Williams a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

21 02 2015

Après un épisode 2014 des plus convaincants, Williams est annoncée comme une des forces qui pourraient bien concurrencer Mercedes. L’équipe anglaise, qui a digéré une restructuration profonde, aura-t-elle les épaules assez larges pour assumer ce nouveau rôle ?

(c) Williams

(c) Williams

Des bas fonds de la grille de départ à la pole position au dernier Grand Prix d’Autriche en seulement quelques mois, la résurrection de Williams a quelque chose de miraculeux. Cette écurie emblématique de la Formule 1 a su rapidement se restructurer sous l’égide de Claire Williams, fille du fondateur Franck, et de Pat Symonds, ingénieur tombé en disgrâce suite à l’histoire du crashgate, puis remis en selle par ce projet.

Ingénieuse dans la diversité et dans l’application de ses connaissances, l’équipe a réussi à rentabiliser de manière optimale son savoir-faire en créant des structures et des entreprises lui permettant d’exploiter au mieux son ingéniosité, et d’assurer ainsi un financement solide à son projet sportif, là où beaucoup d’autres indépendants, comme Force India ou Sauber, peinent encore à survire.

Sportivement, justement, la résurrection a été entrevue l’année dernière. Délaissant au moment opportun un bloc moteur Renault, qui n’aura servi qu’à faire rêver que quelques nostalgiques, l’équipe s’est tournée vers Mercedes et son hybride magique, largement en avance sur la concurrence.

Toutefois, il serait réducteur de n’accorder qu’au bloc allemand la paternité de la renaissance de Williams. En effet, les Anglais ont réussi à sortir une monoplace équilibrée et judicieusement dessinée qui aura permis à Valtteri Bottas et Felipe Massa de devancer les autres équipes propulsées par un moteur étoilé, à savoir McLaren et Force India.

Les bons résultats de Williams en 2014 – une pole position et neuf places sur le podium – ont directement propulsé l’équipe au rang des favoris pour contrecarrer la domination des Mercedes en 2015. Les deux pilotes maison se voient d’ailleurs déjà en bagarre pour le titre, Massa rêvant de prendre sa revanche sur le sort, et Bottas s’imaginant déjà tout de rouge vêtu chez Ferrari. Or l’équipe a-t-elle réellement les moyens des ambitions qu’on lui porte ?

Certes, Williams est une habituée des titres et des succès, mais cela fait maintenant depuis 1997, soit près de vingt ans, qu’elle court après son dernier titre. Quelques victoires parsemées lui ont permis de conserver le goût de la première place, mais pas la pression inhérente à un titre mondial. Pat Symonds, véritable cerveau de la nouvelle structure de l’équipe, est cependant rompu à la victoire avec les doubles titres de Fernando Alonso chez Renault au milieu des années 2000, et Claire Williams bénéficie avec intelligence de l’aura et de l’expérience de son père.

En 2014, contrairement à d’autres équipes aux moyens plus limités, comme Force India, le développement technique des Williams n’a pas semblé ralentir en cours d’année. Bien au contraire, Felipe Massa n’aura jamais été aussi près de la victoire que lors du final à Abu Dhabi. Un point positif qui pourrait permettre à l’équipe de continuer sur sa lancée et d’entamer 2015 dans de bien meilleures dispositions.

Reste la relative inexpérience de Valtteri Bottas au plus haut niveau, qui pourrait laisser quelques doutes quant à sa capacité de gérer la pression. Cependant le flegmatique finlandais a réussi à prouver tout au long de l’année passée qu’il avait les épaules assez larges pour assumer ses ambitions. De son côté, Felipe Massa n’a plus beaucoup de temps avant de réaliser la saison de trop, mais à 33 ans, le Brésilien semble revivre au sein d’une structure moins politiquement embarrassante que Ferrari.

Tous les indicateurs semblent au vert pour que Williams réalise une saison de rêve en 2015. Cependant la Formule 1, comme tous les sports, n’est pas réellement une science exacte, et quelques autres imprévus pourraient bien contrecarrer les plans de Williams et apporter son lot de surprises pour la saison à venir.

Axel B.





La Formule 1 version 2015 se teste en Espagne

4 02 2015

Il est difficile de tirer des enseignements des premiers tours de roue des nouvelles monoplaces. Cependant, une tendance peut émerger. Voyons donc celle qui pourrait illustrer ce début d’année 2015.

