L’hégémonie des pilotes européens en Formule 1

14 05 2015

Alors que la Formule 1 s’externalise de plus en plus en dehors des frontières européennes dans l’organisation de ses Grands Prix, il est intéressant de constater que la majorité des pilotes qui gagnent dans la discipline sont issus du Vieux Continent.

(c) Lat

(c) Lat

De plus en plus, l’Europe perd sa place dominatrice dans le calendrier mondial de la Formule 1. Bernie Ecclestone, avide de nouveaux horizons et de nouvelles sources de financement, cherche à exposer la discipline en dehors du Vieux Continent.

Depuis près de vingt ans, cette volonté a été exacerbée avec l’arrivée dans le calendrier de pays tels que la Malaisie, la Chine, la Corée, Bahreïn, Abou Dhabi, les États-Unis, la Russie, le Mexique et bien d’autres encore. Bien sûr, ces intégrations se font au détriment des autres courses, souvent en terres européennes, sans compter sur les menaces qui planent au dessus des rendez-vous mythiques comme en Italie, en Allemagne, en Belgique ou encore en Grande Bretagne.

Mais force est de constater que cette fuite vers des pays plus argentés et plus séduisants commercialement parlant, n’arrive pas forcement à trouver son pendant côté sportif. En effet, depuis toutes ces années où la Formule 1 va visiter des pays émergents, aucun pilote de course véritablement compétitif n’est venu représenter sa nation.

Narain Karthikeyan et Karun Chandhok ne sont restés que peu de temps en Formule 1, tout comme leur Grand Prix national en Inde d’ailleurs, rapidement rayé du calendrier. Daniil Kvyat essaye de faire mieux que son prédécesseur, Vitaly Petrov, pour défendre les couleurs russes, mais sans impressionner jusqu’à maintenant. Et on cherche encore la perle rare de l’Extrême Orient qui serait prête à relever le défi de la discipline la plus prestigieuse du sport automobile.

Pendant ce temps là, les pilotes européens se partagent les victoires avec une nette domination de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. Seuls le continent américain et l’Australie, où le sport automobile a des racines profondes, arrivent à concurrencer le Vieux Continent. L’Amérique du Sud, plus particulièrement, est un vivier de talentueux pilotes et la Formule 1 n’a d’ailleurs pas manqué de visiter le Brésil ou l’Argentine très tôt dans son histoire.

D’un point de vue purement statistique, les pilotes européens ont remporté un total de 664 Grands Prix répartis en 11 nations (Grande Bretagne, Allemagne, France, Finlande, Italie, Autriche, Espagne, Suède, Belgique, Suisse et Pologne) contre seulement 259 pour les pilotes d’autres nationalités, constitués de 10 pays (Brésil, Argentine, Australie, États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Colombie, Mexique et Venezuela).

Il est donc juste de constater que l’Europe et ses champions dominent depuis longtemps la Formule 1, comme le podium du récent Grand prix d’Espagne l’a encore prouvé avec deux Allemands et un Britannique aux trois premières places. Peut-être que, de temps en temps, Bernie Ecclestone devrait se pencher avec attention sur ces statistiques avant d’écarter d’un revers de la main les Grands Prix européens du calendrier…

Axel B.





Happy birthday mon cher Watson !

6 05 2015

Cette semaine, John Watson a fêté ses 69 ans. L’occasion rêvée de revenir sur le parcours de cet Irlandais né à Belfast, pilote robuste qui avait fait des remontées spectaculaires en course sa marque de fabrique.

(c) McLaren

(c) McLaren

Peu s’en souvienne encore aujourd’hui, mais John Watson a été un prétendant au titre de champion du monde de Formule 1 jusqu’à la dernière course de l’étrange saison 1982. Si Keke Rosberg a été couronné cette année là avec une seule victoire, Watson en avait lui remporté deux et pouvait légitiment prétendre à remporter également le titre au volant de sa McLaren. Mais une malchance tenace empêchera cependant le Britannique de réaliser son rêve et cet échec marquera plus ou moins le glas de sa carrière en Formule 1.

