Cela ne fait que cinq ans qu’il travaille dans le milieu du sport automobile mais Pierre Guyonnet-Dupérat possède déjà une solide expérience dans le milieu. Après un passage remarqué au sein de la FIA, où il a débuté comme simple stagiaire pour finalement devenir un proche collaborateur du Président Jean Todt, le Français est désormais l’attaché de presse du Grand Prix de France de Formule 1 avec toujours en tête cette idée d’excellence et cet amour du travail qui le guident depuis le début de sa carrière.

Quel est votre rôle au sein du GIP du Grand Prix de France ?

Je suis attaché de presse pour le Grand Prix de France de Formule 1 et je suis impliqué notamment dans la plupart de missions de communication en rapport avec le Grand Prix.

Vous avez précédemment travaillé pour la FIA, quelles missions aviez-vous ?

 Je suis arrivé à la FIA en tant que stagiaire à la suite d’un stage de fin d’étude où je m’occupais du digital. A la suite de ce stage de 6 mois, en 2015, j’ai signé un CDI et je suis devenu responsable du digital pour la FIA. J’étais responsable des plateformes digitales de la FIA, la stratégie de communication autour de ces plateformes, site web, réseaux sociaux, applications.

A cette époque, il y avait pas mal de projets à lancer, j’ai par exemple lancé le Instagram de la FIA et j’ai travaillé sur une refonte du site web qui avait été enclenchée par mes prédécesseurs et pas mal de petites missions de cet ordre.

Ensuite, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le cabinet du Président de la FIA, Jean Todt, et je suis devenu chargé de mission et coordinateur presse. J’accompagnais Monsieur Todt dans ses déplacements, je faisais la liaison avec le département communication sur la communication présidentielle et je faisais le lien avec l’ensemble des départements de la FIA sur différents sujets que le Président souhaitait aborder. J’étais au plus près de lui pendant un an et demi.

Ensuite, j’ai saisi une nouvelle opportunité, avec la création du poste de responsable média adjoint pour la Formule 1 et j’ai donc montré à Monsieur Todt mon intérêt pour ce poste et c’est avec son accord que j’ai pu faire une transition sur la Formule 1 pendant presque deux ans en tant que responsable média adjoint de la FIA. Je m’occupais des conférences de presse, de la communication média sur les Grands Prix, la gestion des journalistes, des centres média, la communication avec les équipes et tous les sujets de communication liés à la Formule 1 pour la FIA.

A quel point cette expérience a été marquante pour vous ?

Au vue de son expérience, Jean Todt a une vraie vision du sport automobile et une façon de travailler que je n’avais pas encore acquise. J’ai beaucoup appris sur le plan professionnel et personnel, sur la manière dont on pouvait gérer des situations rapidement et de façon efficace. Une rigueur et une intensité dans le travail, car c’est quelqu’un qui travaille énormément. Cette année et demie passée à travailler avec lui m’a permis de rencontrer la plus part des acteurs importants de ce milieu, de comprendre les mécaniques entres tous ces acteurs et de comprendre d’avantage le monde du sport automobile en général. Il m’a appris énormément et je l’en remercie pour ça. Cela a été une expérience inestimable.

Quel a été votre parcours scolaire ?

Ma carrière est assez atypique car j’ai un DUT en marketing et un Master en entreprenariat et innovation stratégique de l’INSEEC, car j’avais comme volonté de monter un entreprise à la fin de mes études. Je me suis ensuite retrouvé à la FIA suite à une candidature spontanée, dans le cadre d’un stage de fin d’étude. J’avais un intérêt pour le sport automobile.

Qu’est-ce qui vous passionne dans le monde du sport automobile et plus particulièrement de la Formule 1 ?

A la base j’étais passionné par le rallye et les véhicules historiques et in fine la Formule 1. C’est un virus qui m’a été transmis parce que mon père a fait beaucoup de course automobile, des rallyes raid, des Dakar. J’ai toujours connu mon père sur la route des circuits, des rallyes, des manifestations sportives automobiles. J’ai touché la Formule 1 du doigt il y a une quinzaine d’année car mon père était très proche d’un ancien pilote de Formule 1, Clay Regazzoni, qui a notamment piloté pour Ferrari, et je l’ai énormément côtoyé.

