez-vous.

Aujourd’hui, quel est l’état des relations entre Fernando Alonso et Ron Dennis ? Nul ne le sait, même si l’attitude des deux hommes semble tendre vers un effacement complet de leurs vieilles querelles. Le Britannique a finalement été le seul homme a véritablement tenir tête à l’Espagnol qui avait préféré claquer la porte plutôt que de lutter en vain.

On dit d’Alonso qu’il est un homme très dur avec son entourage professionnel, mais ces cinq années d’insuccès avec la Scuderia lui auront peut être révélé que son approche de la Formule 1 devait évoluer pour s’adapter au nouveau jeu politique de ces dernières années. D’ailleurs, il n’a pas été le maître des transferts hivernaux comme il l’aurait aimé et son retour chez McLaren pourrait apparaitre comme un choix par défaut après l’échec de ses contacts avec Red Bull ou Mercedes. L’aura du double champion du monde a été légèrement écornée dans cette mésaventure.

Mais la Formule 1 est bien trop importante pour Alonso pour qu’il la quitte ainsi. Lors de l’officialisation de son retour à Woking, il a évoqué un travail à finir chez McLaren et un goût d’inachevé. Gageons que ce goût, soit également associé à celui de la victoire, qui lui a trop souvent échappé ces dernières années et qu’il voudrait à tout prix retrouver avant de pouvoir tourner la page.

En attendant, le nouveau chapitre de sa carrière va s’écrire sur un cahier déjà griffonné de quelques histoires, heureuses et malheureuses. Alonso n’a plus qu’a espérer que l’encre qui va écrire la suite de ce conte inachevé entre le conquistador et le roi Dennis, soit des plus sympathiques.

Axel B.





La F1 vers un retour des grands constructeurs ?

14 12 2014

La victoire de Mercedes au championnat du monde des constructeurs est la première d’une équipe entièrement financée par un manufacturier automobile depuis six ans et le dernier sacre de Ferrari en 2008. De quoi donner des idées à de nouveaux participants ?

Licence Creative Commons / Morio

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La Formule 1 a connu différentes ères depuis la création du championnat du monde en 1950. Les petits artisans des débuts ont peu à peu laissé leur place à de plus grandes structures, allant même jusqu’à attirer les plus grands manufacturiers automobiles, propriétaires de leur équipe sous leur nom propre.

L’apogée de cette tendance est intervenue à l’orée des années 2000 avec la présence de grands noms tels que Toyota, Honda, ou encore BMW qui se frottaient alors à la mythique et indétrônable Ferrari ainsi qu’à une écurie Renault renaissante.

Mais las d’une augmentation sans fin des couts pour des résultats souvent peu probants – à l’image de Toyota qui n’aura jamais remporté de victoire malgré un investissement financier colossal, les grands groupes se sont désintéressés de la Formule 1 et n’ont même pas envisagé de se reconvertir en simples motoristes comme seul Renault l’a fait avec succès grâce à son association avec les quadruples champions de monde de Red Bull.

Aujourd’hui, après l’hégémonie de l’équipe autrichienne, Mercedes a marqué un grand coup dans la discipline en devenant la première équipe de grands constructeurs à remporter le titre depuis Ferrari en 2008. Avant cela, pendant dix ans, la Scuderia et Renault s’étaient partagés les lauriers.

Le retour d’une grande marque comme Mercedes au firmament de la Formule 1 pourrait bien donner des idées à d’autres groupes automobiles jusqu’à là réticents à une arrivée dans la discipline.

Par exemple, peu de temps après le sacre des hommes de Stuttgart, le groupe Volkswagen a fait connaître son intérêt pour un engagement en Formule 1 et à même recruté, par le biais d’Audi, un ancien de la maison, Stefano Domenicali, pour en étudier la viabilité. La marque allemande connait bien la compétition. Elle fait déjà courir de nombreuses équipes dans divers championnats avec ses différentes marques comme Porsche ou Audi, et souvent avec succès. La voir débarquer en Formule 1, pas seulement en tant que motoriste mais en tant qu’écurie à part entière serait une demi-surprise puisque la direction de la firme avait déjà auparavant et à maintes reprises refusé d’intégrer la grille. Mais l’esprit de compétition serait bien présent chez les hommes de Wolfsburg, à qui l’idée de venir challenger Mercedes ne serait pas pour déplaire.

