La Formule 1 qu’on aime !

12 04 2014

Quel Grand Prix ! Enfin, à Bahreïn, la Formule 1 version 2014 nous a apporté le spectacle tant attendu ! Il ne reste plus à espérer maintenant que cette course ne soit pas une exception. Quelques éléments permettent cependant d’être optimiste pour la suite.

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Licence Creative Commons / Leo Hidalgo

Le circuit de Sakhir n’est peut être pas le plus spectaculaire de toute la saison, mais ce week-end, il nous a offert une des plus belles course de la décennie. La première course de nuit au Royaume de Bahreïn a fait briller la Formule 1 de mille feux.

Tous les ingrédients qui font la beauté du sport automobile étaient effectivement présents ce dimanche pour faire frissonner jusqu’au plus blasé des passionnés de Formule 1 : des bagarres roues contre roues, des duels fratricides entre équipiers, des sorties de piste effrayantes…

Chaque saison connaît une course folle lors de laquelle tout le monde s’extasie avant de vite retrouver le cours normal des choses. C’était le cas l’année dernière en Grande Bretagne avec les explosions de pneumatiques ou bien encore au Canada en 2011 avec la victoire surprise de Jenson Button au dernier tour, dans des conditions dantesques. Mais cette année, à Bahreïn, rien d’extérieur n’est venu brouiller les cartes et plusieurs raisons font qu’il y a de quoi être optimiste pour que pareille course se renouvelle tout au long de la saison.

L’élément principal à prendre en compte est bien entendu l’absence de consigne chez Mercedes. L’équipe a laissé ses deux pilotes se battre pour la victoire, ce qui nous a offert un duel fratricide digne des plus beaux moments de la Formule 1. Pour cela, il faut saluer l’état d’esprit de l’équipe allemande qui n’a pas souhaité favoriser un de ses pilotes en piste. L’avance des Flèches d’argent est tellement grande face à la concurrence, que de telles consignes n’auraient pas été comprises par la majorité des observateurs. Et elles auraient été incompréhensibles ! Mercedes vient de nous démontrer ce qu’est l’essence même du sport automobile. La compétition, le frisson, l’affrontement des talents, bien des caractéristiques qui avaient été galvaudées ces dernières années, muselées par des tristes consignes des Ferrari, Red Bull ou plus récemment Williams. Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont prouvé que l’on pouvait être équipiers en se battant en piste comme des chiffonniers tout en gardant une relation empreinte de respect. Leurs accolades à la sortie de leurs monoplaces en sont les preuves ultimes.

Mercedes d’ailleurs n’a pas été la seule à réagir de cette manière puisque Force India et Red Bull ont, elles aussi, laissé leurs pilotes se bagarrer en piste pour la beauté du spectacle. La polémique soulevée par Williams à Sepang aurait-elle réveillé chez ses concurrents une loyauté envers le public si souvent oubliée ? Et que dire aussi de la révolte des équipiers lorsque l’on voit des Sergio Pérez ou des Daniel Ricciardo faire trembler leur collègue respectif que l’on pensait pourtant établis et dominants au sein de leur équipe ? On ne saurait que s’en satisfaire car la Formule 1 est avant tout un spectacle !

Pastor Maldonado semble également avoir compris qu’à défaut de faire rêver les aficionados avec ses performances, il pouvait lui aussi faire partie du spectacle en réalisant des gestes que seul lui arrive encore à justifier. La Formule 1 est de plus en plus sécurisée et c’est un bienfait. Mais à cause de cette absence de peur qui pouvait envahir les pilotes au volant il y a encore quelques dizaines d’années, certains se pensent invincibles et tentent des gestes qui auraient pu être dramatiques à une autre époque.

Pour cette mésaventure, le Vénézuélien a écopé d’un stop-and-go de dix seconde durant la course, une pénalité de cinq places sur la grille de départ en Chine et trois points en moins sur son permis. En comparaison, Daniel Ricciardo, relâché hâtivement de son stand avec une roue desserrée en Malaisie par son équipe, à qui la faute en était entièrement imputable, avait reçu un stop-and-go à Sepang en plus d’une pénalité de dix places sur la grille du prochain Grand Prix. Le manque de cohérence des sanctions est encore flagrant mais il ne saurait néanmoins gâcher le plaisir d’avoir vu une course d’une telle intensité aussi tôt dans la saison. Les polémiques sur le bruit des moteurs et le manque de spectacle en piste ont subitement pris un sérieux coup de vieux !

Si l’état d’esprit des pilotes et des écuries reste le même durant toutes la saison, il n’y a pas de raisons de ne pas revoir un pareil spectacle se reproduire fréquemment. Chaque duo de pilotes semble très proche l’un de l’autre, et les difficultés constatées à piloter ces nouvelles monoplaces ont tendance à niveler les performances. Les vaincus d’une course voudront être les vainqueurs de la suivante et les rois déchus, tels Sebastian Vettel, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen ou Jenson Button ne sauront se satisfaire de l’affront qui leur a été fait en ce début de saison. Leurs réveils risquent de pimenter encore plus la compétition, et c’est ça, la Formule 1 qu’on aime !

Axel B.





