Vivement 2014 !

11 09 2013

Même s’il y a encore une chance mathématique pour qu’un de ses adversaires fasse tomber Sebastian Vettel de son piédestal, en haut du classement du championnat pilotes, il y a fort à parier qu’aucun d’entre eux n’y arrivent. Il est donc grand temps, pour les équipes et les supporters, de se tourner vers la saison prochaine.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

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Ferrari et Fernando Alonso l’avaient annoncé au début de ce week-end italien. Ils se donnaient encore deux courses, Monza et Singapour, pour définir leur stratégie de fin d’année. Si l’Espagnol avait réussi à finir devant Sebastian Vettel et sa Red Bull en terre italienne, ils attendraient un nouveau bon résultat à Singapour pour continuer leur lutte pour le titre cette saison. Mais voilà, l’Allemand, triple champion du monde, a une fois de plus dominé outrageusement la course, et les derniers espoirs des rouges se sont sûrement envolés avec la deuxième place d’Alonso. Il est donc probable que l’écurie au cheval cabré renonce d’ors et déjà au titre 2013 et concentre ses efforts pour la saison à venir, tout comme l’ont semble-t-il déjà fait les Mercedes et Lotus, en pertes de performances depuis deux courses.

Cela ne veut pas dire que Vettel et Red Bull n’auront plus de concurrence lors des derniers Grands Prix, mais il faudra des circonstances défavorables (problèmes mécaniques, caprices météorologiques…) ou des conditions moins avantageuses (piste qui convienne moins à la RB9, pilote en méforme…) à ce duo infernal pour qu’il rate la victoire et qu’elle tombe, avec plus ou moins de chance, dans l’escarcelle d’un de ses adversaires.

Beaucoup de regards sont donc tournés vers 2014 et ses grands changements de réglementation technique attendus. Mais là aussi, les autres acteurs de la grille de départ se méfient au plus haut point de Red Bull.

En effet, l’équipe autrichienne a parmi elle un des plus beaux atouts techniques, le génial ingénieur Adrian Newey. Ce nouveau défi technologique va être très excitant pour le Britannique, et aux vues des récents succès de ses dernières monoplaces dessinées depuis quinze ans, on voit mal l’artiste rater son tableau.

Ceci dit, avec l’arrivée dans la maison mère de Daniel Ricciardo, le chouchou Vettel pourrait bien trouver du changement. En effet, le tout jeune Australien est issu de la même famille (le junior team Red Bull) que le triple champion du monde. Ce qui n’était pas le cas de son prédécesseur Mark Webber. Son excellent bagage technique, sa bonne humeur, et son expérience de pilotage sur des monoplaces souvent rétives (HRT puis Toro Rosso) ont fait pencher la balance en sa faveur aux dépends de Jean-Eric Vergne, pourtant très talentueux, mais atteint du syndrome « Alain Prost » qui équivaut à souvent se plaindre de sa machine, de son équipe et des circonstances pour finalement avoir l’image d’un pilote rapide mais râleur. Attitude adoptée en son temps également par Sébastien Bourdais au sein de la même équipe. Vergne devra donc mettre à profit sa troisième saison chez Toro Rosso, une chance rare dont aurait bien aimé bénéficier Sébastien Buemi et Jaime Alguersuari, pour faire évoluer son attitude afin de pouvoir prétendre à plus.

2014 sera aussi une année cruciale pour Ferrari et Mercedes. Pour les Italiens tout d’abord, il faudra fournir à Fernando Alonso une monoplace à la hauteur de ses ambitions. L’Espagnol est en train de se demander s’il a fait le bon choix en rejoignant la Scuderia il y a trois ans. En ayant remporté seulement onze victoires, quatre pole-position et jamais un titre de champion, son agacement est croissant et ses envies d’ailleurs pourraient être décuplées s’il devait faire face à un nouvel échec ou a un nouvel équipier trop encombrant comme pourrait l’être Kimi Raikkonen.

Pour l’équipe allemande Mercedes, 2014 pourrait être l’année charnière de sa présence en Formule 1. Les autorités de Stuttgart sont venues dans la discipline pour gagner, et ils ont misé gros pour la saison à venir. Une nouvelle année en dent de scie pourrait donc être l’année de trop pour une entreprise qui a beaucoup investi dans une restructuration clinquante et onéreuse, et qui a déjà fait connaitre ses doutes quant à une présence en Formule 1 en tant que simples figurants.

Bien sûr, tout le monde partira d’une feuille blanche. De son côté, McLaren risque de vivre une nouvelle année de transition en attendant la venue de son nouveau motoriste Honda pour 2015. Lotus, si elle conserve Raikkonen devra faire face aux ambitions de son champion du monde de pilote, tandis que de l’autre côté de la grille, Sauber devra courir pour sa survie. Les Force India, Williams et autres Caterham et Marussia auront-elles leur mot à dire avec cette nouvelle donne ?

Mais rien ne dit qu’une de ses petites équipes ne trouvera pas une solution miracle pour bondir d’un seul saut vers le sommet. Les changements prévu laissent entrevoir certaines possibilités, même si les plus pragmatiques ne s’attendent pas à de grands changements dans la hiérarchie mondiale.

Axel B.





