La folle ambiance de Montréal

12 06 2015

Le Grand Prix du Canada est toujours un rendez-vous particulier du calendrier mondial de la Formule 1. Si d’apparence, la course a été un peu moins agitée en piste qu’à l’accoutumée, il ne s’en est pas moins passé quelques péripéties amusantes dans cette folle ambiance québécoise.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Le week-end dernier, la Formule 1 est allée faire la fête du côté du continent américain avec ce rendez-vous incontournable au Canada. La course à Montréal est un véritable succès à chaque édition, même si sa place au calendrier mondial a pourtant été maintes fois menacée,

Si cette année la course a paru un peu moins spectaculaire que lors des saisons précédentes, tous les acteurs de la discipline, pilotes en tête, avaient le sourire aux lèvres durant le week-end. Lewis Hamilton, sur son circuit fétiche, qui avait vu sa première victoire en 2007, n’a cessé de tarir d’éloges sur le côté amusant de la piste et l’enthousiasme sans faille du public québécois.

Même Nico Rosberg, pourtant battu en piste par son rival, affichait un sourire franc sur le podium, ce qui réussissait à lui faire oublier une deuxième place forcement décevante et frustrante lorsque l’on joue le titre mondial. Fernando Alonso, lui aussi, avait décidé de s’amuser un peu au volant de son erratique McLaren-Honda en envoyant valser les consignes d’économie de carburant de son équipe technique pour tenter de défendre face à notamment Sebastian Vettel, qu’il aurait sûrement bien aimé pouvoir contenir plus longtemps dans son dos. Avec comme objectif un abandon quasiment prévisible, l’Espagnol s’est laissé emporter par la bonne humeur ambiante. A croire que la folie canadienne qui régnait aux alentours du circuit Gilles Villeneuve a guéri les pilotes de tous les maux, même les plus malheureux.

Tous… ou peut être pas. Dans le clan Renault, c’était plutôt la soupe à la grimace. Le pourtant habituellement très souriant Daniel Ricciardo ne s’est pas gêné lui non plus pour constater le gros manque de performances de son équipe, tout juste un an après sa première victoire. Aujourd’hui, Red Bull et Renault courent après leur lustre d’antan et semblent bien loin des espoirs de victoires arrachées de haute lutte l’an passé à l’ogre Mercedes.

Perdu pour le podium, les pilotes Lotus ont eux décidé d’animer la course à leur façon en inversant leur rôle. Pastor Maldonado a fait une course solide pour marquer les six premiers points de sa saison, tandis que Romain Grosjean s’est rappelé ses vieux démons en accrochant bêtement et inutilement la Manor de Will Stevens, à qui il prenait un tour en bout de ligne droite.

Et puis la course nous a également offert deux belles remontées : celles de Sebastian Vettel et Felipe Massa. L’Allemand a accroché une inespérée cinquième place, éclipsant la course brouillonne de son équipier Kimi Raikkonen, alors que le Brésilien de Williams offre un beau tir groupé à son équipe avec le résultat de Valtteri Bottas, qui monte sur le podium pour la première fois de la saison.

Finalement, en y regardant bien, il s’est passé pas mal de choses lors de cette édition du Grand Prix du Canada… comme souvent, et pour encore longtemps espérons-le.

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





La complainte de Nico Rosberg

19 04 2015

En Chine, terre de sa première victoire en Formule 1 il y a trois ans, Nico Rosberg s’est montré impuissant à contrarier la marche en avant de son équipier Lewis Hamilton. Pire encore, il a semblé perdre son calme tout en acceptant, bien malgré lui, un statut de numéro deux plutôt encombrant pour un prétendant au titre désigné.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Au soir de la saison 2014 de Formule 1, qui a vu le couronnement de Lewis Hamilton pour la seconde fois de sa carrière, on avait laissé un Nico Rosberg combattant, plein de panache et beau joueur face à la joie de son équipier.
En se doutant bien de la future suprématie des Mercedes pour la saison 2015, on s’attendait à voir une lutte acharnée entre les deux hommes, encore plus serrée que celle qu’ils nous ont offerte l’an passé, tant sur le plan sportif que psychologique. C’était sans compter sur le réveil de Ferrari et de son nouveau Prince Rouge, Sebastian Vettel. Déstabilisant pour Rosberg ? Sûrement, mais l’Allemand, challenger pour le titre en 2014, est bien loin de son meilleur niveau en ce début de saison 2015.
Battu largement par Hamilton en Australie pour l’ouverture de la saison, jamais dans le rythme en Malaisie, abandonnant même la première ligne à Vettel en qualifications, puis chutant jusqu’à la troisième place du podium en course, Rosberg se devait de réagir en Chine pour rester une menace crédible aux yeux du double champion du monde britannique.
Au lieu de cela, on a assisté à une nouvelle démonstration de force d’Hamilton et à un resserrement des performances entre Vettel et Rosberg. Ce dernier d’ailleurs n’est pas allé chercher bien loin les raisons de sa contre-performance en course. En conférence de presse d’après Grand Prix, il a accusé son équipier de ne pas avoir eu un rythme assez soutenu durant une période de la course, permettant au pilote Ferrari de revenir sur lui.
Une attaque plutôt étrange à laquelle Hamilton a répondu avec pragmatisme et logique en arguant qu’il n’avait pas à se soucier de la course de son équiper, ayant assez à faire avec la sienne. Avec cette déclaration, Rosberg a peut-être voulu lancer la guerre psychologique qui avait bien failli déstabiliser le Britannique en 2014. Mais ces propos raisonnent plus aujourd’hui comme un aveu de faiblesse de l’Allemand, déjà dépourvu de sa précieuse arme, sa vitesse sur un tour, lors des qualifications pour quelques centièmes de seconde.
Si Rosberg avait été l’homme fort du Grand Prix de Chine, plutôt que de se plaindre de la lenteur d’Hamilton, il aurait dû le rattraper, puis le dépasser en piste pour imposer son propre rythme et se défaire ainsi de la pression de la Ferrari de Vettel. Mais visiblement dans l’impossibilité de le faire, le vice-champion du monde 2014 a préféré attaquer son équipier sur un terrain qui semble bien peu fertile en ce début de saison.