Felipe Massa l’affranchi

4 04 2014

Il faut croire que la chaleur étouffante du circuit de Sepang est propice aux affrontements entre équipiers. Après les duels fratricides entre Sebastian Vettel et Mark Webber puis Lewis Hamilton et Nico Rosberg l’an passé, c’est au tour de Felipe Massa et Valtteri Bottas cette saison de faire parler d’eux avec des consignes d’équipe contestables.

(c) Lat

(c) Lat

Le sang chaud de Felipe Massa a dû se glacer subitement en fin de course lors du Grand Prix de Malaisie alors qu’il a entendu son ingénieur à la radio lui souffler une phrase qui l’a longtemps hantée chez Ferrari : « Valtteri est plus rapide que toi. »

Certes, le Fernando Alonso de l’époque rouge s’est muté en Valtteri Bottas chez Williams, mais l’émotion a dû être la même pour le Brésilien qui a cette fois refusé de jouer les faire-valoir de son jeune et inexpérimenté coéquipier.
Tous les pilotes le savent, la comparaison des talents et des performances se fait avant tout entre équipiers. Il était impensable pour Massa, après une premier Grand Prix d’Australie raté, de laisser passer sa chance en Malaisie de prouver qu’il était le pilote sur qui Williams pouvait et devait compter.

Pourtant, au sein de l’écurie britannique, l’histoire a maintes fois prouvé que les deux pilotes n’étaient pas sur un pied d’égalité. Frank Williams avait pour habitude d’avoir son petit préféré, ce qui lui a valu quelques victoires et sûrement aussi quelques titres en moins. Les luttes intestines entre Alan Jones et Carlos Reutemann ou encore Nigel Mansell et Nelson Piquet ont laissé des traces dans l’aventure de Williams en Formule 1. Après cela, les seconds pilotes clairement identifiés tels que David Coulthard ou Heinz-Harald Frentzen ont été gentiment muselés au profit des futurs champions du monde comme Damon Hill ou Jacques Villeneuve.

Aujourd’hui, Frank n’est plus au bout du micro pour donner les directives en piste, mais sa fille, Claire, semble vouloir tout de même garder l’esprit familial. Une telle communication radio imposée à Massa alors que la saison vient à peine d’être entamée, nous fait légitimement penser aux heures les plus sombres, tactiquement parlant, de la Scuderia Ferrari.
Depuis plusieurs années, les consignes d’équipe ne sont plus interdites. La FIA s’est bien rendu compte que cela ne servait à rien d’imposer une telle règle puisque les écuries, toujours les plus malignes, arrivaient quand même à passer des messages codés, connus uniquement des pilotes, pour imposer leur choix. Cette pratique est d’ailleurs toujours d’actualité comme l’a prouvé l’affaire du « Multi 21 » l’an passé chez Red Bull, peut être par souci d’afficher une image de marque plus sportive, ce qui a été un véritable fiasco pour l’équipe autrichienne.

Est-ce que cela veut donc dire que Williams aurait déjà choisi de privilégier Bottas à Massa cette année ? Le Finlandais, relativement inexpérimenté et pas franchement impressionnant l’an passé, possède le seul atout d’être le plus ancien pilote au sein de l’équipe. Il a réalisé une course solide à Melbourne, malgré une petite erreur, pour décrocher les premiers points de l’équipe en 2014. Massa, harponné au premier virage n’avait pas pu défendre ses chances. Difficile donc de trouver une raison valable et logique pour commencer à faire des choix entre les pilotes d’une même écurie à ce stade de la saison. La configuration de la course à Sepang ne répond pas non plus à cette interrogation. Massa s’était qualifié devant son équipier le samedi, mais en fond de grille, et les deux pilotes ont fait une remontée impressionnante dans les points durant la course jusqu’à ce fameux tour où, le Brésilien, bloqué derrière la McLaren de Jenson Button, a reçu cet ordre. Son équipier finlandais se jugeait plus rapide et apte à dépasser son rival britannique, mais personne ne saura finalement s’il en aurait été capable ou pas.

Felipe Massa a donc décidé de son propre chef d’ignorer cette consigne, et on ne saurait le blâmer au vu de son histoire dans la discipline et au nom de la beauté du sport et de la compétition. Il s’est également affranchi de son image de porteur d’eau et a prouvé par la même qu’il avait tiré les enseignements de ses expériences passées. Reste à savoir si ce choix va impacter sa position au sein de Williams et surtout s’il ne va pas envenimer sa relation avec Bottas, surtout après les échanges fleuris entendu à la radio en début de course entre les deux hommes.

Pareille mésaventure avait déjà eu lieu pour le Finlandais face à son équipier Pastor Maldonado l’an passé, mais la fuite du Vénézuélien vers d’autres cieux avait coupé court à un possible affrontement. Là, les deux pilotes vont devoir passer tout le reste de la saison côte à côte, avec une monoplace visiblement compétitive. De quoi donner des sueurs froides à Claire Williams durant quelques mois.

Axel B.





Faux départ

20 03 2014

Ca y est, le moment tant attendu du premier Grand Prix de la saison est enfin passé. Que reste-t-il maintenant de nos interrogations de l’hiver ? Même si la première course n’est jamais représentative, elle apporte cependant son lot d’informations importantes pour la suite de l’année.

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

Licence Creative Commons / J.H. Sohn

Parfois, il faut savoir raison garder. La Formule 1, qui représente le pinacle du sport automobile, le sommet de la technologie, le chantre du développement et de l’adaptabilité vient de prouver une nouvelle fois que tous ces superlatifs ne sont pas usurpés.

