Pierre Gasly, l’espoir français de Red Bull

1 10 2014

Alors que Jean-Eric Vergne va terminer son aventure avec Red bull à la fin de cette saison 2014 de Formule 1, la mine de talent autrichienne prépare encore et toujours l’avenir avec notamment un jeune espoir français, Pierre Gasly, 18 ans, que nous avons rencontré lors des meetings World Series By Renault sur le circuit Paul Ricard, au Castellet, le week-end dernier.

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

De plus en plus, la jeunesse semble être l’apanage de la Formule 1. L’arrivée prochaine de Max Verstappen, à seulement 17 ans, a de quoi inquiéter toute une génération de pilotes qui court dans les formules de promotions avec le rêve ultime en tête d’accéder un jour à la Formule 1.
Parmi eux, un Français se démarque, pas uniquement parce qu’il est soutenu par la grande famille Red Bull, mais aussi parce qu’il est talentueux. Actuellement à la 3ème place du championnat de Formule Renault 3.5. au volant d’une monoplace de l’écurie Arden, Pierre Gasly ne se souci pas de la pression inhérente à son statut de pilote Red Bull. Il fait déjà preuve au contraire, d’une étonnante maturité pour un garçon de son âge : « Je suis aux portes de la Formule 1, et les gens attendent de moi que je performe. » Nous confie-t-il après sa belle deuxième place lors de la première course du week-end varois, qu’il ponctuera pas une pole position le dimanche. « Red Bull apporte beaucoup de chose, après il y a aussi de la pression donc il faut savoir la gérer. Mais cela reste une filière qui apporte du positif. »
Il ne s’inquiète donc pas de la politique de la firme autrichienne, souvent impitoyable avec ses jeunes talents comme Sebastien Buemi, Jaime Alguersuari ou plus récemment Jean-Eric Vergne : « Tout dépend comme on voit les choses. Ils ont lâché beaucoup de pilotes, c’est sûr, mais ils en ont aussi amené beaucoup, et c’est le seul programme qui en ait apporté autant comme Vettel, Vergne, Kvyat, Ricciardo…C’est sûr que ça tourne car ils ont beaucoup de pilotes mais on voit aussi que cela fonctionne quand on voit les performances de Vettel ou Ricciardo cette année. Kvyat marche très bien aussi et Jean-Eric [Vergne] a fait de bonnes courses. Ferrari, McLaren ou Lotus n’ont pas de programme qui amènent autant de pilotes. » Bien entendu, le jeune français connait les règles du jeu et sait ce qu’il doit faire pour séduire Helmut Marko et le grand patron, Dietrich Mateschitz : « Avec Red Bull, c’est quitte ou double. Soit tu leur plais et c’est la voie royale jusqu’à Red Bull Racing, soit ils ne sont pas assez content de toi et c’est fini. »

(c) Cédric Ciampini

(c) Cédric Ciampini

Mais si le talent est primordial pour Red Bull, l’aspect marketing est aussi très important pour la marque. La titularisation de Max Verstappen, 17 ans en 2015, chez Toro Rosso pour la saison à venir, a quelque peu bousculé le monde la Formule 1 et a mis en avant l’intérêt commercial et médiatique de la marque. Lorsque l’on pose la question à Pierre Gasly de savoir si seul le talent pur et dur est le principal critère de la marque, il répond très justement : « J’allais dire oui jusqu’à ce que la nouvelle concernant Verstappen sorte. Forcément il y a le côté marketing qui joue, mais ils ne vont pas non plus mettre quelqu’un qui ne met pas un pied devant l’autre en Formule 1. Forcement, il est très bon, sinon il ne serait pas là et tout le monde sait qu’il est bon. Mais des pilotes très bons aux portes de la Formule 1, il y en a beaucoup aujourd’hui. Après ce sont des petites choses qui font la différence comme l’âge, l’image, tout ce que ça peut apporter. Je pense qu’il a eu toutes les cartes en mains qui ont joué en sa faveur et l’opportunité aussi, car ce n’est pas donné à tout le monde de l’avoir. On verra ensuite ce qu’il va faire. »