Vettel assomme et endort la Formule 1

1 09 2013

En Belgique le week-end dernier, Sebastian Vettel a une nouvelle fois dominé de la tête et des épaules tous ses adversaires. Si cette situation ravit le pilote et son équipe, elle a du mal à enthousiasmer le reste du monde de la Formule 1 et ses spectateurs en premiers lieu. Allons-nous entrer dans une nouvelle ère de domination à la Michael Schumacher ? Vettel est-il intouchable ? Ses adversaires sont-ils capable de le battre ? Autant de questions qui risquent d’agiter les années à venir dans la discipline.

Licence Creative Commons / Morio

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Si en début de saison, un fringant Fernando Alonso et sa Ferrari avaient laissé penser qu’ils pourraient s’attaquer et tenir tête à l’ogre Vettel au volant de sa Red Bull, les dernières courses en date ont vite refroidi les plus chaudes ambitions de changement en haut du classement du championnat du monde des pilotes.

Certes, Alonso est toujours impressionnant lorsqu’il s’agit de tout donner au volant de son bolide rouge. Le week-end dernier, en Belgique, il a une nouvelle fois démontré tout son talent en remontant de la neuvième à la deuxième place, en mystifiant sur son passage le préretraité Mark Webber et les deux Mercedes, épouvantails des qualifications mais bien à la peine en course.

On se mettrait presque à rêver que l’Espagnol parte en pole positions dans les week-ends à venir, une situation qui ne lui est plus arrivé depuis le Grand Prix d’Allemagne l’année dernière, ce qui constituait alors sa quatrième pole chez Ferrari, seulement…

D’un autre côté, c’est le problème inverse qui semble toucher les Mercedes. Redoutablement rapides en qualification cette années, les flèches d’argent ont certaines difficultés selon les circuits pour rester devant la meute. Dans certaines circonstances, Nico Rosberg et Lewis Hamilton arrivent cependant à remporter des courses, deux pour l’Allemand et une pour le Britannique, mais leur inconstance ne leur permet pas pour l’instant de jouer les premiers rôles au championnat et de ralentir la course effrénée de Vettel vers son quatrième titre consécutif.

Même constat pour Lotus, et notamment Kimi Raikkonen, troisième du championnat, qui ne trouve pas sa performance optimale en toutes occasions. Tantôt brillantes, tantôt fantomatiques, les monoplaces noir et or sont sur le fil du rasoir à cause d’un développement moins rapide que leurs rivaux.

On aurait alors pu compter sur la seconde Red Bull, pilotée par Mark Webber, pour jouer les trublions au championnat. Mais l’Australien a longtemps été perturbé en début de saison jusqu’à l’annonce de sa retraite future en fin d’année. Mais « Aussie Grit » semble plutôt engagé dans une tournée d’adieu que dans une lutte fratricide pour le championnat.

Bref, Vettel est en train de s’envoler vers un quatrième titre consécutif, et certains fans de Formule 1 commencent à trouver cette domination un peu longue. Bien sûr, l’Allemand ne démérite pas au volant et mérite tout à fait et sans conteste ses succès, et un nouveau titre s’il venait à s’offrir à lui. Mais en son temps, Michael Schumacher dominait également la discipline de fort belle manière, mais en agissant aussi comme un puissant soporifique du dimanche après-midi. A tel point que la FIA et Bernie Ecclestone usaient de tous les stratagèmes pour ralentir le septuple champion du monde, avec plus ou moins de succès selon les différents règlements imposés.

Vettel prend donc le même chemin que son ainé. Sa dernière victoire en Belgique, sur le pourtant très réputé et spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps, nous a offert un des après-midi les plus ennuyant de cette saison. On ne peut évidemment pas reprocher au pilote et à son équipe de collectionner les victoires, mais il serait grand temps que la concurrence se réveille et vienne bousculer le roi Vettel de son trône, au risque de ne plus pouvoir le déloger durant plusieurs années. En début de carrière, l’Allemand n’aimait pas qu’on le compare au Baron Rouge Schumacher, mais force est de constater que, même malgré lui, Vettel commence à lui ressembler fortement…pour meilleur et pour le pire !

 

Axel B.





McLaren en manque de leader

15 08 2013

Cette saison, McLaren ne joue pas les premiers rôles. Une situation plutôt inhabituelle pour l’équipe britannique qui peut s’expliquer par diverses raisons. Bien entendu, la mauvaise conception de la monoplace est pointée du doigt, mais est ce que les deux pilotes actuels sont capables de faire remonter l’écurie vers les sommets ? Il semblerait que McLaren n’est pas de vrai leader cette année…

Licence Creative Commons / Morio

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Habituée aux victoires et aux podiums à répétition depuis leur retour en force à la fin des années 90, l’équipe McLaren est en train de vivre une saison noire, où les maigres espoirs de réaliser un bon résultat sont surtout annoncés dans la presse par les pilotes qui essaient de se motiver tant bien que mal.

La monoplace de cette saison est totalement ratée, et Martin Whitmarsh et son équipe en sont conscients. A tel point que le directeur sportif britannique avoue s’être déjà tourné vers 2014 afin de se concentrer de la meilleure manière possible pour affronter les nouveaux règlements sportifs qui vont régir la discipline.

