Le lion Sainz contre l’ogre Verstappen

18 11 2015

Telle une fable, le duel des deux pilotes Toro Rosso cette année, Carlos Sainz et Max Verstappen, prend un tournant épique et la morale du début de saison n’est plus la vérité de cette fin d’exercice 2015.

 

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

En début d’année, la signature du juvénile Max Verstappen faisait les gros titres de toute la presse, spécialisée ou non. Comment un jeune homme, pas encore majeur et étant dans l’impossibilité de posséder son permis de conduire, pouvait-il se retrouver parachuté derrière le volant d’une Formule 1 ?

De l’autre côté du box Toro Rosso, un autre jeune lion du nom de Carlos Sainz aura du patienter un peu plus pour voir sa titularisation effective. En balance avec d’autres pilotes, le pourtant émérite Espagnol ne semblait pas faire l’unanimité au sein de clan Red Bull au nom duquel, pourtant, il avait remporté des victoires importantes dans les catégories inférieures.

La pression était dans le camp du Néerlandais lors des premiers Grands Prix et force était de constater que Verstappen avait un peu de mal à gérer tout ça. En sept Grand Prix, il ne rentrera qu’une seule fois dans les points tandis que Sainz, sans être étincelant, impressionnait pas sa maitrise, sa régularité et sa capacité à commettre peu de faute en piste.

De ce point de vue là, Verstappen n’était pas exempt de tous reproches. Preuve en est son escapade sur l’aileron arrière de la Lotus de Romain Grosjean lors du Grand Prix de Monaco qui verra sa Toro Rosso s’encastrer violemment dans les murs de pneumatiques du virage de Sainte Dévote.

Mais ce crash et les déclarations qui suivirent concernant son peu d’intérêt pour la dangerosité de son pilotage allaient marquer un déclic chez le jeune homme.

A partir de ce moment, les rôles se sont inversés dans la petite équipe italienne. La fougue de Verstappen a laisser place à un pilotage plus réfléchi mais tout aussi agressif couronné par deux magnifiques quatrième place en Hongrie et aux États-Unis. Voyant ce danger monter à ses côtés, le discipliné Sainz s’est senti obligé de hausser son niveau de jeu jusqu’à aller même un peu trop loin, comme sa violente sortie de piste aux essais du Grand Prix de Russie en atteste. Quelques autres erreurs et une malchance tenace feront définitivement pencher la balance en faveur de son équipier.

Possédant plus de double de point que son équipier au classement du championnat du monde des pilotes, la victoire de Max Verstappen sur Carlos Sainz est actée pour cette année. Face à un tel phénomène qui confirme course après course toutes les louanges pourtant prématurées à son sujet, l’Espagnol va devoir garder la tête haute et le nez dans son volant pour continuer à travailler sereinement et à délivrer son plus beau pilotage comme il a été capable de le faire en début de saison. Son avenir chez Toro Rosso en dépend, et on connait la gestion impitoyable des dirigeants autrichiens à ce sujet.

Axel B.





GP du Brésil 2010 : Le jour de gloire de Nico Hülkenberg

15 11 2015

Lors de l’édition 2010 du Grand Prix du Brésil, le jeune pilote allemand Nico Hülkenberg a fait éclater son talent à la face du monde en signant un pole position étonnante, au nez et à la barbe des favoris, au volant de sa Williams-Cosworth, pour sa première saison en Formule 1.

(c) Williams

(c) Williams

Fraichement auréolé d’un titre en GP2 Series, Nico Hülkenberg n’aura pas tardé à faire son entrée dans le petit monde de la Formule 1. Couvé par Frank Williams, qui a vu en lui un talent prêt à éclore, le jeune pilote allemand de seulement 23 ans allait courir sa première saison dans la discipline en 2010, au volant d’une mythique Williams propulsée par un non moins mythique moteur Cosworth.

Ses débuts ne sont cependant pas éblouissants, mais Hülkenberg arrive néanmoins à mettre en avant sa belle pointe de vitesse en signant notamment un excellent cinquième temps lors des qualifications du Grand Prix de Malaisie, sur un circuit de moteur et donc, désavantageux avec le vieillissant Cosworth qui équipe sa FW32.