Qui sait si ce nouvel élan ne pourrait pas non plus attirer de nouveaux noms en Formule 1 ? Honda va déjà revenir auprès de McLaren dans un rôle de motoriste qu’elle maitrise mieux, et BMW voire même Toyota pourraient alors y réfléchir. D’autres grands noms manquent également à l’appel et parmi eux, un qui a déjà connu le succès dans la discipline : Ford. Une augmentation du nombre de motoristes, voire d’écuries, ne serait que bénéfique pour la Formule 1, qui semble vaciller sur ses bases ces derniers temps.

Axel B.





Vettel peut-il réveiller Ferrari ?

4 12 2014

Sebastian Vettel arrive chez Ferrari avec pour mission de faire oublier l’échec de la période Alonso. Le quadruple champion du monde aura-t-il les moyens de relever ce qui s’apparente aujourd’hui au plus grand défi de sa carrière ?

(c) Ferrari

(c) Ferrari

La Scuderia Ferrari a vécu une des pires saisons de son histoire en 2014 en accrochant aucune victoire en Grand Prix, comme en 1992 avec le duo de pilotes composé de Jean Alesi et Ivan Capelli. Pourtant, sur le papier, l’association entre Fernando Alonso et Kimi Raikkonen, du haut de leurs trois titres mondiaux cumulés, aurait dû faire des étincelles.

Mais voilà, Ferrari s’est fourvoyée dans la nouvelle réglementation technique imposée cette année, douchant en même temps les ambitions de titre d’Alonso et le talent pourtant constaté de Raikkonen. Pire, en interne, la crise à l’italienne refaisait surface emportant avec elle les plus ou moins mythiques Stefano Domenicali, Luca di Montezemolo et plus récemment Marco Mattiacci.

Le seul bon coup de cette année catastrophique pour les rouges a été l’annonce du recrutement de Sebastian Vettel à l’aube du Grand Prix du Japon. Mais l’Allemand, qui arrive du coup dans une équipe totalement nouvelle et remaniée, aura-t-il les moyens de ses ambitions ?

Un nouveau Président en la personne de Sergio Marcchione, un nouveau directeur sportif en la personne de Maurizio Arrivabene, une fuite de certains ingénieurs et et mécaniciens qui vont sûrement suivre Fernando Alonso vers sa prochaine destination, Vettel aura à ses côtés des têtes nouvelles qui n’auront pas été imprégnées par les échecs successifs de ces cinq dernière années. C’est un point positif dans l’esprit de reconquête et de renouveau vers lequel veut s’orienter le champion allemand au sein de sa nouvelle équipe.

Sa motivation et son talent ne seront pas à remettre en doute. Vettel avait un besoin urgent de changer d’air. Les plus grands champions le diront tous, il existe une période de fatigue et de lassitude qui suit une période de succès intense. L’Allemand l’a vécu cette année en se faisant mordre à pleines dents par son jeune équipier, Daniel Ricciardo. Car maintenant, Vettel fait partie des vieux de la grille, et son passage chez Ferrari fait office d’affranchissement de son état d’adolescent vécu chez Red Bull, où il était l’enfant choyé pour devenir la référence principale dans la reconstruction d’une équipe Ferrari en lambeaux. Une analogie évidente avec sa vie privée de jeune père.

Malgré tout, le quadruple champion du monde reste lucide et, même sans avoir encore testé la monoplace millésimée 2015, il a déjà préféré annoncer que la lutte pour le championnat et les victoires régulières ne seraient pas le quotidien de Ferrari dans les mois à venir.

La route risque donc d’être longue. Mais Vettel, qui a grandi et fait grandir Red Bull avec lui jusqu’aux succès qu’on connait, pourrait bien recommencer le même schéma avec Ferrari. Sa bonne entente avec Kimi Raikkonen sera un des points forts de son intégration chez les rouges, tout comme son amour maintes fois avoué envers le cheval cabré. Le poids de l’histoire et le palmarès de la mythique écurie fondée par Enzo Ferrari ne devrait donc pas le déstabiliser.

