Pastor Maldonado l’incompris

7 02 2016

Sur-estimé ou tout simplement sous-estimé, Pastor Maldonado quitte, temporairement, la Formule 1 par la petit porte, mis à l’écart par Renault, quelques semaines avant le début de la saison.

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(c) Lotus

En 2016, Pastor Maldonado ne sera pas présent sur les grilles de départ des Grands Prix. Le Vénézuélien a été remercié par Renault, qui va signer son grand retour avec deux jeunes pilotes : Jolyon Palmer et Kevin Magnussen.

Maldonado a fait les frais d’un financement en perte de vitesse. Soutenu depuis le début de sa carrière par le pétrolier d’État, PDVSA, le changement de gouvernement dans son pays lui aura donc couté son volant, impossible de s’aligner sur les budgets proposés par les autres prétendants.

Mais Maldonado paye aussi ses errances en pistes. En 2015, ses nombreux abandons et sorties de piste, souvent imputables à son style des plus agressifs n’ont pas été du gout des nouveaux propriétaires de Lotus qui n’ont pas de temps à perdre avec de la tôle froissée.

Pourtant, le natif de Maracay n’est peut êtes pas le pilote aussi erratique que la légende voudrait le laisser croire. Pour ses débuts en 2011, sur une Williams complètement ratée, il parvient pourtant à marquer son premier point lors du Grand Prix de Belgique et n’a pas à rougir face à son très expérimenté équipier, Rubens Barrichello. La saison suivante, il semble avoir enfin trouvé une monoplace compétitive et ses progrès évidents sont récompensés par une pole position et une victoire surprise lors du Grand Prix d’Espagne en début d’année. Son exploit ne se renouvellera pas et la suite de sa saison sera un peu plus mauvaise et manquera cruellement de régularité.

En 2013, c’est son nouvel équipier, Valtteri Bottas, qui marquera les esprits, à ses dépends. On découvrira alors un Maldonado déçu et même limite paranoïaque puisqu’il finira par accuser son équipe de saboter sa monoplace pour qu’il se retrouve derrière le Finlandais.

Il finira par trouver refuge chez Lotus pour deux saisons, mais sa confiance, pourtant inébranlable en façade et devant les journalistes, semblait s’être fissurée. Il ne réalisera alors aucune performance notable et souffrira de la comparaison avec son équipier Romain Grosjean, jusqu’à cet hiver, où le repreneur de Lotus, Renault, décide donc de le mettre sur la touche.

Pastor Maldonado a déclaré qu’il n’en avait pas complètement fini avec la Formule 1, mais la réciproque n’est peut être pas si évidente…

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les pilotes, d’Hamilton à Pérez

29 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Il est temps désormais de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des pilotes. Première partie, de Lewis Hamilton à Sergio Pérez.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

LEWIS HAMILTON :

Un champion trois étoiles ! Le but, à peine caché, du pilote britannique a été atteint cette année puisqu’il rejoint au palmarès de la Formule 1 son idole de toujours, Ayrton Senna. Hamilton a été magistral en 2015, coiffant la couronne dès le Grand Prix des Etats-Unis, bien aidé par un Nico Rosberg absent, comme durant une bonne partie de la saison. Sans véritable rivaux, le désormais triple champion du monde n’avait plus qu’à se méfier de lui-même. Mais ses errances passées ont laissé place à une assurance de tous les instants, même lorsque tous les éléments semblaient contre lui, comme à Monaco ou en Hongrie par exemple. Ce troisième titre devrait être marquant dans la vie du pilote britannique.

NICO ROSBERG :

En début d’année, tout le monde pensait que l’Allemand pourrait contester le titre suprême à son équipier. Las, en manque flagrant de rythme, Rosberg a laissé filer devant lui un Hamilton écrasant tout sur son passage en début de saison. Sebastian Vettel est venue jouer les troubles fêtes au milieu du clan Mercedes et il est apparu, au cours de la saison, que Rosberg n’allait se battre que pour essayer de conserver sa deuxième place au championnat face au pilote Ferrari. Un constat d’échec qui doit néanmoins être nuancé par sa formidable fin de saison qui l’a vu aligner six pole positions et trois victoires en six courses. De quoi repartir sur un bel élan en 2016 ?