A n’en pas douter, Pierre Gasly fait parti de ses jeunes talents qui frappent aux portes de la Formule 1 à plus ou moins court terme. Une chose est sûre, Red Bull compte déjà sur lui pour l’avenir. Il va réaliser dans la semaine sa première séance de simulateur de Formule 1 et l’équipe compte sur lui dans les mois à venir pour, à terme, faire du développement pour les week-ends de course. Le vivier français en Formule 1 n’est pas prêt de se tarir.

Axel B.





Lettre à Jean-Eric Vergne

28 09 2014

Le résultat et la fin de course de Jean-Eric Vergne en a surpris plus d’un le week-end dernier à Singapour. Sauf l’intéressé lui-même, qui a pu enfin démontrer tout son talent, malgré les nombreuses péripéties d’un Grand Prix compliqué. Cela valait bien une missive adressée au pilote français.

 

Licence Creative Commons / Thesupermat

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Cher Jean-Eric,

Cette semaine, ma chronique prend un tournant épistolaire car je ne vois pas d’autre manière pour t’avouer mon admiration mais aussi mon étonnement, suite à ta course nocturne à Singapour le week-end dernier.

On te disait abattu, déçu, fatigué, depuis l’annonce de ta non reconduction chez Toro Rosso pour l’année prochaine. Tu n’avais pourtant pas pu t’en étonner, connaissant bien la maison autrichienne. Déjà, il avait paru miraculeux que Marko et Mateschitz te laissent conduire une saison de plus ton rêve derrière le volant d’une monoplace flanquée du taureau rouge.

Ta non-titularisation chez Red Bull, au profit de Daniel Ricciardo, aurait dû sonner le glas de ta présence dans la grande famille autrichienne, mais il avait semblé que les grands pontes avaient encore confiance en toi et qu’ils n’avaient pas oublié quel grand espoir tu représentais pour la Formule 1 et pour leur marque.

Cette année, tu voulais te montrer digne de leur confiance renouvelée, en espérant secrètement que Daniel l’Australien se casse la figure aux côtés de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre. Mais ce fut plutôt Ricciardo qui joua habillement de l’uppercut pour terrasser l’Allemand, enfonçant en même temps le maigre espoir que tu avais de le remplacer en cours d’année, si toutefois…

Tu as cependant abordé cette nouvelle saison avec de bonnes résolutions adoptées cet hiver. Fini le pilote râleur et ronchon accusant la malchance ou sa mécanique de trahir son talent. Tu as laissé la place à un homme besogneux, qui tente de sortir le positif de toutes situations, même les plus mauvaises, et tu en as connu ton lot cette année.

Ton début de saison a été chaotique, enchaînant les résultats probants et les déconvenues accablantes, mais tu as toujours tenu à faire bonne figure, et continué à travailler tête baissée, pendant que ton jeune équipier russe récoltait les faveurs de ses employeurs et de la presse. Il faut bien dire aussi, que le petit Kvyat t’a mené la vie dure et que tu as eu du mal à étouffer son talent. On a fini par se demander si finalement, tu n’étais pas un peu en train d’accuser le coup. Ton remplacement en 2015 a pu en choquer quelques un mais plus pour l’affront qu’il représente de te voir remplacé par un gamin de 16 ans que par sa logique sportive.

A Singapour, le week-end dernier, il semblait que tu allais vivre encore un moment difficile. Après avoir honnêtement concédé une erreur en qualification, preuve s’il en fallait encore une de ta nouvelle maturité, tu es parti le couteau entre les dents dans une des courses les plus difficiles de la saison. Malgré deux pénalités, tu égales alors le meilleur résultat de ta carrière avec une sixième place acquise avec la manière. Une fin de course tonitruante qui a mis en abyme la multitude d’occasions ratées depuis le début de ta présence en Formule 1.