Axel B.





Pierre Gasly, l’espoir français de Red Bull

1 10 2014

Alors que Jean-Eric Vergne va terminer son aventure avec Red bull à la fin de cette saison 2014 de Formule 1, la mine de talent autrichienne prépare encore et toujours l’avenir avec notamment un jeune espoir français, Pierre Gasly, 18 ans, que nous avons rencontré lors des meetings World Series By Renault sur le circuit Paul Ricard, au Castellet, le week-end dernier.

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

De plus en plus, la jeunesse semble être l’apanage de la Formule 1. L’arrivée prochaine de Max Verstappen, à seulement 17 ans, a de quoi inquiéter toute une génération de pilotes qui court dans les formules de promotions avec le rêve ultime en tête d’accéder un jour à la Formule 1.
Parmi eux, un Français se démarque, pas uniquement parce qu’il est soutenu par la grande famille Red Bull, mais aussi parce qu’il est talentueux. Actuellement à la 3ème place du championnat de Formule Renault 3.5. au volant d’une monoplace de l’écurie Arden, Pierre Gasly ne se souci pas de la pression inhérente à son statut de pilote Red Bull. Il fait déjà preuve au contraire, d’une étonnante maturité pour un garçon de son âge : « Je suis aux portes de la Formule 1, et les gens attendent de moi que je performe. » Nous confie-t-il après sa belle deuxième place lors de la première course du week-end varois, qu’il ponctuera pas une pole position le dimanche. « Red Bull apporte beaucoup de chose, après il y a aussi de la pression donc il faut savoir la gérer. Mais cela reste une filière qui apporte du positif. »
Il ne s’inquiète donc pas de la politique de la firme autrichienne, souvent impitoyable avec ses jeunes talents comme Sebastien Buemi, Jaime Alguersuari ou plus récemment Jean-Eric Vergne : « Tout dépend comme on voit les choses. Ils ont lâché beaucoup de pilotes, c’est sûr, mais ils en ont aussi amené beaucoup, et c’est le seul programme qui en ait apporté autant comme Vettel, Vergne, Kvyat, Ricciardo…C’est sûr que ça tourne car ils ont beaucoup de pilotes mais on voit aussi que cela fonctionne quand on voit les performances de Vettel ou Ricciardo cette année. Kvyat marche très bien aussi et Jean-Eric [Vergne] a fait de bonnes courses. Ferrari, McLaren ou Lotus n’ont pas de programme qui amènent autant de pilotes. » Bien entendu, le jeune français connait les règles du jeu et sait ce qu’il doit faire pour séduire Helmut Marko et le grand patron, Dietrich Mateschitz : « Avec Red Bull, c’est quitte ou double. Soit tu leur plais et c’est la voie royale jusqu’à Red Bull Racing, soit ils ne sont pas assez content de toi et c’est fini. »

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

Mais si le talent est primordial pour Red Bull, l’aspect marketing est aussi très important pour la marque. La titularisation de Max Verstappen, 17 ans en 2015, chez Toro Rosso pour la saison à venir, a quelque peu bousculé le monde la Formule 1 et a mis en avant l’intérêt commercial et médiatique de la marque. Lorsque l’on pose la question à Pierre Gasly de savoir si seul le talent pur et dur est le principal critère de la marque, il répond très justement : « J’allais dire oui jusqu’à ce que la nouvelle concernant Verstappen sorte. Forcément il y a le côté marketing qui joue, mais ils ne vont pas non plus mettre quelqu’un qui ne met pas un pied devant l’autre en Formule 1. Forcement, il est très bon, sinon il ne serait pas là et tout le monde sait qu’il est bon. Mais des pilotes très bons aux portes de la Formule 1, il y en a beaucoup aujourd’hui. Après ce sont des petites choses qui font la différence comme l’âge, l’image, tout ce que ça peut apporter. Je pense qu’il a eu toutes les cartes en mains qui ont joué en sa faveur et l’opportunité aussi, car ce n’est pas donné à tout le monde de l’avoir. On verra ensuite ce qu’il va faire. »

A n’en pas douter, Pierre Gasly fait parti de ses jeunes talents qui frappent aux portes de la Formule 1 à plus ou moins court terme. Une chose est sûre, Red Bull compte déjà sur lui pour l’avenir. Il va réaliser dans la semaine sa première séance de simulateur de Formule 1 et l’équipe compte sur lui dans les mois à venir pour, à terme, faire du développement pour les week-ends de course. Le vivier français en Formule 1 n’est pas prêt de se tarir.