SEBASTIAN VETTEL :

Après une saison 2014 complètement raté, Vettel est revenu sur le devant de la scène en faisant de Ferrari une équipe capable de contester la victoire aux Mercedes de façon sérieuse. Trois victoires, dans des circonstances différentes, on fait de l’Allemand le poil à gratter de Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Le pilote est redevenu incisif et l’homme est apparu plus détendu. Si le doute a pu le ronger l’an passé, 2015 l’aura remis sur les bons rails. Son sérieux, son abnégation, son esprit d’équipe et sa redoutable rapidité font qu’il semble inévitable qu’il ne soit pas titré dans les années à venir avec Ferrari. Mais on pensait exactement la même chose de Fernando Alonso, avec le résultat que l’ont connait aujourd’hui.

KIMI RAIKKONEN :

Cette année, on a vu le Finlandais souriant dans le paddock, et c’est sûrement grâce à son état d’esprit que son contrat chez Ferrari a été renouvelé. Parce que du point de vue des résultats, l’année de Raikkonen a été plutôt décevante. Trois podiums contre Trois victoires face à son équipier, le bilan est maigre. On retiendra surtout ses accrochages, avec Alonso en Autriche ou Bottas en Russie et au Mexique, et une quatrième place logique au championnat du monde des pilotes. Il va falloir cependant qu’il fournisse bien plus en 2016 s’il veut conserver une chance de rester en Formule 1 encore quelques temps. Il l’a avoué lui-même, il n’ira nulle par ailleurs que chez Ferrari, et si la Scuderia redevient une machine à gagner, sa place sera hautement convoitée.

VALTTERI BOTTAS :

A l’image de son équipe, Bottas a été quelque peu décevant cette année. Dominé en début de saison par son vétéran d’équipier, Felipe Massa, le Finlandais aura relevé la tête en fin de saison, avec un seul podium au Canada comme meilleur résultat. Forfait suite à des problèmes de dos pour la première course en Australie, Bottas aura surtout fait les gros titres pour ses deux affrontements, en Russie et au Mexique, avec son compatriote Kimi Raikkonen. Gageons que sa saison 2016 soit un pu plus flamboyante au risque de passer d’espoir en devenir à pilote de seconde zone.

FELIPE MASSA :

Auteur d’un bon début de saison, Felipe Massa n’en a quand même pas moins été contraint à un rôle d’outsider toute l’année, à l’image de son équiper, faute à une monoplace rétive. Avec deux podiums, en Autriche et à Monza, où il est resté très populaire, son bilan reste meilleur que celui de Bottas. Mais, avec un peu de fatigue et de lassitude, sa fin de saison ne lui aura pas permis de devancer le Finlandais au championnat, comme il l’a pourtant fait durant une bonne partie de l’année. Le Brésilien a sûrement sauvé son baquet pour 2016 grâce à une saison honnête et une volonté de stabilité chez Williams. Mais l’an prochain prendra probablement la forme d’un tour d’adieu pour l’un des pilotes les plus expérimenté de la discipline.

DANIEL RICCIARDO :

Prisonnier du conflit qui a sévit entre Red Bull et Renault, Daniel Ricciardo aura eu du mal à réaliser une saison aussi convaincante qu’en 2014. Lui qui se voyait se battre pour le titre après ses trois victoires l’an passé, est finalement dépassé au nombre de points par son équipier, transfuge de Toro Rosso. Deux podiums, chanceux ne suffiront pas à le satisfaire et on voit mal, malheureusement, comment sa situation pourrait évoluer en mieux en 2016. L’Australien devrait peut être commencer à regarder si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs, en dehors de sa maison Red Bull, comme l’a fait avec succès son ancien équipier, Sebastian Vettel. Un exemple à suivre, évidemment.