L’année passé, Lewis avait déjà fait un début de saison tonitruant avant de tomber dans le piège tendu par Nico à Monaco, dans son jardin. A partir de ce moment, l’Allemand était devenu un réel challenger pour le Britannique. Il ne faudrait cependant pas que le déclic tarde trop à venir pour Rosberg cette année, au risque d’y perdre ses nerfs, comme il l’a laissé entrevoir le week-end dernier à Shanghai. D’autant plus que cette fois-ci, Vettel est en embuscade.

Axel B.





L’importance du choix de carrière en Formule 1

5 04 2015

Pour être victorieux en Formule 1, il faut avoir la bonne combinaison entre plusieurs éléments clés. L’importance des choix de carrière est donc cruciale pour se forger un palmarès. Certains pilotes sont plus habiles que d’autres à l’heure de prendre ce genre de décision.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Le talent ne fait pas tout, en Formule 1 encore plus que partout ailleurs. L’homme et la machine doivent être en parfaite symbiose et la combinaison idéale est parfois très dure à trouver pour les pilotes. Certains font un choix longuement réfléchi et parient sur l’avenir d’une équipe, d’autres vont au grès des opportunités en espérant que le succès viennent à eux. Il n’y a pas de recette miracle car l’inconnu est toujours présent.

Dans l’histoire récente de la Formule 1, trois hommes stigmatisent bien l’importance de ces choix de carrière. Il s’agit de Fernando Alonso, Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Tous trois multiples champions du monde, ils ont pourtant eu une approche radicalement différente dans la gestion de leur carrière.

Pour l’Espagnol, la Formule 1 est une lutte permanente. Il a acquis la réputation d’un pilote très rapide, peut-être même le plus rapide, mais aussi celle d’un tyran. Au sein de toutes les écuries dans lesquelles il est passé, il aura focalisé l’attention sur lui seul, sans hésiter à mettre son équipe sous pression jusqu’à asphyxie. Son caractère latin et passionné l’a souvent forcé à aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs avant de finalement revenir sur ses choix, sans pour autant sembler embarrassé par la situation.

Outre son récent retour chez McLaren après une saison ratée sur le plan humain, Alonso a déjà eu deux périodes distinctes chez Renault, équipe avec laquelle il a remporté ses deux seuls titres de champion du monde. Son arrivée chez Ferrari en 2010 aurait dû marquer un semblant de stabilité, mais c’était sans compter sur le manque flagrant de réussite, puis de résultats, qui le forceront finalement à faire machine arrière une nouvelle fois pour retourner à Woking, sans aucun état d’âme.

Au final, à force de tergiversations, l’Espagnol n’aura acquis que deux titres de champion du monde, au début de sa carrière, courant depuis lors derrière le succès qu’on voudrait pourtant volontiers lui offrir. Pas sûr cependant que son choix de retrouver McLaren et le nouveau moteur Honda puisse le lui apporter.

Lewis Hamilton quant à lui est un garçon plutôt réfléchi, qui a appris à murir au fur et à mesure des saisons. Chouchouté par McLaren qui lui passera tous ses caprices et s’efforcera d’oublier ses erreurs de jeunesse et ses errances médiatico-amoureuses, le Britannique aura le désir de s’émanciper en quittant sa maison pour aller remplacer un vieillissant Michael Schumacher sur le retour au sein d’une équipe Mercedes en mal de succès pour faire briller son étoile.

D’aucun poussaient de hauts cris en mettant en relief le soi-disant mauvais choix stratégique d’Hamilton, quittant une équipe en plein succès pour en rejoindre un autre plus erratique. Mais il n’aura pas fallu plus d’une saison à Lewis pour remporter sa première victoire et ensuite dominer la discipline comme il avait toujours rêvé de la faire. Flairant le bon coup, Hamilton a su parier sur l’avenir en faisant le choix de l’intelligence sur celui de la facilité. Aujourd’hui, cela semble évident, mais en 2013, personne n’aurait pu parier qu’au contraire de Mercedes, McLaren limerait les fonds de grille.