Avant cela, Watson à eu un parcours plutôt classique avant d’accéder à la discipline reine du sport automobile et se fera remarquer, en F2, en 1973 par l’équipe Brabham qui le fera débuter en Formule 1 dans des écuries privées qui ne lui permettrons cependant guère de briller.

Après quelques balbutiements, le barbu Watson trouve refuge au sein de l’équipe Penske avec laquelle, contre toute attente, il va remporter son premier Grand Prix en Autriche en 1976. Facétieux, le pilote avait parié en début de saison avec son patron, Roger Penske, qu’il se raserait la barbe s’il arrivait à faire triompher sa monoplace. Depuis ce jour, Watson est devenu un pilote respecté…et imberbe.

Cette victoire va lui ouvrir les portes de la prestigieuse écurie McLaren à compter de 1979 au sein de laquelle il restera durant six saisons, jusqu’à la fin de sa carrière en 1985. Une fois de plus, ses débuts seront laborieux et il faudra attendre 1981 pour qu’il renoue avec la victoire lors du Grand Prix de Grande Bretagne sur le circuit de Silverstone. Mais des ennuis mécaniques à répétition l’empêche de bien figurer au championnat et son inconstance lui fera donner le surnom de « John what’s wrong » (John, « qu’est ce qu’il ne va pas ? ») par ses mécaniciens. Il faut dire qu’en 1980, Watson est confronté au débutant Alain Prost, qui impressionne déjà par son analyse technique et sa vitesse pure au sein de l’équipe Britannique.

Après une saison 1982 lors de laquelle il joue le titre suprême, mais qui est noircie par des accidents mortels et des querelles entres les instances dirigeantes de la Formule 1 et les équipes engagé, Watson entame de la plus belle des manières la saison suivante en remportant la deuxième course de la saison sur le difficile circuit de Long Beach aux États-Unis. Il réalise ce jour là la plus phénoménale des remontées jamais vu en Formule 1, remportant le Grand Prix après s’être élancé de la 22ème place sur la grille de départ. La suite de la saison sera plus chaotique et il ne participera même pas aux dernières courses, piégé par la fin de son contrat et remplacé par l’Allemand Stefan Bellof.

Il se tournera alors vers le championnat de voiture de sport en 1984 avant d’essayer de faire son retour chez McLaren l’année suivante en remplacement de Niki Lauda, souffrant et démotivé. Il assistera ce jour là, lors du Grand Prix d’Europe, au sacre de son équipier, Alain Prost, qui remporte son premier titre de champion du monde.

John Watson connaitra un relatif succès en Endurance, remportant par deux fois les 1 000 kilomètres de Fuji en 1984 et 1987 et les 1 000 kilomètres de Monza également en 1987. Irlandais de souche, Eddie Jordan le choisira en 1991 pour inaugurer son équipe de Formule 1 en lui faisant faire les premiers tours de roues de la 191 qui verra débuter, quelques mois plus tard, un certain Michael Schumacher.

Axel B.





Red Bull peut-elle vraiment manquer à la Formule 1 ?

1 05 2015

A l’heure où des rumeurs font état d’un possible retrait de Red Bull de la Formule 1, la question se pose de savoir si la perte de cette équipe, quadruple championne du monde, serait véritablement un désastre ?

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Dans l’histoire récente de la Formule 1, il est plus habituel de voir des équipes quitter la discipline qu’en voir d’autres arriver. Sans revenir sur les raisons profondes du manque d’attractivité de ce sport, le constat est flagrant. En vingt ans, pas moins d’une dizaine d’écuries a disparu ou changé de nom.

Le plateau de la Formule 1 en 1995 comprenait des équipes comme Ligier, Footwork/Arrows, Tyrrell, Minardi, Pacific, Simtek, Jordan ou encore Benetton et Forti qui ont, pour la plupart disparu des grilles de départ. Certaines ont changé de nom et de propriétaire plusieurs fois comme Jordan, aujourd’hui Force India après avoir été Midland puis Spyker ou encore Tyrrell passée par la case BAR, Honda et enfin la victorieuse Mercedes que nous connaissons aujourd’hui.