Ce qui me plait, c’est tout ce qui fait l’ADN de la Formule 1 : la recherche de l’excellence, la prise de décision rapide, la rigueur, le dépassement de soi, la compétions, j’aime bien cette image d’unité d’une équipe pour amener un pilote et sa voiture à la victoire et c’est quelque chose de déclinable dans l’événement du Grand Prix de France.

Comment peut-on faire carrière dans le monde assez fermé de la Formule 1 ?

J’aurais tendance à dire que le monde de la Formule 1 n’est pas aussi fermé qu’on ne le pense. Il y a beaucoup de gens qui oublient qu’il y a beaucoup de passerelles possibles. Il n’y a pas uniquement les corps de métier liés à l’ingénierie, il y a un écosystème F1 qui est assez large et souvent les gens n’y pensent pas, il y a les sponsors, les organisateurs d’évènement et de Grand Prix, les promoteurs, la FIA et toutes les équipes et équipementiers. Le monde n’est pas aussi fermé qu’on ne le pense il suffit d’être audacieux, d’aller vers les gens. J’ai toujours en tête que j’ai eu de la chance mais c’est moins fermé qu’on ne le pense.

Pensez-vous que la France est suffisamment représentée et influente en Formule 1 ?

Aujourd’hui, oui. Elle est très bien représentée en Formule 1. Historiquement, le premier Grand Prix de Formule 1 s’est tenu en France, l’acronyme de la FIA est français et sa présidence est gérée par un Français, depuis deux ans nous avons le retour du Grand Prix de France de Formule 1, on a une équipe entièrement française, des teams manager français, des pilotes français…c’est plutôt bien représenté.

Est-ce que selon vous il y a eu une volonté réelle et des actions concrètes pour que la France renforce sa présence en Formule 1 depuis quelques années ?

C’est avant tout une histoire d’homme et de volonté. Je ne sais pas si on peut parler de volonté nationale mais on ressent une vraie passion et une vraie ferveur pour le sport automobile en France. Des leaders d’opinion, des meneurs, des gens qui prennent des décisions dans le sport automobile sont Français, ça l’a toujours été, aussi bien au niveau de la FIA que dans l’histoire du sport automobile en général. La France a toujours été présente. Le couac a été de ne plus avoir de Grand Prix de France pendant 10 ans, mais aujourd’hui il est de retour et c’était le dernier maillon qui nous manquait. Mais cela fait plus de 110 ans qu’il y a cet engouement et cette passion pour le sport automobile en France.

Il y a un vrai lien entre le sport automobile et la France, un lien qui perdure et ne fait qu’augmenter même si parfois il peut y avoir des avis et des volontés politiques autophobe, mais le Français est particulièrement attaché à l’automobile sinon nous n’aurions pas eu ce succès au Grand Prix de France l’an passé. Cette course est là pour 5 ans, on espère la renouveler pour 10 ans et tout ça n’est pas fait au hasard.

Si vous deviez garder un seul souvenir de votre présence en Formule 1 vous choisiriez lequel ?

C’est assez difficile de choisir car pour moi tous les Grands Prix ont été marquants. Peut-être que celui qui m’a le plus marqué est le Grand Prix du Mexique 2018 car j’ai pu faire découvrir à mon épouse le monde du sport automobile de l’intérieur, elle qui en est très éloignée. Lui faire voir comment cela fonctionnait, lui faire rencontrer des pilotes, pouvoir lier le milieu professionnel, mon hobby et ma vie personnelle, ça a été marquant.

En dehors de la Formule 1, avez-vous du temps pour d’autres passions ?

Ça peut faire un petit peu prétentieux mais je suis particulièrement passionné par le travail en lui-même. Je suis passionné par le fait de pouvoir contribuer, à ma petite position, à un objectif commun, que cela soit au sein de la FIA ou comme aujourd’hui pour le succès du Grand Prix de France. Travailler avec les équipes et faire en sorte que le Grand Prix sera encore meilleurs que l’année dernière et moins bon que l’année prochaine. Mais j’aime aussi beaucoup le cinéma, même si je n’ai pas trop le temps de m’y consacrer.


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