DANIIL KVYAT :

Le jeune russe avait beaucoup à prouver cette année. Beaucoup d’observateur ne le trouvaient pas réellement légitime pour remplacer le quadruple champion du monde Sebastian Vettel. Pourtant, après une entame de saison brouillonne et plutôt difficile, Kvyat a pris confiance en lui et a démontré une belle pointe de vitesse et une régularité étonnante. Ces deux qualités lui ont permis de devancer son équipier au championnat et devrait lui permettre d’aborder 2016 sous de bons auspices. En espérant que la nouvelle monoplace Red Bull lui en donne les moyens.

NICO HULKENBERG :

La saison de l’Allemand a été marquée par sa formidable victoire lors des 24 heures du Mans, en plein cœur de l’été. Un succès qui lui aura permis un temps d’occuper le devant de la scène dans les paddocks de la Formule 1, avant de retomber dans l’anonymat du peloton. « L’incroyable Hulk » aura commis beaucoup trop d’erreurs et d’approximations pour pouvoir prétendre au podium après lequel il court depuis le début de sa carrière. Il ne va pas falloir qu’il tarde trop avant de l’atteindre parce que le temps passe vite. Surtout lorsque l’on a à ses côtés un équipier rapide et richement doté en dollars.

SERGIO PEREZ :

Boosté par le retour de son Grand Prix national au calendrier, le Mexicain a passé un palier cette saison en devenant un pilote plus constant et moins fougueux. Certes, son agressivité peut encore se muer geste dangereux, mais il aura tenu son équipe à bout de bras en début de saison, avec une simple évolution de la monoplace de l’an passé et il aura inscrit le seul podium de Force India cette année, seulement le troisième de l’histoire de l’écurie, en Russie au terme d’une course d’attaque. Si la monoplace 2016 lui permet, on peut être sûr que Pérez deviendra un candidat crédible au podium de manière régulière.

Axel B.





Bilan de la saison 2015 de F1 : Les écuries

24 12 2015

La fin d’année est propice aux bilans, la Formule 1 n’en fera pas abstraction. Dans ce premier volet, il est temps de faire un tour d’horizon de l’année 2015 des écuries engagées dans cette saison qui a vue le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

MERCEDES :

 Avec 16 victoires dont 12 doublés, 18 pole positions et 32 podiums l’équipe championne du monde en titre à fait un carton plein. La gestion des deux pilotes à forts caractères que sont Lewis Hamilton et Nico Rosberg a été un peu plus facile qu’en 2014, notamment grâce à l’archi domination du Britannique. L’Allemand, impuissant sur la piste, n’avait que peu de mots à mettre sur ses contre-performances après les courses et, malgré quelques petites erreurs stratégiques comme à Monaco, la firme à l’étoile n’a pas grand-chose à se reprocher cette année. Le plus dur va être de recommencer une saison aussi parfaire l’an prochain.

FERRARI :

La Scuderia Ferrari est de retour et cela s’est vu cette année ! Avec Sebastien Vettel comme nouvel homme fort, l’équipe a surtout retrouvé la confiance qui lui faisait défaut après quelques difficiles années sous l’égide de Fernando Alonso. Là où l’Espagnol semblait plus se préoccuper de ses propres statistiques plus que de celles de Ferrari, l’Allemand a donné un vrai sens au mot « équipe ». En remportant 3 victoires et en les célébrant toutes en italien, c’est tout le peuple ferrariste qui a vibré. L’objectif de 3 succès fixé par Maurizio Arrivabene en début de saison a été atteint et une nouvelle stabilité, tant technique que managériale, semble s’être imposée. De quoi être optimiste pour l’avenir.

WILLIAMS :

Déception est le mot qui semble s’imposer lorsque l’on compare les saisons 2014 et 2015 de Williams. L’an passé, l’écurie Britannique avait franchi un palier lui permettant de jouer la victoire et la pole position à la régulière selon les occasions. Cette saison, Valtteri Bottas et Felipe Massa ont eu du mal à se battre pour le podium, dépassés par les Ferrari. Il ne va pas falloir que l’équipe s’endorme sur ses acquis de 2014 et, connaissant les difficultés que peuvent rencontrer les écuries indépendantes comme Williams dans leur développement, il faudra que les hommes de Grove décuplent d’ingéniosité et d’envie. Leur principale chance réside néanmoins dans le fait que les monoplaces soient propulsées par une unité de puissance Mercedes double championne du monde.