(c) Sauber

(c) Sauber

Les premiers essais officiels à Jerez, dans le sud de l’Espagne, ont débuté depuis dimanche. Après quelques semaines de repos forcé, la Formule 1 a repris la route des circuits pour présenter ces dernières créations en action.

La principale attraction de ces premiers jours a été sans conteste l’interrogation sur la forme du tout nouveau moteur Honda, qui lançait là son premier opus hybride. Rien de bien étonnant au niveau des résultats et de la performance : Fernando Alonso et Jenson Button ont peu roulé avec leur McLaren et n’ont surtout pas cherché à réaliser un temps. Il faudra sûrement attendre les prochains essais à Barcelone avant de pouvoir se faire un avis précis sur l’association entre le bloc nippon et la monoplace anglaise.

Les temps, Ferrari et ses deux pilotes, les ont déjà cherchés. Sebastian Vettel, dans son heaume étonnement simple et immaculé, a affolé les chronos en terminant les deux premières séances devant le reste de la meute. Raikkonen aura lui aussi fait bonne figure. Une relative surprise tant les hommes de la Scuderia ont joué les modestes à l’intersaison en arguant qu’il ne faudrait pas trop compter sur eux cette année.

Du côté de Red Bull en revanche, la discrétion est de mise. Avec une livrée camouflage, la RB11 serait presque passée inaperçue si Daniel Ricciardo ne s’était pas hissé dans le haut du tableau et si Daniil Kvyat n’avait pas fait des siennes en endommageant son aileron avant. En quelques tours, les deux hommes ne nous auraient-ils pas déjà offert un résumé de leur   saison ?

Les équipes les moins huppées du plateau se sont montré plutôt discrètes, notamment Williams, présentée comme une prétendante au titre et qui risque bien de monter en puissance au fil des semaines à venir. Lotus a tenté de s’accoutumer à son nouveau bloc hybride Mercedes duquel elle attend des miracles, tandis que Sauber a étrenné ses nouvelles couleurs en tentant de se faire remarquer avec des chronos étonnement bons, sans doute pour tenter d’attirer quelques sponsors richissimes afin de combler un déficit évident, autant dans ses caisses que sur les espaces libres de sa livrée jaune et bleue.

L’incertitude plane cependant toujours sur l’écurie Force India qui n’est pas présente à Jerez et à propos de laquelle on peut entendre les pires rumeurs concernant sa fébrilité financière. Une incertitude qui ne plane désormais plus sur Caterham et Manor, qui ne seront vraisemblablement plus de la partie cette année. A moins d’un miracle comme l’a déjà démontré par le passé la Formule 1 ?

Axel B.





Une cascade de présentations

29 01 2015

Le mois de janvier sonne le réveil de la Formule 1, avec une cascade de présentations des nouvelles monoplaces. Si depuis quelques années, les shows luxueux ont laissé la place à des annonces plus sobres, l’excitation reste la même.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

Fini le temps des fastueuses présentations de monoplaces dans des décors de plus en plus grandiloquents ! Le paroxysme atteint au milieu des années 2000 avec les palmes d’or d’originalité décernées à Jordan ou Benetton, entre autres, a laissé place à plus de sobriété de nos jours.

Depuis deux ans, Williams nous fait découvrir son nouveau millésime à travers la couverture d’un prestigieux magazine britannique spécialisé, F1 Racing, accordant donc une exclusivité remarquable à ce dernier et des économies substantielles bienvenues à l’écurie concernée. D’autres ont également fait le choix de la praticité, comme Ferrari par exemple, qui présentera sa nouvelle SF15-T en direct sur internet, comme de coutume désormais pour un certain nombre de ses concurrents.

Quoi de mieux au final que d’utiliser les nouvelles technologies comme support de présentation d’une ingénierie qui se veut à l’avant-garde ? Le logique semble tellement évidente que l’on ne saurait reprocher un certain manque de glamour à ce choix. Toutefois, l’excitation du public et des passionnés demeure la même, à l’idée de découvrir les nouvelles formes et les nouvelles livrées des monoplaces.