Mais outre le fait que la voiture soit mal née, est ce que les deux pilotes actuels, Jenson Button et Sergio Pérez, sont capables de tirer l’équipe vers le haut ? Le Britannique, champion du monde en 2009 avec Brawn GP est le plus expérimenté des deux. A ce titre, c’est lui qui a obtenu cette saison les meilleurs résultats de McLaren en course, et sa gestion légendaire des pneumatiques et des conditions météorologiques changeantes lui ont permis de se montrer à son avantage en certaines circonstances. Mais est-il vraiment le leader dont McLaren a besoin depuis le départ de Lewis Hamilton ? A l’époque ou les deux pilotes se côtoyaient à Woking, une seine émulation s’était créée entre eux, à tel point qu’il était très difficile de les départager. Jenson Button avait alors impressionné tous les observateurs qui pensaient le natif de Frome incapable de tenir tête à Hamilton.

McLaren a donc pensé qu’après le départ de Lewis cette année, Jenson serait capable de prendre le leadership de l’équipe. Mais par le passé, Button avait déjà démontré ses limites dans ce rôle. Lors de son succès au championnat du monde en 2009, le Britannique avait capitalisé sur l’avantage des Brawn et de leurs doubles diffuseurs magiques en début de saison pour remporter un nombre important de victoires avant de lâcher prise une fois la concurrence revenu. Il aura fallu attendre le dernier Grand Prix, au Brésil, pour voir son sacre confirmé après une course difficile mais majestueuse. Au fil de la saison, Button et son équipier du moment, Rubens Barrichello, avaient été bien incapables de faire évoluer leurs monoplaces pour conserver l’important avantage du début d’année. Preuve s’il en faut de la difficulté de Button d’exhorter et aider son équipe à trouver des solutions  pour s’améliorer…ce qui semble être le cas encore aujourd’hui chez McLaren, même si le Britannique compense cette impression grâce à un pilotage toujours aussi fin, précis et rapide.

De son côté, Sergio Pérez est encore en phase d’apprentissage au sein d’une écurie de haut niveau. Le Mexicain, qui s’était fait remarquer avec quelques coups d’éclats au volant d’une Sauber ces deux dernières années, ne fait pas encore figure de référence. Son inexpérience criante et la pression engendrée par le fait de courir pour une écurie mythique qui a des attentes très élevées, annihilent quelque peu son talent et lui donne l’image convenue d’un diamant brut que l’on doit encore polir.

L’année prochaine va être un véritable tournant pour toutes les équipes et encore plus pour McLaren qui n’aura plus droit à une année de transition après la saison qu’elle est en train de vivre. Avec un Jenson Button en fin de carrière et un Sergio Pérez en plein apprentissage, l’écurie devra peut être songer à un remaniement profond en vue d’un futur à long terme.

 

Axel B.





Vergne et Ricciardo dans un rodéo à deux

25 07 2013

Depuis que Mark Webber a annoncé son départ de la discipline à la fin de la saison les rumeurs vont bon train sur le nom de son remplaçant. Si Kimi Raikkonen serait le premier choix de Red Bull, il est un peu trop tôt pour mettre de côté les deux jeunes pilotes Toro Rosso : Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo. Le duel de ces deux là pour l’obtention d’une place aux côtés de Sebastian Vettel va être passionnant à suivre durant la seconde partie de la saison. Mais lequel des deux à le plus de chance d’y arriver ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray

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Mark Webber a surpris Christian Horner et Red Bull lorsqu’il a annoncé, en marge du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, son intention de quitter la Formule 1 à la fin de la présente saison. Ce n’est pas vraiment sa décision qui a été surprenante, mais plutôt la manière dont elle a été annoncée, sans prévenir les dirigeants de l’équipe, qui l’ont donc appris en même temps que le reste du paddock.

Par ce geste que d’aucun qualifierait de peu élégant, Webber a certainement voulu régler ses comptes avec une équipe qui, selon lui, ne l’a pas assez soutenu malgré le fait qu’elle lui a fourni des monoplaces capable de remporter le titre depuis trois ans.

Maintenant, l’Australien s’est lancé un nouveau défi en Endurance en rejoignant Porsche et laisse de ce fait une place vacante chez les champions du monde aux côté de Sebastian Vettel.

Parmi les prétendants à sa succession, il y a logiquement les deux pilotes Toro Rosso, Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo, qui ont appris le métier au sein de l’équipe de Faenza et qui, au terme de leur seconde année de présence sur les grilles de départ, n’ont d’autres choix que d’ambitionner un volant au sein de l’écurie mère.

Dietrich Mateschitz et son bras droit, Helmut Marko, leur ont donné deux années pour prouver leur talent. En 2012, le Français et l’Australien ont chacun mis en avant leurs qualités. Ricciardo était souvent très rapide en qualifications, au dépend de Vergne, mais ce dernier réalisait des courses plus constantes, ce qui lui a permis au final de devancer son équipier au championnat de quelques points. La monoplace qu’ils avaient entre leurs mains cette année là ne leur a cependant pas permis de briller outre mesure, et une seconde saison n’était pas de trop pour pouvoir se faire un jugement définitif sur les deux hommes.

Cette année, le schéma de la saison précédente semble se renouveler. Daniel Ricciardo impressionne toujours par ses performances en qualifications, mais Jean-Eric Verge a sensiblement augmenté son niveau de jeu dans cet exercice. De ce fait, les résultats entre les deux hommes sont de plus en plus proches et les bons résultats, au volant d’une monoplace bien plus compétitive, s’enchainent pour les deux pilotes.