RED BULL :

La saison de Red bull aura plus été marquée par les dissensions avec son motoriste Renault que par ses exploits sur la piste. Une année très difficile pour l’équipe autrichienne qui n’aura du se satisfaire que de 3 podiums, ce qui est indécent pour des quadruples champions du monde. Si l’équipe a réussi, contre toute attente, à reformuler un contrat avec Renault l’an prochain, l’avenir s’annonce sombre et on voit mal comment cette association pourrait perdurer longtemps. Le principal objectif de Red Bull en 2016 sera donc de trouver un nouveau partenaire moteur qui puisse les faire repartir d’un bon pied. Il en va de la survie de l’équipe, pas loin de mettre la clé sous la porte en cette fin d’année…Dietrich Mateschitz étant plutôt un mauvais perdant.

FORCE INDIA :

L’équipe indienne a abordé cette saison d’une manière totalement différente. Généralement, elle démarre le premier Grand Prix avec une monoplace affutée et quasiment déjà au sommet de son développement, avant de reculer petit à petit dans la hiérarchie au fil des courses. Mais cette année, suite à un hiver financièrement douloureux, elle n’a pu introduire sa nouvelle monoplace qu’à partir du Grand Prix de Grande Bretagne. Et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencée à devenir réellement compétitive, avec un podium en Russie en point d’orgue grâce au convaincant Sergio Perez. Sûrement de bonne augure pour la saison prochaine, si l’hiver se passe sans encombre pour Vijay Mallya et ses hommes.

LOTUS :

Une saison en enfer pour l’écurie Lotus, sauvée d’une mort certaine en fin d’année par le rachat de Renault. Bricolage, approximation, retard, problèmes financiers insolubles… l’équipe a vu noir en 2015 et son ciel ne s’est éclairé qu’à une seule occasion : le podium de Romain Grosjean en Belgique. La hargne du Français et l’unité de puissance Mercedes n’ont rien pu faire face à un manque cruel de développement. L’an prochain sera une année de transition pour la nouvelle équipe Renault, de retour après 6 ans d’absence, qui aura fort à faire pour se reconstruire sur les cendres laissées par Lotus.

TORO ROSSO :

Au centre des attentions même avant le début de la saison grâce à son bébé pilote, Max Verstappen, Toro Rosso n’aura pas quitté le flux médiatique de l’année entière. L’équipe a réalisé sa meilleure saison depuis 2008 avec un certain Sebastian Vettel en ses rangs. Mais elle aura surtout marqué les esprits avec ses deux jeunes fougueux pilotes. Verstappen s’est affirmé au fur et à mesure des Grands Prix comme la future star de la discipline et Carlos Sainz, un peu plus brouillon, n’en a pas moins démontré de belles qualités. Mais pour 2016, l’équipe va payer le prix fort des tensions entre Red Bull et Renault. En effet, elle perd les moteurs français pour les troquer contre des Ferrari vieux d’un an. Un bon moyen de voir les capacités de réaction et d’adaptabilité de ses deux jeunes loups dans une situation difficile. Passionnant à suivre !

SAUBER :

Les années se suivent et se ressemblent pour Sauber, perdue dans l’anonymat du peloton. Avec un duo de pilotes payants, l’équipe n’attendait pas de miracle. Elle aura néanmoins réussi à marquer quelques points, 36 au total, soit…36 de plus qu’en 2014 ! C’est déjà une petite victoire pour la structure suisse qui survie grâce aux subsides des riches sponsors de ses pilotes, Felipe Nasr et Marcus Ericsson, qui n’auront quant à eu pas grand chose à se reprocher. Monisha Kaltenborn et ses hommes pourront cependant se satisfaire d’avoir réussi à devancer McLaren au championnat, ce qui ne devrait pas arriver très souvent à l’avenir.