Axel B.





Lettre à Jean-Eric Vergne

28 09 2014

Le résultat et la fin de course de Jean-Eric Vergne en a surpris plus d’un le week-end dernier à Singapour. Sauf l’intéressé lui-même, qui a pu enfin démontrer tout son talent, malgré les nombreuses péripéties d’un Grand Prix compliqué. Cela valait bien une missive adressée au pilote français.

 

Licence Creative Commons / Thesupermat

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Cher Jean-Eric,

Cette semaine, ma chronique prend un tournant épistolaire car je ne vois pas d’autre manière pour t’avouer mon admiration mais aussi mon étonnement, suite à ta course nocturne à Singapour le week-end dernier.

On te disait abattu, déçu, fatigué, depuis l’annonce de ta non reconduction chez Toro Rosso pour l’année prochaine. Tu n’avais pourtant pas pu t’en étonner, connaissant bien la maison autrichienne. Déjà, il avait paru miraculeux que Marko et Mateschitz te laissent conduire une saison de plus ton rêve derrière le volant d’une monoplace flanquée du taureau rouge.

Ta non-titularisation chez Red Bull, au profit de Daniel Ricciardo, aurait dû sonner le glas de ta présence dans la grande famille autrichienne, mais il avait semblé que les grands pontes avaient encore confiance en toi et qu’ils n’avaient pas oublié quel grand espoir tu représentais pour la Formule 1 et pour leur marque.

Cette année, tu voulais te montrer digne de leur confiance renouvelée, en espérant secrètement que Daniel l’Australien se casse la figure aux côtés de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre. Mais ce fut plutôt Ricciardo qui joua habillement de l’uppercut pour terrasser l’Allemand, enfonçant en même temps le maigre espoir que tu avais de le remplacer en cours d’année, si toutefois…

Tu as cependant abordé cette nouvelle saison avec de bonnes résolutions adoptées cet hiver. Fini le pilote râleur et ronchon accusant la malchance ou sa mécanique de trahir son talent. Tu as laissé la place à un homme besogneux, qui tente de sortir le positif de toutes situations, même les plus mauvaises, et tu en as connu ton lot cette année.

Ton début de saison a été chaotique, enchaînant les résultats probants et les déconvenues accablantes, mais tu as toujours tenu à faire bonne figure, et continué à travailler tête baissée, pendant que ton jeune équipier russe récoltait les faveurs de ses employeurs et de la presse. Il faut bien dire aussi, que le petit Kvyat t’a mené la vie dure et que tu as eu du mal à étouffer son talent. On a fini par se demander si finalement, tu n’étais pas un peu en train d’accuser le coup. Ton remplacement en 2015 a pu en choquer quelques un mais plus pour l’affront qu’il représente de te voir remplacé par un gamin de 16 ans que par sa logique sportive.

A Singapour, le week-end dernier, il semblait que tu allais vivre encore un moment difficile. Après avoir honnêtement concédé une erreur en qualification, preuve s’il en fallait encore une de ta nouvelle maturité, tu es parti le couteau entre les dents dans une des courses les plus difficiles de la saison. Malgré deux pénalités, tu égales alors le meilleur résultat de ta carrière avec une sixième place acquise avec la manière. Une fin de course tonitruante qui a mis en abyme la multitude d’occasions ratées depuis le début de ta présence en Formule 1.