La pression semble également jouer un rôle important dans leur affrontement. Vergne et Ricciardo savent tous deux que tous les regards sont tournés vers eux, et le moindre faux pas risque de faire pencher la balance du mauvais côté. Du coup, même si intrinsèquement leurs résultats sont meilleurs (Toro Rosso a déjà quasiment le même nombre de points à la mi-saison que son total de l’an dernier), la constance n’est pas au rendez-vous. Vergne a réalisé deux courses magnifiques à Monaco et au Canada, ponctué par un flatteuse 6ème place à Montréal, mais il s’est ensuite écroulé lors des deux Grands Prix suivants à Silverstone et en Allemagne, où son équipier Ricciardo s’est fait remarquer par des performances exceptionnelles en qualifications (deux fois 6ème) et une prestation solide en course (8ème en Grande-Bretagne), pendant que le Français se battait en fond de peloton et devait subir deux abandons sur des problèmes mécaniques.

On comprend bien que le choix des dirigeants de Red Bull est cornélien. Aucun des deux pensionnaires de Toro Rosso n’arrive à se détacher et leurs performances sont finalement semblables au volant d’une monoplace qui ne leur permet pas de jouer les premiers rôles. Du coup, leur nationalité pourrait peut être jouer un rôle dans le choix de Red Bull. Mark Webber a déjà appuyé la candidature de son compatriote Ricciardo, mais la voix de l’Australien trentenaire pèse-t-elle vraiment au sein de l’équipe désormais ? Vergne pourra bien bénéficier du fait que Red Bull aimerait développer sa présence et son chiffre d’affaire en France, mais au final, Mateschitz et ses hommes ne sont intéressés que par une chose : la victoire. Vettel les a habitués comme cela depuis plusieurs années…

La seconde partie de la saison va être cruciale et passionnante à suivre entre les deux pilotes Toro Rosso qui se sont engagés dans un rodéo fou pour tenter de dompter le taureau rouge qui fait rêver tant de pilotes. Le premier qui tombera de la selle n’aura certainement pas d’autres opportunités de prouver ses talents d’équilibriste, d’autant plus qu’un certain Kimi Raikkonen se fait également courtiser par toute la manade.

Axel B.





La Formule 1 sur les traces du football

20 07 2013

La Formule 1 et le football sont deux sports totalement différents. Pourtant, dès que l’on parle d’économie et de financement, un rapprochement évident peut s’effectuer. Si le Qatar et la Russie ont fait une entrée fracassante dans le monde du ballon rond (Paris St Germain, Cheslea, Monaco…), ces deux pays sont en train de s’implanter dans la discipline reine du sport automobile.

Licence Creative Commons / Morio

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Pour faire fonctionner une écurie de Formule 1, il faut un financement solide. Si les écuries du haut de tableau comme Red Bull, Ferrari ou Mercedes sont à ce point compétitives, c’est qu’elle ont une excellentes assise financière qui leur permet d’élaborer des plans d’évolution sur le long terme. Accueillir les meilleurs ingénieurs et les meilleurs pilotes a un coût, et si les équipes qui ferment la marche comme Marussia et Caterham par exemple, ont de telles difficultés à hausser leur niveau, c’est qu’elle se retrouve confrontée à d’innombrables difficultés pour trouver des financements leur permettant de s’améliorer. Le temps et l’énergie passés à attraper ces chimères souvent inaccessibles sont perdues pour le développement et les progrès concrets sur la piste.

Dernièrement, l’écurie Sauber, présente en Formule 1 depuis 1993, s’est retrouvée dans une situation inconfortable, en grande difficultés financière, au point de ne pouvoir payer Ferrari pour la fourniture de ses moteurs et quelques mois de salaires de son premier pilote, Nico Hulkenberg. L’équipe a trouvé une solution auprès de richissimes investisseurs russes. Provenant de divers fonds d’investissements et fédération du pays, cette manne financière inespérée apporte cependant quelques obligations à l’écurie suisse.

En effet, à l’approche du premier Grand Prix de Russie organisé pour la saison 2014, le gouvernement du pays aimerait bien avoir la présence d’un pilote national sur les courses après l’échec de la tentative de Vitaly Petrov de figurer à long terme sur les grilles de départs. Sauber se voit donc presque obligé par contrat à titulariser l’année prochaine le jeune espoir Sergey Sirotkin, pas forcement le nouveau Vettel, mais fils de l’influent directeur de l’Institut National de Technologie d’Aviation russe, qui vient tout juste d’investir dans l’entreprise basée à Hinwill…

Comble d’ironie, l’équipe Sauber est en partenariat depuis plusieurs mois avec le club de football de Chelsea, lui aussi détenu par des investisseurs russes. De là à dire qu’il y ait un lien de cause à effet, rien n’a cependant filtré de ce côté-là.

Mais le parallèle entre ces deux sports est tout de même assez intéressant. Du point de vue financier tout du moins. La Russie est donc présente en Formule 1 désormais avec son implication chez Sauber, la présence sur les grilles d’une écurie nationale avec Marussia (bien que celle-ci soit installé en Angleterre et est une forte connotation britannique) sa future présence dans le calendrier mondial avec un Grand Prix à Sotchi et donc, peut être, l’arrivée d’un jeune pilote en 2014. Mais le pays est également implanté dans le football depuis de nombreuses année avec le club anglais de Cheslea donc, et plus récemment avec le club de Monaco, qui va faire un retour fracassant en première division du championnat de France en ayant attiré dans son escarcelle des grands noms de la discipline comme Falcao, Abidal ou Carvalho, grâce aux généreux financements de son nouveau président, le multimilliardaire russe Dmitry Rybolovlev.

