Williams a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

21 02 2015

Après un épisode 2014 des plus convaincants, Williams est annoncée comme une des forces qui pourraient bien concurrencer Mercedes. L’équipe anglaise, qui a digéré une restructuration profonde, aura-t-elle les épaules assez larges pour assumer ce nouveau rôle ?

(c) Williams

(c) Williams

Des bas fonds de la grille de départ à la pole position au dernier Grand Prix d’Autriche en seulement quelques mois, la résurrection de Williams a quelque chose de miraculeux. Cette écurie emblématique de la Formule 1 a su rapidement se restructurer sous l’égide de Claire Williams, fille du fondateur Franck, et de Pat Symonds, ingénieur tombé en disgrâce suite à l’histoire du crashgate, puis remis en selle par ce projet.

Ingénieuse dans la diversité et dans l’application de ses connaissances, l’équipe a réussi à rentabiliser de manière optimale son savoir-faire en créant des structures et des entreprises lui permettant d’exploiter au mieux son ingéniosité, et d’assurer ainsi un financement solide à son projet sportif, là où beaucoup d’autres indépendants, comme Force India ou Sauber, peinent encore à survire.

Sportivement, justement, la résurrection a été entrevue l’année dernière. Délaissant au moment opportun un bloc moteur Renault, qui n’aura servi qu’à faire rêver que quelques nostalgiques, l’équipe s’est tournée vers Mercedes et son hybride magique, largement en avance sur la concurrence.

Toutefois, il serait réducteur de n’accorder qu’au bloc allemand la paternité de la renaissance de Williams. En effet, les Anglais ont réussi à sortir une monoplace équilibrée et judicieusement dessinée qui aura permis à Valtteri Bottas et Felipe Massa de devancer les autres équipes propulsées par un moteur étoilé, à savoir McLaren et Force India.

Les bons résultats de Williams en 2014 – une pole position et neuf places sur le podium – ont directement propulsé l’équipe au rang des favoris pour contrecarrer la domination des Mercedes en 2015. Les deux pilotes maison se voient d’ailleurs déjà en bagarre pour le titre, Massa rêvant de prendre sa revanche sur le sort, et Bottas s’imaginant déjà tout de rouge vêtu chez Ferrari. Or l’équipe a-t-elle réellement les moyens des ambitions qu’on lui porte ?

Certes, Williams est une habituée des titres et des succès, mais cela fait maintenant depuis 1997, soit près de vingt ans, qu’elle court après son dernier titre. Quelques victoires parsemées lui ont permis de conserver le goût de la première place, mais pas la pression inhérente à un titre mondial. Pat Symonds, véritable cerveau de la nouvelle structure de l’équipe, est cependant rompu à la victoire avec les doubles titres de Fernando Alonso chez Renault au milieu des années 2000, et Claire Williams bénéficie avec intelligence de l’aura et de l’expérience de son père.

En 2014, contrairement à d’autres équipes aux moyens plus limités, comme Force India, le développement technique des Williams n’a pas semblé ralentir en cours d’année. Bien au contraire, Felipe Massa n’aura jamais été aussi près de la victoire que lors du final à Abu Dhabi. Un point positif qui pourrait permettre à l’équipe de continuer sur sa lancée et d’entamer 2015 dans de bien meilleures dispositions.

Reste la relative inexpérience de Valtteri Bottas au plus haut niveau, qui pourrait laisser quelques doutes quant à sa capacité de gérer la pression. Cependant le flegmatique finlandais a réussi à prouver tout au long de l’année passée qu’il avait les épaules assez larges pour assumer ses ambitions. De son côté, Felipe Massa n’a plus beaucoup de temps avant de réaliser la saison de trop, mais à 33 ans, le Brésilien semble revivre au sein d’une structure moins politiquement embarrassante que Ferrari.

Tous les indicateurs semblent au vert pour que Williams réalise une saison de rêve en 2015. Cependant la Formule 1, comme tous les sports, n’est pas réellement une science exacte, et quelques autres imprévus pourraient bien contrecarrer les plans de Williams et apporter son lot de surprises pour la saison à venir.

Axel B.