Pourquoi ne pas avoir eu ce sursaut d’orgueil avant ? Pourquoi ne pas avoir dévoilé ce comportement de guerrier plus tôt ? Des questions auxquelles tu pourrais apporter une multitude de réponses toutes aussi logiques et valables les unes que les autres ; mais cela n’est plus le problème désormais. Maintenant, il te reste cinq Grands Prix pour prouver que tu es le pilote talentueux et spectaculaire que tu nous as dévoilé sur le circuit de Marina Bay. Cinq Grands Prix pour te faire une place au pinacle du sport automobile, que tu mérites amplement après ce que tu nous as démontré le week-end dernier.

Axel B.





Le Grand Prix de Singapour déjà dans l’histoire de la Formule 1

20 09 2014

Depuis 2008, la Formule 1 fait escale à Singapour. Circuit en ville rendu atypique par le fait que la course se déroule de nuit, il s’y passe généralement des événements marquants. Petit retour en arrière sur certains d’entre eux.

Licence Creative Commons / Chensiyuan

Licence Creative Commons / Chensiyuan

En 2008, première année de présence du Grand Prix de Singapour au calendrier mondial de la Formule 1, la course était la première et la seule à se dérouler de nuit. Rejoint ensuite par Bahreïn et dans une moindre mesure Abu Dhabi, cette particularité n’est donc plus inédite, ce qui n’empêche cependant pas la course disputée au cœur de la Marina Bay de nous offrir un spectacle digne de sa grandiloquence.

Déjà, lors de la première édition, la victoire surprise de Fernando Alonso au volant de sa Renault n’allait cesser de faire parler d’elle. D’abord vue comme un choix tactique audacieux et chanceux, la victoire de l’Espagnol est rapidement apparue douteuse jusqu’aux révélations de Nelson Piquet Jr un an plus tard qui allait avouer s’être envoyé volontairement dans le mur sur ordre pour favoriser la victoire de son équipier au sein de l’écurie au losange.
Cette mésaventure lui a coûté sa place en Formule 1, tout comme celles de Flavio Briatore et Pat Symonds, les instigateurs de cette supercherie appelée le crashgate comme seule la discipline reine du sport automobile est capable de nous fournir.

Mais d’autres images fortes restent également en tête comme le spectaculaire accrochage entre la Mercedes de Michael Schumacher et la Toro Rosso de Jean-Eric Vergne lors de l’édition 2012 qui semblait être une redite de l’accrochage entre l’Allemand et Sergio Perez un an plus tôt. Le septuple champion du monde ne s’est jamais senti à son aise sur ce circuit puisque son meilleur résultat reste une 13ème place en 2010.

D’autres pilotes, en revanche, y ont fréquemment brillé comme Timo Glock par exemple, excellent second sur sa Toyota en 2009 après sa quatrième place acquise l’année précédente. C’est également sur ce circuit que Nico Rosberg prendra la première fois la tête d’un Grand Prix. L’Allemand a toujours été performant sur cette piste, notamment avec Williams, où il signa un podium lors de l’édition 2008.

Singapour est également un circuit très sélectif puisqu’en six éditions, seulement trois pilotes s’y sont imposés. Il s’agit de Lewis Hamilton (2009), Fernando Alonso (2008 et 2010) et Sebastian Vettel (2011, 2012 et 2013). Uniquement des champions du monde qui totalisent à eux trois sept titres ! Sans compter que le virage n°18 du circuit, juste avant le pont, a régulièrement vue des pilotes aller s’empaler dans ses murs, usés par la fatigue, le décalage horaire et l’attention que demande le pilotage sur un circuit urbain. Jaime Alguersuari, Narain Karthikeyan ou encore Paul di Resta en ont déjà été les victimes, qui osera compléter la liste des meurtris cette année ?

