A quoi s’attendre en F1 pour 2016 ?

24 01 2016

La saison 2015 a vu la deuxième consécration consécutive de Mercedes et Lewis Hamilton. La Formule 1 est-elle entrée dans une nouvelle ère de domination ? Que peut nous apporter la nouvelle saison 2016 qui va démarrer en mars prochain ?

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(c) Mercedes

Cette année, le marché des transferts et l’intersaison sont plutôt calmes dans la microcosme de la Formule 1. En effet, à l’exception de Romain Grosjean, aucun pilote ne changera d’équipe pour aborder cette nouvelle année. De ce fait, la continuité et la stabilité semblent de mise.

Au niveau technique, peu de changements majeurs sont attendus avant 2017 voire 2018, et cette année pourrait donc marquer une nouvelle étape dans la domination de Mercedes, effective depuis deux saisons désormais. Le constructeur allemand est tellement en avance sur la concurrence que celle-ci doit, dans un premier temps, redoubler d’efforts pour revenir à son niveau, puis ensuite trouver des trésors d’ingéniosité pour réussir à le dépasser.

Si l’on se réfère à la saison 2015, Ferrari semble l’équipe la mieux placé pour parvenir à enrayer la marche destructrice de Mercedes. La Scuderia, en pleine renaissance après les trois victoires de son nouveau messie Sebastian Vettel, n’a pas souhaiter chambouler son organisation pour se concentrer sur ses évolutions. De ce fait, le pourtant très critiqué Kimi Raikkonen a conservé sa place et se voit donner une chance supplémentaire de briller.

Si Williams et Red Bull étaient clairement en perte de vitesse l’an passé, il faudra cependant garder un œil attentif sur elles tant leur expérience de la victoire est grande. L’équipe britannique donne des signes encourageants d’envie et de développement cet hiver tandis que sa consœur autrichienne se dit déjà en avance sur son programme avec son moteur Renault rebadgé Tag Hueur.

Renault, justement, qui va faire son grand retour en tant que constructeur à part entière cette année, aura besoin de temps avant de pouvoir s’imposer au sommet de la hiérarchie mondiale. Son patron, Carlos Ghosn, a très longtemps pesé le pour et le contre de cet engagement, et nul doute que l’entreprise française n’est pas présente en Formule 1 pour jouer les seconds rôles. Son évolution tout au long de l’année et lors des saisons suivantes sera donc intéressante à suivre.

Enfin, la grande révolution technique attendue pour 2017, au mieux, devrait également faire les choux gras des médias cette année. Plus de spectacle et de spectaculaire sont attendus pour l’avenir, mais à force de trop se chercher, la Formule 1 est en train de perdre une partie de son public qui se tourne vers des disciplines souvent moins techniques et plus à la mode comme le WEC ou la Formule E par exemple. La F1 va donc devoir trouver des solutions pour garder sa place au pinacle des sports automobiles.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, d’Hamilton à Pérez

29 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Première partie, de Lewis Hamilton à Sergio Pérez.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

LEWIS HAMILTON :

Un champion trois étoiles ! Le but, à peine caché, du pilote britannique a été atteint cette année puisqu’il rejoint au palmarès de la Formule 1 son idole de toujours, Ayrton Senna. Hamilton a été magistral en 2015, coiffant la couronne dès le Grand Prix des Etats-Unis, bien aidé par un Nico Rosberg absent, comme durant une bonne partie de la saison. Sans véritable rivaux, le désormais triple champion du monde n’avait plus qu’à se méfier de lui-même. Mais ses errances passées ont laissé place à une assurance de tous les instants, même lorsque tous les éléments semblaient contre lui, comme à Monaco ou en Hongrie par exemple. Ce troisième titre devrait être marquant dans la vie du pilote britannique.

NICO ROSBERG :

En début d’année, tout le monde pensait que l’Allemand pourrait contester le titre suprême à son équipier. Las, en manque flagrant de rythme, Rosberg a laissé filer devant lui un Hamilton écrasant tout sur son passage en début de saison. Sebastian Vettel est venue jouer les troubles fêtes au milieu du clan Mercedes et il est apparu, au cours de la saison, que Rosberg n’allait se battre que pour essayer de conserver sa deuxième place au championnat face au pilote Ferrari. Un constat d’échec qui doit néanmoins être nuancé par sa formidable fin de saison qui l’a vu aligner six pole positions et trois victoires en six courses. De quoi repartir sur un bel élan en 2016 ?

