Entre grand spectacle et intense émotion en Hongrie

31 07 2015

Tous les ingrédients qui font de la Formule 1 un sport excitant étaient présents sur la piste du Hungaroring le week-end dernier. Une victoire surprise de Sebastian Vettel et Ferrari, des accrochages et sorties de piste à profusion et sans gravité et, bien sûr, beaucoup d’émotions aussi.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Ce Grand Prix de Hongrie était placé sous le signe du souvenir et de l’émotion, juste une semaine après le décès de Jules Bianchi des suites de ses blessures consécutives à sa sortie de piste au Grand Prix du Japon 2014.

Si l’émotion était bien présente sur la grille de départ, avant le grand rush vers le premier virage, les pilotes, qui ont rendu un hommage poignant à Jules, tous réunis comme un seul homme autour de leur casque et de celui du Français, la course a vraiment repris ses droit une fois les visières baissées.

Dès le départ, on a compris que la course que nous allions vivre allait être spectaculaire. Un Lewis Hamilton, comme scotché sur son emplacement, se faisait déborder par les deux Ferrari, un peu à l’image du départ canon des deux Williams lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Si le double champion du monde en titre a estimé après la course que son départ n’avait pas été si mauvais que cela, il va falloir que Mercedes revoie ses références en la matière. D’autant plus qu’à cause de cet élan raté, la lutte fratricide entre Hamilton et Rosberg a bien failli refaire surface au détour d’un virage…

Ferrari, quant à elle, semblait filer vers un doublé plutôt aisément mais le chat noir coincé dans la monoplace de Kimi Raikkonen a choisi de ronronner pour empêcher le Finlandais de filer vers le podium. Plus loin dans le peloton, les habituels pourvoyeurs de carbone, à savoir, entres autres, Sergio Perez et Pastor Maldonado commençaient leur entreprise en semant ça et là des morceaux de leurs monoplaces respectives après des contacts virils.

Nico Hulkenberg, las de se sentir dans l’ombre en Formule 1 après sa prestigieuse victoire au 24 Heures du Mans cette année, décida alors de se rappeler au bon souvenir de tous en perdant son aileron avant et en allant s’encastrer dans le mur de pneumatiques en bout de ligne droite. La mise en place de la voiture de sécurité virtuelle rapidement inutile, la véritable safety car fit alors son entrée, réduisant à néant l’impressionnante avance de Vettel sur ses poursuivants.

La fin de course fût encore plus chaotique avec un festival d’accrochages et de crevaisons. Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo puis Nico Rosberg en furent les victimes et au milieu de ce champ de guerre, des combattants inespérés apparaissaient comme par miracle dans les dix premiers.

C’est ainsi que, comme un épilogue joyeux à cette course pleine de vie et de rebondissements, on retrouva deux McLaren dans les points, un Max Verstappen au pied du podium, ce dernier occupé par les deux Red Bull dont Daniil Kvyat qui signe là son meilleur résultat en Formule 1 et par là même le meilleur résultat d’un Russe dans la discipline.

Jules Bianchi aurait adoré cette course, c’est à n’en point douter. Il y aurait même sûrement marqué quelques points. La Formule 1 n’aurait pu lui rendre plus bel hommage.

Axel B.





Webber et Vettel : Une histoire tumultueuse à la sauce Red Bull

1 07 2015

Dans un documentaire pour une chaine de télévision Australienne, Mark Webber est revenu sur sa relation avec Sebastian Vettel au sein de l’équipe Red Bull. Des révélations passionnantes mettant en avant la vraie nature des sportifs de haut niveau qui se battent pour un même but : la victoire.

(c) Gepa

(c) Gepa

Ces derniers jours, Mark Webber s’est confié sur sa fin de carrière en Formule 1 et sur son passage chez Red Bull, écurie au sein de laquelle il a côtoyé le quadruple champion du monde Sebastian Vettel.