Et puis la dernière image marquante qui nous a été offerte à Singapour est sûrement ce tour d’honneur de Mark Webber après son abandon l’an dernier, à califourchon sur la Ferrari de Fernando Alonso, non sans avoir auparavant traversé la piste à pied en manquant de se faire écraser par un Lewis Hamilton surpris de retrouver le pilote Red Bull en pareille position. L’Espagnol et l’Australien avaient d’ailleurs été sanctionnés par la suite.

La course, généralement animée donc, se termine par un feu d’artifice qui vient éclairer le ciel étoilé de Singapour, là où la Formule 1 peut afficher son faste et sa décadence sans le moindre remord.

Axel B.





Alonso et McLaren : est-ce encore possible ?

7 09 2014

De plus en plus de rumeurs font état d’un possible retour de Fernando Alonso chez McLaren pour les saisons à venir. Mais vu leur récente histoire commune, est-ce que cette éventualité est encore crédible ?

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

On dit Fernando Alonso las de Ferrari et du manque de compétitivité de ses monoplaces successives depuis son arrivé au sein de la Scuderia en 2010. Et cette cinquième saison passée chez les rouges, sans aucune victoire, est sans aucun doute la plus difficile à avaler pour le double champion du monde espagnol, qui a malgré tout affirmé ne pas vouloir partir pour l’instant.

La Formule 1 est un monde de rumeurs, et il n’est donc pas étonnant de voir le nom d’Alonso s’associer à McLaren et au retour de Honda en 2015. Le motoriste japonais veut un pilote de premier choix pour briller dès la première année de son retour. Jenson Button, vieillissant et Kevin Magnussen encore trop tendre, l’équipe dirigée par Eric Boullier semble vouloir aller chercher ailleurs son leader… on parle également de Sebastian Vettel ou encore de Lewis Hamilton, mais ces pistes là sont moins incandescentes que celle qui mène à l’Espagnol.
Pour analyser pleinement la crédibilité de cette possible association, il faut faire un bref retour en arrière, en 2007 précisément, pour se souvenir du premier passage de Nando au sein de l’équipe basée à Woking, et surtout, de leur séparation après une année tumultueuse.

Le Taureau des Asturies avait signé sont contrat chez les gris à la fin de la saison 2005, alors qu’il n’était qu’un tout jeune champion du monde. Son arrivée chez McLaren en 2007, après la conquête de son second titre, promettait de belles pages dans les livres d’histoire de la Formule 1. Mais à défaut d’apparaître dans celles des palmarès, l’union du pilote de feu et de l’écurie de glace aura surtout agité celles des polémiques.

Le début de saison sera pourtant à l’avantage d’Alonso qui remportera des victoires marquantes devant son jeune coéquipier, Lewis Hamilton. Mais au fur et à mesure des Grands Prix, le Britannique, couvé par Ron Dennis, va prendre la mesure de son voisin de garage jusqu’à réussir à le déstabiliser sportivement et mentalement. Alonso va se sentir trahi par son équipe à laquelle il reproche d’avantager son équipier. Une guerre interne entre les deux hommes va s’installer et Alonso en sera le grand perdant, fustigé par la FIA pour un geste anti-sportif en Hongrie où il bloque son équiper au stand, il se verra même battu par Hamilton au classement final du championnat du monde, au nombre de deuxième places.

En outre, les relations avec son équipe ne cesseront de se dégrader avec l’histoire du spygate, lors de laquelle McLaren a été reconnue coupable d’espionnage industriel envers Ferrari. Dans le dossier, politiquement lourd, Alonso aura un rôle important puisqu’il achètera son immunité auprès de Max Mosley en contrepartie d’informations à charge contre McLaren. Voilà de quoi rompre définitivement les liens qui l’unissent à l’équipe et à Ron Dennis, deux ans avant la fin officielle de son contrat.