En réalité, il s’agit surtout des nouvelles livrées, tant les formes des monoplaces évoluent à vitesse grand V entre le mois de janvier et le mois de mars, date du premier Grand Prix de la saison. Les essais hivernaux révélant leur lot de difficultés, l’adaptabilité des équipes techniques est grande. De là, parfois, la facilité pour certaines écuries de présenter courant janvier une monoplace modèle 2014, mais sous ses nouvelles couleurs, comme l’a fait Force India la semaine dernière dans les nouvelles contrées mexicaines (qui seront d’ailleurs bientôt visitées par la Formule 1). Une rare touche d’exotisme en ce début d’année.

Restera toutefois l’excitation de connaitre la nouvelle allure des Ferrari, hideusement décevantes en 2014, ou encore le choix des nouvelles couleurs de McLaren, influencé par Honda ou un éventuel sponsor-titre. Il se murmure même qu’une révolution colorée pourrait intervenir chez la chancelante Sauber, qui pour éviter de se mettre dans le rouge pourrait choisir le bleu et jaune de son nouveau sponsor brésilien, attiré par la nouvelle recrue, Felipe Nasr.

Ces interrogations, futiles mais néanmoins excitantes, trouveront des réponses dans les jours à venir, avant que la compétition ne reprenne ses droits sur la piste, en direct des antipodes.

Axel B.





Adrian Sutil, le virtuose incompris

25 01 2015

En 2015, Adrian Sutil ne sera vraisemblablement pas sur les grilles de départ des Grands Prix de Formule 1, une première depuis 2012 et son fâcheux incident judiciaire. Aura-t-il encore une nouvelle chance de retour dans les années à venir ?

(c) Licence Creative Commons / Mark McArdle

(c) Licence Creative Commons / Mark McArdle

Adrian Sutil est un pilote atypique, et pourtant, son profil d’espoir déchu est monnaie courante en Formule 1. Surfant sur la vague des pilotes allemands qui a déferlé sur la discipline après les multiples sacres de Michael Schumacher, Sutil est arrivé en Formule 1 avec un statut de futur grand, à l’instar de Nico Rosberg, un an plus tôt, ou de Nico Hulkenberg la même année que lui.

Mais si les deux derniers ont eu la chance de débarquer au sein d’une équipe Williams leur permettant de démontrer leur talent, Sutil a dû se contenter d’arriver par la petite porte, dans le baquet d’une Spyker, ex-Midland, ex-Jordan et future Force India. Autant dire que, avant de tomber dans les mains du magnat indien Vijay Mallya, l’équipe était loin d’être un modèle de stabilité et donc de performance.

Malgré tout, Sutil se permet quelques coups d’éclats comme à Monaco, qui deviendra son circuit fétiche, où il réalise au nez et à la barbe des cadors le meilleurs temps de la séance d’essais du samedi matin, sous une pluie abondante. C’est encore la pluie qui lui permettra de marquer son premier point la même année, au Japon, sur le circuit du Mont Fuji, et d’inscrire ainsi le nom de Spyker sur les tablettes de la Formule 1.

Conservé par Force India en 2008, l’Allemand y connaîtra un peu de stabilité puisqu’il passera quatre saisons complètes au sein de l’équipe. Malgré un nouveau coup d’éclat à Monaco où il tiendra pendant un moment la quatrième place avant de se faire percuter par la Ferrari de Kimi Raikkonen, juste derrière lui, Sutil se fait dominer par le vétéran italien Giancarlo Fisichella, habitué aux monoplaces rétives dont il arrive à tirer la quintessence.

L’année suivante, l’Italien monopolisera encore le devant de la scène chez Force India en réalisant la première (et seule à ce jour) pole position de l’écurie en Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps. En finissant deuxième de la course, Fisichella sera le premier pilote à faire grimper l’équipe indienne sur le podium et ce résultat inattendu éclipsera le probant résultat de Sutil lors du Grand Prix suivant, en Italie, où l’Allemand, s’élançant deuxième sur la grille, parviendra à décrocher la quatrième place en course.

Mais les saisons 2010 et 2011 n’arriveront pas à confirmer le talent entrevu chez le natif de Starnberg. Au cours de cette dernière, il sera même impliqué dans une altercation avec Eric Lux, alors propriétaire de l’équipe Lotus, dans une boite de nuit, alors qu’il était accompagné de son ami Lewis Hamilton. Si cette mésaventure ne l’empêchera pas de finir la saison dans un relatif anonymat, elle aura des répercussions autrement plus importantes sur sa vie privée et sur la suite de sa carrière.