Si les deux hommes tentaient, tant bien que mal, de se respecter en piste, leur relation en dehors était bien plus compliquée. Lors d’un documentaire, diffusé récemment sur la chaine de télévision australienne ABC, Mark Webber a parfaitement résumé l’état des relations avec le champion allemand lors de leur cohabitation : « Il [Vettel] a juste dit qu’il avait un énorme respect pour moi en tant que pilote, mais pas tellement en tant que personne, de sorte que cela a vraiment affecté notre relation. »

Voilà donc comment deux coéquipiers, qui chassent le même but, c’est à dire le titre de champion du monde, et qui doivent aussi travailler ensemble pour permettre à leur équipe de remporter le titre constructeur, peuvent être impactés par une relation difficile.

Dans l’histoire de la Formule 1, il existe de nombreux autres cas similaires. On peut penser bien entendu au duel entre Alain Prost et Ayrton Senna ou encore au duo de choc que représentait Nelson Piquet et Nigel Mansell. A une époque où la discipline était au paroxysme de sa dangerosité, ce genre de lutte fratricide pouvait également prendre une tournure dramatique, comme en 1982 avec le clash opposant Didier Pironi et Gilles Villeneuve. Ce dernier s’aventura à dépasser les limites lors d’une séance de qualifications ; il trouva la mort à la sortie d’un virage. La brouille entre les deux hommes, pour une histoire de pacte non respecté, aura été fatale au pilote canadien.

Entre Mark Webber et Sebastian Vettel, les choses auraient également pu très mal tourner en piste, notamment lors du Grand Prix de Turquie en 2010. L’accrochage inévitable entre les deux hommes qui se disputaient la victoire, a marqué le début de leur relation tumultueuse. La manager de l’Australien, Ann Lean, se souvient encore de cet épisode : « Je pense que 99,9 % de la population qui regardait alors la course savait que Sebastian était en faute. Le reste, dont l’équipe, a blâmé Mark, et j’en étais absolument stupéfiée. Les problèmes ont commencé à venir à cause de cette mauvaise gestion de l’équipe, qui laissait passer des choses comme ça à Vettel. »

Le nœud du problème semblait donc venir d’un traitement préférentiel de l’équipe pour Sebastian Vettel, pur produit de la maison Red Bull et qui, selon Webber, avait un caractère plus lisse et plus malléable :«  Ils [Red Bull] étaient très désireux de garder Vettel, car encore une fois, j’étais un vieux chien, j’étais le gars qui était censé être un peu usé. »

Malgré tout, l’Australien était sûrement au sommet de son art en 2010, et ce favoritisme l’agaçait au plus haut point, surtout lorsqu’il arrivait à prouver toute sa valeur en piste comme après sa double victoire lors des Grands Prix d’Espagne et de Monaco cette année là, juste avant cette fameuse course en Turquie : « Je viens de gagner les deux précédents Grands Prix, du début à la fin, et puis un nouvel aileron arrière arrive et passe de l’autre côté du garage. » Un favoritisme également constaté par Ann Neal : « Nous avions l’impression que Sebastian n’était pas heureux avec la manière dont les choses se passaient, ce vieil Australien le battait et ce n’était pas vraiment la façon dont c’était censé se passer. Ils [Red Bull] laissaient ces gars se taper dessus entre eux et une grande partie du temps le but était de se détacher de Mark. Même s’il était en tête du championnat, qu’il gagnait des courses, le but était de mettre Mark hors course et de faire revenir Sebastian dans la bataille. »

Bien entendu, quelques années plus tard, en 2013, l’affaire du Multi 21 lors du Grand Prix de Malaisie, n’est pas venue arranger les choses. Webber se souvient très bien de son sentiment à cette époque : « L’équipe, après le Multi 21, a été très déçue, il n’y a aucun doute à ce sujet. Ils ne pouvaient pas nous traiter comme cela sur la piste, ce ne devait pas se passer comme cela. J’étais furieux contre Seb, un peu. Mais l’ensemble du scénario était juste : « Comment avons-nous pu nous retrouver dans cette position?  » Il y a eu une conférence de presse assez brutale après la course et sur le podium. Nous sommes arrivés au pied du podium et il [Vettel] est venu me dire : « Nous devons parler, j’ai merdé, j’ai vraiment merdé ». Je lui ai répondu que nous allions parler, la semaine d’après. »