L’équipe monégasque souhaite donc, dès cette année, rivaliser avec le Paris St Germain, autre grand club aux financements abondants apportés cette fois-ci par des investisseurs qatari. L’annonce du rachat de l’équipe de la capitale avait fait grand bruit, et malgré les incessants remous que le club subit depuis plusieurs mois, les résultats sportifs et les annonces de venues de grands joueurs ne cessent d’activer les média.

D’ailleurs, il ne serait guère étonnant que l’on n’entende pas parler du Qatar dans le milieu de la Formule 1 dans les années à venir. Cela fait quelques temps déjà qu’un rapprochement entre la FIA, présidée par Jean Todt, et la fédération qatarienne des sports mécanique (QMMF), avec sa tête l’influent Nasser Bin Khalifa Al-Attiyah, a eu lieu, et même si un Grand Prix n’est pas encore à l’ordre du jour, de nombreuses idées pour faire venir la Formule 1 sur le sol qatari existent déjà.

Depuis plus d’un an déjà, la QMMF souhaite accueillir les essais hivernaux sur son circuit de Losail, qui accueille déjà une manche du championnat du monde de Moto GP et du GP2 Asia. Des investisseurs qatari avaient également formulé le projet de racheter le circuit de Silverstone lorsque celui-ci s’était retrouvé en difficulté financière en 2011.

Jean Todt s’est positionné favorablement à une présence du Qatar, pays émergeant de la scène économique mondiale, en Formule 1, et des écuries comme Williams ou McLaren ont, elles aussi, compris l’attrait de ce pays en y implantant une partie de leurs activités et en profitant de la manne financière qui leur ait offerte.

Lorsqu’il s’agit de trouver de l’argent pour financer un projet sportif, la Formule 1 et le football se tournent donc vers les mêmes investisseurs. L’Europe, en période de crise semble avoir bien du mal à concurrencer des pays riches et émergents comme la Russie ou le Qatar. Et dans le microcosme de la Formule 1, la situation se constate clairement, notamment par la présence de nombreux Grands Prix dans des pays dits « exotiques » au dépends de son berceau naturel qu’est le vieux continent.

Axel B.





Ils sont sur des sièges éjectables…

13 07 2013

La période estivale est souvent propice aux annonces de transferts des pilotes. Avec la récente demi-surprise du retrait de Mark Webber à la fin de la saison, le marché risque de s’emballer rapidement. Petit tour d’horizon des pilotes qui risquent leur place…

Licence Creative Commons / Morio

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Après les premières courses de l’année, les écuries sont capables de faire un premier bilan de leurs performances et des forces en présence au sein de leur équipe. Sous les feux de la rampe, les pilotes sont souvent montrés du doigt lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes de leurs dirigeants.

Quelques pilotes pourraient donc se trouver en difficultés à l’heure ou les négociations de contrats pour la saison 2014 battent leur plein. Diverses raisons peuvent entrer en ligne de compte, quelles soit financières ou purement qualitatives.

Au premier rang des menacés se trouve Felipe Massa. Si son début de saison, la huitième avec Ferrari, avait laissé présager un retour en forme, cette impression fût brève. Depuis plusieurs Grands Prix, le Brésilien enchaine les contre performances, autant en qualifications qu’en courses, et a pris pour mauvaise habitude de détruire une monoplace par week-end. Éternel porteur d’eau depuis son accident en Hongrie en 2009, Massa s’était fait une raison de servir son leader Fernando Alonso tout en profitant de piloter pour l’écurie la plus mythique du championnat. Mais ses nombreuses contre-performances sont en train de nuire au développement entier de l’équipe, et donc aux performances de l’Espagnol. Son incompréhensible erreur de pilotage au bout de quatre tours lors du dernier Grand Prix d’Allemagne pourrait bien sonner le glas de sa présence chez les rouges, même si Stefano Domenicali continue de le soutenir publiquement.

L’avenir de Romain Grosjean chez Lotus est similaire à celui de Massa chez Ferrari. Mais le Français se trouve dans une situation légèrement différente. En effet, son futur est étroitement lié à celui de Kimi Raikkonen. Sans parler des performances de Grosjean, qui sont parfois médiocres et d’autres fois excellentes, la présence ou non de son équipier finlandais à ses côtés en 2014 sera déterminante pour son avenir. Si Raikkonen décide de rejoindre Red Bull, il y a peu de chance que le Français se voit poussé vers la sortie, dans un esprit logique de continuité. Par contre, si le champion du monde 2007 lie son avenir à long terme avec Lotus, il va falloir que Grosjean augmente sensiblement son niveau de jeu au risque de se voir écarter au profit d’un pilote apportant une garantie budgétaire plus importante que lui, ce qui permettrait, entre autre, de payer le salaire de Kimi…Les noms de Pastor Maldonado et de son richissime sponsor PDVSA ont notamment été cités.