SEBASTIAN VETTEL :

Après une saison 2014 complètement raté, Vettel est revenu sur le devant de la scène en faisant de Ferrari une équipe capable de contester la victoire aux Mercedes de façon sérieuse. Trois victoires, dans des circonstances différentes, on fait de l’Allemand le poil à gratter de Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Le pilote est redevenu incisif et l’homme est apparu plus détendu. Si le doute a pu le ronger l’an passé, 2015 l’aura remis sur les bons rails. Son sérieux, son abnégation, son esprit d’équipe et sa redoutable rapidité font qu’il semble inévitable qu’il ne soit pas titré dans les années à venir avec Ferrari. Mais on pensait exactement la même chose de Fernando Alonso, avec le résultat que l’ont connait aujourd’hui.

KIMI RAIKKONEN :

Cette année, on a vu le Finlandais souriant dans le paddock, et c’est sûrement grâce à son état d’esprit que son contrat chez Ferrari a été renouvelé. Parce que du point de vue des résultats, l’année de Raikkonen a été plutôt décevante. Trois podiums contre Trois victoires face à son équipier, le bilan est maigre. On retiendra surtout ses accrochages, avec Alonso en Autriche ou Bottas en Russie et au Mexique, et une quatrième place logique au championnat du monde des pilotes. Il va falloir cependant qu’il fournisse bien plus en 2016 s’il veut conserver une chance de rester en Formule 1 encore quelques temps. Il l’a avoué lui-même, il n’ira nulle par ailleurs que chez Ferrari, et si la Scuderia redevient une machine à gagner, sa place sera hautement convoitée.

VALTTERI BOTTAS :

A l’image de son équipe, Bottas a été quelque peu décevant cette année. Dominé en début de saison par son vétéran d’équipier, Felipe Massa, le Finlandais aura relevé la tête en fin de saison, avec un seul podium au Canada comme meilleur résultat. Forfait suite à des problèmes de dos pour la première course en Australie, Bottas aura surtout fait les gros titres pour ses deux affrontements, en Russie et au Mexique, avec son compatriote Kimi Raikkonen. Gageons que sa saison 2016 soit un pu plus flamboyante au risque de passer d’espoir en devenir à pilote de seconde zone.

FELIPE MASSA :

Auteur d’un bon début de saison, Felipe Massa n’en a quand même pas moins été contraint à un rôle d’outsider toute l’année, à l’image de son équiper, faute à une monoplace rétive. Avec deux podiums, en Autriche et à Monza, où il est resté très populaire, son bilan reste meilleur que celui de Bottas. Mais, avec un peu de fatigue et de lassitude, sa fin de saison ne lui aura pas permis de devancer le Finlandais au championnat, comme il l’a pourtant fait durant une bonne partie de l’année. Le Brésilien a sûrement sauvé son baquet pour 2016 grâce à une saison honnête et une volonté de stabilité chez Williams. Mais l’an prochain prendra probablement la forme d’un tour d’adieu pour l’un des pilotes les plus expérimenté de la discipline.

DANIEL RICCIARDO :

Prisonnier du conflit qui a sévit entre Red Bull et Renault, Daniel Ricciardo aura eu du mal à réaliser une saison aussi convaincante qu’en 2014. Lui qui se voyait se battre pour le titre après ses trois victoires l’an passé, est finalement dépassé au nombre de points par son équipier, transfuge de Toro Rosso. Deux podiums, chanceux ne suffiront pas à le satisfaire et on voit mal, malheureusement, comment sa situation pourrait évoluer en mieux en 2016. L’Australien devrait peut être commencer à regarder si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs, en dehors de sa maison Red Bull, comme l’a fait avec succès son ancien équipier, Sebastian Vettel. Un exemple à suivre, évidemment.

DANIIL KVYAT :

Le jeune russe avait beaucoup à prouver cette année. Beaucoup d’observateur ne le trouvaient pas réellement légitime pour remplacer le quadruple champion du monde Sebastian Vettel. Pourtant, après une entame de saison brouillonne et plutôt difficile, Kvyat a pris confiance en lui et a démontré une belle pointe de vitesse et une régularité étonnante. Ces deux qualités lui ont permis de devancer son équipier au championnat et devrait lui permettre d’aborder 2016 sous de bons auspices. En espérant que la nouvelle monoplace Red Bull lui en donne les moyens.