McLAREN :

On savait que le retour de Honda en Formule 1 ne serait pas chose aisée, mais personne ne s’attendait à un tel désastre, et surtout pas McLaren ! L’équipe est entrée seulement 5 fois dans les points et cela grâce à des situations de courses à son avantage. Honda ne semble pas réellement avoir fait de progrès durant l’année et il est difficile de croire au discours optimiste de Fernando Alonso pour la saison prochaine. Mais une telle association entre de multiples champions du monde comme McLaren, Honda, Button et Alonso fait rêver sur le papier. Il faut maintenant qu’elle se concrétise au risque d’imploser en plein vol.

MANOR :

Marquée au plus profond d’elle-même par l’accident puis le décès de Jules Bianchi, l’écurie Manor a eu bien du mal à rester en Formule 1 cette année. Sauvée in-extremis par un riche industriel britannique avant le début de la saison, l’équipe a végété en fond de grille dans l’attente d’un exploit qui n’est jamais venu. Elle a tout de même réussi à négocier une unité de puissance Mercedes pour l’an prochain avant que ses deux fondateurs historiques, John Booth et Graeme Lowdon décident de quitter d’eux-mêmes l’équipe. Un sentiment de gâchis prédomine alors qu’il semblait que Manor allait enfin sortir la tête de l’eau.

Axel B.





Abu Dhabi : Les enjeux du dernier Grand Prix de la saison F1

27 11 2015

Le dernier Grand Prix de cette saison 2015 pourrait paraitre inutile après les consécrations de Mercedes et Lewis Hamilton dans les deux championnats. Mais des enjeux sont encore en cours pour quelques pilotes et équipes.

 

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(c) Mercedes

Le Grand Prix de Russie et celui des États-Unis ont chacun été le théâtre du couronnement des nouveaux champions du monde 2015. La piste de Sotchi a donc vu le sacre de Mercedes pour la seconde année consécutive et le tracé d’Austin a consacré Lewis Hamilton pour le troisième titre de sa carrière.

Au Mexique, l’enjeu pour la deuxième place du championnat pilote s’est réglé entre Sebastian Vettel et Nico Rosberg, à l’avantage de ce dernier, vainqueur sur la piste des frères Rodriguez tandis que que son rival se fourvoyait dans une série d’erreurs inhabituelles pour un quadruple champion du monde. Les quelques points restant à prendre au Brésil pour assurer l’autre pilote Mercedes de sa place de dauphin n’étaient plus qu’une simple formalité.

La Formule 1 va donc débarquer à Abu Dhabi, sur la piste de Yas Marina, avec peu de suspens à offrir mais sûrement beaucoup de spectacle. En effet, libérés de tout enjeu, les pilotes vont pouvoir s’expliquer sur la piste sans aucune retenue et devraient donc nous offrir quelques belles passes d’armes, si leurs équipes respectives les laissent jouer tranquillement.

Mais plus bas dans le tableau, quelques enjeux subsistent encore. La bagarre de Finlandais pour la quatrième place du championnat du monde risque bien de prendre un tournant épique au regard de l’animosité récente qui s’est construite ces dernières semaines entre Kimi Raikkonen et Valtteri Bottas. Les deux finnois ont déjà échangé quelques coups en Russie et au Mexique et seulement un point les sépare au championnat du monde. Plus qu’une place, c’est l’honneur qui est en jeux. Celui de Ferrari et Williams, aussi.

Encore un peu plus loin, la bataille pour la symbolique dixième place au championnat pourrait bien faire quelques étincelles. Elle mettra en concurrence Nico Hulkenberg, vainqueur cette année des 24 Heures du Mans, Max Verstappen, révélation de cette saison et Romain Grosjean, qui voudra quitter Lotus, son équipe de toujours, sur une bonne note. Les trois points qui les séparent pourraient bien être le plus animés de cette course.

Il restera également à observer une bataille d’égo entre les deux pilotes Red Bull; séparés de seulement dix points à l’avantage de Daniil Kvyat sur Daniel Ricciardo. L’Australien tombé des nues cette année, aimerait sûrement finir sur une belle note et, surtout, devant son équipier.