En effet, reconnu coupable de coups et blessures, Sutil écopera d’une condamnation de 200 000€ d’amende et de dix-huit mois de prison avec sursis. Profondément marqué par cet épisode, l’Allemand perdra coup à coup sa place au sein de Force India et son amitié avec Hamilton dont il lui a reproché le fait de ne pas l’avoir réellement défendu et mis hors de cause.

Après une année blanche, Sutil fait son retour chez Force India en 2013, contre toute attente, en barrant la probable titularisation de Jules Bianchi au sein de l’équipe indienne. Si le premier Grand Prix, en Australie, sera le cadre de sa renaissance avec ses premiers tours de roues en tête d’une course de Formule 1, le reste de la saison sera plutôt décevant, ce qui poussera Mallya a ne pas le conserver pour l’année suivante, lui préférant un prometteur Nico Hulkenberg qui a finit la saison en flèche avec une écurie Sauber moribonde.

L’écurie suisse sera d’ailleurs le point de chute de Sutil en 2014, qui pensait avoir flairé le bon coup en rejoignant une équipe motorisée par Ferrari. Malheureusement, cette année, c’est avec un bloc hybride Mercedes qu’il fallait être. Las du manque de moyens financiers et techniques de Sauber, l’Allemand traînera sa misère tout le long de la saison sans réussir une seule fois à accrocher un point. Loin du rôle de leader que l’équipe voulait lui confier, le pilote se verra remplacer en 2015 alors qu’un contrat semblait le lier avec l’écurie pour plusieurs mois encore.

Le nom de Sutil circule encore pour faire démarrer le nouveau projet de Gene Haas qui va faire son entrée dans la discipline en 2016. L’équipe américaine se verrait bien confier le développement de sa première monoplace à un pilote d’expérience et l’Allemand pourrait être cet homme. Une nouvelle chance, peut être, de pouvoir enfin prouver son talent maintes fois annoncé mais encore trop peu constaté. Sinon, il ne lui restera plus qu’à jouer les virtuoses derrière un piano, sa première passion, héritée de ses parents, musiciens professionnels.

Axel B.





Val77eri bo77as sur les traces des Finlandais Volants

25 06 2014

Le sport automobile est un des terrains de jeu favoris des Finlandais. Ils excellent généralement en rallye, mais également, pour certaines d’entre eux, en Formule 1. Le dernier arrivé en date, Valtteri Bottas, ne déroge pas à la règle.

(c) Lat

(c) Lat

En grimpant sur la troisième marche du podium lors du Grand Prix d’Autriche, Valtteri Bottas est devenu le septième pilote finlandais à réussir cette performance. Il marche donc sur les pas de Keke Rosberg, JJ Lehto, Mika Häkkinen, Mika Salo, Kimi Räikkönen et Heikki Kovalainen.

Le début de carrière de Bottas est à ce titre assez intéressant puisqu’il ne lui aura fallu qu’une vingtaine de courses pour atteindre le podium. En 2013, cadre de sa première saison dans la discipline, le Finlandais a eu beaucoup de mal à se faire remarquer et à démontrer son talent au volant d’une Williams rétive et mal née. Malgré tout, et pour preuve de son talent, il réussira l’exploit de se qualifier à la troisième position au Grand prix du Canada, dans des conditions humides qui mettent en avant le talent du pilote. En fin de saison, profitant d’une bonne passe de sa monoplace, il marquera même ses premiers points en Formule 1, lors du Grand prix des États-Unis à Austin, au nez et à la barbe de son équipier du moment, Pastor Maldonado.

Cette année, c’est l’expérimenté Felipe Massa qui l’accompagne, toujours chez Williams. A ses côtés, Bottas possède désormais un véritable étalon de performance pour se jauger. Le Brésilien est en pleine résurrection et de ce fait, il pousse son équipier jusque dans ses derniers retranchements dans leur lutte interne.

Mais si la vitesse de Bottas n’est plus à prouver, ce début de saison a démontré une certaine fragilité sous la pression pour le pilote finlandais. Déjà, en Australie, il avait été victime d’une bête touchette avec le mur durant la course qui avait annihilé sa progression vers un possible podium. Lors des récentes qualifications du Grand Prix d’Autriche, il a également fait une petite erreur en sortant trop large dans un virage, ce qui lui a coûté, sinon une pole position, tout du moins une amélioration de son temps.