NICO HULKENBERG :

La saison de l’Allemand a été marquée par sa formidable victoire lors des 24 heures du Mans, en plein cœur de l’été. Un succès qui lui aura permis un temps d’occuper le devant de la scène dans les paddocks de la Formule 1, avant de retomber dans l’anonymat du peloton. « L’incroyable Hulk » aura commis beaucoup trop d’erreurs et d’approximations pour pouvoir prétendre au podium après lequel il court depuis le début de sa carrière. Il ne va pas falloir qu’il tarde trop avant de l’atteindre parce que le temps passe vite. Surtout lorsque l’on a à ses côtés un équipier rapide et richement doté en dollars.

SERGIO PEREZ :

Boosté par le retour de son Grand Prix national au calendrier, le Mexicain a passé un palier cette saison en devenant un pilote plus constant et moins fougueux. Certes, son agressivité peut encore se muer geste dangereux, mais il aura tenu son équipe à bout de bras en début de saison, avec une simple évolution de la monoplace de l’an passé et il aura inscrit le seul podium de Force India cette année, seulement le troisième de l’histoire de l’écurie, en Russie au terme d’une course d’attaque. Si la monoplace 2016 lui permet, on peut être sûr que Pérez deviendra un candidat crédible au podium de manière régulière.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





Nico Rosberg sur sa lancée en 2016 ?

2 12 2015

Avec 6 pole positions d’affilée et 3 victoires consécutives, Nico Rosberg réalise une fin de saison tonitruante. Mais peut-il conserver ce bel élan pour entamer 2016 en rival crédible de Lewis Hamilton ?

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Littéralement étouffé par la dynamique victorieuse de son équipier Lewis Hamilton, Nico Rosberg à du se rendre à l’évidence de la supériorité de son rival au milieu de la saison. Incapable de suivre le rythme du Britannique (Grande-Bretagne, Belgique…) et parfois handicapé par des problèmes techniques contraignants (Italie, Russie…), l’Allemand n’a pas réussi à se donner une impulsion suffisante en début d’année pour pouvoir prétendre au titre mondial.

Pourtant, avec l’arrivée des premiers Grands Prix européens, Rosberg semblait en mesure de prendre le dessus sur Hamilton. Une belle victoire en Espagne, une autre plus chanceuse à Monaco et enfin un succès probant en Autriche aurait du le relancer. Mais alors qu’on aurait pu croire qu’un ascendant psychologique ait été pris par l’Allemand, c’est l’inverse qui s’est produit et cette série de déconvenues a vexé Hamilton qui a repris immédiatement, sur ses terres, les reines du championnat. Malgré quelques imprévus en Hongrie et à Singapour, le Britannique sera impossible à arrêter jusqu’à l’acquisition de son troisième titre mondial à Austin, au Texas.

Ce jour là, un déclic s’est produit dans le comportement de Nico Rosberg. L’Allemand a laissé s’échapper, sur une bête erreur de pilotage, une victoire qui aurait repoussé le titre d’Hamilton et aurait pu introduire le doute dans la tête du Britannique. A partir de ce moment, pétrit de honte et de remord, Rosberg n’a plus semblé être le même homme.

Au Mexique, au Brésil et à Abu Dhabi, il n’a laissé que des miettes à son équiper. Développant un pilotage pur, rapide et sans erreur, Rosberg s’est montré sous son plus beau jour, rappelant à tout le monde, et à Hamilton en particulier, le grand pilote qu’il pouvait être.

Mais ce réveil est arrivé trop tard pour inquiéter son triple champion du monde d’équipier. Peut-il d’ailleurs être vraiment inquiétant pour la suite ? Cette série de victoires, en fin de championnat face à un rival sans plus aucun objectif et un peu la tête ailleurs, n’a-t-elle pas les allures d’un baroud d’honneur de fin de cycle ?

Personne ne sait si Mercedes pourra conserver sa redoutable avance sur ses rivales en 2016. On a déjà vu l’équipe Ferrari se rapprocher dangereusement cette année et Sebastian Vettel semble être le prochain homme en forme. Il ne faudra pas non plus négliger la capacité de réaction de Renault et Honda, deux des motoristes les plus riches et les plus puissants du plateau.

Nico Rosberg a déjà eu deux chances d’être titré en 2014 et en 2015. Sur ces deux saisons, il s’est fait battre par son équipier, et de manière encore plus flagrante cette année. Psychologiquement, ces trois dernières victoires vont lui permettre de passer un hiver serein. Mais lorsque la saison 2016 sera lancée et que tous les pilotes seront tournés vers le même objectif de victoire, l’Allemand aura-t-il les épaules assez larges pour aller chercher le titre ? Il ne l’a malheureusement pas encore prouvé à ce jour.

Axel B.