Mais les choses ne se sont pas vraiment déroulée comme l’Australien pouvait s’y attendre. Le changement d’attitude de Vettel a réellement surpris et déçu Webber, comme il l’explique lui-même : « Je ne sais pas qui lui a parlé entre la Malaisie et la Chine, mais nous avons eu une discussion en Chine et cela ne s’est pas très bien passé. À l’époque, on pouvait à peine supporter la vue de l’autre. Red Bull devait faire quelque chose, donc je les ai aidés dans leur décision, et je suis parti. »

Depuis, les deux hommes se sont revus et ont réussi à tenir une conversation courtoise et apaisée : « La salle des trophées de Seb est plus remplie que la mienne. Mais, je ne suis pas jaloux de lui et de tout de ce qu’il a accompli et ce qu’il a eu. Le temps est un guérisseur, quelques verres de vin rouge par-ci par-là et, les rancunes s’en iront. Seb et moi nous nous entendons assez bien désormais, nous avons eu une bonne discussion à Monaco, nous avons rattrapé le temps perdu. Il est intéressant de voir comment il voyait les choses de son point de vue et comment je les voyais. Évidemment, nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre. Nous avons tous les deux regardé en arrière et avons dit que nous ferions les choses différemment. »

Une nouvelle histoire qui prouve que, malgré tout le respect que peuvent se porter deux hommes, l’ivresse de la victoire et l’adrénaline que procure une lutte au plus haut sommet, peut amener à changer des comportements et à rendre une relation plus instable que ce qu’elle ne devrait être.

Axel B.





La folle ambiance de Montréal

12 06 2015

Le Grand Prix du Canada est toujours un rendez-vous particulier du calendrier mondial de la Formule 1. Si d’apparence, la course a été un peu moins agitée en piste qu’à l’accoutumée, il ne s’en est pas moins passé quelques péripéties amusantes dans cette folle ambiance québécoise.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Le week-end dernier, la Formule 1 est allée faire la fête du côté du continent américain avec ce rendez-vous incontournable au Canada. La course à Montréal est un véritable succès à chaque édition, même si sa place au calendrier mondial a pourtant été maintes fois menacée,

Si cette année la course a paru un peu moins spectaculaire que lors des saisons précédentes, tous les acteurs de la discipline, pilotes en tête, avaient le sourire aux lèvres durant le week-end. Lewis Hamilton, sur son circuit fétiche, qui avait vu sa première victoire en 2007, n’a cessé de tarir d’éloges sur le côté amusant de la piste et l’enthousiasme sans faille du public québécois.

Même Nico Rosberg, pourtant battu en piste par son rival, affichait un sourire franc sur le podium, ce qui réussissait à lui faire oublier une deuxième place forcement décevante et frustrante lorsque l’on joue le titre mondial. Fernando Alonso, lui aussi, avait décidé de s’amuser un peu au volant de son erratique McLaren-Honda en envoyant valser les consignes d’économie de carburant de son équipe technique pour tenter de défendre face à notamment Sebastian Vettel, qu’il aurait sûrement bien aimé pouvoir contenir plus longtemps dans son dos. Avec comme objectif un abandon quasiment prévisible, l’Espagnol s’est laissé emporter par la bonne humeur ambiante. A croire que la folie canadienne qui régnait aux alentours du circuit Gilles Villeneuve a guéri les pilotes de tous les maux, même les plus malheureux.

Tous… ou peut être pas. Dans le clan Renault, c’était plutôt la soupe à la grimace. Le pourtant habituellement très souriant Daniel Ricciardo ne s’est pas gêné lui non plus pour constater le gros manque de performances de son équipe, tout juste un an après sa première victoire. Aujourd’hui, Red Bull et Renault courent après leur lustre d’antan et semblent bien loin des espoirs de victoires arrachées de haute lutte l’an passé à l’ogre Mercedes.