Manor et la F1 : une histoire devenue impossible

11 02 2015

Manor/Marussia réussira-t-elle à participer à la saison 2015 de Formule 1 ? Perdue au beau milieu d’un imbroglio politico-économique, l’équipe ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Avec pragmatisme, essayons de peser le pour et le contre d’un tel engagement pour la saison à venir.

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Si Manor, en tant qu’équipe, est bel est bien inscrite sur la liste des engagés pour la saison 2015 de Formule 1, personne ne peut encore garantir qu’elle participera bien au championnat à venir.

Sa situation semble des plus critiques et surtout des plus complexes. Après une vente aux enchères avortée des ses actifs, l’espoir de voir une dixième équipe participer au championnat est revenu. On avait laissé Marussia (nom du principal investisseur de l’équipe depuis 2012 et qui s’est désormais retiré) sur l’échec d’une tentative de participation au dernier Grand Prix de la saison 2014, là où une autre équipe moribonde, Caterham, avait réussi à se rendre, sans pour autant séduire de nouveaux investisseurs.

Dans l’incapacité de payer son personnel et de garantir sa participation sur le long terme en Formule 1, Marussia, l’investisseur, a donc jeté l’éponge. Mais Manor, l’équipe, a elle décidé que sa fin n’était pas encore actée. Les procédures judiciaires dans le cas d’entreprises en faillites sont d’une rare complexité. Néanmoins, il semblerait cependant qu’un investisseur ait réussi à sauver l’équipe de la déroute en garantissant un sérieux suffisant pour être amené à faire participer l’équipe à une partie, ou à la totalité du championnat 2015, avec, pour débuter, la monoplace de l’an passé.

Le secret qui entoure ses tractations ne permet pas vraiment d’éclairer précisément le champ d’action de l’équipe. Le groupe stratégique de la Formule 1, composé des écuries les plus puissantes financièrement et historiquement parlants (plus Force India qui, cette année, représente la meilleure des « autres »), aurait cependant émis son véto à une telle participation, niant le fait que l’équipe puisse s’engager sur le long terme.

Car en effet, outre le volet social de l’affaire qui permettrait de garantir des centaines d’emplois – dont quelques nouveaux comme l’a annoncé ce mystérieux investisseur – l’aspect sportif reste une des principales préoccupations des instances décisionnaires. Même si Marussia a été la petite écurie du clan des trois de 2010, avec Caterham et HRT, à faire le plus de progrès, elle n’a jamais vraiment réussi à atteindre ses objectifs, qui étaient de se rapprocher le plus possible des chronos de ses plus proches concurrents.

Les deux points magnifiquement obtenus par Jules Bianchi à Monaco l’an passé l’ont surtout été grâce au coup de volant du Niçois et à des circonstances de course favorables. C’était l’exception confirmant la règle : dans les autres courses, la Marussia a toujours accusé plus ou moins cinq dixièmes de seconde de retard sur sa plus proche concurrente, et encore, ce dans des circonstances favorables et en prenant les temps du Français, seule véritable référence crédible.

Que ferait donc Manor en 2015 avec une monoplace dépassée d’un an qui était déjà la traîne en 2014 ? Certes, cela pourrait donner du temps pour qu’elle se refasse une santé financière afin de produire, comme ses investisseurs l’ont annoncé, une nouvelle monoplace millésimée 2015. Mais dans le système actuel de la Formule 1, quel que soit l’avis que l’on puisse porter à son propos, accepter que l’équipe britannique participe à la saison équivaudrait à l’envoyer à l’abattoir.

Oui, Marussia/Manor est une des équipes les plus sympathiques du plateau. Oui encore, après tout ce qu’elle a enduré en 2014, elle mériterait qu’on lui donne une nouvelle chance. Oui toujours, il faudrait que la Formule 1 accepte de s’humaniser et de compter parmi elle des artisans et des passionnés. Mais dans l’état actuel des choses, dans une Formule 1 qui n’est ni sympathique, ni humaine et qui privilégie l’économie au sport, Manor n’a pas sa place. Même si cela reste dur à avouer.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.