Mais sur la feuille des temps, Massa et Bottas étaient extrêmement proches. Et il a fallu un grand jour du Brésilien pour priver le Finlandais de sa première pole position. Celui-ci s’est cependant rattrapé en course en chipant le podium à son équipier grâce à une stratégie plus inspirée et sans avoir commis aucune faute.

Il semblerait donc que Valtteri Bottas progresse très rapidement. Sa précocité sur un podium de Formule 1 est une belle preuve de son talent. Si comme certains le pensent, la Williams continue d’être aussi performante qu’en Autriche, le Finlandais pourrait bien être la belle surprise de cette saison. Sa progression et sa lutte en interne avec Felipe Massa vont en tout cas être passionnantes à suivre.

Axel B.





On prend les mêmes et on recommence

17 05 2014

Non, je n’ai pas changé, chantait le plus Français des Espagnols, Julio Iglesias. Le parallèle entre l’éphèbe ibérique et la Formule 1 reste bancal, mais en Espagne, le scénario qui nous est offert depuis le début de la saison n’a pas, lui non plus, beaucoup changé.

 

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Licence Creative Commons / Habeed Hameed

Les fans de Formule 1 ne seront décidemment jamais contents. Las de voir la monoplace de Sebastian Vettel dominer outrageusement la discipline depuis quatre ans, ils s’extasient aujourd’hui de voir l’Allemand revenir en haut du peloton après une paire de courses délicates soulignée surtout par la malchance du Taureau Rouge marqué du Losange.

Mais finalement, cette course à Barcelone qui devait être un véritable tournant dans la saison du changement, n’aura apporté que peu d’enseignements si ce n’est le come-back de « Baby Schumi » auteur d’une remontée spectaculaire comme seul les plus grands désespérés savent le faire.

Devant, les deux Mercedes se sont tiré la bourre durant toute la course, Lewis Hamilton devant son équipier Nico Rosberg. On s’est mis à rêver samedi après-midi que l’Allemand devance enfin son rival en qualifications. Il était bien parti pour le faire jusqu’à ce que Vettel le coupe net dans son élan en provoquant un drapeau rouge salvateur pour Hamilton qui avait manqué son premier tour rapide.

Au final, Lewis est parti devant et Rosberg l’a chassé toute la course pour finalement échouer dans ses échappements en pestant contre le fameux tour manquant à son talent pour dépasser son concurrent. Peut-être que si l’Allemand n’avait pas été aussi prudent en doublant les retardataires, il aurait pu avoir la chance de nous gratifier d’une tentative de dépassement au lieu de nous laisser sur notre faim.
Mais peut-on finalement le blâmer ? Cette année, Hamilton est vraiment imbattable et Rosberg l’a visiblement compris. On ne pouvait que se demander, en voyant la mine déconfite de l’Allemand au sortir de sa monoplace, s’il n’avait pas pris conscience qu’il est en train de rater la chance de sa vie.

Derrière, l’histoire semble se poursuivre mot à mot depuis l’Australie. Ferrari est en perdition et l’équipe est en train de se créer une crise à l’italienne dont elle seule a le secret. Maldonado au volant de sa Lotus nous a offert sa bourde habituelle, mais avec des conséquences un peu moins spectaculaires cette fois-ci. Ce n’est pas Marcus Ericsson qui va s’en plaindre. Pendant ce temps, Romain Grosjean a retrouvé des couleurs malgré son agonie de fin de course, et ses quatre points acquis de haute lutte sauvent déjà sa saison du désastre.

Encore plus loin, Felipe Massa et Jean-Eric Vergne se bagarrent pour le titre de pilote le plus malchanceux de l’année et McLaren semble avoir gagné sa lutte avec Ferrari pour le record du monde de l’écroulement de performance le plus rapide de l’histoire. Il n’aura fallu que trois courses à l’équipe de Woking pour passer de héros à zéro. La bonne volonté de Jenson Button n’y peut rien et les errances en course de Kevin Magnussen, finalement plus tendre que ce que l’on pensait, n’arrangent pas les choses.

A Monaco, il ne faudra pas s’attendre à voir beaucoup plus de changements. Les rails seront surtout plus durs pour les téméraires et tout le fond de grille, ainsi que les spectateurs, auront les yeux rivés sur le fou du volant vénézuélien qui pourrait bien être, encore une fois, le piment de la soupe froide genre gaspacho qui nous est servie actuellement. La bagarre entre les deux Mercedes à Bahreïn, seul et véritable éclair de lumière dans la saison, est-elle amenée à se reproduire ?