Perdu pour le podium, les pilotes Lotus ont eux décidé d’animer la course à leur façon en inversant leur rôle. Pastor Maldonado a fait une course solide pour marquer les six premiers points de sa saison, tandis que Romain Grosjean s’est rappelé ses vieux démons en accrochant bêtement et inutilement la Manor de Will Stevens, à qui il prenait un tour en bout de ligne droite.

Et puis la course nous a également offert deux belles remontées : celles de Sebastian Vettel et Felipe Massa. L’Allemand a accroché une inespérée cinquième place, éclipsant la course brouillonne de son équipier Kimi Raikkonen, alors que le Brésilien de Williams offre un beau tir groupé à son équipe avec le résultat de Valtteri Bottas, qui monte sur le podium pour la première fois de la saison.

Finalement, en y regardant bien, il s’est passé pas mal de choses lors de cette édition du Grand Prix du Canada… comme souvent, et pour encore longtemps espérons-le.

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.





Nico Rosberg, le Petit Prince de Monaco

20 05 2015

Vainqueur des deux dernières épreuves du Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg peut réussir la passe de trois dès ce week-end, et rejoindre les pilotes mythiques qui ont remporté plus d’une paire de fois cette course renommée.

Licence Creative Commons

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Il connait toutes les rues, la hauteur des trottoirs qui bordent la piste, les moindres bosses du macadam qui recouvrent ce tracé mythique. Son père y a gagné en 1983, alors qu’il n’était pas encore né, au volant d’une Williams, écurie avec laquelle il fera également ses débuts sur ce circuit en 2006. Il empruntait la montée de Sainte-Dévote pour aller tous les matins à l’école : Nico Rosberg est un enfant de Monaco et il est peut rentrer dans l’Histoire du Grand Prix de la Principauté dès ce week-end.

Ils ne sont que six pilotes à avoir remporté plus de deux fois le terrible Grand Prix de Monaco. Ces six lauréats sont tous des champions de renom : Ayrton Senna, bien sûr, vainqueur à six reprises et recordman intouchable, Graham Hill et Michael Schumacher, qui talonnent le Brésilien avec cinq succès, Alain Prost et ses quatre victoires et enfin Jackie Stewart et Stirling Moss du haut de leurs trois couronnes.

Mis à part ce dernier, tous les autres ont remporté au moins trois championnats du monde des pilotes : c’est dire la difficulté d’enchainer les succès sur la piste monégasque. D’ailleurs, ils ne sont que trois à avoir réussi à enchaîner trois victoires consécutives : Graham Hill, Alain Prost et Ayrton Senna, soit pas moins de 9 titres de champions cumulés ! Autant dire que si Nico Rosberg réussit ce week-end à remporter sa troisième victoire d’affilée après ses succès de 2013 et 2014, il rentrera directement au Panthéon des vainqueurs à Monaco, au même titre que ses glorieux ainés.

Mais la route est encore longue avant d’y arriver. Il faudra déjà passer les embûches des qualifications afin de s’élancer le plus haut possible sur la grille de départ, idéalement en pole position car, selon les statistiques récentes, le poleman s’est imposé neuf fois lors des dix dernières éditions. En vingt ans, seul Olivier Panis en 1996 sur sa Ligier a réussi à s’imposer en ne partant que de la 14ème place. Dans les autres cas, le lauréat a toujours été un pilote partant des trois premières places de la grille.

Cependant, les statistiques sont faites pour être contestées, et il n’y a pas de meilleur lieu à cela que les rues de la Principauté, piégeuses au possible et génératrices de nombreuses désillusions chez beaucoup de pilotes. De quoi donner des idées à certains d’entre eux qui comptent particulièrement sur cette course atypique pour sauver un début de saison raté.

Nico Rosberg aura donc fort à faire avant de rentrer dans l’Histoire. Il devra se méfier de l’esprit revanchard d’un Lewis Hamilton toujours frustré par sa mésaventure de l’an passé, d’un Sebastian Vettel avide d’un nouveau succès de prestige en rouge Ferrari et pourquoi pas d’un Kimi Raikkonen vainqueur à Monaco il y a tout juste dix ans. La réponse sera connue dimanche soir.

Axel B.