Abu Dhabi : Les enjeux du dernier Grand Prix de la saison F1

27 11 2015

Le dernier Grand Prix de cette saison 2015 pourrait paraitre inutile après les consécrations de Mercedes et Lewis Hamilton dans les deux championnats. Mais des enjeux sont encore en cours pour quelques pilotes et équipes.

 

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(c) Mercedes

Le Grand Prix de Russie et celui des États-Unis ont chacun été le théâtre du couronnement des nouveaux champions du monde 2015. La piste de Sotchi a donc vu le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive et le tracé d’Austin a consacré Lewis Hamilton pour le troisième titre de sa carrière.

Au Mexique, l’enjeu pour la deuxième place du championnat pilote s’est réglé entre Sebastian Vettel et Nico Rosberg, à l’avantage de ce dernier, vainqueur sur la piste des frères Rodriguez tandis que que son rival se fourvoyait dans une série d’erreurs inhabituelles pour un quadruple champion du monde. Les quelques points restant à prendre au Brésil pour assurer l’autre pilote Mercedes de sa place de dauphin n’étaient plus qu’une simple formalité.

La Formule 1 va donc débarquer à Abu Dhabi, sur la piste de Yas Marina, avec peu de suspens à offrir mais sûrement beaucoup de spectacle. En effet, libérés de tout enjeu, les pilotes vont pouvoir s’expliquer sur la piste sans aucune retenue et devraient donc nous offrir quelques belles passes d’armes, si leurs équipes respectives les laissent jouer tranquillement.

Mais plus bas dans le tableau, quelques enjeux subsistent encore. La bagarre de Finlandais pour la quatrième place du championnat du monde risque bien de prendre un tournant épique au regard de l’animosité récente qui s’est construite ces dernières semaines entre Kimi Raikkonen et Valtteri Bottas. Les deux finnois ont déjà échangé quelques coups en Russie et au Mexique et seulement un point les sépare au championnat du monde. Plus qu’une place, c’est l’honneur qui est en jeux. Celui de Ferrari et Williams, aussi.

Encore un peu plus loin, la bataille pour la symbolique dixième place au championnat pourrait bien faire quelques étincelles. Elle mettra en concurrence Nico Hulkenberg, vainqueur cette année des 24 Heures du Mans, Max Verstappen, révélation de cette saison et Romain Grosjean, qui voudra quitter Lotus, son équipe de toujours, sur une bonne note. Les trois points qui les séparent pourraient bien être le plus animés de cette course.

Il restera également à observer une bataille d’égo entre les deux pilotes Red Bull; séparés de seulement dix points à l’avantage de Daniil Kvyat sur Daniel Ricciardo. L’Australien tombé des nues cette année, aimerait sûrement finir sur une belle note et, surtout, devant son équipier.

Rien que pour tous ces affrontements, la dernière course de la saison vaudra son pesant de cacahuètes, avant que tous les fans de Formule 1 ne se mettent en hibernation pour quelques mois.

 

Axel B.





Le lion Sainz contre l’ogre Verstappen

18 11 2015

Telle une fable, le duel des deux pilotes Toro Rosso cette année, Carlos Sainz et Max Verstappen, prend un tournant épique et la morale du début de saison n’est plus la vérité de cette fin d’exercice 2015.

 

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

En début d’année, la signature du juvénile Max Verstappen faisait les gros titres de toute la presse, spécialisée ou non. Comment un jeune homme, pas encore majeur et étant dans l’impossibilité de posséder son permis de conduire, pouvait-il se retrouver parachuté derrière le volant d’une Formule 1 ?

De l’autre côté du box Toro Rosso, un autre jeune lion du nom de Carlos Sainz aura du patienter un peu plus pour voir sa titularisation effective. En balance avec d’autres pilotes, le pourtant émérite Espagnol ne semblait pas faire l’unanimité au sein de clan Red Bull au nom duquel, pourtant, il avait remporté des victoires importantes dans les catégories inférieures.

La pression était dans le camp du Néerlandais lors des premiers Grands Prix et force était de constater que Verstappen avait un peu de mal à gérer tout ça. En sept Grand Prix, il ne rentrera qu’une seule fois dans les points tandis que Sainz, sans être étincelant, impressionnait pas sa maitrise, sa régularité et sa capacité à commettre peu de faute en piste.

De ce point de vue là, Verstappen n’était pas exempt de tous reproches. Preuve en est son escapade sur l’aileron arrière de la Lotus de Romain Grosjean lors du Grand Prix de Monaco qui verra sa Toro Rosso s’encastrer violemment dans les murs de pneumatiques du virage de Sainte Dévote.