Même s’il tarde à convertir de belles qualifications en points durant les courses, Hulk, comme le surnomme le paddock, réussi tout de même à scorer quelques fois et n’a pas à rougir de la comparaison avec son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello.

Les deux hommes se présentent donc au Grand prix du Brésil, avant dernière manche du championnat 2010, avec des ambitions modestes. Mais déjà, comme c’est souvent le cas sur la ville de Sao Paulo, les conditions météorologiques semblent vouloir jouer un rôle important lors de ce week-end. En effet, la pluie est attendue durant les trois jours du Grand Prix et elle s’intensifie lors du moment crucial des qualifications le samedi.

Jouant avec les nerfs des pilotes, les gouttes d’eau se font d’humeur et d’intensité changeantes. Tant est si bien que, à la fin de la séance, après une heure d’effort, la piste commence à s’assécher. A ce petit jeu, tous les protagonistes savent qu’il faut généralement sortir le plus tard possible pour réaliser le meilleur temps. Mais un championnat se joue à Interlagos et les gros bras se sentent fébriles. Ils ne se méfient pas d’Hülkenberg qui sera le dernier à rentrer en piste ce samedi.

Le jeune allemand réalise ainsi le meilleur temps de la journée, devançant de plus d’une seconde son plus proche rival, son compatriote Sebastian Vettel, qui réussi à accrocher la deuxième place sur la grille au volant de sa Red Bull. Mais avec ce résultat époustouflant, l’Incroyable Hulk signe là un authentique exploit qui permet à Williams de renouer avec la pole position après cinq années de disette.

Le lendemain, la course d’Hülkenberg sera anecdotique. Sur piste sèche sa Williams a du mal à lutter contre ses poursuivants et il devra se contenter d’une modeste huitième place à l’arrivée. Mais lors de ce Grand Prix du Brésil, l’Allemand sera rentré dans les livres d’Histoire de la Formule 1 et gageons qu’il espérera, cette année encore, marquer encore plus la discipline. Ça tombe bien, les Force India sont en forme en cette fin de saison !

Axel B.





Chronique d’une M(an)ort annoncée

4 11 2015

Alors que la stabilité, après une reconstruction difficile, semblait acquise pour l’équipe Manor, les principaux dirigeants historiques de l’écurie ont décidé de rendre les armes et d’abandonner le navire. Qu’en sera-t-il de la suite ?

(c) Manor

(c) Manor

L’écurie Manor a une histoire des plus compliquée et douloureuse en Formule 1. Arrivée sous l’égide de Richard Branson, désireux d’imposer sa marque Virgin dans la discipline, en même temps que feu Caterham (ex-Team Lotus) et HRT en 2010, la structure dirigée par John Booth est la seule survivante des dernières équipes a avoir été introduites dans le championnat.

Au début de l’histoire donc, Manor, baptisée alors Virgin Racing, se voit déjà comme la remplaçante de Red Bull au niveau de l’image de marque fun et amusante. Pour ce qui est des résultats, Virgin est alors encore bien loin de concurrencer sa rivale autrichienne.

Et c’est justement ce manque de résultat et un investissement financier trop important qui forceront Branson à revendre la totalité de son équipe au constructeur russe Marussia qui baptisera ainsi l’équipe à partir de la saison 2012. Ce changement d’identité ne modifiera cependant pas les faibles résultats de l’équipe qui, malgré son faible budget, réussi néanmoins à devancer Caterham et à survivre à la disparition de l’équipe HRT au court de l’année 2012.

En 2014, l’équipe réussi tout de même à conserver une certaine stabilité avec le moteur Ferrari et le même duo de pilotes que la saison passée, composé du Britannique Max Chilton et de l’espoir français, Jules Bianchi. Ce dernier, lors d’un Grand Prix de Monaco épique, récolte les premiers points de l’histoire de l’écurie en accrochant une impressionnante 9ème place à l’arrivée.