La complainte de Nico Rosberg

19 04 2015

En Chine, terre de sa première victoire en Formule 1 il y a trois ans, Nico Rosberg s’est montré impuissant à contrarier la marche en avant de son équipier Lewis Hamilton. Pire encore, il a semblé perdre son calme tout en acceptant, bien malgré lui, un statut de numéro deux plutôt encombrant pour un prétendant au titre désigné.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Au soir de la saison 2014 de Formule 1, qui a vu le couronnement de Lewis Hamilton pour la seconde fois de sa carrière, on avait laissé un Nico Rosberg combattant, plein de panache et beau joueur face à la joie de son équipier.
En se doutant bien de la future suprématie des Mercedes pour la saison 2015, on s’attendait à voir une lutte acharnée entre les deux hommes, encore plus serrée que celle qu’ils nous ont offerte l’an passé, tant sur le plan sportif que psychologique. C’était sans compter sur le réveil de Ferrari et de son nouveau Prince Rouge, Sebastian Vettel. Déstabilisant pour Rosberg ? Sûrement, mais l’Allemand, challenger pour le titre en 2014, est bien loin de son meilleur niveau en ce début de saison 2015.
Battu largement par Hamilton en Australie pour l’ouverture de la saison, jamais dans le rythme en Malaisie, abandonnant même la première ligne à Vettel en qualifications, puis chutant jusqu’à la troisième place du podium en course, Rosberg se devait de réagir en Chine pour rester une menace crédible aux yeux du double champion du monde britannique.
Au lieu de cela, on a assisté à une nouvelle démonstration de force d’Hamilton et à un resserrement des performances entre Vettel et Rosberg. Ce dernier d’ailleurs n’est pas allé chercher bien loin les raisons de sa contre-performance en course. En conférence de presse d’après Grand Prix, il a accusé son équipier de ne pas avoir eu un rythme assez soutenu durant une période de la course, permettant au pilote Ferrari de revenir sur lui.
Une attaque plutôt étrange à laquelle Hamilton a répondu avec pragmatisme et logique en arguant qu’il n’avait pas à se soucier de la course de son équiper, ayant assez à faire avec la sienne. Avec cette déclaration, Rosberg a peut-être voulu lancer la guerre psychologique qui avait bien failli déstabiliser le Britannique en 2014. Mais ces propos raisonnent plus aujourd’hui comme un aveu de faiblesse de l’Allemand, déjà dépourvu de sa précieuse arme, sa vitesse sur un tour, lors des qualifications pour quelques centièmes de seconde.
Si Rosberg avait été l’homme fort du Grand Prix de Chine, plutôt que de se plaindre de la lenteur d’Hamilton, il aurait dû le rattraper, puis le dépasser en piste pour imposer son propre rythme et se défaire ainsi de la pression de la Ferrari de Vettel. Mais visiblement dans l’impossibilité de le faire, le vice-champion du monde 2014 a préféré attaquer son équipier sur un terrain qui semble bien peu fertile en ce début de saison.

L’année passé, Lewis avait déjà fait un début de saison tonitruant avant de tomber dans le piège tendu par Nico à Monaco, dans son jardin. A partir de ce moment, l’Allemand était devenu un réel challenger pour le Britannique. Il ne faudrait cependant pas que le déclic tarde trop à venir pour Rosberg cette année, au risque d’y perdre ses nerfs, comme il l’a laissé entrevoir le week-end dernier à Shanghai. D’autant plus que cette fois-ci, Vettel est en embuscade.

Axel B.





L’importance du choix de carrière en Formule 1

5 04 2015

Pour être victorieux en Formule 1, il faut avoir la bonne combinaison entre plusieurs éléments clés. L’importance des choix de carrière est donc cruciale pour se forger un palmarès. Certains pilotes sont plus habiles que d’autres à l’heure de prendre ce genre de décision.

(c) Ferrari

(c) Ferrari

Le talent ne fait pas tout, en Formule 1 encore plus que partout ailleurs. L’homme et la machine doivent être en parfaite symbiose et la combinaison idéale est parfois très dure à trouver pour les pilotes. Certains font un choix longuement réfléchi et parient sur l’avenir d’une équipe, d’autres vont au grès des opportunités en espérant que le succès viennent à eux. Il n’y a pas de recette miracle car l’inconnu est toujours présent.