Rien que pour tous ces affrontements, la dernière course de la saison vaudra son pesant de cacahuètes, avant que tous les fans de Formule 1 ne se mettent en hibernation pour quelques mois.

 

Axel B.





GP du Brésil 2010 : Le jour de gloire de Nico Hülkenberg

15 11 2015

Lors de l’édition 2010 du Grand Prix du Brésil, le jeune pilote allemand Nico Hülkenberg a fait éclater son talent à la face du monde en signant un pole position étonnante, au nez et à la barbe des favoris, au volant de sa Williams-Cosworth, pour sa première saison en Formule 1.

(c) Williams

(c) Williams

Fraichement auréolé d’un titre en GP2 Series, Nico Hülkenberg n’aura pas tardé à faire son entrée dans le petit monde de la Formule 1. Couvé par Frank Williams, qui a vu en lui un talent prêt à éclore, le jeune pilote allemand de seulement 23 ans allait courir sa première saison dans la discipline en 2010, au volant d’une mythique Williams propulsée par un non moins mythique moteur Cosworth.

Ses débuts ne sont cependant pas éblouissants, mais Hülkenberg arrive néanmoins à mettre en avant sa belle pointe de vitesse en signant notamment un excellent cinquième temps lors des qualifications du Grand Prix de Malaisie, sur un circuit de moteur et donc, désavantageux avec le vieillissant Cosworth qui équipe sa FW32.

Même s’il tarde à convertir de belles qualifications en points durant les courses, Hulk, comme le surnomme le paddock, réussi tout de même à scorer quelques fois et n’a pas à rougir de la comparaison avec son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello.

Les deux hommes se présentent donc au Grand prix du Brésil, avant dernière manche du championnat 2010, avec des ambitions modestes. Mais déjà, comme c’est souvent le cas sur la ville de Sao Paulo, les conditions météorologiques semblent vouloir jouer un rôle important lors de ce week-end. En effet, la pluie est attendue durant les trois jours du Grand Prix et elle s’intensifie lors du moment crucial des qualifications le samedi.

Jouant avec les nerfs des pilotes, les gouttes d’eau se font d’humeur et d’intensité changeantes. Tant est si bien que, à la fin de la séance, après une heure d’effort, la piste commence à s’assécher. A ce petit jeu, tous les protagonistes savent qu’il faut généralement sortir le plus tard possible pour réaliser le meilleur temps. Mais un championnat se joue à Interlagos et les gros bras se sentent fébriles. Ils ne se méfient pas d’Hülkenberg qui sera le dernier à rentrer en piste ce samedi.

Le jeune allemand réalise ainsi le meilleur temps de la journée, devançant de plus d’une seconde son plus proche rival, son compatriote Sebastian Vettel, qui réussi à accrocher la deuxième place sur la grille au volant de sa Red Bull. Mais avec ce résultat époustouflant, l’Incroyable Hulk signe là un authentique exploit qui permet à Williams de renouer avec la pole position après cinq années de disette.

Le lendemain, la course d’Hülkenberg sera anecdotique. Sur piste sèche sa Williams a du mal à lutter contre ses poursuivants et il devra se contenter d’une modeste huitième place à l’arrivée. Mais lors de ce Grand Prix du Brésil, l’Allemand sera rentré dans les livres d’Histoire de la Formule 1 et gageons qu’il espérera, cette année encore, marquer encore plus la discipline. Ça tombe bien, les Force India sont en forme en cette fin de saison !

Axel B.





L’incroyable Hulk !

19 06 2015

Le week-end dernier, Nico Hulkenberg a rajouté une ligne des plus prestigieuses à son palmarès en remportant les 24 Heures du Mans. Un exploit retentissant pour un pilote de Formule 1 en activité.

(c) The359

(c) The359

Dans l’histoire du sport automobile moderne, durant ces vingt dernières années, Nico Hulkenberg est le premier pilote de Formule 1 régulier à remporter la mythique course d’Endurance des 24 Heures du Mans.

Pilote Force India en 2014, à la tête de 79 Grands Prix et considéré comme un véritable talent qui n’a pas encore eu la chance de le prouver au volant de monoplaces compétitives en Formule 1, l’Allemand vient là confirmer tout le bien que l’on pense de lui.