Au sein de l’écurie Toro Rosso, la situation est bien plus claire. On connaît la politique de la maison qui consiste à donner deux saisons à leurs jeunes pilotes pour faire leurs preuves. Il y a fort à parier que si Raikkonen (encore lui) ne rejoint pas Red Bull, le choix du coéquipier de Vettel se fera entre Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne. Pour preuve, l’équipe a lancé un grand sondage sur sa page Fecebook pour que leurs fans choisissent le remplaçant de Webber entres ces trois noms précités. Le cas échéant, les deux compères risquent d’être écartés et devront trouver un autre volant par leurs propres moyens. Même si leur talent n’est certes pas soumis au moindre doute, il leur faudra trouver un financement suffisamment attractif pour pouvoir prétendre à continuer l’aventure en Formule 1.

En ce qui concerne les écuries de fond de grille, Marussia et Caterham, l’argent sera, là encore, le nerf de la guerre et les places de Chilton, Bianchi, Pic ou Van der Garde s’inscrivent donc en pointillé pour 2014. A ces petites équipes peuvent s’ajouter désormais Williams, qui lutte depuis plusieurs années pour retrouver son lustre d’antan et également Sauber, qui connaît actuellement les pires difficultés pour assurer sa présence jusqu’à la fin de la présente saison. Tout reste donc à jouer pour l’année prochaine, et les semaines à venir vont s’avérer cruciales.

Axel B.





La Formule 1 en sommeil

26 06 2013

Ce n’est pas encore tout a fait l’été, ni la fin de la saison, mais cette fin de mois de juin a des allures de désert pour la discipline reine du sport automobile. La Formule 1 s’est fait voler la vedette par les mythiques 24h du Mans et les pilotes sont en sommeil, certains en vacances, d’autres ayant déjà à l’esprit la course en Grande Bretagne, qui sera une des étapes cruciales de la saison 2013.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Ces derniers jours, les passionnés de sport automobile ont changé pour un temps d’idole. Ils ont troqué leur pilotes fétiches de Formule 1 pour applaudir des deux mains l’exploit de Tom Kristensen, nonuple vainqueur d’une des courses les plus regardés de l’année, à savoir les 24h du Mans. Ses deux partenaires, Loïc Duval et Alan McNish, un ancien de la maison F1, ont aussi eu leur moment de gloire.

Il est vrai que Kristensen a retenu toute l’attention des médias. C’est lui qui a franchi la ligne d’arrivée au volant de son Audi et, en détenant désormais le record de victoire sur cette course, il a quelque peu éclipsé ses coéquipiers qui n’ont pourtant pas démérité.

Loïc Duval fait donc parti de ces Français qui gagnent. Après une longue période de disette pour les pilotes tricolores, il semblerait que le vent tourne enfin dans le bon sens. En premier lieu, Sébastien Loeb en rallye à prouvé que la France était encore une nation importante du sport automobile. La présence de quatre Français sur les grilles de départ des Grands Prix de Formule 1 renforce encore un peu plus cette impression, tout comme le récent succès de Duval qui confirme le bien être de l’hexagone dans les diverses disciplines.

Cette victoire est aussi une belle revanche pour Alan McNish. L’Ecossais remporte là son troisième succès au Mans, dans une discipline qui lui a laissé plus de temps pour prouver son talent qu’en Formule 1. En ce qui concerne cette dernière, on se souviendra du natif de Dumfries pour son passage chez Toyota, écurie qu’il a aidé à lancer avec le Finlandais Mika Salo, dans une période de découverte forcement peu fructueuse.

Mais ce week-end au Mans restera également en mémoire à cause de la tristesse engendrée par le décès d’un de ses participants, le Danois Allan Simonsen. Au volant de son Aston Martin, le malheureux pilote n’aura eu le temps de faire que quelques kilomètres avant de trouver la mort au détour d’un virage sur un circuit qu’il connaissait pourtant parfaitement puisque participant à ses septièmes 24h du Mans.

Un triste épisode qui nous rappelle avec violence que le sport automobile reste très dangereux, même après les plus grands efforts réalisés ces dernières années en termes de sécurité, en Formule 1 comme dans les autres disciplines, notamment depuis les morts de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna en 1994.

Ce week-end, la Formule 1 va donc reprendre sa place médiatique avec le Grand Prix de Grande Bretagne qui devrait nous offrir un des premiers tournants de la saison. Une victoire de Sebastian Vettel et de sa Red Bull pourrait enterrer les espoirs et les ambitions de ses rivaux, alors qu’un succès de Fernando Alonso et Ferrari relancerait le suspens. A vous Messieurs !

 

Axel B.





L’histoire de la F1 se contemple à Silverstone

20 06 2013

Le circuit de Silverstone est un des tracés mythiques du championnat du monde de Formule 1. En étant le premier théâtre d’un Grand Prix dans la discipline, mais aussi en ayant été le lieu de bien des courses marquantes, ce circuit au nord de Londres, dans la Northamptonshire a acquis ses lettres de noblesses.

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

Licence Creative Commons / Ben Sutherland

La Formule 1 va bientôt poser ses bagages en Angleterre, sur le circuit de Silverstone pour le prochain Grand Prix de la saison. Une course à domicile pour un grand nombre d’équipes qui ont installé leurs usines et leurs bureaux aux alentours du tracé. Autant dire donc, que beaucoup d’entres elles voudront remporter une victoire très importante à leurs yeux et à ceux de leur sponsors.