Les arrivées par contre ont été bien moindres puisqu’elles se résument a quasiment la moitié avec entre Jaguar (ex Stewart GP), Manor (ex Virgin et Marussia), et Caterham (ex Team Lotus), HRT, Toyota ou Super Aguri, aujourd’hui disparues.

Pour contourner les difficultés rencontrées pour créer de toutes pièces sa propre équipe, Dietrich Mateschitz, le patron de la marque de boissons énergétiques Red Bull, a trouvé la solution. Longtemps sponsor d’équipes de bas de tableau comme Arrows ou Sauber, le magnat autrichien a préféré racheter des structures existantes pour construire son empire en Formule 1.

En se tournant vers Jaguar pour créer Red Bull Racing et en rachetant la moribonde Minardi pour imposer la Scuderia Toro Rosso, Mateschitz s’est assuré des bases solides pour grimper vers les sommets. Force est de constater que sa stratégie a été la bonne puisqu’il ne lui a fallu que quelques saisons pour remporter ses premières victoires et ses premiers titres. Red Bull a donc parfaitement réussi son approche de la Formule 1 en donnant à sa marque l’image d’une entreprise jeune et victorieuse.

Désormais, avec les nouveaux changements de réglementation et les errances du motoriste Renault, partenaire de longue date de l’équipe, cette dernière se pose des questions sur l’utilité de sa présence en Formule 1, après avoir tout gagné et n’ayant plus grand chose à prouver.

D’un point de vue sportif, ce raisonnement semble étrange. Pourquoi quitter le navire en pleine gloire, à peine les premières difficultés rencontrées ? Le sport est aussi une affaire d’orgueil, et voir Red Bull Racing réagir après ses récentes déconvenues serait du plus bel effet pour l’histoire de la Formule 1.

Mais d’un point de vue économique, une équipe qui ne gagne plus est une équipe qui ne rapporte guère. Et en premier lieu, Red Bull est une entreprise qui est venue en Formule 1 pour se faire connaitre et rentabiliser sa présence par une image de marque victorieuse. Végéter dans l’anonymat du milieu de grille n’a plus aucun intérêt pour Mateschitz et ses hommes. Reste peut être la passion de l’homme pour le sport automobile, discipline dans laquelle il est engagé depuis plusieurs années par sa volonté seule et à laquelle il pourrait avoir des difficultés à renoncer.

La Formule 1 a besoin d’avoir un plateau consistant et crédible. Red Bull est entrée dans l’histoire de la discipline ses dernières années comme une des équipes les plus victorieuses. Même si elle semble aujourd’hui mauvaise perdante en accusant, un coup la réglementation, un coup son motoriste, de ses résultats décevants, il faudrait tout de même que les instances dirigeantes soutiennent une entreprise qui a beaucoup investi et qui a permis à la Formule 1 de survivre ces dernières saisons.

Avec des équipes en grandes difficultés comme Manor, Sauber ou Force India, la Formule 1 voit le spectre de sa disparition roder au dessus d’elle. Si des équipes de plus grande envergure, comme Red Bull, quittent elles aussi la discipline, alors toutes les pires craintes pourraient bien se concrétiser.

Axel B.





Bernie Ecclestone fait rayonner la F1 sur le toile

22 04 2015

Après avoir cadenassé le partage d’images et de vidéos concernant la Formule 1 sur internet, Bernie Ecclestone semble faire un pas en avant vers le modernisme en autorisant la création de comptes Youtube et Instagram pour partager du contenu, plus ou moins exclusif.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

La Formule 1 n’intéresse pas le jeune public, c’est bien ce que Bernie Ecclstone a déclaré il y a quelques mois. Le grand argentier de la discipline n’en est pas à un paradoxe près puisque qu’il vient d’autoriser la marque F1 à apparaitre officiellement sur Youtube et Instagram depuis quelques semaines.