Une cascade de présentations

29 01 2015

Le mois de janvier sonne le réveil de la Formule 1, avec une cascade de présentations des nouvelles monoplaces. Si depuis quelques années, les shows luxueux ont laissé la place à des annonces plus sobres, l’excitation reste la même.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Fini le temps des fastueuses présentations de monoplaces dans des décors de plus en plus grandiloquents ! Le paroxysme atteint au milieu des années 2000 avec les palmes d’or d’originalité décernées à Jordan ou Benetton, entre autres, a laissé place à plus de sobriété de nos jours.

Depuis deux ans, Williams nous fait découvrir son nouveau millésime à travers la couverture d’un prestigieux magazine britannique spécialisé, F1 Racing, accordant donc une exclusivité remarquable à ce dernier et des économies substantielles bienvenues à l’écurie concernée. D’autres ont également fait le choix de la praticité, comme Ferrari par exemple, qui présentera sa nouvelle SF15-T en direct sur internet, comme de coutume désormais pour un certain nombre de ses concurrents.

Quoi de mieux au final que d’utiliser les nouvelles technologies comme support de présentation d’une ingénierie qui se veut à l’avant-garde ? Le logique semble tellement évidente que l’on ne saurait reprocher un certain manque de glamour à ce choix. Toutefois, l’excitation du public et des passionnés demeure la même, à l’idée de découvrir les nouvelles formes et les nouvelles livrées des monoplaces.

En réalité, il s’agit surtout des nouvelles livrées, tant les formes des monoplaces évoluent à vitesse grand V entre le mois de janvier et le mois de mars, date du premier Grand Prix de la saison. Les essais hivernaux révélant leur lot de difficultés, l’adaptabilité des équipes techniques est grande. De là, parfois, la facilité pour certaines écuries de présenter courant janvier une monoplace modèle 2014, mais sous ses nouvelles couleurs, comme l’a fait Force India la semaine dernière dans les nouvelles contrées mexicaines (qui seront d’ailleurs bientôt visitées par la Formule 1). Une rare touche d’exotisme en ce début d’année.

Restera toutefois l’excitation de connaitre la nouvelle allure des Ferrari, hideusement décevantes en 2014, ou encore le choix des nouvelles couleurs de McLaren, influencé par Honda ou un éventuel sponsor-titre. Il se murmure même qu’une révolution colorée pourrait intervenir chez la chancelante Sauber, qui pour éviter de se mettre dans le rouge pourrait choisir le bleu et jaune de son nouveau sponsor brésilien, attiré par la nouvelle recrue, Felipe Nasr.

Ces interrogations, futiles mais néanmoins excitantes, trouveront des réponses dans les jours à venir, avant que la compétition ne reprenne ses droits sur la piste, en direct des antipodes.

Axel B.





Ma liberté d’expression !

17 01 2015

Difficile de retourner devant sa page blanche ou son écran d’ordinateur cette semaine pour parler de futilités sportives. Alors pourquoi ne pas profiter de la liberté qu’il nous est donnée de s’exprimer et de débattre sans contraintes, à notre niveau, autour du sport ?

(c) Axel Brémond

(c) Axel Brémond

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Sebastian Vettel est un immense champion ou un pilote largement surestimé ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Lewis Hamilton mérite son titre ou qu’il l’a volé à Nico Rosberg ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que la Formule 1 est un sport équilibré financièrement ou follement dépensier ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Bernie Ecclestone est un mauvais garçon ou un véritable saint ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Fernando Alonso a réussi son passage chez Ferrari ou qu’il a fait couler la Scuderia ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Mercedes a eu raison de dépenser des millions d’euros ou que c’était une pure folie par les temps qui courent ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que le sport automobile est désuet ou qu’il est utile au rêve ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que Juan Manuel Fangio est un plus grand pilote que Michael Schumacher, ou l’inverse ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire que la Formule 1 n’est plus un sport ou qu’elle représente les plus belles valeurs de la compétition ;

Ma liberté d’expression, c’est de pouvoir dire ce que je pense et d’en débattre avec vous ;

On ne sera pas tous d’accord, certes, mais pour paraphraser un auteur si intelligemment cité ces derniers jours, je me battrai pour que vous puissiez me le dire…

Axel B.