Pourquoi ne pas avoir eu ce sursaut d’orgueil avant ? Pourquoi ne pas avoir dévoilé ce comportement de guerrier plus tôt ? Des questions auxquelles tu pourrais apporter une multitude de réponses toutes aussi logiques et valables les unes que les autres ; mais cela n’est plus le problème désormais. Maintenant, il te reste cinq Grands Prix pour prouver que tu es le pilote talentueux et spectaculaire que tu nous as dévoilé sur le circuit de Marina Bay. Cinq Grands Prix pour te faire une place au pinacle du sport automobile, que tu mérites amplement après ce que tu nous as démontré le week-end dernier.

Axel B.





Le Grand Prix de Singapour déjà dans l’histoire de la Formule 1

20 09 2014

Depuis 2008, la Formule 1 fait escale à Singapour. Circuit en ville rendu atypique par le fait que la course se déroule de nuit, il s’y passe généralement des événements marquants. Petit retour en arrière sur certains d’entre eux.

Licence Creative Commons / Chensiyuan

Licence Creative Commons / Chensiyuan

En 2008, première année de présence du Grand Prix de Singapour au calendrier mondial de la Formule 1, la course était la première et la seule à se dérouler de nuit. Rejoint ensuite par Bahreïn et dans une moindre mesure Abu Dhabi, cette particularité n’est donc plus inédite, ce qui n’empêche cependant pas la course disputée au cœur de la Marina Bay de nous offrir un spectacle digne de sa grandiloquence.

Déjà, lors de la première édition, la victoire surprise de Fernando Alonso au volant de sa Renault n’allait cesser de faire parler d’elle. D’abord vue comme un choix tactique audacieux et chanceux, la victoire de l’Espagnol est rapidement apparue douteuse jusqu’aux révélations de Nelson Piquet Jr un an plus tard qui allait avouer s’être envoyé volontairement dans le mur sur ordre pour favoriser la victoire de son équipier au sein de l’écurie au losange.
Cette mésaventure lui a coûté sa place en Formule 1, tout comme celles de Flavio Briatore et Pat Symonds, les instigateurs de cette supercherie appelée le crashgate comme seule la discipline reine du sport automobile est capable de nous fournir.

Mais d’autres images fortes restent également en tête comme le spectaculaire accrochage entre la Mercedes de Michael Schumacher et la Toro Rosso de Jean-Eric Vergne lors de l’édition 2012 qui semblait être une redite de l’accrochage entre l’Allemand et Sergio Perez un an plus tôt. Le septuple champion du monde ne s’est jamais senti à son aise sur ce circuit puisque son meilleur résultat reste une 13ème place en 2010.

D’autres pilotes, en revanche, y ont fréquemment brillé comme Timo Glock par exemple, excellent second sur sa Toyota en 2009 après sa quatrième place acquise l’année précédente. C’est également sur ce circuit que Nico Rosberg prendra la première fois la tête d’un Grand Prix. L’Allemand a toujours été performant sur cette piste, notamment avec Williams, où il signa un podium lors de l’édition 2008.

Singapour est également un circuit très sélectif puisqu’en six éditions, seulement trois pilotes s’y sont imposés. Il s’agit de Lewis Hamilton (2009), Fernando Alonso (2008 et 2010) et Sebastian Vettel (2011, 2012 et 2013). Uniquement des champions du monde qui totalisent à eux trois sept titres ! Sans compter que le virage n°18 du circuit, juste avant le pont, a régulièrement vue des pilotes aller s’empaler dans ses murs, usés par la fatigue, le décalage horaire et l’attention que demande le pilotage sur un circuit urbain. Jaime Alguersuari, Narain Karthikeyan ou encore Paul di Resta en ont déjà été les victimes, qui osera compléter la liste des meurtris cette année ?

Et puis la dernière image marquante qui nous a été offerte à Singapour est sûrement ce tour d’honneur de Mark Webber après son abandon l’an dernier, à califourchon sur la Ferrari de Fernando Alonso, non sans avoir auparavant traversé la piste à pied en manquant de se faire écraser par un Lewis Hamilton surpris de retrouver le pilote Red Bull en pareille position. L’Espagnol et l’Australien avaient d’ailleurs été sanctionnés par la suite.