Dans ces conditions, et sept ans après, est-ce que le retour de Fernando Alonso chez McLaren est possible ? Oui, selon les dires de Ron Dennis, qui serait prêt à tout oublier pour remettre son équipe au plus haut sommet. Moins sûr du côté du pilote qui ne cesse de déclarer sa volonté de continuer le challenge Ferrari pour réussir enfin à gagner un titre chez les rouges, ce qui le mythifierait à coup sûr. Le double champion du monde a un fort caractère et il l’a prouvé à maintes reprises. Sa fierté et sa volonté farouche de gagner avec Ferrari l’empêcheront sûrement de tenter un retour hasardeux chez McLaren qui ne l’a pas considéré autrefois comme le pilote leader qu’il aurait aimé être.

Axel B.





Ricciardo croque la F1 à pleines dents et redonne le sourire à Red Bull

1 08 2014

Il peut sourire, Daniel Ricciardo, car cette saison s’offre à lui comme un cadeau. Mais il serait faux de croire que seuls la chance ou l’opportunisme sont la base des résultats de l’Australien cette année. L’actuel troisième homme du championnat a prouvé sur la piste qu’il mérite largement son moment de gloire.

 

(c) Getty

(c) Getty

Jusque là, le parcours de Daniel Ricciardo en sport automobile est plutôt classique. Victorieux dans toutes les disciplines auxquelles il a participé avant d’accéder à la Formule 1, le pilote australien n’a cependant remporté qu’un seul titre de Formule Renault en 2008.

Couvé par Red Bull qui a vu en lui un potentiel énorme dès son plus jeune âge, Ricciardo a réussi à se faire une place de choix en Formule 1 en restant humble et en travaillant dans la bonne direction. Il a tout d’abord accepter de faire ses armes dans la modeste équipe HRT en 2011, apprenant le métier en fond de grille tout en essayant de terminer devant son expérimenté équipier, ancien transfuge de la maison Red Bull lui aussi, Vitantonio Liuzzi.

Une fois cette mission accomplie, Daniel a eu le droit de rejoindre la petite sœur Toro Rosso pour prouver son talent. On connait l’exigence des dirigeants autrichiens, Helmut Marko en tête, et la pression qui est mise sur les jeunes pilotes pour prouver leur valeur. La filière Red Bull est impardonnable et intransigeante, mais l’Australien, grâce à son calme, son retour technique excellent et sa rapidité, a su se faire remarquer au point de devenir le prétendant logique au remplacement de Mark Webber chez Red Bull cette année.

Peu de monde lui accordait en début de saison la qualité d’égaler, et encore moins de dominer, Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre et muse du taureau rouge. Mais pendant que l’Allemand se lamentait sur la nouvelle réglementation de la discipline et vociférait envers une monoplace rétive qui ne lui convenait pas, l’Australien habillé de son sourire légendaire et de sa bonne humeur communicative, se chargeait d’apporter un peu de légèreté au sein d’une équipe dans la tourmente.

Ricciardo n’a pas été épargné par les déconvenues en début de saison : une disqualification en Australie, une roue mal serrée en Malaisie auraient pu le condamner à la déception ou au moins entamer sa confiance. Mais il s’est au contraire servi de ces événements pour rebondir encore plus fort et montrer à son équipe qu’elle pouvait compter sur lui. Intrinsèquement plus rapide que Vettel au volant de la RB10, il est devenu un habitué du podium, allant même jusqu’à remporter sa première victoire au Canada, en profitant certes des déconvenues de ses rivaux, mais en réalisant également une course intelligente et d’attaque.

Sa récente victoire en Hongrie peut également avoir un léger goût d’opportunisme, mais ses somptueux dépassements sur Lewis Hamilton en fin de course et celui sur Alonso dans les derniers tours prouvent la qualité de son pilotage. Et ce n’est pas la première fois qu’il le démontre. En Allemagne, son coup de volant génial lui a valu les félicitations et l’admiration de ses pairs, et pas des moindres, puisque Fernando Alonso, entre autre, s’est extasié de sa dextérité. Après ses deux victoires, il ne lui manque peut être plus qu’une pole position pour mettre tout le monde d’accord !