D’un point de vue global, Sebastian Vettel a un peu fait le même choix qu’Hamilton en prenant un risque calculé. Mais son choix, guidé par son ennui chez Red Bull et sa passion pour Ferrari, n’est pas sans rappeler son illustre ainé auquel on ne cesse de le comparer, à savoir Michael Schumacher. Il est vrai que le mimétisme entre les deux Allemands semble volontaire tant le parcours des deux hommes se ressemble.

En rejoignant une équipe Ferrari moribonde, Sebastian Vettel n’avait cependant pas la garantie du succès, surtout aussi rapidement que celui qu’il vient de vivre. En empochant une victoire au bout de sa deuxième course avec la Scuderia, l’Allemand a prouvé qu’il possédait deux qualités essentielles à un grand champion : l’intelligence de choix et la chance.

L’histoire de la Formule 1 regorge d’exemples prouvant qu’à l’heure des choix, il est parfois difficile de faire le bon. Si l’inconnu reste présent et que la chance joue également un rôle, il faut avoir le flair suffisant et une analyse pragmatique pour se rendre compte de quoi pourrait être fait l’avenir.

Axel B.





L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.





Toro Rosso en mode junior !

5 03 2015

L’équipe Toro Rosso est en train de s’affirmer dans son rôle de formatrice de talents pour sa grande sœur Red Bull. Après Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, tous deux désormais titulaires à Milton Keynes, c’est au tour de Max Verstappen et Carlos Sainz Jr de bénéficier du talent de formation de l’équipe de Faenza.

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

Dans l’histoire de Toro Rosso, les motifs de satisfaction ne sont pas légion. Au tout début de sa présence en Formule 1, l’écurie construite sur les cendres de Minardi aurait pu prétendre à bien mieux. En perpétuelle progression, elle se paiera même le luxe de devancer sa grande sœur Red Bull au championnat du monde des constructeurs en 2008. Cette sixième place acquise notamment grâce à la magnifique victoire de Sebastian Vettel sous la pluie italienne de Monza, reste à ce jour son meilleur résultat.

Vexée, Red Bull chipera l’Allemand pour les saisons suivantes pour en faire le multiple champion d’aujourd’hui. De plus, l’époque des échanges de technologie entre équipes étant révolue, Toro Rosso rentrera rapidement dans le rang avec des pilotes moyens, comme Sebastian Buemi, Sébastien Bourdais ou Jaime Alguersuari, ayant du mal à faire fonctionner des monoplaces elles aussi moyennes.

Après avoir rêvé des sommets, l’équipe basée à Faenza reprend alors son rôle initial de pouponnière à talents de la maison Red Bull. Daniel Ricciardo y fait ses armes pendant deux saisons avant d’être appelé pour remplacer le vétéran Mark Webber à Milton Keynes, avec la réussite qu’on lui connait. Le jeune Australien parvient à remporter les trois seuls Grands Prix qui échapperont à l’armada Mercedes en 2014, faisant par là même oublier les déboires du quadruple champion du monde en titre, Sebastian Vettel.

Sur ses traces, le jeune russe Daniil Kvyat va connaître une ascension encore plus fulgurante. En effet, le jeune homme de 20 ans reçoit la lourde tâche de remplacer Sebastian Vettel en 2015, après seulement une saison dans la discipline reine et quelques 19 Grands Prix qui représentent là sa seule expérience.

Du côté de Toro Rosso, le grand ménage a donc été fait avec le départ du déjà vieillissant Jean-Eric Vergne, du haut de ses 24 ans, parti chez Ferrari, comme Vettel par ailleurs, pour laisser place à deux pilotes « juniors », fils d’anciennes gloires du sport automobile : Max Verstappen et Carlos Sainz Jr.

Si le premier cité a déjà fait parler de lui en raison de la précocité de sa titularisation à seulement 17 ans, ce qui fait de lui le plus jeune participant à une course de Formule 1, le second, champion sortant de Formule Renault 3.5., représente l’excellence de la filière Red Bull. A 20 ans, l’Espagnol fait déjà figure d’ancien au sein de l’équipe italienne, c’est dire !

Petite sœur de la grande Red Bull, voilà maintenant que Toro Rosso devient le refuge des fils de champion. Carlos Sainz Senior et Jos Verstappen pourraient-il rapidement tomber dans l’oubli au profit des performances de leurs rejetons ? Ceux-ci peuvent en tout cas légitimement prétendre à un bel avenir, au vu des récentes ascensions des pilotes estampillés Red Bull comme Vettel, Ricciardo ou Kvyat. Après quelques balbutiements, la filière de la boisson énergisante semble désormais tourner à plein régime !

Axel B.








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