Voilà une manière bien ludique de s’attirer l’intérêt du jeune public, pourtant sois disant peu intéressé. Bref, que peut bien cacher cette soudaine envie d’exposer la discipline, si bien protégée, aux yeux de tous ? En pleine polémique sur le désamour du public envers le Formule 1 Bernie a donc lâché du lest et a mis de côté son attitude vieux jeu et réfractaire aux choses qu’il pourrait avoir du mal à contrôler.

Toujours est-il que désormais, les fans de Formule 1 ont dans leurs mains de nouveaux outils pour vivre leur passion. Si le compte Instagram parait quelque peu limité, avec pour le moment un simple partage de photos à tendances historiques ou d’actualité, le compte Youtube pourrait être bien plus intéressant.

A ce jour, une trentaine de vidéos nourrit la page officielle. L’essentiel de celles-ci sont constituées de reportages, d’interviews ou de documentaires, très courts, sur les Grands Prix de la saison 2015. Mais de temps en temps, quelques vidéos historiques apparaissent ça et là et laissent entrevoir une ouverture sur les archives faramineuses et longuement cachées de la discipline.

La vidéo d’une ancienne victoire de Michael Schumacher en rouge, une autre de la première victoire d’Ayrton Senna au Portugal en 1986 ou une encore du triple champion du monde brésilien donnant une leçon de pilotage sous la pluie anglaise en 1993. Autre initiative intéressante, avant chaque Grand Prix, un sondage est organisé pour connaitre la plus belle course du pays accueillant la discipline dont un résumé vidéo, présenté par le journaliste Peter Windsor, est mis en ligne.

Avec un site officiel, une compte Instagram et une autre Youtube, la Formule 1 est en train d’envahir la toile. Reste à savoir de quelle manière seront exploités tous ces outils qui pourrait bien séduire un nouveau public pour la Formule 1…au grand dam, peut être, de Bernie Ecclestone.

Les liens :
http://www.youtube.com/user/Formula1
http://instagram.com/f1

Axel B.





La complainte de Nico Rosberg

19 04 2015

En Chine, terre de sa première victoire en Formule 1 il y a trois ans, Nico Rosberg s’est montré impuissant à contrarier la marche en avant de son équipier Lewis Hamilton. Pire encore, il a semblé perdre son calme tout en acceptant, bien malgré lui, un statut de numéro deux plutôt encombrant pour un prétendant au titre désigné.

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Licence Creative Commons / Michael Elleray

Au soir de la saison 2014 de Formule 1, qui a vu le couronnement de Lewis Hamilton pour la seconde fois de sa carrière, on avait laissé un Nico Rosberg combattant, plein de panache et beau joueur face à la joie de son équipier.
En se doutant bien de la future suprématie des Mercedes pour la saison 2015, on s’attendait à voir une lutte acharnée entre les deux hommes, encore plus serrée que celle qu’ils nous ont offerte l’an passé, tant sur le plan sportif que psychologique. C’était sans compter sur le réveil de Ferrari et de son nouveau Prince Rouge, Sebastian Vettel. Déstabilisant pour Rosberg ? Sûrement, mais l’Allemand, challenger pour le titre en 2014, est bien loin de son meilleur niveau en ce début de saison 2015.
Battu largement par Hamilton en Australie pour l’ouverture de la saison, jamais dans le rythme en Malaisie, abandonnant même la première ligne à Vettel en qualifications, puis chutant jusqu’à la troisième place du podium en course, Rosberg se devait de réagir en Chine pour rester une menace crédible aux yeux du double champion du monde britannique.
Au lieu de cela, on a assisté à une nouvelle démonstration de force d’Hamilton et à un resserrement des performances entre Vettel et Rosberg. Ce dernier d’ailleurs n’est pas allé chercher bien loin les raisons de sa contre-performance en course. En conférence de presse d’après Grand Prix, il a accusé son équipier de ne pas avoir eu un rythme assez soutenu durant une période de la course, permettant au pilote Ferrari de revenir sur lui.
Une attaque plutôt étrange à laquelle Hamilton a répondu avec pragmatisme et logique en arguant qu’il n’avait pas à se soucier de la course de son équiper, ayant assez à faire avec la sienne. Avec cette déclaration, Rosberg a peut-être voulu lancer la guerre psychologique qui avait bien failli déstabiliser le Britannique en 2014. Mais ces propos raisonnent plus aujourd’hui comme un aveu de faiblesse de l’Allemand, déjà dépourvu de sa précieuse arme, sa vitesse sur un tour, lors des qualifications pour quelques centièmes de seconde.
Si Rosberg avait été l’homme fort du Grand Prix de Chine, plutôt que de se plaindre de la lenteur d’Hamilton, il aurait dû le rattraper, puis le dépasser en piste pour imposer son propre rythme et se défaire ainsi de la pression de la Ferrari de Vettel. Mais visiblement dans l’impossibilité de le faire, le vice-champion du monde 2014 a préféré attaquer son équipier sur un terrain qui semble bien peu fertile en ce début de saison.