Du côté des pilotes, le contingent britannique est également pléthorique plus que pas moins de quatre représentants de l’Union Jack seront présents sur la grille. Jenson Button et Lewis Hamilton pourront espérer jouer la victoire tandis que Paul di Resta et dans une moindre mesure Max Chilton, tenteront de remporter des places d’honneur.

Mais Silverstone, c’est aussi l’histoire de la Formule 1 avec un grand « H ». Théâtre du premier Grand Prix de la discipline en 1950, remporté par Nino Farina, futur champion du monde cette année là, le tracé britannique a également marqué définitivement la Formule 1 de son empreinte.

En 1951, c’est ici que Ferrari remporte sa première course avec le regretté José Froilan Gonzales. Le pilote argentin, malheureusement décédé en fin de semaine dernière, à quelques jours du Grand Prix, ne pourra pas fêter les 62 ans de la première victoire d’une monoplace rouge de la Scuderia.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps non plus pour qu’un Britannique s’impose à Silverstone. Si Stirling Moss avait déjà remporté en 1955 son Grand Prix national sur le circuit d’Aintree, c’est à son compatriote Peter Collins, encore une fois sur Ferrari, que reviendront les honneurs de s’imposer à Silverstone en 1958. En effet, le tracé du Northamptonshire n’accueille le grand Prix de Grande Bretagne de façon permanente que depuis 1987. Avant cela, une certaine alternance s’était instaurée avec les circuits d’Aintree et de Brands Hatch.

D’autres représentants de sa glorieuse Majesté seront consacré sur ce circuit comme Jim Clark, Jackie Stewart, James Hunt, John Watson, Nigel Mansell, Damon Hill, Johnny Herbert, David Coulthard ou encore Lewis Hamilton.

Silverstone a aussi été le décor des premières victoires de plusieurs pilotes. Outre Nino Farina, qui ne pouvait faire autrement que d’ouvrir le palmarès, José Froilan Gonzales a également ouvert son compteur de victoire sur le tracé tout comme l’Américain Peter Revson en 1973 et Johnny Hebert en 1995. Ce dernier avait, entre autres circonstances, bénéficié de l’accrochage entre la Benetton de Michael Schumacher, son équipier, et la Williams de Damon Hill, pour remporter un succès inattendu.

Autre image marquante, cet envahissement de la piste par le public lors de la victoire de Nigel Mansell en 1992. L’année de son titre, le Britannique moustachu avait fait chavirer ses compatriotes en remportant sa course à domicile.

Plus récemment, la piste de Silverstone a réservé ses victoires a des pilotes opiniâtres, agressifs et talentueux comme Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton Mark Webber ou Kimi Raikkonen, qui ont tous cinq monopolisé la première place de la course depuis 2006. Le circuit est souvent réservé à une élite car sur les quarante six éditions qui y ont eu lieux, trente trois fois un champion du monde (ou futur champion du monde) s’y est imposé.

Le circuit a souvent été décrié pour ses infrastructures vieillissantes, mais les pilotes l’ont toujours considéré comme une étape important dans le calendrier. Des noms de virages comme Maggots, Becketts, Chapel ou Stowe résonnent aux oreilles des passionnés comme autant de bijoux indétrônable. Depuis 2010, la piste a subi de sérieuses rénovations, tant dans son tracé que dans sa capacité et sa qualité d’accueil, ce qui en fait désormais un des plus modernes dans le genre.

Cette année, la piste devrait nous offrir une belle lutte entre les Ferrari et les Red Bull, avec Fernando Alonso et Sebastian Vettel en point d’orgue. Mais il faudra aussi surveiller Mark Webber sur l’autre Red Bull car l’Australien est en effet le seul pilote non champion du monde à s’être imposé sur place lors des huit dernières années. Enfin, il faudra également garder un œil sur Romain Grosjean et sa Lotus, car Silverstone réussi généralement bien aux Français. Preuve en est, Alain Prost détient le record du nombre de victoire sur cette piste avec cinq succès.

 

Axel B.





Pirelli face à son image

14 06 2013

Le fournisseur unique de pneumatiques de la Formule 1, Pirelli, est actuellement en train de réfléchir aux suites à donner à son engagement dans la discipline. Cette hésitation est cependant justifiée à la vue de l’image peu flatteuse que reflète actuellement sa présence sur les grilles de départ.

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Licence Creative Commons / Juozas Kaziukenas

Les polémiques font partie intégrante de la Formule 1. Chaque année, une nouvelle affaire vient défrayer les chroniques des magazines spécialisés et agite l’allée des stands. Hier le « Spygate », aujourd’hui le « Testgate »
Mais depuis trois ans, il y a une polémique insistante qui concerne les pneumatiques Pirelli. La firme milanaise a accepté de revenir en Formule 1 pour trois saisons à compter de l’année 2010 avec un cahier des charges bien précis imposé par la FIA. Cette dernière voulait donner une nouvelle impulsion au spectacle de la discipline et a judicieusement penser qu’en agissant sur le seul lien entre les monoplaces et la piste, donc les pneus, elle aurait l’occasion d’arriver à ses fins.

Effectivement, on peut dire que depuis trois ans, le spectacle est d’avantage présent lors des Grands Prix. Avec des gommes instables et difficilement compréhensibles et appréhendables par une majorité de pilotes, il nous a été donné de voir des courses plutôt mouvementées.
Les pilotes et les équipes sont en rognes mais le spectacle et ses promoteurs sont gagnants. Et Pirelli, dans cette histoire, se retrouve coincée et otage d’une situation qui commence lentement à lui échapper.