Si certains pensaient que le Grand Prix d’Australie ne verrait qu’une poignée de monoplaces franchir la ligne d’arrivée, voire même, encore pire, aucune d’entre elles, ils doivent être bien déçu aujourd’hui. Finalement, tous les participants ont prouvé leur réactivité : seulement cinq abandons sur problèmes mécaniques, dont les deux Lotus de Romain Grosjean et Pastor Maldonado qui n’étaient visiblement pas prête à courir ce Grand Prix.

Parmi ces retraits, deux champions du monde. Sebastian Vettel et sa Red Bull, rapide mais peu fiable et surtout Lewis Hamilton, érigé comme le favori ultime cette année mais dont la W05 lui a joué un des pires tours possible en le faisant stopper après quelques pauvres kilomètres. Sa mésaventure du vendredi matin annonçait donc bien un week-end difficile pour le Britannique.

Mais attardons nous quelques instants de plus sur le cas Red Bull. Daniel Ricciardo a prouvé que la monoplace était redoutablement rapide. Ce qui laisse à penser que lorsque les hommes de Milton Keynes auront réglé leurs problèmes chroniques de fiabilité, le retour de Sebastian Vettel pourrait bien faire très mal. Déjà que l’homme est un ogre lorsqu’il gagne, sa volonté risque d’être décuplée avec un esprit de revanche évident après un hiver catastrophique et ce premier Grand Prix cauchemardesque. En plus, la mise en lumière de Ricciardo, certes déclassé, mais qui a marqué les esprits, ne va pas arranger les humeurs du quadruple champion du monde.

Devant, les Mercedes ont survolé les débats. Enfin, surtout Nico Rosberg épargné par les pannes. Mais soyons sur qu’Hamilton aurait été au même niveau que son équipier s’il avait pu courir la totalité de la course. Avec plus de vingt secondes d’avance sur son dauphin, Rosberg a écrasé la concurrence. Qu’en aurait-il était de cet écart si la voiture de sécurité n’était pas rentrée en piste ? Le choc psychologique pour la concurrence aurait été bien plus important…

Derrière, peu de surprises au final. Les Williams que l’on annonçait comme possibles vainqueurs ont saboté leur dimanche avec des qualifications très moyennes. Bottas, victime de sa fougue, a laissé échapper un possible podium et Massa, victime du fameux optimisme nippon, n’a pas fait un tour. Les Ferrari ont déjà prouvé leurs limites avec un Fernando Alonso en manque de vitesse et un Kimi Raïkkönen peu à son aise derrière le volant de sa F14-T. Les fantômes de l’anonymat de 2013 semblent toujours hanter la Scuderia.

Seule bonne surprise, les McLaren qui ont pris la place laissée vacante par les Lotus. Les gris ont retrouvé de la vigueur grâce à leurs blocs Mercedes et la fougue du déjà impressionnant Kevin Magnussen. Avec Daniil Kvyat également dans les points, ce vent de fraîcheur fait un bien fou à la Formule 1 et risque de bousculer la hiérarchie des anciens. Jenson Button doit commencer à sentir le vent de la retraite souffler dans son dos et il va falloir que le champion du monde 2009 ressorte ses plus belles armes pour prouver qu’il tient encore sa place dans la discipline.

La révolution tant attendue n’aura donc bousculé que très peu la discipline. Cette première manche aux antipodes aura eu un arrière gout de procession avec peu de dépassements ou de sorties de piste, pourtant annoncés à grand renfort d’optimisme durant l’hiver. Si Vijay Mallya, le patron de Force India, se demandait où était passé le son des Formule 1, on peut également se demander où est la révolution tant attendu par ces changements de réglementation… peut être en Malaisie dans quinze jours ?

Axel B.





Les pilotes outsiders pour 2014

8 03 2014

Après un tour d’horizon des pilotes favoris pour la saison 2014, voici venu le temps de jeter un œil aux outsiders qui pourraient créer la surprise en cette saison de grands changements pour la Formule 1.

 

L.Lefevbre / Fan F1

L.Lefevbre / Fan F1

La semaine dernière, nous avons tenté de faire un point sur les pilotes qui pourraient bien jouer le titre lors de cette nouvelle saison. Sebastian Vettel, Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen et Jenson Button constituaient cette liste. Aujourd’hui, parmi les autres pilotes de la grille, quelques outsiders ont été sélectionnés par rapport à leur chance de remporter le titre

Si les McLaren, équipées de moteur Mercedes, font office de favorites avec notamment Jenson Button, il faudra tout de même avoir un œil attentif au parcours du jeune Kevin Magnussen, dont ce sera la première saison en 2014. Les essais hivernaux se sont plutôt bien déroulés pour le jeune Danois, et son acclimatation à sa monoplace a semblé rapide. Beaucoup comparent le parcours du fils de Jan à celui de Lewis Hamilton, qui avait été lancé par Ron Dennis dans le grand bain très jeune, et qui n’avait pas tardé à impressionner. L’avantage principal pour Magnussen est le renouveau de la discipline. Tout le monde repart à zéro, autant au niveau du pilotage que de la compréhension technique. Certes, l’expérience d’un Button est irremplaçable dans ce type de situation, mais la fraicheur d’esprit de Magnussen et sa capacité d’adaptation pourraient bien lui permettre de jouer un rôle important en 2014. La MP4/29 semble bien née et s’il arrive à mettre toutes les chances de son côté avec un travail appliqué et un peu de réussite, le Danois pourrait bien créer la surprise comme Hamilton l’avait fait en son temps en tenant tête à Fernando Alonso et Kimi Raïkkönen jusqu’au dernier Grand Prix de 2007.