L’équipe, surfant sur cette vague d’euphorie, se croit alors à l’abri d’une probable mise en liquidation judiciaire. En effet, Marussia doit faire face depuis des mois à de grosses difficultés financières et l’obtention de ces quelques points donne de l’air à ses dirigeants.

Mais le 5 octobre, lors du Grand prix du Japon disputé dans des conditions climatiques terribles, Jules Bianchi sort de la piste et va percuter de plein fouet un tracteur présent en bord de piste pour évacuer une autre monoplace accidentée. Le pilote français décédera des suites de ses blessures neuf mois plus tard, laissant le monde de la Formule 1 et son équipe orpheline.

Placée en redressement judiciaire à la fin de la saison, l’avenir de l’équipe semble des plus sombres. Mais John Booth et Graeme Lowdon, les deux dirigeants historiques, œuvrent dans l’ombre pour trouver un partenaire financier capable de relancer l’équipe. Et c’est en la personne de Stephen Fitzpatrick qu’ils trouvent leur sauveur.

Le fondateur et président de l’entreprise OVO Energy apporte le financement et la crédibilité qui permettent à Manor d’obtenir une unité de puissance Ferrari et de repartir du bon pied pour la saison 2015 alors que la quasi totalité de ses employés avaient été licenciée et qu’une partie de son matériel était en passe d’être vendu aux enchères.

Tout au long de la saison, l’équipe a réussi à survire et à préparer l’année 2016 sous les meilleurs auspices. Signant un contrat avec Mercedes pour la fourniture de moteur et devenant ainsi une équipe convoitée par bons nombres de pilotes désireux de participer au championnat avec une unité de puissance allemande championne du monde.

Mais à deux Grands Prix de la fin de la saison, le coup de théâtre intervient lorsque John Booth et Graeme Lowdon annoncent leur démission à la fin de la présente saison. Un désaccord avec Fitzpatrick sur la direction future que doit prendre l’équipe semble être le nœud du problème. Amputée de ses dirigeants historiques et de deux personnalités fortes du sport automobile, Manor semblent courir vers sa perte. D’autant plus que la direction technique, représentée par Bob Bell, est également démissionnaire.

Que va faire l’écurie Manor sans plus aucune direction technique et administrative à la fin de la saison ? Après être passée par autant de difficultés pour rester présente sur les grilles de départs, l’équipe vit là un véritable gâchis qui pourrait bien lui être fatal. L’avenir s’écrit donc en pointillés pour une équipe qui n’aura pas vécue beaucoup de beaux jours sous le ciel rugueux de la Formule 1.

Axel B.





Lewis Hamilton, la star aux trois étoiles

28 10 2015

Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda, Nelson Piquet, Ayrton Senna, et maintenant Lewis Hamilton. En remportant son troisième titre mondial en Formule 1, le pilote britannique entre encore un peu plus dans l’histoire de la discipline.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Lewis Hamilton est désormais triple champion du monde de Formule 1. Il va falloir s’habituer à l’appeler ainsi tant sa maestria a été totale lors de cette saison 2015.

Le petit gars de Stevenage vit un rêve éveillé depuis ses débuts en Formule 1 chez McLaren en 2007. Déjà, cette année là, il avait frôlé le titre lors de sa première année, ne le perdant que pour un misérable petit point face à Kimi Raikkonen dans une saison mouvementée. Il aura néanmoins le luxe de se payer la tête de son équipier et plus proche rival en piste et en dehors, Fernando Alonso, le devançant pour la deuxième place au championnat au nombre de deuxièmes places.

Son titre la saison suivante ne sera alors que plus mérité. Mais là aussi, la lutte avec Felipe Massa fera rage jusqu’au dernier virage de la dernière course au Brésil. Le Brésilien de Ferrari aura gouté aux joies de la consécration l’espace de quelques secondes, après la ligne franchie en vainqueur, juste avant qu’Hamilton, dans un dernier coup de volant, n’aille dépasser une Toyota en perdition pour glaner le point qui lui offrira son premier titre. Les larmes de tristesse de Massa faisant écho aux sourires et larmes d’émotion du clan Hamilton resteront comme le symbole d’une des saisons les plus folles de la discipline.