Axel B.





Le rendez-vous européen

4 05 2014

Le Grand Prix d’Espagne marque depuis plusieurs années maintenant le retour de la Formule 1 sur le continent européen. Pour beaucoup, c’est aussi le début d’une nouvelle saison avec de nombreuses modifications sur les monoplaces. Une sorte de nouveau départ après les premières courses exotiques.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

La saison 2014 est une année de profondes mutations pour la Formule 1. La discipline reine du sport automobile a pris un virage plus écologique avec l’introduction des nouvelles unités de puissance tournées vers l’énergie électrique. Si le motoriste Mercedes a fait le meilleur boulot sur cette nouvelle réglementation, tant en termes de performances que de fiabilité, les autres ont pu mettre à profit les quatre premières courses de la saison pour tenter d’améliorer leurs derniers-nés. L’arrivée à Barcelone marquera-t-elle donc un nouveau départ pour les retardataires du début de saison ?

Effectivement, il est devenu commun pour les équipes d’apporter un lot de nouvelles pièces et d’évolutions techniques sur le premier Grand Prix européen. Il y a en effet un avantage de proximité pour les équipes qui sont toutes basées sur le vieux continent, mais aussi une meilleure compréhension technique et donc des solutions envisageables qui ont eu le temps de mûrir durant deux mois et qui pourront faire leur apparition en Espagne.

L’équipe Mercedes semble la plus à l’aise avec sa domination écrasante. Les hommes de Brackley vont continuer sur leur lancée et faire évoluer leur W05 qui les a menés à la victoire sur les quatre premières courses. Il sera intéressant de voir quelles équipes sauront évoluer le plus vite pour tenter de les rattraper. Si Red Bull ou Ferrari semblent être les mieux placées et possèdent le financement adéquat pour sécuriser un développement constant, il faudra tout de même garder un oeil attentif sur les écuries plus modestes mais redoutablement efficaces en ce début d’année.

Au premier rang de celles-ci figure l’étonnante Force India qui se classe d’ores et déjà au troisième rang du championnat du monde avec une régularité exemplaire. Le podium de Sergio Pérez à Bahreïn a été la cerise sur le gâteau pour l’écurie indienne qui se sent assez forte pour transformer l’essai et maintenir son niveau tout au long de la saison. Un Pérez retrouvé et la confirmation du talent d’Hülkenberg, qui court toujours après son premier podium, seront les atouts majeurs des hommes de Vijay Mallya.

Mais Mercedes devra également se méfier de Williams qui risque bien de se mêler à la lutte pour la victoire une fois qu’elle aura mis à la porte le chat noir qu’elle transporte depuis Melbourne. Bottas régulier, Massa malchanceux…les Martini Boys attendent leur heure pour frapper un grand coup et prétendre eux aussi au podium. Il faudrait une gestion calamiteuse de l’équipe pour que celle-ci n’y parvienne pas, et Williams nous a parfois habitué a des choix étranges tout au long de son histoire. Mais il ne va pas falloir rater cette occasion de briller en 2014 après plusieurs saisons compliquées. Cette année pourrait marquer le renouveau de la mythique écurie, ou l’enfoncer définitivement vers les bas-fonds dans le pire des cas. Claire Williams aura un rôle crucial à jouer dans cette aventure et la course de Barcelone sera à ce titre très importante, sur les terres de la dernière victoire en date de l’équipe britannique.

De son côté, après un premier Grand Prix probant, McLaren semble s’être fait à l’idée de vivre une saison de transition avant l’arrivée du moteur Honda. Kevin Magnussen en apprentissage, il incombe à Jenson Button de diriger l’équipe dans son développement. Ron Dennis et Eric Boullier n’ont pas remisé au placard leurs ambitions de victoire cette année, mais la tâche semble ardue.

Finalement, avec la guerre interne entre les pilotes Red Bull, la restructuration et la crise à l’italienne de Ferrari et les relatives modesties financières des écuries en forme du moment comme Force India ou Williams, la voix semble toute tracée pour Mercedes qui pourrait remporter le grand chelem en fin d’année. A moins que le premier rendez-vous européen change la donne.

 

Axel B.








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