Forcement, toutes les équipes motorisées par Mercedes semblent avoir un avantage. Si les Force India, plutôt fringantes ces derniers jours, pourraient bien récolter quelques podiums ou quelques victoires, il sera difficile pour elles de se battre pour le championnat tout au long de la saison. Mais il y a une équipe qui a été rompue à cet exercice durant des années et qui possède en ses rangs un pilote qui a déjà prouvé par le passé qu’il était apte à remporter un titre : il s’agit bien entendu de Williams et Felipe Massa. Le Brésilien partage avec son équipe un esprit de revanche qui pourrait bien être le moteur de la réussite. L’association entre l’équipe britannique et le vice-champion du monde 2008 est déjà une réussite sur le plan humain. Les deux parties se sont déjà extasiées des performances et de l’application de chacune d’entre elles et pour une fois depuis longtemps, les résultats sur la piste confirment cet optimiste. Williams et Massa sont bien placés pour refaire le coup de Brawn GP et Jenson Button en 2009, qui avaient profité d’une monoplace bien née et des modifications du règlement technique pour dominer la saison et remporter les deux titres.

La grande inconnue concerne bien entendu les écuries propulsées par les blocs hybrides Renault, qui semblent avoir les pires difficultés à régler les problèmes rencontrés depuis le début de l’année. Il est donc difficile d’inclure Lotus et Romain Grosjean dans un rôle d’outsider pour cette saison malgré tous les progrès réalisés par le Français l’année dernière. Les moyens financiers limités de l’équipe ne laissent pas présager d’une capacité de retour rapide, au contraire de Red Bull, qui pourrait bien mettre quelques Grands Prix avant de pouvoir rejouer la victoire. Si tel est le cas, il faudra observer le comportement de Daniel Ricciardo, qui pourrait bien profiter des moments difficiles actuellement vécus par l’écurie autrichienne pour s’imposer par son travail, son optimisme et sa bonne humeur, aux côté d’un Sebastian Vettel rompu à la victoire et qui pourrait mal vivre ce revirement de situation.

Le grand saut dans l’inconnu que nous offre ce nouveau millésime va être passionnant à suivre. Il est très difficile de prévoir qui sera compétitif cette année et le premier Grand Prix, prévu en Australie dans une dizaine de jours, nous apportera déjà un premier lot de réponses sur les nombreuses questions qui planent actuellement sur la discipline.

 

Axel B.





Une histoire de nez

23 02 2014

« C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! » Voici une tirade du célèbre Cyrano de Bergerac qui sied très bien à la forme nasale des monoplaces de Formule 1 en 2014. Mais comme le fameux Cadet de Gascogne imaginé par Edmond Rostand, il y a fort à parier que ces nouvelles nées de l’année ne manqueront pas de panache.

Licence Creative Commons / Lea Hidalgo

Licence Creative Commons / Lea Hidalgo

De tous temps, la Formule 1 a connu des bizarreries esthétiques, et s’en est finalement accoutumée.  Lorsque les moteurs sont passés à l’arrière, les plus conservateurs, Enzo Ferrari en tête, avaient poussé de hauts cris. Les réactions ont été les mêmes avec l’arrivée des premiers ailerons, placés à la manière d’un bricolage astucieux à partir de la saison 1968. Sans aucune réglementation sur le sujet, les pires idées ont traversé les esprits des ingénieurs et ont conduit à des situations esthétiques que renierait le moindre designer automobile aujourd’hui.

On peut se souvenir également, dans un passé plus récent, des fameuses ailes de mouettes apparues à la fin des années 90 sur les Tyrrell et qui avaient fait école au point de se retrouver sur la majorité des monoplaces du plateau avant d’être interdites grâce à un élan de lucidité par la FIA.

D’autres tentatives comme le capot moteur rectiligne surmonté d’un mini-aileron sur la McLaren-Mercedes de 1995 ou le nez en forme de morse de la Williams FW26 de 2004 n’ont heureusement pas fait date, suite à un manque d’intérêt en termes de performance.

Aujourd’hui donc, les museaux version 2014 créent la polémique. Il n’y a guère que Mercedes et Ferrari qui ont tenté d’apporter une solution esthétiquement neutre, mais pas forcément plus réussie, aux nouvelles donnes du règlement technique. Les autres, ont tenté de masquer leurs appendices apparents derrière de judicieuses robes peinturlurées.

Au final, il va falloir attendre les premiers Grands Prix pour que se détache une vérité sur l’influence de cet aspect aérodynamique sur les monoplaces. Est-ce que la forme nasale va avoir une incidence majeure sur les performances ? Certaines écuries adopteront-elles des solutions différentes ?

On sait d’ors et déjà que la FIA a décidé de plancher sur une évolution de la réglementation technique pour 2015 afin de modifier l’aspect des monoplaces. Un aveu clair et précis du manquement de cette dernière qui a, une fois de plus, fait primer l’envie de donner du spectacle avant de prendre en compte des considérations esthétiques.

