La complainte de Nico Rosberg

19 04 2015

En Chine, terre de sa première victoire en Formule 1 il y a trois ans, Nico Rosberg s’est montré impuissant à contrarier la marche en avant de son équipier Lewis Hamilton. Pire encore, il a semblé perdre son calme tout en acceptant, bien malgré lui, un statut de numéro deux plutôt encombrant pour un prétendant au titre désigné.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

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Au soir de la saison 2014 de Formule 1, qui a vu le couronnement de Lewis Hamilton pour la seconde fois de sa carrière, on avait laissé un Nico Rosberg combattant, plein de panache et beau joueur face à la joie de son équipier.
En se doutant bien de la future suprématie des Mercedes pour la saison 2015, on s’attendait à voir une lutte acharnée entre les deux hommes, encore plus serrée que celle qu’ils nous ont offerte l’an passé, tant sur le plan sportif que psychologique. C’était sans compter sur le réveil de Ferrari et de son nouveau Prince Rouge, Sebastian Vettel. Déstabilisant pour Rosberg ? Sûrement, mais l’Allemand, challenger pour le titre en 2014, est bien loin de son meilleur niveau en ce début de saison 2015.
Battu largement par Hamilton en Australie pour l’ouverture de la saison, jamais dans le rythme en Malaisie, abandonnant même la première ligne à Vettel en qualifications, puis chutant jusqu’à la troisième place du podium en course, Rosberg se devait de réagir en Chine pour rester une menace crédible aux yeux du double champion du monde britannique.
Au lieu de cela, on a assisté à une nouvelle démonstration de force d’Hamilton et à un resserrement des performances entre Vettel et Rosberg. Ce dernier d’ailleurs n’est pas allé chercher bien loin les raisons de sa contre-performance en course. En conférence de presse d’après Grand Prix, il a accusé son équipier de ne pas avoir eu un rythme assez soutenu durant une période de la course, permettant au pilote Ferrari de revenir sur lui.
Une attaque plutôt étrange à laquelle Hamilton a répondu avec pragmatisme et logique en arguant qu’il n’avait pas à se soucier de la course de son équiper, ayant assez à faire avec la sienne. Avec cette déclaration, Rosberg a peut-être voulu lancer la guerre psychologique qui avait bien failli déstabiliser le Britannique en 2014. Mais ces propos raisonnent plus aujourd’hui comme un aveu de faiblesse de l’Allemand, déjà dépourvu de sa précieuse arme, sa vitesse sur un tour, lors des qualifications pour quelques centièmes de seconde.
Si Rosberg avait été l’homme fort du Grand Prix de Chine, plutôt que de se plaindre de la lenteur d’Hamilton, il aurait dû le rattraper, puis le dépasser en piste pour imposer son propre rythme et se défaire ainsi de la pression de la Ferrari de Vettel. Mais visiblement dans l’impossibilité de le faire, le vice-champion du monde 2014 a préféré attaquer son équipier sur un terrain qui semble bien peu fertile en ce début de saison.

L’année passé, Lewis avait déjà fait un début de saison tonitruant avant de tomber dans le piège tendu par Nico à Monaco, dans son jardin. A partir de ce moment, l’Allemand était devenu un réel challenger pour le Britannique. Il ne faudrait cependant pas que le déclic tarde trop à venir pour Rosberg cette année, au risque d’y perdre ses nerfs, comme il l’a laissé entrevoir le week-end dernier à Shanghai. D’autant plus que cette fois-ci, Vettel est en embuscade.

Axel B.





Mercedes sur les traces de sa renaissance

9 04 2015

Auréolé du double titre pilote et constructeur, Mercedes va revenir en Chine sur les terres de sa renaissance dans l’époque moderne de la Formule 1. En effet, c’est sur le circuit de Shanghai, il y a maintenant trois ans, que Nico Rosberg s’imposa au volant d’une flèche d’argent. Une première pour l’équipe depuis 1955.

Licence Creative Commons / Morio

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Que de chemin parcouru par Mercedes entre avril 2012 et avril 2015. A l’époque, l’équipe allemande n’en était qu’à sa deuxième année de présence en tant qu’équipe à part entière dans l’ère moderne de la Formule 1. Avec Michael Schumacher et Nico Rosberg au volant des flèches d’argent, l’écurie voulait faire souffler un vent germanique sur la discipline.