 

Pas sûr que ses rivaux continuent de l’admirer s’il continue à gravir ainsi les échelons qui le mènent vers d’autres probables victoires et, pourquoi pas, une future lutte pour le titre. Le chemin est encore long, et on sait également qu’en Formule 1, il faut se trouver au bon endroit au bon moment pour avoir toutes les chances de son côté. Mais Daniel Ricciardo semble déjà sur la bonne route pour mettre tous ces éléments de son côté.

 

Axel B.





Red Bull donne bien des ailes !

11 06 2014

Ils ne sont pas beaucoup de pilotes issus de la filière Red Bull, à gagner des Grands Prix dans l’écurie mère du taureau rouge. Les deux seuls pilotes à qui cette confiance a été accordée, à savoir Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo, ont su se montrer digne de cette promotion.

Licence Creative Commons / Emperornie

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Si la victoire à Montréal, dimanche dernier, de Daniel Ricciardo a avant tout apporté un vent de fraicheur et de sympathie à cette saison 2014, elle a surtout souligné la réussite insolente de la filière de jeunes pilotes montée par Red Bull depuis plusieurs années.
Avant même son implication dans la gestion d’écuries, Dietrich Mateschitz, a toujours été présent en sport automobile et plus particulièrement en Formule 1. Tout d’abord en tant que sponsor, notamment des écuries Sauber ou Arrows dans les années 90 et 2000, mais également en tant qu’accompagnateur de jeunes talents dans les diverses disciplines.
Mais le magnat autrichien n’aura pas trouvé son quadruple champion du monde du premier coup. Il a commencé à soutenir des pilotes qui ne sont pas tous parvenus au grand destin que Mateschitz leurs vouait. Les Enrique Bernoldi, Christian Klein, Patrick Friesacher ou Robert Doorbnos n’ont jamais concrétisé les espoirs placés en eux et ont quitté la Formule 1 aussi rapidement que ce qu’ils y étaient arrivés.
Finalement, le patron de Red Bull a estimé qu’il serait bien plus fructueux de faire courir ses pilotes sous les couleurs de sa propres écurie, un avantage à la fois commercial et sportif. Et au fur et à mesure des saisons, son intuition s’est avérée payante. Il n’aura fallu que trois saisons à Toro Rosso pour révéler le bijou Sebastian Vettel qui se verra offrir l’opportunité de rejoindre la grande sœur Red Bull, active dans le championnat depuis quatre ans et largement dégrossie par des pilotes d’expérience comme David Coulthard et Mark Webber.
La suite, tout le monde la connait. Vettel et Red Bull ont enchainé les succès et les titres jusqu’à devenir la référence des quatre dernières saisons en Formule 1. Pendant ce temps, Toro Rosso s’est aguerrie dans son rôle de formatrice de jeunes pilotes Red Bull pour faire éclore de nouveau talents à l’image de Daniel Ricciardo qui marche désormais sur les traces de son illustre ainé quadruple champion du monde.
Si la filière Red Bull a connu quelques ratés avec des pilotes comme Sébastien Buémi ou Jaime Alguersuari, la victoire de Daniel Ricciardo à Montréal est la meilleure preuve de la réussite de l’ambition de Mateschitz. Lui et son homme de confiance, Helmut Marko, ne se sont pour l’instant pas encore trompé au moment de titulariser un pilote issu de leur filière au sein de l’écurie championne du monde. Sebastian Vettel a rapidement dépassé toutes les attente et Daniel Ricciardo est en train d’impressionner son monde en ayant déjà remporté une victoire après seulement sept Grands Prix au volant d’une Red Bull.
Sa précocité n’est pas sans rappeler celle du champion allemand qui avait remporté sa première victoire avec Red Bull lors de sa troisième participation, en Chine, en 2009. L’Australien est même sur le point d’éclipser son illustre équipier, qui ne pouvait faire que contre mauvaise fortune bon cœur sur le podium du Grand Prix du Canada, sûrement déjà nostalgique de sa période de succès intense.