Quid du dopage en sport automobile ?

11 01 2015

Le dopage en sport automobile n’est pas à proprement parler un sujet brûlant, pourtant, avec les aveux de Frank Montagny contrôlé positif lors d’un week-end de course de Formule E, le thème devient d’actualité.

(c) Licence Creative Commons / David Merrett

(c) Licence Creative Commons / David Merrett

Il est peu courant, en sport automobile en général et en Formule 1 en particulier, de parler de dopage. Pourtant, les instances dirigeantes et plus particulièrement la FIA, sont organisés pour contrôler les pilotes et dépister les tricheurs. Comme l’a prouvé très récemment l’affaire impliquant l’ancien pilote de Formule 1 et actuel pilote de Formule E, Frank Montagny, ces contrôles sont efficaces. Même s’il est vrai de dire également que le doping n’est pas aussi bien organisé que dans certains autres sports.

Avant Frank Montagny, l’exemple le plus parlant est sans aucun doute Tomas Enge. Le pilote tchèque, champion de F3000 en 2002 se verra déchu de son titre après avoir été contrôlé positif à la marijuana. Quelques années plus tard, il sera de nouveau suspendu suite à un nouveau contrôle positif.

Certes, on peut se demander ce que la marijuana peut apporter de plus à un pilote automobile. Lors de son second contrôle positif, Enge arguera qu’il a une autorisation pour la prise de médicaments inscrits sur la liste de produits interdits, suite à une pathologie qu’il soigne depuis des années. Cette explication n’est pas sans rappeler certaines excuses de coureurs cyclistes, dans un sport encore et toujours associé au dopage de haut niveau.

On ne peut pas encore rapprocher les sports automobiles du cyclisme dans ce domaine, tellement le monde du vélo a été bâti depuis des dizaines d’années autour de pratiques pour le moins douteuses. Mais les interrogations restent cependant les mêmes. Où commence le dopage ? A partir de quel moment peut-on dire qu’un sportif est dopé ?

Déjà, dans les années 80, on évoquait le dopage comme stimulant, notamment pour les séances de qualifications, afin de se donner l’élan nécessaire, physiquement, pour tenir les contraintes d’un tour rapide. Alain Prost émettait d’ailleurs lui aussi certains doutes sur ces pratiques, tout en affirmant ne pas faire partie des tricheurs, comme il le précisait dans une interview donnée au magazine Playboy en 1988 : « Il y a eu des doutes émis l’année dernière au sujet de certains pilotes. Et cela, uniquement lors des essais qualificatifs. Ils auraient pris quelque chose qui fait de l’effet sur une période très courte, pour, par exemple, faire un bon temps sur un tour. En course, on a remarqué aussi que certains éprouvaient une fatigue qui était un petit peu, bon, à mon avis, anormale. Ce qui signifierait peut-être que les produits qu’ils ont ingurgités n’ont pas eu l’effet désiré. Dans les sports où l’on se dope, personne n’a jamais vu personne avaler un quelconque produit! De toute façon, souvent, « dopage » est un bien grand mot. Dans certains sports, il est tout à fait normal de rééquilibrer l’organisme avec des médicaments. » Cette dernière phrase renvoie donc à l’interrogation première, à savoir : où commence le dopage ?

Pour en revenir au cas plus récent de Frank Montagny, le pilote français a avoué avoir pris un dérivé de cocaïne, mais pas réellement dans l’intention d’améliorer ses performances. Sa prise de drogue, assimilée à du dopage dans le monde du sport, était vraisemblablement plus un geste personnel et intime que réellement intentionnel avec pour ambition d’impacter ses capacités de pilote.

Il est très rare qu’une telle affaire voit le jour en sport automobile de haut niveau, c’est pour cela que les aveux de Frank Montagny doivent être traités avec parcimonie et intelligence. Cependant, cette affaire démontre bien que la lutte anti-dopage en sport automobile est réellement efficace.

Axel B.





McLaren et Alonso : je t’aime moi non plus

18 12 2014

Fernando Alonso de retour chez McLaren ? Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est pourtant devenu réalité. Autopsie d’un retour opportuniste de l’Espagnol chez ses meilleurs ennemis.