Les deux premières années de son retour, Mercedes n’a pourtant pas eu la vie facile. Construite sur les cendres de la victorieuse écurie Brawn, éphémère mais marquante historiquement, la firme à l’étoile a eu bien du mal à faire perdurer cette période de succès intense. En passant par une restructuration salvatrice avec l’ingénieur Ross Brawn comme lien, les dirigeants de Mercedes ont su faire confiance aux bonnes personnes comme Toto Wolff et Niki Lauda pour faire de leur équipe la bête de victoires que l’on connait aujourd’hui.

Les deux Autrichiens, pourtant viscéralement différents, ont conjugué leurs talents disparates pour faire briller l’étoile au sommet de la Formule 1. Les talents d’organisation de Wolff alliés à la science de la course de Lauda, auront contre toute attente fait des miracles pour en arriver à cette première victoire acquises avec maitrise par Nico Rosberg, alors illustration parfaite du renouveau de l’équipe.

Aux côtés d’un Michael Schumacher vieillissant et en manque de veine, Rosberg aura pris la direction de l’équipe à la seule force de ses résultats. Une confiance légitime pour un homme capable de battre à la régulière un septuple champion du monde, pré ou post-retraité. Ce 15 avril 2012 marquera donc son jour de gloire et le début d’une longue période de succès.

Depuis, Rosberg aura remporté sept autres victoires. Un bilan plus que flatteur, mais cela ne sera malheureusement pas suffisant pour lui face aux treize autres succès empochés par Lewis Hamilton, son nouvel équipier depuis 2013. Un an plus tard, le Britannique deviendra le premier champion du monde Mercedes depuis Juan-Manuel Fangio en 1955 au nez et à la barbe de Rosberg. Mais, dans l’histoire, l’Allemand restera à jamais lié à la renaissance de l’équipe allemande, marquant par une victoire pleine de panache en Chine, le début de l’ère de succès qu’est en train de vivre l’écurie.

Axel B.





L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.





La Formule 1 s’offre un début de saison chaotique

19 03 2015

Qui s’attendait à n’avoir qu’aussi peu de monoplace à l’arrivée de ce premier Grand Prix de la saison ? Sûrement pas grand monde, et surtout pas cette année, après déjà une saison d’expérience avec les nouvelles technologies hybrides ! Une fois de plus, Melbourne nous aura offert son lot de surprises.

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

Cette année, en Formule 1, les grilles de départs risquent-elles d’être de plus en plus rachitiques ? L’exemple fourni à Melbourne, dans le cadre du premier Grand Prix de la saison, pourrait le laisser penser. Si l’absence de Manor Marussia F1, quasiment excusée par la FIA elle-même, n’est pas une surprise, le départ avec seulement quinze monoplaces sur la grille l’est plus.

Cela faisait très longtemps, depuis la saison 2005 précisément et le tristement célèbre Grand Prix des États-Unis, qu’aussi peu de voitures s’étaient élancés depuis la grille. A Indianapolis, cette année-là, une guerre entre Michelin et les instances dirigeantes avaient forcé les monoplaces équipées des gommes françaises à se retirer de la course dès le tour de formation, laissant seules les six voitures chaussées de pneumatiques Bridgestone prendre part au Grand Prix.

Dimanche dernier, mis à part le forfait annoncé de Manor, il faut avant tout blâmer la malchance. Le premier à se retirer aura été Valtteri Bottas, victime d’une blessure au dos consécutive à une sortie de piste intervenue lors des qualifications. Le Finlandais, qui semble avoir récupéré le chat noir de Felipe Massa, s’est donc intelligemment retiré afin de ne pas aggraver sa situation.