Au final, le vrai vainqueur de cette belle histoire est bien Dietrich Mateschitz qui voit son projet de formation et d’investissement aboutir à ses objectifs. A n’en pas douter, cette réussite donne aussi des ailes et des idées aux suivants sur la liste qui pourraient être Jean-Eric Vergne, Daniil Kvyat, Carlos Sainz Jr ou encore Antonio Felix da Costa.

Axel B.





Le grand théâtre de Montréal

4 06 2014

Depuis quelques années, le Grand Prix du Canada nous offre un spectacle étonnant avec son lot de rebondissements et d’événements exceptionnels. Le circuit Gilles Villeneuve est souvent le cadre de courses qui ont marqué l’histoire de la Formule 1 de bien des manières.

(c) DR

(c) DR

Organisé depuis 1978 à Montréal sur l’île Notre-Dame, Le Grand Prix se déroule sur le circuit qui prend le nom de Gilles Villeneuve en 1982 après le décès de celui qui avait été le premier pilote à s’imposer sur cette piste. Le Canadien a laissé une empreinte forte en Formule 1 et, ironie de l’histoire, près de vingt ans après, c’est son fils, Jacques, qui pilotera sur cette piste mythique, sans jamais cependant réussir à s’y imposer comme l’avait fait son aïeul.

La course québécoise a toujours été très animée et nous a offert des Grands Prix et des événements qui sont restés dans l’histoire. La nature atypique du tracé, serré et entre les murs, qui n’est pas sans rappeler Monaco ou Melbourne, est propice aux rebondissements.

L’image forte de ces dernières années est sans conteste l’effrayante sortie de piste de Robert Kubica au volant de sa BMW-Sauber en 2007, lors d’une course qui a été ponctuée de nombreux coups de théâtre et marquée par le dernier podium en Formule 1 d’Alexander Wurz et l’étonnante sixième place de Takuma Sato au volant de sa Super Aguri.

Les accidents et accrochages sont souvent légion lors de la course, comme par exemple ce carambolage au premier tour en 1998 qui avait impliqué cinq voitures donc Wurz, Jean Alesi, Johnny Herbert, Jarno Trulli et Oliver Panis. Ce dernier avait d’ailleurs été victime d’un grave accident, un an plus tôt, se brisant les jambes dans une vilaine sortie de piste en fin de course qui lui fera manquer la suite d’une saison qui semblait prometteuse au volant de sa Prost-Mugen-Honda.

Et puis comment ne pas parler de sorties de piste sans évoquer le fameux mur des champions, dans la dernière chicane du circuit, qui a vu tant de champions du monde s’écraser contre ce géant de béton qui arborait avec défiance et non sans une certaine ironie le slogan maintenant devenu célèbre : « Bienvenue au Québec ! »

Des courses folles ont aussi émaillé l’histoire du Grand Prix du Canada avec comme dernière référence la course de 2011. Interrompue pendant plus de deux heures, avec six interventions de la voiture de sécurité dans des conditions climatiques dantesques, la victoire reviendra finalement à Jenson Button qui, au volant de sa McLaren, volera la première place dans le dernier tour à un Sebastian Vettel en perdition. L’Anglais s’imposera après six arrêts aux stands et deux accrochages dans une épreuve qui aura duré plus de quatre heures avec toutes les interruptions.

Cette année, avec l’affrontement interne des deux pilotes Mercedes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, la course pourrait bien être une fois de plus spectaculaire. Le Britannique part cependant avec un avantage certain puisqu’il s’est déjà imposé trois fois sur ce circuit en 2007, 2010 et 2012.

 

Axel B.








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