Après cette victoire marquante, Hamilton va se retrouver un peu en retrait. Emporté par le tourbillon médiatique et par une vie personnelle un peu dissolue, le pilote McLaren, qui avait grandi à Woking, a ressenti le besoin de quitter sa famille pour s’émanciper sous d’autres cieux.

Cet dans cet état d’esprit qu’il rejoint alors le projet Mercedes en 2013, prenant la place d’un Michael Schumacher fatigué, n’arrivant plus à retrouver son lustre d’antan. Il ne faudra guère de temps à Hamilton pour retrouver les chemins de la victoire en Hongrie alors que son équipier, Nico Rosberg, s’était déjà imposé deux fois en début de saison. Mais une plus grande régularité permettra au Britannique de devancer son rival allemand au championnat et de prendre, déjà un premier ascendant psychologique.

La psychologie aura une place importante dans la saison 2014. Les Mercedes sont dominatrices et le titre se jouera obligatoirement entre Hamilton et Rosberg. En piste et en dehors, les deux hommes s’accrochent, puis se réconcilient, puis s’accroche de nouveau. Le duel fait penser aux plus belles heures de la Formule 1 des années 80 lorsqu’Alain Prost et Ayrton Senna s’affrontaient sans retenue. Le profil de ces quatre pilotes d’exception est semblable. Cette lutte germano-britannique offrira encore de belles histoire à écrire dans les livres de la discipline et, au final, tout le monde se souviendra que c’est Lewis Hamilton qui coiffera le couronne mondiale, se rappelant au bon souvenir de tout le monde et ouvrant une nouvelle ère, technique et sportive, dans Formule 1 moderne.

Cette année, beaucoup pensait que Nico Rosberg allait prendre le taureau par les cornes et imposer son intelligence de la course pour gagner, à son tour, un titre mondial. Mais peut être avait-il sous-estimé la motivation d’Hamilton qui n’a laissé que des miettes à son rival. Impérial, majestueux, autoritaire, agressif…les superlatifs ne manquent pas pour qualifier l’état d’esprit et le pilotage du Britannique qui, grâce à une saison sans erreur, est allé rejoindre son idole de toujours, Ayrton Senna, au palmarès des triples champion du monde de Formule 1.

Axel B.





Mercedes : Deux titres et après ?

14 10 2015

Mercedes vient d’être titrée championne du monde des constructeurs en Formule 1 pour la deuxième fois. Après la découverte et la confirmation, la période de la longévité va arriver. L’équipe est-elle capable de s’imposer durablement au sommet de la discipline pour de nombreuses années ?

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

La Formule 1, on le sait, est une affaire de cycle. Ferrari et Red bull ont été, ces dernières années, les chantres de ce modèle. Mais après des saisons passées au somment de la discipline, chaque équipe peut avoir un retour de bâton inattendu et perde d’un coup, par lassitude ou tout simplement par logique, leur suprématie.

Cette fin de cycle, Mercedes pourrait ne pas tarder à la connaitre. Cette année déjà, les flèches d’argent ont eu l’avertissement d’un possible retournement de situation dans un avenir plus ou moins proche. Leur défaillance lors du Grand Prix de Singapour aura certainement alerté les consciences des dirigeants de la firme à l’étoile.

Certes, cette mauvaise exploitation des pneumatiques Pirelli qui était la cause de cette contre-performance alarmante sur le moment, n’a été que ponctuelle. Et même si elle se renouvelle d’ici à la fin de la saison, la domination sans partage de Lewis Hamilton, et dans une moindre mesure de Nico Rosberg, seront suffisantes pour empocher une nouvelle fois une double couronne mondiale.

Mais les problèmes, justement, rencontrés un peu trop fréquemment cette année par le pilote Allemand, doivent être, aux aussi, autant de signaux à prendre en compte avant d’atteindre le point de non-retour.