La situation de McLaren, quant à elle, est des plus préoccupantes. L’intensité du bonheur de Kevin Magnussen de participer à un Grand Prix cette année a dû être aussi forte que sa déception de voir son moteur partir en fumée lors de son tour de mise en grille. Rien de bien étonnant ceci-dit, car l’on est en droit de se demander comment l’équipe a réussi à surmonter les difficultés rencontrées par Honda pour se sortir de l’hiver. Las, son équipier Jenson Button a fini sa course en dernière position, à une frustrante 11ème place, à deux tours du vainqueur. Fernando Alonso doit déjà en frémir…

Autre raté de ce début d’année, le motoriste Renault. L’insuffisance des performances du bloc hybride français avait été déjà montrée du doigt en qualifications, mais la fiabilité n’aura rien rattrapé en course. Daniil Kvyat fut contraint de ranger sur le bas côté sa Red Bull fumante, lui aussi dans le tour de mise en grille, tandis que le jeune Max Verstappen se verra privé de ses premiers points à cause d’une autre unité de puissance récalcitrante. Et que dire de Daniel Ricciardo qui a déjà tapé dans son stock de moteur de l’année, après seulement quelques kilomètres au compteur ?

Finalement, avec quinze monoplaces au départ et seulement onze à l’arrivée, la Formule 1 a vécu le cauchemar qu’elle s’attendait à subir l’année dernière. Il va peut être falloir commencer à se demander si tout le monde joue bien le jeu de cette nouvelle ère, surtout si une nouvelle période de domination des Mercedes s’installe.

Axel B.





Toro Rosso en mode junior !

5 03 2015

L’équipe Toro Rosso est en train de s’affirmer dans son rôle de formatrice de talents pour sa grande sœur Red Bull. Après Daniel Ricciardo et Daniil Kvyat, tous deux désormais titulaires à Milton Keynes, c’est au tour de Max Verstappen et Carlos Sainz Jr de bénéficier du talent de formation de l’équipe de Faenza.

(c) Toro Rosso

(c) Toro Rosso

Dans l’histoire de Toro Rosso, les motifs de satisfaction ne sont pas légion. Au tout début de sa présence en Formule 1, l’écurie construite sur les cendres de Minardi aurait pu prétendre à bien mieux. En perpétuelle progression, elle se paiera même le luxe de devancer sa grande sœur Red Bull au championnat du monde des constructeurs en 2008. Cette sixième place acquise notamment grâce à la magnifique victoire de Sebastian Vettel sous la pluie italienne de Monza, reste à ce jour son meilleur résultat.

Vexée, Red Bull chipera l’Allemand pour les saisons suivantes pour en faire le multiple champion d’aujourd’hui. De plus, l’époque des échanges de technologie entre équipes étant révolue, Toro Rosso rentrera rapidement dans le rang avec des pilotes moyens, comme Sebastian Buemi, Sébastien Bourdais ou Jaime Alguersuari, ayant du mal à faire fonctionner des monoplaces elles aussi moyennes.

Après avoir rêvé des sommets, l’équipe basée à Faenza reprend alors son rôle initial de pouponnière à talents de la maison Red Bull. Daniel Ricciardo y fait ses armes pendant deux saisons avant d’être appelé pour remplacer le vétéran Mark Webber à Milton Keynes, avec la réussite qu’on lui connait. Le jeune Australien parvient à remporter les trois seuls Grands Prix qui échapperont à l’armada Mercedes en 2014, faisant par là même oublier les déboires du quadruple champion du monde en titre, Sebastian Vettel.

Sur ses traces, le jeune russe Daniil Kvyat va connaître une ascension encore plus fulgurante. En effet, le jeune homme de 20 ans reçoit la lourde tâche de remplacer Sebastian Vettel en 2015, après seulement une saison dans la discipline reine et quelques 19 Grands Prix qui représentent là sa seule expérience.

Du côté de Toro Rosso, le grand ménage a donc été fait avec le départ du déjà vieillissant Jean-Eric Vergne, du haut de ses 24 ans, parti chez Ferrari, comme Vettel par ailleurs, pour laisser place à deux pilotes « juniors », fils d’anciennes gloires du sport automobile : Max Verstappen et Carlos Sainz Jr.

Si le premier cité a déjà fait parler de lui en raison de la précocité de sa titularisation à seulement 17 ans, ce qui fait de lui le plus jeune participant à une course de Formule 1, le second, champion sortant de Formule Renault 3.5., représente l’excellence de la filière Red Bull. A 20 ans, l’Espagnol fait déjà figure d’ancien au sein de l’équipe italienne, c’est dire !