Les observateurs les plus amusés par cette situation ont déjà fait leurs choux blancs de cette loufoquerie de ce début d’année. Certains parmi eux en ont déduis qu’une monoplaces de Formule 1 était finalement de genre masculin, alors que d’autres tentaient déjà de faire accoupler une McLaren à la protubérance affichée avec une Lotus au nez en tenaille.

Toujours est-il que si la pièce d’Edmond Rostand vantant les mérites de Cyrano de Bergerac et de son attribut nasal protubérant, a nécessité une écriture en Alexandrin de douze pieds par vers, il ne faudra sûrement pas plus de douze tours pour que tous les fans de Formule 1 mettent de côté cette particularité et plongent le nez en premier dans une nouvelle saison qui s’annonce déjà passionnante à suivre. Quelle équipe et quel pilotes pourront alors dire en héros : « A la fin de l’envoi…je touche ! » ?

Axel B.





Maldonado : un banquier talentueux ?

26 01 2014

Il est des pilotes souvent sous-estimés dans l’histoire de la Formule 1. En cette période où l’aspect financier l’emporte sur le talent, il est parfois dur de se faire un réel avis sur le talent d’une personne. A ce jeux des comparaisons, Pastor Maldonado, présenté comme un pilote payant, n’est peut être pas vu comme il le mériterait.

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Le feuilleton à duré une bonne partie de l’hiver. Plusieurs candidats étaient sur les rangs pour décrocher un des derniers volants intéressants pour 2014, à savoir celui d’une Lotus-Renault. Si la place de Romain Grosjean était quasiment assurée après une fin de saison en trombe du pilote français, le baquet de son futur coéquipier attirait toutes les convoitises.

Eric Boullier, le directeur de Lotus, ne s’est jamais réellement caché sur son envie d’enrôler Nico Hulkenberg pour épauler Romain Grosjean en 2014. L’Allemand jouit d’une excellente réputation dans le milieu très strict de la Formule 1, et cela sans avoir jamais réalisé le moindre podiums en près de 60 Grands Prix. Il a certes été l’auteur de quelques belles courses, notamment en 2013 au volant de la Sauber, et avait même impressionné son monde lors de sa première saison dans la discipline en signant une pole position de toute beauté au Brésil au volant de sa Williams en 2010.

Mais l’incroyable Hulk n’est cependant pas doté d’un généreux sponsor qui pourrait lui ouvrir les portes des grandes équipes sans difficultés. C’est en faisant ce constat, et suite à l’échec de la négociation avec le consortium financier Quantum pour son investissement dans Lotus, qu’Eric Boullier s’est tourné vers son second choix, Pastor Maldonado. Le Vénézuélien est richement soutenu par le pétrolier d’état PDVSA et apporte un budget conséquent d’une trentaine de millions d’euros à qui voudrait bien l’engager. Il semblerait donc que son attrait se réduise principalement à la manne financière qu’il peut fournir. Mais cela serait lui faire offense de se concentrer uniquement sur ce seul aspect.

En effet, Maldonado s’est construit jusqu’à présent un palmarès que certains pourraient bien lui envier. Il a débuté en Formule 1 voici maintenant trois ans, au volant d’un Williams au fond du gouffre, qui ne lui a permis que de marquer un seul petit point en 2011 pour sa première année de présence. Un nombre conséquent d’accrochages et d’accidents, un peu à l’image de Romain Grosjean, lui ont donné la réputation d’un pilote brouillon voire même dangereux. Mais là aussi, comme le Français qui va être son coéquipier en 2014, Pastor a su relever la barre et s’acheter une conduite pour devenir un pilote sur qui l’on peut compter.

Preuve en est, le point d’orgue de sa carrière en Formule 1 jusqu’à présent, le Grand Prix d’Espagne 2012, qui l’a vu se qualifier en deuxième position sur la grille avant de se voir attribuer la pole suite au déclassement de Lewis Hamilton, et remporter la course le dimanche, Une première pour un pilote vénézuélien et la fin d’une trop longue période de disette pour l’équipe Williams. La fin de la saison ne se passera certes pas comme prévu après les espoirs engendrés par cette victoire, mais à la différence de ses contemporains et rivaux directs, comme Hulkenberg en premier lieu, Maldonado a prouvé qu’il pouvait gouter à la victoire et qu’il avait les épaules pour résister à la pression inhérente à ce niveau.

Effectivement, le natif de Maracay est attrayant de part le financement qu’il apporte, mais il présente surtout des atouts sportif et un talent indéniable qui pourrait bien lui faire passer un palier chez Lotus, une équipe rompue à la victoire récemment, au contraire de Williams, toujours à la recherche de son lustre d’antan. A plus d’un titre, 2014 va être une année cruciale pour Pastor Maldonado qui va sûrement avoir entre ses mains un volant capable de faire taire ses détracteurs qui ne voient en lui qu’une valise remplie de dollars.

Maldonado serait-il amené à devenir le paria de la Formule 1 ? Le mouton noir du paddock ? Ses déboires haineux avec Williams à la fin de l’année passée, quand il avait accusé son écurie de saboter sa monoplace, son crane rasé aux allures de repris de justice et son choix du numéro 13 comme numéro permanent tout au long de sa présence dans la discipline, entretiennent un peu plus son caractère et sa place à part dans le paysage de la Formule 1.

Axel B.