La course, généralement animée donc, se termine par un feu d’artifice qui vient éclairer le ciel étoilé de Singapour, là où la Formule 1 peut afficher son faste et sa décadence sans le moindre remord.

Axel B.





Alonso et McLaren : est-ce encore possible ?

7 09 2014

De plus en plus de rumeurs font état d’un possible retour de Fernando Alonso chez McLaren pour les saisons à venir. Mais vu leur récente histoire commune, est-ce que cette éventualité est encore crédible ?

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

On dit Fernando Alonso las de Ferrari et du manque de compétitivité de ses monoplaces successives depuis son arrivé au sein de la Scuderia en 2010. Et cette cinquième saison passée chez les rouges, sans aucune victoire, est sans aucun doute la plus difficile à avaler pour le double champion du monde espagnol, qui a malgré tout affirmé ne pas vouloir partir pour l’instant.

La Formule 1 est un monde de rumeurs, et il n’est donc pas étonnant de voir le nom d’Alonso s’associer à McLaren et au retour de Honda en 2015. Le motoriste japonais veut un pilote de premier choix pour briller dès la première année de son retour. Jenson Button, vieillissant et Kevin Magnussen encore trop tendre, l’équipe dirigée par Eric Boullier semble vouloir aller chercher ailleurs son leader… on parle également de Sebastian Vettel ou encore de Lewis Hamilton, mais ces pistes là sont moins incandescentes que celle qui mène à l’Espagnol.
Pour analyser pleinement la crédibilité de cette possible association, il faut faire un bref retour en arrière, en 2007 précisément, pour se souvenir du premier passage de Nando au sein de l’équipe basée à Woking, et surtout, de leur séparation après une année tumultueuse.

Le Taureau des Asturies avait signé sont contrat chez les gris à la fin de la saison 2005, alors qu’il n’était qu’un tout jeune champion du monde. Son arrivée chez McLaren en 2007, après la conquête de son second titre, promettait de belles pages dans les livres d’histoire de la Formule 1. Mais à défaut d’apparaître dans celles des palmarès, l’union du pilote de feu et de l’écurie de glace aura surtout agité celles des polémiques.

Le début de saison sera pourtant à l’avantage d’Alonso qui remportera des victoires marquantes devant son jeune coéquipier, Lewis Hamilton. Mais au fur et à mesure des Grands Prix, le Britannique, couvé par Ron Dennis, va prendre la mesure de son voisin de garage jusqu’à réussir à le déstabiliser sportivement et mentalement. Alonso va se sentir trahi par son équipe à laquelle il reproche d’avantager son équipier. Une guerre interne entre les deux hommes va s’installer et Alonso en sera le grand perdant, fustigé par la FIA pour un geste anti-sportif en Hongrie où il bloque son équiper au stand, il se verra même battu par Hamilton au classement final du championnat du monde, au nombre de deuxième places.

En outre, les relations avec son équipe ne cesseront de se dégrader avec l’histoire du spygate, lors de laquelle McLaren a été reconnue coupable d’espionnage industriel envers Ferrari. Dans le dossier, politiquement lourd, Alonso aura un rôle important puisqu’il achètera son immunité auprès de Max Mosley en contrepartie d’informations à charge contre McLaren. Voilà de quoi rompre définitivement les liens qui l’unissent à l’équipe et à Ron Dennis, deux ans avant la fin officielle de son contrat.

Dans ces conditions, et sept ans après, est-ce que le retour de Fernando Alonso chez McLaren est possible ? Oui, selon les dires de Ron Dennis, qui serait prêt à tout oublier pour remettre son équipe au plus haut sommet. Moins sûr du côté du pilote qui ne cesse de déclarer sa volonté de continuer le challenge Ferrari pour réussir enfin à gagner un titre chez les rouges, ce qui le mythifierait à coup sûr. Le double champion du monde a un fort caractère et il l’a prouvé à maintes reprises. Sa fierté et sa volonté farouche de gagner avec Ferrari l’empêcheront sûrement de tenter un retour hasardeux chez McLaren qui ne l’a pas considéré autrefois comme le pilote leader qu’il aurait aimé être.

Axel B.








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