Pour sa première participation, et entouré d’un équipage tout aussi jeune que lui composé du Néo-zélandais Earl Bamber, 24 ans et du Britannique Nick Tandy, tout juste 30 ans, Hulkenberg entre par la grande porte dans l’Histoire du sport automobile.

Pourtant, sa carrière en Formule 1 n’est pas à l’image de ce à quoi il pouvait s’attendre en rejoignant les rangs de Williams en 2010. A 22 ans, il effectue donc sa première saison au sein de la prestigieuse équipe anglaise, encore à la recherche d’un second souffle. Il domine son expérimenté équipier, le Brésilien Rubens Barrichello, et s’offre même la pole position lors du Grand Prix du Brésil, en fin de saison, dans des conditions de piste changeantes.

Mais malgré ces débuts impressionnant, « Hulk », comme le surnomme assez facilement la presse de son pays, va faire une première connaissance du monde ardu et sans pitié de la Formule 1. A la recherche de budget, Williams le met sur la touche pour lui préférer le fortuné Pastor Maldonado. Il trouve alors refuge chez Force India, tout d’abord pour une année en tant que pilote essayeur puis ensuite en tant que titulaire, profitant des déboires judiciaires de son compatriote Adrian Sutil, démissionnaire.

Mais las de trouver une opportunité à la hauteur de ses attentes, chez Ferrari par exemple où son nom est souvent cité, il se tourne en 2013 vers Sauber…motorisée par Ferrari. Le début de saison est catastrophique au volant d’une monoplace complètement ratée, mais il arrivera au fur et à mesure des Grands Prix à faire fonctionner sa rétive monture jusqu’à se battre à la régulière pour les points face aux Ferrari ou aux Lotus.

Après avoir longtemps hésité à quitter Sauber en cours de route, il décide néanmoins d’aller au bout de son contrat et de s’engager pour les deux saisons suivantes avec Force India, qu’il retrouve donc en 2014. La monoplace indienne, bien née, lui permet de signer quelques bonnes performances, mais c’est son équipier Serio Perez, qui s’adjuge les lauriers en montant sur la troisième marche du podium lors du Grand Prix de Bahreïn. En manque de financement, l’équipe ne peut malheureusement pas suivre le développement de ses rivales et ne cessera de régresser au classement au fil de la saison.

En 2015, la situation est bien pire puisque Force India, en grandes difficultés financières, ne peut proposer à ses deux pilotes une nouvelle monoplace capable de jouer les points à la régulière. Malgré tout, Hulkenberg et Perez arrivent à tirer le maximum de leur voiture durant les premières courses et marquent des points inespérés en attendant de nouvelle évolution de leur monture qui devrait intervenir en milieu d’année.

Cette situation frustrante en Formule 1 a sûrement influencé l’Allemand dans sa volonté de s’essayer à l’Endurance et de s’inscrire, au volant d’une Porsche, aux 24 Heures du Mans. Les hasards du calendrier font que son engagement en Formule 1 ne l’empêche pas de s’aligner sur la manche mancelle, et ce, avec de réelle chances de bien figurer.

Encore mieux que bien figurer, après des qualifications correctes, Hulkenberg, Bamber et Tandy, remporte la course après 24 heures haletantes et exténuantes pour les trois hommes. Comme un symbole, c’est à Hulkenberg qu’est confié l’honneur de franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. De quoi lui donner un boost au moral pour la suite de sa carrière en Formule 1 ou de nouvelles idées pour donner une nouvelle impulsion à sa présence en sport automobile.

Axel B.





Lewis Hamilton et la malédiction monégasque

30 05 2015

Une nouvelle page s’est écrite le week-end dernier dans l’histoire de la malédiction qui lie le Grand Prix de Monaco à Lewis Hamilton. Mise à part la saison 2008, le double champion du monde britannique n’a connu que des déconvenues dans les rues de la Principauté.