L’hommage de la Formule 1 à John Button

19 01 2014

Chaque champion construit sa réussite en étant accompagné. Jenson Button a découvert le sport automobile grâce à son père et c’est ce dernier qui lui a donné tout le soutien possible pour progresser jusqu’au titre ultime de champion du monde. John Button est décédé hier, lundi 13 janvier, et le monde de la Formule 1, qui l’appréciait fortement, est en deuil.

 

(c) Brawn

(c) Brawn

Il est plutôt rare en Formule 1 qu’une personnalité, impliquée mais en marge de la compétition, dans l’entourage d’un pilote, soit autant appréciée. John Button, père de Jenson, champion du monde 2009, faisait pourtant partie de cette catégorie.
Après l’annonce de son décès intervenue hier dans la journée, de nombreuses réactions de soutien, de réconfort et d’émotion ont émané des principaux acteurs de la Formule 1.

Les pilotes tout d’abord, comme Fernando Alonso ou Mark Webber, entre autres, ont été les premiers à souligner leur attachement à Jenson et à la personnalité joviale que représentait son paternel. L’Espagnol, sur son compte Twitter décrit John comme un « grand homme » et « un ami », alors que l’Australien a posté sur son compte une photo de lui et Jenson dans les bras l’un de l’autre. L’équipe McLaren a également été très touchée par cette triste nouvelle, et Martin Whitmarsh, le directeur de l’équipe, a rendu un vibrant hommage à un homme qu’il considérait comme faisant partie de la famille McLaren : « Alors que Jenson a grandi, et qu’il a continué à remporter des courses, John était toujours là, son premier supporter. Même ces dernières années, pendant lesquelles Jenson est devenu champion du monde et le grand pilote qu’il est maintenant, le pilote le plus expérimenté en Formule 1 aujourd’hui sur la grille en fait, John était toujours avec lui, en homme loyal, en père aimant, en membre populaire du petit entourage intime de Jenson. »

Tous soulignent donc la dévotion du père pour son fils. L’omniprésence et la bonne humeur que John Button véhiculait dans le paddock en avait fait une figure incontournable, surtout depuis que son fils était devenu champion du monde au volant de la Brawn GP il y a maintenant plus de quatre ans. On se souvient bien entendu des moments de joies de tout l’entourage du Britannique lors du final au Brésil cette année-là, qui marquait l’accomplissement d’un parcours semé d’embûches et de difficultés que Jenson et John ont toujours affrontées à deux. Depuis les débuts en karting du champion jusqu’à devenir le pilote le plus expérimenté de la discipline en 2014, le parcours de Jenson a réellement été atypique, et il a toujours été épaulé par son père comme il l’avait avoué lors d’une interview quelques temps après son titre : « Durant toutes ces années, il était toujours là, debout sous la pluie, pendant que j’étais le seul à m’amuser en piste ; et il payait pour ça. C’est lui qui m’a donné les moyens de grandir et le soutien nécessaire quand c’était difficile. Il ne s’est jamais fichu de moi quand je lui ai dit que je voulais courir en Formule 1, même si j’étais juste un gosse. Il a tout fait pour m’aider à me mettre sur le chemin qui m’a mené chez BMW Williams en 2000. »

 

Une relation fusionnelle qui va laisser un grand vide dans la carrière et le quotidien de Jenson et de sa famille. John Button nous a quitté, mais le monde de la Formule 1 lui a rendu un hommage à la hauteur de ce que l’homme était : généreux, humble et dévoué.

 

Axel B.





La presque trêve de Noël

26 12 2013

Comme chaque année, Noël et son flot de cadeaux sont les principales attractions de ce mois de décembre. La Formule 1, bien qu’en sommeil, n’en est pas moins active et, dans l’ombre, tout se prépare pour le grand rendez-vous du mois de mars 2014.

Licence Creative Commons / Norimasa Hayashida

Licence Creative Commons / Norimasa Hayashida

La saison prochaine, la Formule 1 va subir un des plus grands chamboulements techniques de son histoire. La révolution passera par des moteurs V6 et la réintroduction du turbo, mais aussi par des changements dans la conception aérodynamique des monoplaces, ce qui est cependant plus courant.
L’énergie électrique va aussi faire son apparition puisque la récupération de l’énergie au freinage, déjà popularisée par le KERS depuis quelques saisons, va s’intensifier et prendre une place plus importante dans les performances intrinsèques de la voiture.
Voilà quelques pistes sur lesquelles les ingénieurs de la Formule 1 planchent depuis de longs mois, voire des années, et qui vont trouver leurs concrétisations d’ici quelques semaines.

Les pilotes eux ne sont pas en reste non plus. Certains des plus expérimentés, comme Jenson Button par exemple, s’attendent à ce que le pilotage soit très différent de ce qu’ils ont connu jusqu’ici. Une réelle chance peut être pour les « rookies » qui feront leur apparition en 2014 ? Pas si sûr, d’autant plus que la période d’apprentissage sera de courte durée, comme c’est le cas depuis la réduction drastique des essais libres durant la saison. Les premiers Grands Prix seront en tout cas très intéressants à suivre car de nombreux changements de pilotes ont eu lieu au sein des équipes durant l’intersaison.