L’année passé, Lewis avait déjà fait un début de saison tonitruant avant de tomber dans le piège tendu par Nico à Monaco, dans son jardin. A partir de ce moment, l’Allemand était devenu un réel challenger pour le Britannique. Il ne faudrait cependant pas que le déclic tarde trop à venir pour Rosberg cette année, au risque d’y perdre ses nerfs, comme il l’a laissé entrevoir le week-end dernier à Shanghai. D’autant plus que cette fois-ci, Vettel est en embuscade.

Axel B.





Mercedes sur les traces de sa renaissance

9 04 2015

Auréolé du double titre pilote et constructeur, Mercedes va revenir en Chine sur les terres de sa renaissance dans l’époque moderne de la Formule 1. En effet, c’est sur le circuit de Shanghai, il y a maintenant trois ans, que Nico Rosberg s’imposa au volant d’une flèche d’argent. Une première pour l’équipe depuis 1955.

Licence Creative Commons / Morio

Licence Creative Commons / Morio

Que de chemin parcouru par Mercedes entre avril 2012 et avril 2015. A l’époque, l’équipe allemande n’en était qu’à sa deuxième année de présence en tant qu’équipe à part entière dans l’ère moderne de la Formule 1. Avec Michael Schumacher et Nico Rosberg au volant des flèches d’argent, l’écurie voulait faire souffler un vent germanique sur la discipline.

Les deux premières années de son retour, Mercedes n’a pourtant pas eu la vie facile. Construite sur les cendres de la victorieuse écurie Brawn, éphémère mais marquante historiquement, la firme à l’étoile a eu bien du mal à faire perdurer cette période de succès intense. En passant par une restructuration salvatrice avec l’ingénieur Ross Brawn comme lien, les dirigeants de Mercedes ont su faire confiance aux bonnes personnes comme Toto Wolff et Niki Lauda pour faire de leur équipe la bête de victoires que l’on connait aujourd’hui.

Les deux Autrichiens, pourtant viscéralement différents, ont conjugué leurs talents disparates pour faire briller l’étoile au sommet de la Formule 1. Les talents d’organisation de Wolff alliés à la science de la course de Lauda, auront contre toute attente fait des miracles pour en arriver à cette première victoire acquises avec maitrise par Nico Rosberg, alors illustration parfaite du renouveau de l’équipe.

Aux côtés d’un Michael Schumacher vieillissant et en manque de veine, Rosberg aura pris la direction de l’équipe à la seule force de ses résultats. Une confiance légitime pour un homme capable de battre à la régulière un septuple champion du monde, pré ou post-retraité. Ce 15 avril 2012 marquera donc son jour de gloire et le début d’une longue période de succès.