Petite sœur de la grande Red Bull, voilà maintenant que Toro Rosso devient le refuge des fils de champion. Carlos Sainz Senior et Jos Verstappen pourraient-il rapidement tomber dans l’oubli au profit des performances de leurs rejetons ? Ceux-ci peuvent en tout cas légitimement prétendre à un bel avenir, au vu des récentes ascensions des pilotes estampillés Red Bull comme Vettel, Ricciardo ou Kvyat. Après quelques balbutiements, la filière de la boisson énergisante semble désormais tourner à plein régime !

Axel B.





La Formule 1 doit éviter la psychose de l’accident

28 02 2015

Depuis le mois d’octobre 2014, la Formule 1 est traumatisée. A juste titre, bien entendu, mais il ne faut pas que la discipline sombre dans la psychose et que ses observateurs traitent le moindre incident comme un événement dramatique. L’accident de Fernando Alonso à Barcelone cette semaine en est le parfait exemple.

(c) McLaren

(c) McLaren

Il faut savoir raison garder : c’est un adage qui s’applique parfaitement à la situation dans laquelle la Formule 1 se trouve actuellement. Après le terrible accident de Jules Bianchi lors du Grand Prix du Japon 2014, la discipline s’est soudainement rappelée qu’elle était un sport dangereux, et semble aujourd’hui subir les conséquences de ce traumatisme encore récent

De cet accident, plusieurs mesures de sécurités sont ressorties afin de renforcer un système déjà très performant. L’électrochoc provoqué par les conséquences de la sortie de piste du jeune Français aura au moins permis une prise de conscience d’un certain endormissement concernant la dangerosité de ce sport.

Mais il ne faut cependant pas trop en faire et ne pas tomber non plus dans la psychose, notamment du côté des observateurs. Le récent incident qui a impliqué Fernando Alonso et sa McLaren sur la piste de Barcelone lors des séances d’essais hivernaux est à ce titre révélateur de l’état d’esprit dans lequel se trouve la Formule 1.

Le pilote espagnol a été victime d’une sortie de piste, à première vue banale et qui n’aurait inquiété personne si plusieurs éléments, présentés comme troublants, n’étaient pas intervenus. Le double champion du monde n’est pas sorti de lui-même de sa monoplace et il a fallu l’intervention de la voiture médicale, puis d’un hélicoptère, pour le transporter vers un lieu de premiers soins adéquat.

L’équipe McLaren, après une courte période de silence tout à fait normale, s’est empressée de déclarer que son nouveau pilote était indemne et conscient et qu’il avait pu s’entretenir avec les médecins présents autour de lui. A partir de là, rien n’autorisait vraiment à de graves inquiétudes. Et c’est là que la psychose relative au mois d’octobre 2014 est entrée en jeu. De nombreux acteurs différents de la Formule 1 y sont allés de leur réactions, plus ou moins nuancées…

Sebastian Vettel tout d’abord, qui suivait la McLaren dans ce virage 4 du circuit de Barcelone, a qualifié la sortie de piste de l’Espagnol « d’étrange ». En effet, elle pouvait n’être qu’étrange puisque la MP4-30 s’est projetée sur le mur intérieur, ce qui est plutôt inhabituel dans ces circonstances.

Il y a ensuite eu les images et les réactions d’un photographe présent sur place, montrant la McLaren peu abimée tout en déclarant que la tête du pilote était penchée en avant, précédemment au choc. De quoi tirer une conclusion hâtive sur un possible malaise de Fernando Alonso plutôt que de penser qu’il aurait pu être afféré à réaliser divers réglages sur son volant.

Les images, pourtant banales dans ces circonstances, de draps blancs servant à cacher la scène de l’accident ont, elles aussi, fait le tour des sites internet, des réseaux sociaux et des télévisions, pour encore plus dramatiser un instant qui ne l’était finalement pas tant que cela.

Finalement, Alonso s’en sort plutôt bien, tout au plus un peu commotionné ou choqué par ce qui reste une sortie de piste à grande vitesse, et des images rassurantes du pilote sont parvenus aux médias. Il restera cependant encore quelques voix pour s’étonner du temps d’observation de plusieurs jours que l’Espagnol doit subir à l’hôpital…la Formule 1 n’est donc pas encore guérie de sa psychose.