Mais ce crash et les déclarations qui suivirent concernant son peu d’intérêt pour la dangerosité de son pilotage allaient marquer un déclic chez le jeune homme.

A partir de ce moment, les rôles se sont inversés dans la petite équipe italienne. La fougue de Verstappen a laisser place à un pilotage plus réfléchi mais tout aussi agressif couronné par deux magnifiques quatrième place en Hongrie et aux États-Unis. Voyant ce danger monter à ses côtés, le discipliné Sainz s’est senti obligé de hausser son niveau de jeu jusqu’à aller même un peu trop loin, comme sa violente sortie de piste aux essais du Grand Prix de Russie en atteste. Quelques autres erreurs et une malchance tenace feront définitivement pencher la balance en faveur de son équipier.

Possédant plus de double de point que son équipier au classement du championnat du monde des pilotes, la victoire de Max Verstappen sur Carlos Sainz est actée pour cette année. Face à un tel phénomène qui confirme course après course toutes les louanges pourtant prématurées à son sujet, l’Espagnol va devoir garder la tête haute et le nez dans son volant pour continuer à travailler sereinement et à délivrer son plus beau pilotage comme il a été capable de le faire en début de saison. Son avenir chez Toro Rosso en dépend, et on connait la gestion impitoyable des dirigeants autrichiens à ce sujet.

Axel B.





GP du Brésil 2010 : Le jour de gloire de Nico Hülkenberg

15 11 2015

Lors de l’édition 2010 du Grand Prix du Brésil, le jeune pilote allemand Nico Hülkenberg a fait éclater son talent à la face du monde en signant un pole position étonnante, au nez et à la barbe des favoris, au volant de sa Williams-Cosworth, pour sa première saison en Formule 1.

(c) Williams

(c) Williams

Fraichement auréolé d’un titre en GP2 Series, Nico Hülkenberg n’aura pas tardé à faire son entrée dans le petit monde de la Formule 1. Couvé par Frank Williams, qui a vu en lui un talent prêt à éclore, le jeune pilote allemand de seulement 23 ans allait courir sa première saison dans la discipline en 2010, au volant d’une mythique Williams propulsée par un non moins mythique moteur Cosworth.

Ses débuts ne sont cependant pas éblouissants, mais Hülkenberg arrive néanmoins à mettre en avant sa belle pointe de vitesse en signant notamment un excellent cinquième temps lors des qualifications du Grand Prix de Malaisie, sur un circuit de moteur et donc, désavantageux avec le vieillissant Cosworth qui équipe sa FW32.

Même s’il tarde à convertir de belles qualifications en points durant les courses, Hulk, comme le surnomme le paddock, réussi tout de même à scorer quelques fois et n’a pas à rougir de la comparaison avec son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello.

Les deux hommes se présentent donc au Grand prix du Brésil, avant dernière manche du championnat 2010, avec des ambitions modestes. Mais déjà, comme c’est souvent le cas sur la ville de Sao Paulo, les conditions météorologiques semblent vouloir jouer un rôle important lors de ce week-end. En effet, la pluie est attendue durant les trois jours du Grand Prix et elle s’intensifie lors du moment crucial des qualifications le samedi.

Jouant avec les nerfs des pilotes, les gouttes d’eau se font d’humeur et d’intensité changeantes. Tant est si bien que, à la fin de la séance, après une heure d’effort, la piste commence à s’assécher. A ce petit jeu, tous les protagonistes savent qu’il faut généralement sortir le plus tard possible pour réaliser le meilleur temps. Mais un championnat se joue à Interlagos et les gros bras se sentent fébriles. Ils ne se méfient pas d’Hülkenberg qui sera le dernier à rentrer en piste ce samedi.

Le jeune allemand réalise ainsi le meilleur temps de la journée, devançant de plus d’une seconde son plus proche rival, son compatriote Sebastian Vettel, qui réussi à accrocher la deuxième place sur la grille au volant de sa Red Bull. Mais avec ce résultat époustouflant, l’Incroyable Hulk signe là un authentique exploit qui permet à Williams de renouer avec la pole position après cinq années de disette.

Le lendemain, la course d’Hülkenberg sera anecdotique. Sur piste sèche sa Williams a du mal à lutter contre ses poursuivants et il devra se contenter d’une modeste huitième place à l’arrivée. Mais lors de ce Grand Prix du Brésil, l’Allemand sera rentré dans les livres d’Histoire de la Formule 1 et gageons qu’il espérera, cette année encore, marquer encore plus la discipline. Ça tombe bien, les Force India sont en forme en cette fin de saison !

Axel B.








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