Car en effet, quel est le but premier d’une présence en Formule 1 pour une entreprise ? En ce qui concerne le domaine des pneumatiques, avec un manufacturier unique, on peut d’ores et déjà écarter le concept de compétition. Pirelli n’a pas à prouver qu’elle gagne plus souvent qu’un de ses concurrents. Il faut donc pour cette dernière travailler sur son image de marque et faire en sorte que l’excellence de ses produits soit mise en avant.
Or, depuis plusieurs mois maintenant, l’entreprise italienne croule sous les critiques des pilotes et des écuries qui font ressortir une incapacité à tirer la quintessence de leurs monoplaces à cause de pneumatiques trop peu endurants. Paul Hembery, le directeur sportif de Pirelli, se confond en explications pour justifier les choix conjointement pris par son entreprise et la Fédération.

Au final, qu’aurait à gagner Pirelli à continuer dans cette direction pour 2014 et au delà ? Si la situation reste en l’état, pas grand-chose. On l’a dit, le but premier de Pirelli est de faire rejaillir ses succès et sa technique sur ses ventes de pneumatiques dans le monde. Le marketing est un point assez important dans le milieu commercial pour ne pas se forger une mauvaise image en dépensant des millions en Formule 1. Certes, le nom de Pirelli est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Au niveau de la représentation par l’image, c’est un succès. Mais au niveau de l’image de la marque en elle-même, Pirelli se retrouve sur le fil du rasoir entre une bonne et une mauvaise appréciation.

Paul Hembery et ses partenaires vont donc devoir faire un choix cornélien et réussir à définir si leur présence à long terme en Formule 1 va continuer à leur apporter ce qu’ils étaient venus chercher en entrant dans la discipline, c’est-à-dire une meilleure image de leurs produits axés sur la compétitivité, l’endurance et l’excellence. Pas si sûr que les décideurs de la Formule 1 soient sur la même longueur d’onde.

 

Axel B.





Rien ne sert de courir…

27 04 2013

Depuis l’introduction des pneumatiques Pirelli en Formule 1 il y a de cela trois saisons, la discipline a pris un virage étonnant conditionné par la durabilité et la gestion difficile des gommes italiennes. En effet, la plupart des Grands Prix ne sont-il pas en train de se résumer à une simple course d’endurance et de stratégie plutôt que de vitesse pure, pourtant apanage du pinacle du sport automobile mondial ?

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Il est commun, chaque année depuis la saison 2011, d’entendre les pilotes se plaindre de la tenue de leurs pneumatiques. En effet, depuis l’arrivée de Pirelli en Formule 1, les composants des gommes fournies aux différentes écuries ne cessent d’évoluer vers une dégradation de plus en plus importante.

De plus, l’introduction de nouveaux éléments comme le KERS ou le DRS, qui facilitent les dépassements ont profondément modifié le comportement des pilotes en piste. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir certains d’entre eux se laisser doubler pour éviter d’abîmer leur pneumatiques dans une tentative de résistance quasiment impossible face à un adversaire possédant des gommes plus performantes de trois secondes au tour, avec un DRS ouvert et un KERS en pleine action. Même les pilotes les plus hargneux, comme Sebastian Vettel ou Fernando Alonso, préféreront perdre une ou deux places et rallier l’arrivée, plutôt que de tenter un coup de poker stratégique au risque de voir un effondrement soudain de leur performance.

La stratégie a toujours eu une importance capitale en Formule 1. Surtout à l’époque des ravitaillements en essence, où les arrêts aux stands pouvaient coûter près d’une dizaine de secondes d’immobilisation. Maintenant que ceux-ci sont devenus interdits, le temps d’arrêt s’est considérablement réduit. Cependant, il n’est pas rare de voir des pilotes stopper très tôt dans la course pour se débarrasser rapidement d’un type de pneumatique, embarrassant mais obligatoire à chausser durant la course.

Mais si auparavant une grande partie de la stratégie était basée sur les arrêts ravitaillement dans le but de gagner quelques précieuses places dans les stands, aujourd’hui, c’est la dégradation des pneumatiques qui est la clé de la performance.

Une sorte de course d’endurance est alors lancée entre les pilotes, et celui dont la monoplace et le style de pilotage exploiteront au mieux ses gommes, aura peut être une chance de finir la course dans les premiers. Un paradoxe troublant pour une discipline basée sur la vitesse pure et la compétition. Des pilotes qui ne se battent plus, qui se laisse doubler par crainte de ne pouvoir finir la course et qui ont les yeux rivés sur l’état de leur gommes plutôt que sur le prochain virage, voilà le spectacle qui pourrait nous être donné de voir à l’avenir si Pirelli et les instances dirigeantes de la Formule 1 ne changent pas leur fusils d’épaule en arrêtant de miser sur divers artifices par crainte d’un manque d’animation.

Mais les pilotes sont tout de même assez talentueux pour offrir au public un spectacle de qualité, n’ayons crainte. Car sans cette confiance, un duel Villeneuve/Arnoux du Grand Prix de France à Dijon en 1979 n’aurait jamais eu lieu. Et cela reste pourtant à ce jour une des plus belles pages de l’histoire de la Formule 1.

 

Axel B.








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