Le retour de Kimi Raikkonen chez Ferrari sera scruté avec la plus grande attention, surtout après la fin de saison théâtrale du Finlandais cette année. Quel va être sa relation avec Fernando Alonso ? Beaucoup de monde se pose la question, sauf peut être les principaux intéressés qui pourraient bien réussir à travailler de concert pour détrôner le taureau Red Bull chez qui Daniel Ricciardo va tenter de se faire une place au côté de l’ogre Vettel. Sauf si le Papa Newey a encore fait des miracles durant l’hiver…

Sinon, Kevin Magnussen va apprendre son métier chez McLaren en attendant l’arrivée de Honda en 2015, Pastor Maldonado va devoir prouver une fois de plus que sa place chez Lotus n’est pas dû uniquement qu’à son portefeuille bien rempli, et son équipier Romain Grosjean va devoir remporter sa première course après avoir claironné haut et fort qu’il se situait parmi les meilleurs, Felipe Massa va essayer de faire oublier la période noire de Williams tandis que Nico Hulkenberg et Sergio Pérez voudront prendre leur revanche sur la discipline au volant de leur Force India. Les autres Adrian Sutil, Esteban Gutierrez, Jean-Eric Vergne, Daniil Kvyat, Valtteri Bottas et Jules Bianchi sont déjà sûrs d’une chose, c’est d’avoir un baquet pour le début de la saison. Ce qui n’est pas le cas encore de Charles Pic, Giedo Van der Garde ou Max Chilton, qui vont passer un hiver un peu moins détendu que leurs collègues.

Finalement, il n’y a que chez Mercedes pour l’instant que rien ne bouge, mis à part le départ programmé de Ross Brawn cet hiver. Est-ce que cette stabilité ne pourrait-elle pas être l’atout principal et décisif de la firme à l’étoile dans la lutte pour le titre mondial 2014 ? Les vœux de Lewis Hamilton et Nico Rosberg iront sûrement dans ce sens pour la nouvelle année.

Axel B.





Felipe Massa face au mythe de Senna

5 12 2013

De part son histoire tout au long de ses onze années passées en Formule 1, Felipe Massa est un pilote à part. Il va rejoindre en 2014 une des dernières équipes indépendantes survivantes de la grande époque de la discipline : Williams. Il va donc marcher dans les pas de son idole Ayrton Senna qui a payé de sa vie le prix de sa passion, en 1994, au sein de l’équipe britannique.

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Felipe Massa a une histoire tumultueuse avec la Formule 1. Il a débarqué dans la discipline en 2002 au volant d’une Sauber, couvé par Ferrari, qui l’aura lancé dans le grand bain peut être un peu trop tôt. Victime de sa fougue et de son manque d’expérience, le Brésilien commettra beaucoup de fautes lors de sa première saison et sera rétrogradé en 2003 au rang de pilote essayeur de la Scuderia.

Lors de cette saison d’apprentissage, au contact de Michael Schumacher, il va acquérir des méthodes de travail efficaces et un style de pilotage plus doux, aux antipodes de ce qu’il avait démontré l’année précédente. Il restera deux saisons au sein de l’écurie suisse en réalisant quelques belles courses qui lui vaudront d’être titularisé chez Ferrari en 2006. Il remportera cette année là sa première victoire en Turquie, puis une autre sur ses terres, au Brésil, en fin d’année.

Michael Schumacher prenant sa première retraite à la fin de cette saison, Massa sera désigné comme le digne successeur de son ainé. Et il ne décevra pas les rouges. Il contribuera au titre mondial de Kimi Raïkkönen en 2007 et surtout, il deviendra le leader de l’équipe en 2008, une saison où il se battra pour le titre mondial jusqu’au dernier virage du dernier Grand Prix au Brésil, à Sao Paulo. L’espace d’un instant, Massa croira bien être titré face à Lewis Hamilton, son rival. Mais l’Anglais arrachera dans la dernière ligne droite une cinquième place synonyme de sacre, privant Felipe de son rêve. Sa réaction d’orgueil sur le podium restera une des plus belles images de l’histoire de la Formule 1.

Mais après cet échec, moralement et sportivement très difficile à encaisser pour lui, Massa entamera la période la plus difficile de sa carrière. Son grave accident lors du Grand Prix de Hongrie en 2009 duquel il s’est miraculeusement réchappé vivant, marquera un arrêt brutal dont il aura beaucoup de mal à se sortir. Puis enfin, l’arrivée de Fernando Alonso chez Ferrari, qui s’accaparera littéralement l’équipe, le fera glisser du statut de premier pilote à celui de porteur d’eau de l’Espagnol. Le fameux épisode « Fernando is faster than you » du Grand Prix d’Allemagne 2010 mettra un terme définitif aux ambitions de victoire du Brésilien. A partir de ce moment, l’avenir de Massa basculera dans l’incertitude. Il aura cependant réussi à conserver sa place chez Ferrari jusqu’en 2013 en réalisant épisodiquement quelques bons résultats et surtout en se sacrifiant pour son leader.