(c) McLaren

(c) McLaren

Fernando Alonso est souvent considéré comme le pilote le plus doué de sa génération. Pourtant, son palmarès ne le reflète pas vraiment. Avec une bonne trentaine de victoires en Grands Prix et seulement deux titres mondiaux, il est bien loin des statistiques d’un Sebastian Vettel, quadruple lauréat du championnat du monde des pilotes et multi-récidiviste de la victoire ces dernières années.

Il faut dire que l’Espagnol a eu des choix de carrière pour le moins étrange et une réussite pas toujours au rendez-vous. Couvé par Renault et Flavio Briatore au début de sa carrière, l’essentiel de son palmarès et de sa réputation se constitueront entre 2002 et 2006 lors de sa période dorée lors de laquelle il remportera ses deux titres. Voulant quitter le nid, il s’envolera alors chez McLaren avec un contrat pluriannuel comme il est coutume de le dire dans le milieu, tout un chacun sait pourtant bien que les contrats ne sont que du papier, et Nando nous le prouvera rapidement.

Victime de son statut de double champion du monde et de son caractère de leader exclusif, voire même égocentrique, Alonso va se heurter en 2007 chez McLaren à deux hommes qui possèdent les même caractéristiques que lui : Ron Dennis et Lewis Hamilton.

Si la relation avec ce dernier se détériorera assez rapidement et assez logiquement compte tenu de l’intensité de leur lutte pour le titre, la haine entre Dennis et Alonso sera plus latente et discrète. Ayant horreur des scandales, le flegmatique patron de McLaren tentera à tout prix d’étouffer la rébellion de son fougueux Taureau des Asturies mais devra faire face au plus grand électrochoc subit par Woking avec l’affaire du spygate dans laquelle l’Espagnol a joué un rôle décisif.

En dénonçant les pratiques d’espionnage de McLaren tout en assurant son immunité, Alonso a commencé à dessiner un schéma qu’il ne cessera pas la suite de renouveler. Mettre la pression sur son équipe et son entourage pour arriver à ses fins. Il recommencera dans cette attitude avec Renault et l’histoire du crashgate, dont on peut fortement douter qu’il n’ait jamais rien su, puis ensuite avec Ferrari, en maintenant un pression psychologique sur ses dirigeants et ses ingénieurs, les bousculant verbalement et publiquement plus d’une fois. Cependant, à chaque fois, l’insuccès était au rendez-vous.

Aujourd’hui, quel est l’état des relations entre Fernando Alonso et Ron Dennis ? Nul ne le sait, même si l’attitude des deux hommes semble tendre vers un effacement complet de leurs vieilles querelles. Le Britannique a finalement été le seul homme a véritablement tenir tête à l’Espagnol qui avait préféré claquer la porte plutôt que de lutter en vain.

On dit d’Alonso qu’il est un homme très dur avec son entourage professionnel, mais ces cinq années d’insuccès avec la Scuderia lui auront peut être révélé que son approche de la Formule 1 devait évoluer pour s’adapter au nouveau jeu politique de ces dernières années. D’ailleurs, il n’a pas été le maître des transferts hivernaux comme il l’aurait aimé et son retour chez McLaren pourrait apparaitre comme un choix par défaut après l’échec de ses contacts avec Red Bull ou Mercedes. L’aura du double champion du monde a été légèrement écornée dans cette mésaventure.

Mais la Formule 1 est bien trop importante pour Alonso pour qu’il la quitte ainsi. Lors de l’officialisation de son retour à Woking, il a évoqué un travail à finir chez McLaren et un goût d’inachevé. Gageons que ce goût, soit également associé à celui de la victoire, qui lui a trop souvent échappé ces dernières années et qu’il voudrait à tout prix retrouver avant de pouvoir tourner la page.

En attendant, le nouveau chapitre de sa carrière va s’écrire sur un cahier déjà griffonné de quelques histoires, heureuses et malheureuses. Alonso n’a plus qu’a espérer que l’encre qui va écrire la suite de ce conte inachevé entre le conquistador et le roi Dennis, soit des plus sympathiques.

Axel B.








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