Dans l’histoire récente de la Formule 1, trois hommes stigmatisent bien l’importance de ces choix de carrière. Il s’agit de Fernando Alonso, Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Tous trois multiples champions du monde, ils ont pourtant eu une approche radicalement différente dans la gestion de leur carrière.

Pour l’Espagnol, la Formule 1 est une lutte permanente. Il a acquis la réputation d’un pilote très rapide, peut-être même le plus rapide, mais aussi celle d’un tyran. Au sein de toutes les écuries dans lesquelles il est passé, il aura focalisé l’attention sur lui seul, sans hésiter à mettre son équipe sous pression jusqu’à asphyxie. Son caractère latin et passionné l’a souvent forcé à aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs avant de finalement revenir sur ses choix, sans pour autant sembler embarrassé par la situation.

Outre son récent retour chez McLaren après une saison ratée sur le plan humain, Alonso a déjà eu deux périodes distinctes chez Renault, équipe avec laquelle il a remporté ses deux seuls titres de champion du monde. Son arrivée chez Ferrari en 2010 aurait dû marquer un semblant de stabilité, mais c’était sans compter sur le manque flagrant de réussite, puis de résultats, qui le forceront finalement à faire machine arrière une nouvelle fois pour retourner à Woking, sans aucun état d’âme.

Au final, à force de tergiversations, l’Espagnol n’aura acquis que deux titres de champion du monde, au début de sa carrière, courant depuis lors derrière le succès qu’on voudrait pourtant volontiers lui offrir. Pas sûr cependant que son choix de retrouver McLaren et le nouveau moteur Honda puisse le lui apporter.

Lewis Hamilton quant à lui est un garçon plutôt réfléchi, qui a appris à murir au fur et à mesure des saisons. Chouchouté par McLaren qui lui passera tous ses caprices et s’efforcera d’oublier ses erreurs de jeunesse et ses errances médiatico-amoureuses, le Britannique aura le désir de s’émanciper en quittant sa maison pour aller remplacer un vieillissant Michael Schumacher sur le retour au sein d’une équipe Mercedes en mal de succès pour faire briller son étoile.

D’aucun poussaient de hauts cris en mettant en relief le soi-disant mauvais choix stratégique d’Hamilton, quittant une équipe en plein succès pour en rejoindre un autre plus erratique. Mais il n’aura pas fallu plus d’une saison à Lewis pour remporter sa première victoire et ensuite dominer la discipline comme il avait toujours rêvé de la faire. Flairant le bon coup, Hamilton a su parier sur l’avenir en faisant le choix de l’intelligence sur celui de la facilité. Aujourd’hui, cela semble évident, mais en 2013, personne n’aurait pu parier qu’au contraire de Mercedes, McLaren limerait les fonds de grille.

D’un point de vue global, Sebastian Vettel a un peu fait le même choix qu’Hamilton en prenant un risque calculé. Mais son choix, guidé par son ennui chez Red Bull et sa passion pour Ferrari, n’est pas sans rappeler son illustre ainé auquel on ne cesse de le comparer, à savoir Michael Schumacher. Il est vrai que le mimétisme entre les deux Allemands semble volontaire tant le parcours des deux hommes se ressemble.

En rejoignant une équipe Ferrari moribonde, Sebastian Vettel n’avait cependant pas la garantie du succès, surtout aussi rapidement que celui qu’il vient de vivre. En empochant une victoire au bout de sa deuxième course avec la Scuderia, l’Allemand a prouvé qu’il possédait deux qualités essentielles à un grand champion : l’intelligence de choix et la chance.

L’histoire de la Formule 1 regorge d’exemples prouvant qu’à l’heure des choix, il est parfois difficile de faire le bon. Si l’inconnu reste présent et que la chance joue également un rôle, il faut avoir le flair suffisant et une analyse pragmatique pour se rendre compte de quoi pourrait être fait l’avenir.

Axel B.








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