Aujourd’hui, écarté par la Scuderia, il va faire face à un nouveau challenge qui, symboliquement, fait déjà beaucoup parler. Il va en effet rejoindre l’équipe Williams pour tenter de relancer sa carrière, comme l’avait fait jadis son idole Ayrton Senna en 1994 en provenance de McLaren. Certes, l’écurie britannique n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a vingt ans. Mais elle est chargée d’histoire et de légende. Chaque Brésilien qui passe en ses rangs, depuis le tragique accident mortel de Senna, se sent la lourde tâche de faire honneur à la mémoire de leur illustre ainé. Antonio Pizzonia, Rubens Barrichello et encore plus Bruno Senna ont incarné ce symbole, avec plus ou moins de réussite. Felipe Massa, dont la présence en Formule 1 suscite beaucoup d’émotion de part son parcours et son caractère, devra faire face au poids de l’histoire. Dorénavant motorisée par Mercedes, la Williams lui permettra peut être de relever un dernier défi dans une carrière peu commune et de porter haut les couleurs de son pays et la mémoire d’Ayrton Senna, dont la ferveur ne s’est jamais éteinte.

Massa est en tout cas la meilleure incarnation du côté mystique, humain et émotif du triple champion du monde décédé. Et à ce titre, il pourrait bien parachever l’œuvre de « Magic Senna » en devenant le « Magic Massa » de Williams en 2014. Les changements de réglementation et le grand saut dans l’inconnu qui attend le monde de la Formule la saison à venir pourraient être sa chance.

Axel B.





So long Mark !

30 11 2013

Un pilote à l’ancienne, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui dit ce qu’il pense. Oui, Mark Webber était (puisqu’il faut maintenant employer le passé) un pilote de Formule 1 que le public appréciait pour toutes ces raisons là. Mais il était aussi diablement rapide. Moins que Sebastian Vettel, mais qui a joué le titre de champion jusqu’à l’ultime round en 2010. Tout ne monde ne l’a pas fait.

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Hommage appuyé donc à un grand pilote qui s’envole vers d’autres horizons qu’une Formule 1 qu’il ne reconnaissait plus. Lui l’attaquant généreux ne pouvait se contenter des courses d’attentes que nous offre la discipline ces derniers mois. Las de devoir ralentir un tour sur trois pour préserver ses pneus, Mark s’est tourné de manière paradoxale vers le championnat d’endurance. Il participera donc avec Porsche aux 24h du Mans en 2014 qu’il avait déjà fréquenté de manière spectaculaire à la fin des années 90.

Il met également un pas en dehors de la politique et de la polémique très présentent en Formule 1 et qui ne sied guère aux pilotes forts en gueule comme l’Australien. Il laisse de côté aussi l’environnement pas toujours favorable de Red Bull, surtout depuis que le jeune Vettel en a fait son jardin. Même si l’Australien est arrivé plus tôt au sein de l’équipe, en 2007, les succès à répétition de l’Allemand ont poussé gentiment l’ « Aussie Grit » vers le rôle de second pilote. En se retirant de la Formule 1, il s’éloigne enfin de Sebastian Vettel, son meilleur ennemi, son plus grand rival mais aussi son graal inaccessible qui l’aura sûrement privé de sa plus belle chance de titre en 2010. Que ce serait-il passé ensuite si Mark Webber avait remporté le titre à la place de Vettel cette année là ? On ne peut pas refaire l’histoire, mais l’Australien aurait pu être le premier champion Red Bull. Son statut aurait été bien différent. Sa rivalité avec Vettel aurait été décuplée. Leur animosité remonte pourtant à longtemps. Au Grand Prix du Japon 2007 plus précisément. Là ou le jeune et fougueux Vettel, alors sur Toro Rosso, a percuté son ainée sur Red Bull, alors deuxième et prétendant à la victoire sous le déluge du Mont Fuji. Leur deuxième accrochage, deux ans plus tard, en Turquie, enfoncera un peu plus la véritable haine que se portent les deux hommes. Elle sera confirmée cette année en Malaisie avec la fameuse péripétie du « Multi 21 » qui annihilera la saison et le moral de Webber. Ce dernier a eu beau déclarer après son ultime course au Brésil qu’il avait toujours respecté professionnellement son équipier quadruple champion du monde, mais il est difficile de ne pas penser l’inverse…

Comment en vouloir à Webber finalement de quitter la Formule 1 ? Il a eu pendant quatre ans la meilleure voiture du plateau, et il n’a jamais réussi à remporter le titre. Son malheur finalement aura été de tomber sur le pilote le plus doué de sa génération. Un malheur partagé par tant d’autres pilotes dans l’histoire de la Formule 1, qui auront croisé Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna ou encore Michael Schumacher.

Malgré tout, Mark Webber a de quoi être fier de sa carrière dans la discipline reine du sport automobile. Il a réalisé des exploits que d’autres pilotes peuvent lui envier. Il aura marqué des points pour son premier Grand Prix en Australie, chez lui, en 2002, au volant d’une Minardi, l’écurie parfaite durant des années pour débuter en Formule 1. Il aura gagné deux fois à Monaco et à Silvertone mais aussi remporté des courses sur d’autres circuits mythiques comme Interlagos, Barcelone ou le Nürbürgring, cadre de sa première victoire en 2009. Il aura piloté des monoplaces championnes du monde de 2010 à 2013 et il aura aussi bataillé en piste avec certains des pilotes les plus performants de leur époque comme Michael Schumacher, Fernando Alonso ou Sebastian Vettel.

Le grand Mark, comme il a été affectueusement surnommé durant sa carrière, a donc pu fièrement ôter son casque dans ce dernier tour du Grand Prix du Brésil pour regarder dans les yeux le monde de la Formule 1, sans rougir, et avec le sentiment du devoir accompli. Il manquera sûrement beaucoup à la discipline.

Axel B.








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