(c) Mercedes

(c) Mercedes

L’histoire d’amour entre le Grand Prix de Monaco et Lewis Hamilton est une histoire compliquée. Mise à part sa victoire en 2008, le pilote britannique aura récolté plus de désillusions que de résultats probants en neuf participations.

Tout avait pourtant bien commencé en 2007, pour sa première fois dans les rues de la Principauté au volant d’une Formule 1. Le tout jeune Hamilton, 22 ans, alors équipier de Fernando Alonso au sein de l’équipe McLaren-Mercedes, pouvait légitimement penser à la victoire. Mais le jeu des stratégies d’équipe avait alors gelé les positions et le Britannique reçut alors la consigne de rester bien sagement derrière son leader espagnol. Cette deuxième place au goût amer,cda        qui en aurait contenté plus d’un, n’empêcha pas Hamilton d’afficher sa frustration le dimanche soir.

En 2008, tout s’est passé comme sur des roulettes ! L’année de son titre, Hamilton remporte le prestigieux Grand Prix de Monaco et voit s’ouvrir devant lui la voie royale vers de multiples succès en Principauté, comme jadis son idole Ayrton Senna en son temps. Cette année là, Lewis domine de la tête et des épaules la course qu’il remporte avec un certain panache, dans des conditions climatiques changeantes et après une touchette avec un rail.

C’est en 2009 que les choses commencent à se gâter à Monaco pour Hamilton. Auréolé de son premier titre mondial acquis la saison passée, le Britannique entame son week-end de la pire des manières en touchant le rail lors des qualifications. Cette mésaventure, qui le verra contraint de changer de boite de vitesse et de s’élancer du fond de grille après une pénalité, l’empêchera de bien figurer le dimanche où il terminera à une anonyme 12ème place.

Les trois saisons suivantes, entre 2010 et 2012, en pleine domination de Sebastian Vettel et Red Bull, Hamilton a du mal à bien figurer au volant de sa McLaren. Des erreurs stratégiques ou des fautes de pilotage ne lui permettrons ni de s’élancer de la première ligne de la grille de départ, ni de monter sur le moindre podium, collectionnant les places d’honneur. Pour un pilote de la trempe d’Hamilton, n’avoir aucune pole position et qu’une seule victoire à Monaco est un manquement à son palmarès.

En décidant de changer d’air et de rejoindre Mercedes en 2013, Hamilton pensait pouvoir enfin dompter ce circuit qui lui cause tant de tracas. Mais là encore, il va tomber sur un écueil qu’il n’aurait su imaginer, et il porte le nom de Nico Rosberg. Dès cette nouvelle saison, c’est un mauvais choix stratégique suite à la sortie de la voiture de sécurité qui éjecte le Britannique du podium qui regardera son frère ennemie triompher pour la première fois à Monaco.

En 2014, Rosberg se joue d’Hamilton en qualification lui subtilisant la pole position après une manœuvre controversée de sa part. Alors en pleine amélioration de son temps, dans les derniers instants de la séance, le natif de Lewis voit ses efforts anéantis par un drapeau jaune provoqué par une sortie de piste étrange de Nico. Le lendemain, ce dernier convertit sa pole en victoire et la hache de guerre entre les deux hommes est déterrée jusqu’à la fin de la saison.

Comble de malchance, cette année, alors qu’il avait outrageusement dominé tous le week-end, Hamilton perd la première place et se retrouve rétrogradé à la troisième position au bout de 70 tours d’une course sans erreur, à cause d’une bêtise de son équipe, qui le rappelle aux stands sous régime de voiture de sécurité, alors qu’il n’a pas assez d’écart avec son poursuivant, Rosberg, pour assurer sa première place.

Dépité et dégouté, le Britannique fera bonne figure sur le podium avant de rentrer directement chez lui pour tenter de digérer cette nouvelle défaite. Nul doute qu’à un moment ou à un autre, Hamilton pourra prendre sa revanche contre le sort qui s’acharne contre lui à Monaco. Mais pour se consoler, il pourra penser que même le grand Jim Clark n’a jamais réussi à remporter la course monégasque. Lui, au moins, y sera parvenu une fois…

Axel B.








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