Mais pour nuancer cette crainte, il ne faut pas sous estimer les forces de l’équipe Mercedes, qui est une équipe rompue à la victoire depuis la brève ère Brawn GP en 2009 avec Jenson Button. Construite sur les cendres de l’écurie Honda, qui avait établie une base solide, elle n’a cessé de se renforcer et de faire venir des hommes clés comme Toto Wolff, Niki Lauda, Paddy Lowe ou Hamilton, qui possèdent une intelligence de la course suffisamment pointue pour anticiper les possibles futurs revers ou difficultés.

L’exemple de Red Bull doit être marquant pour Mercedes. L’équipe autrichienne s’est sabordée en quelques Grands Prix, pensant pouvoir se passer des éléments qui avaient pourtant fait son succès : Sebastian Vettel, Adrian Newey, Renault…

Désormais, avec le titre constructeurs en poche et une avance assez confortable d’Hamilton au championnat pilotes, Mercedes pourrait se permettre de concentrer ses forces sur la saison à venir, afin de ne pas se trouver au dépourvue face à la progression, toujours impressionnante de ses rivales, Ferrari en tête.

 

Axel B.





Fernando Alonso sous pression

30 09 2015

Après quelques mois passés dans les bas fonds des grilles de départ, et quelques années sans victoire, Fernando Alonso laisse entrevoir des signes de lassitude. Aura-t-il l’élan suffisant pour se relancer vers la conquête d’un troisième titre mondial tant convoité ?

(c) McLaren

(c) McLaren

Il le répète comme un mantra à qui veut bien l’entendre depuis le début de l’année : McLaren représente l’opportunité la plus crédible à moyen terme de battre Mercedes et de dominer la Formule 1. Fernando Alonso semble convaincu par son discours, le public un peu moins.

Il est vrai qu’il est plutôt difficile de le croire aux vues des résultats erratiques de McLaren et Honda cette saison. L’unité de puissance japonaise ne semble avoir fait aucun progrès depuis le mois de mars et les deux pilotes sortent rouges de honte de leur monoplace après chaque course, après s’être fait doubler par les trois quart du plateau en ligne droite.

Jusqu’à présent, Fernando Alonso, en double champion du monde et en pilote d’expérience qu’il est, a serré les dents et a tenu un discours « corporate » à la limite de l’insupportable, surtout lorsqu’il arrivait à s’enthousiasmer pour 16ème place sur la grille, juste devant son équipier Jenson Button.

Le pilote colérique et impétueux entrevue chez Ferrari avait, semble-t-il, disparu de la circulation. Jusqu’à ce Grand Prix du Japon, sur l’exigeant circuit de Suzuka, ou les nerfs d’Alonso ont lâchés.

En comparant le moteur Honda à une unité de puissance de GP2, l’Espagnol a semé le trouble dans le paddock, s’attirant les foudres, notamment, de Ron Dennis, patron historique de McLaren, qui cru revivre l’espace d’un instant ses pires cauchemars de 2007.

Intervention verbale stratégique pour secouer les pontes de Honda sur leurs terres ou simple poussée d’adrénaline, les propos d’Alonso, largement repris avec appétit par les médias, ont en tout cas suscités de nombreux commentaires et ont dévoilé à la face du petit monde de la Formule 1 les limites de l’acceptable pour le pilote Espagnol.

Double champion du monde considéré par ses pairs comme étant un des meilleurs, sinon le meilleur, pilote de sa génération, Alonso court après le temps. Après plus de deux années sans victoire et quasiment dix ans après son deuxième titre mondial, l’Espagnol n’a guère le temps d’attendre. L’échec de son passage chez Ferrari n’était pas prévu dans son plan de carrière et avec un horizon bouché fin 2014, il a fallu qu’il prenne une décision radicale pour tenter de retrouver l’ivresse de la victoire.

L’association entre McLaren et Honda l’a fait rêver. Il avait conscience de la hauteur du défi qui l’attendait en rejoignant ce projet, mais il ne s’attendait sûrement pas à aussi peu de progrès durant la saison.