Axel B.





Williams a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

21 02 2015

Après un épisode 2014 des plus convaincants, Williams est annoncée comme une des forces qui pourraient bien concurrencer Mercedes. L’équipe anglaise, qui a digéré une restructuration profonde, aura-t-elle les épaules assez larges pour assumer ce nouveau rôle ?

(c) Williams

(c) Williams

Des bas fonds de la grille de départ à la pole position au dernier Grand Prix d’Autriche en seulement quelques mois, la résurrection de Williams a quelque chose de miraculeux. Cette écurie emblématique de la Formule 1 a su rapidement se restructurer sous l’égide de Claire Williams, fille du fondateur Franck, et de Pat Symonds, ingénieur tombé en disgrâce suite à l’histoire du crashgate, puis remis en selle par ce projet.

Ingénieuse dans la diversité et dans l’application de ses connaissances, l’équipe a réussi à rentabiliser de manière optimale son savoir-faire en créant des structures et des entreprises lui permettant d’exploiter au mieux son ingéniosité, et d’assurer ainsi un financement solide à son projet sportif, là où beaucoup d’autres indépendants, comme Force India ou Sauber, peinent encore à survire.

Sportivement, justement, la résurrection a été entrevue l’année dernière. Délaissant au moment opportun un bloc moteur Renault, qui n’aura servi qu’à faire rêver que quelques nostalgiques, l’équipe s’est tournée vers Mercedes et son hybride magique, largement en avance sur la concurrence.

Toutefois, il serait réducteur de n’accorder qu’au bloc allemand la paternité de la renaissance de Williams. En effet, les Anglais ont réussi à sortir une monoplace équilibrée et judicieusement dessinée qui aura permis à Valtteri Bottas et Felipe Massa de devancer les autres équipes propulsées par un moteur étoilé, à savoir McLaren et Force India.

Les bons résultats de Williams en 2014 – une pole position et neuf places sur le podium – ont directement propulsé l’équipe au rang des favoris pour contrecarrer la domination des Mercedes en 2015. Les deux pilotes maison se voient d’ailleurs déjà en bagarre pour le titre, Massa rêvant de prendre sa revanche sur le sort, et Bottas s’imaginant déjà tout de rouge vêtu chez Ferrari. Or l’équipe a-t-elle réellement les moyens des ambitions qu’on lui porte ?

Certes, Williams est une habituée des titres et des succès, mais cela fait maintenant depuis 1997, soit près de vingt ans, qu’elle court après son dernier titre. Quelques victoires parsemées lui ont permis de conserver le goût de la première place, mais pas la pression inhérente à un titre mondial. Pat Symonds, véritable cerveau de la nouvelle structure de l’équipe, est cependant rompu à la victoire avec les doubles titres de Fernando Alonso chez Renault au milieu des années 2000, et Claire Williams bénéficie avec intelligence de l’aura et de l’expérience de son père.

En 2014, contrairement à d’autres équipes aux moyens plus limités, comme Force India, le développement technique des Williams n’a pas semblé ralentir en cours d’année. Bien au contraire, Felipe Massa n’aura jamais été aussi près de la victoire que lors du final à Abu Dhabi. Un point positif qui pourrait permettre à l’équipe de continuer sur sa lancée et d’entamer 2015 dans de bien meilleures dispositions.

Reste la relative inexpérience de Valtteri Bottas au plus haut niveau, qui pourrait laisser quelques doutes quant à sa capacité de gérer la pression. Cependant le flegmatique finlandais a réussi à prouver tout au long de l’année passée qu’il avait les épaules assez larges pour assumer ses ambitions. De son côté, Felipe Massa n’a plus beaucoup de temps avant de réaliser la saison de trop, mais à 33 ans, le Brésilien semble revivre au sein d’une structure moins politiquement embarrassante que Ferrari.

Tous les indicateurs semblent au vert pour que Williams réalise une saison de rêve en 2015. Cependant la Formule 1, comme tous les sports, n’est pas réellement une science exacte, et quelques autres imprévus pourraient bien contrecarrer les plans de Williams et apporter son lot de surprises pour la saison à venir.

Axel B.








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