Depuis, Rosberg aura remporté sept autres victoires. Un bilan plus que flatteur, mais cela ne sera malheureusement pas suffisant pour lui face aux treize autres succès empochés par Lewis Hamilton, son nouvel équipier depuis 2013. Un an plus tard, le Britannique deviendra le premier champion du monde Mercedes depuis Juan-Manuel Fangio en 1955 au nez et à la barbe de Rosberg. Mais, dans l’histoire, l’Allemand restera à jamais lié à la renaissance de l’équipe allemande, marquant par une victoire pleine de panache en Chine, le début de l’ère de succès qu’est en train de vivre l’écurie.

Axel B.





L’Europe de la Formule 1 en danger

28 03 2015

Le continent européen, berceau de la Formule 1, est de moins en moins représenté dans les nouvelles destinations visitées par la discipline. De plus en plus, des courses historiques disparaissent du calendrier sans réussir à revenir, sinon au prix d’un investissement financier colossal.

(c) HRT

(c) HRT

Depuis quelques années et les velléités de Bernie Ecclestone d’exporter la Formule 1 vers des cieux plus argentés, la discipline en viendrait presque à mépriser le continent européen, pourtant son véritable berceau. Et si l’on pouvait penser que les courses considérées comme historiques, voire mythiques, pourraient être épargnées, ce n’est pas vraiment le cas…

Depuis 2008, la France n’est plus représentée en tant que nation organisatrice de Grand Prix. Le pays est pourtant historiquement un grand pourvoyeur de talents à tous les niveaux. Des pilotes parmi les plus victorieux comme Alain Prost, René Arnoux, Jacques Laffite ou encore François Cevers, qui ont fait rêver des générations entières, mais également des ingénieurs, motoristes ou équipes qui ont marqué et continuent de marquer durablement la Formule 1 ; on peut bien sûr penser à Gérard Ducarouge, Matra, Ligier ou encore Renault. Mais malgré une renaissance des pilotes français ces dernières années avec Romain Grosjean en chef de file et quelques jeunes comme Esteban Occon ou Pierre Gasly qui attendent leur tour, il ne manque encore qu’une course sur le sol français pour parachever cette exposition.

Si la Belgique et son mythique tracé de Spa-Francorchamps sont régulièrement en difficultés, il en est de même pour l’Angleterre et Silverstone ou l’Italie et son irremplaçable Autodromo de Monza. Aujourd’hui, c’est même l’Allemagne qui fait les frais de la folie économique de la discipline. Personne ne voulant assumer un spectacle déficitaire, les fans d’outre-Rhin se verront privés de leur course pourtant inscrite au calendrier depuis 1960 !

Pourtant, à l’image de la France, l’Allemagne est une grande animatrice de la Formule 1 de ces dernières années. Depuis les multiples succès de Michael Schumacher au milieu des années 90, l’Allemagne est une nation dominatrice dans la discipline. De nombreux pilotes sont arrivés à la suite du Baron Rouge comme Nick Heidfeld, Timo Glock, Nico Rosberg, Nico Hulkenberg et bien entendu l’inévitable Sebastian Vettel. Parmi les constructeurs, BMW s’est frottée également au succès avant d’être imitée avec plus de réussite par Mercedes qui a remporté le Graal en 2014. il parait donc inconcevable que l’Allemagne ne reçoive pas plus d’aide et de considération de la discipline à laquelle elle apporte pourtant beaucoup.

Certes, l’Autriche a retrouvé une place dans le calendrier l’année dernière. Mais elle le doit surtout au soutien du très richissime Dietrich Mateschitz, influent patron de Red Bull. Qu’arrivera-t-il si le magnat autrichien décide un jour que la Formule 1 ne l’amuse plus ? Ces dernières années, la Turquie, l’Inde ou la Corée du Sud ont toute accueillie plusieurs Grands Prix avant de finalement disparaitre. Le problème ne semble donc pas se limiter à L’Europe, mais ces pays n’ont pas le passé du Vieux Continent dont la présence se doit d’être préservée en Formule 1 pour que la discipline ait encore une crédibilité historique.

Axel B.








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