Il est devenu très clair, depuis l’introduction des V6 hybrides, que les unités de puissance allaient être le point crucial de la technologie des monoplaces des prochaines années. L’aérodynamique et le savoir faire des équipes n’allaient pas peser lourd face à l’importance du moteur. Red Bull, avec sa voiture finement dessinée par Adrian Newey, en sait quelque chose. Pareil chez McLaren, avec un chassis pourtant bien né mais motorisé par une unité de puissance famélique.

Le drame d’Alonso se trouve là et il le sait bien. Son avenir n’est plus dans ses mains désormais. Il va falloir qu’il se repose sur la confiance qu’il a porté au projet McLaren-Honda pour pouvoir espérer se battre à court terme pour la victoire et le titre mondial. La patience n’est certes pas la première qualité du double champion du monde et il se pourrait bien qu’il aille abreuver sa soif de victoire vers d’autres disciplines. Mais d’ici là, il va devoir résister à la pression de l’ennuie et avancer d’un même pas avec son équipe pour espérer triompher un jour et ne pas avoir un gout d’inachevé en bouche.

Axel B.





Ferrari, repartir de zéro et gagner

4 09 2015

Après une saison 2014 catastrophique, Ferrari relève la tête et redevient un candidat régulier au podium et à la victoire derrière les intouchables Mercedes. Pourtant, la Scuderia a connu une profonde mutation qui semble s’avérer rapidement salvatrice.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Ferrari est habituée aux situations de crise. L’aura et le mythe qui entourent l’écurie italienne font que la moindre saison passée loin des podiums et des victoires peut vite devenir un calvaire.

Depuis le dernier titre Pilotes remporté en 2007 par Kimi Raikkonen, l’équipe est toujours à la recherche d’un leader capable de l’amener au sommet. Elle a cru pendant cinq saisons que cet homme serait Fernando Alonso, mais de mauvais choix stratégiques et le caractère un peu trop dominateur de l’Espagnol en ont décidé autrement.

Aujourd’hui, avec Sebastian Vettel à la barre, l’écurie au cheval cabré recherche un renouveau qu’elle semble avoir trouvé. Les mutations ont été profondes, tant du côté technique que du côté managérial. L’arrivée de Maurizio Arrivabene a, bien entendu, été la clé du nouveau départ entamé par l’équipe. L’italien a mis son charisme et sa connaissance de la Formule 1 au service des hommes qui l’entourent pour créer une ambiance conviviale et familiale qui faisait tant défaut ces dernières années.

D’ailleurs, la récente prolongation du contrat de Kimi Raikkonen pour la saison prochaine est un marqueur fort de la volonté d’Arrivabene de créer une véritable équipe avec une âme, pour pouvoir aller le plus loin possible. Avoir dans la maison le dernier champion du monde en date de l’équipe est un symbole intéressant.

De plus, là où Alonso divisait son monde et semblait être le seul véritable leader de caractère, Vettel, à la manière d’un Schumacher de l’époque, a rapidement compris que le symbole Ferrari serait toujours plus important que sa propre personne. Ses petites phrases en italien à la fin des Grands Prix montrent, parmi tant d’autres exemples, sa volonté de s’intégrer à une famille.

Il faut également saluer le travail de James Allison, leader technique de cette nouvelle ère pour Ferrari, qui malgré un déficit criant de puissance du côté du moteur, à réussi à fournir à ses pilotes une voiture bien née, équilibrée et leur permettant d’attaquer sans avoir peur de représailles. La SF15-T n’est certes pas la plus efficace des monoplaces du plateau aérodynamiquement parlant, mais elle est sans conteste neutre dans son comportement et donc facilement exploitable.

Finalement, pour être reparti de zéro sur de nombreux points, Ferrari peut tirer un bilan plus que positif de sa première moitié de saison. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à ce que Vettel et Raikkonen battent à la régulière les Mercedes de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, mais en profitant sans vergogne des moindres occasions qui se sont présentées, les nouveau hommes forts de Ferrari ont réussi à redonner confiance à l’équipe entière et ce, plutôt rapidement.

Axel B.








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